«Il ne faut rien cacher...»
Récemment, des questions ont été posées par lun des nôtres au Père Denis Laprise au sujet de larticle «Et pourtant, Ils sont Deux», de Marc Bosquart, publié dans Le Royaume, n° 145, de septembre-octobre 2000, p.7.
Nétant pas lauteur de larticle, le Père Denis a transmis ces questions à Marc afin quil éclaire le Père Michel Palud, lui-même très qualifié, fort en sciences, mais peut-on être certain davoir compris toute la science humaine toujours en recherche? Si nous devons respecter les scientifiques, il faut aussi respecter tous les esprits qui, avec sincérité et presque toujours sur la croix, transmettent la Lumière de Dieu. Chacun doit vivre comme un serviteur, selon lappel divin aux reflets dinfini.
Devions-nous cacher ce différend qui surgit soudain au sein de lOeuvre? Nous devons agir en toute loyauté, en toute transparence. À partir de toute forme de difficulté ou de critique, Dieu donne encore plus de lumière en éveillant les esprits.
Comme, selon le souhait du Père Michel lui-même, il ne faut rien cacher et que, dautre part, les réponses qui lui ont été transmises contiennent des explications complémentaires au sujet dun texte publié dans Le Royaume, il a été jugé utile et bon, voire même nécessaire, de mettre celles-ci à la disposition de ses lecteurs.
Voici donc les textes qui ont été publiés dans Le Royaume, n° 146, de Novembre-Décembre 2000, en réponse aux questions que le Père Michel Palud adresse au Père Denis Laprise, concernant larticle «Et pourtant, Ils sont Deux», de Marc Bosquart, article paru dans Le Royaume, n° 145:
NOTRE TRANSPARENCE NOUS GRANDIT TOUJOURS DEVANT DIEU...
par Mère PAUL-MARIELAMOUR PARFAIT BANNIT LA CRAINTE...
Père Pierre MASTROPIETRO«IL NE FAUT RIEN CACHER»
Marc BOSQUART«MICHEL, JE CRAINS PLUS POUR TOI...»
Mère PAUL-MARIE«IL A ÉTÉ LE PREMIER À AVOIR LE PRIVILÈGE...»
Mère PAUL-MARIE
Notre transparence nous grandit toujours devant Dieu,
malgré
les apparences contraires aux yeux des hommespar Mère PAUL-MARIE
Pour parler à lÉglise, Dieu et Marie se servent de la voix des faibles, des petits quIls favorisent de secrets mystiques et à qui Ils donnent de brûlants charismes, prouvant ainsi la puissance du Ciel à travers les limites des êtres humains dans leur montée vers lÉternel.
Que de fois lintervention des petits, dans les messages quils livrent, suscite la colère, car Dieu ouvre des voies nouvelles, développe Ses Mystères en approfondissant le savoir hérité des splendeurs de lHistoire vécue et racontée dans la Bible. Tant de philosophies ont déchiré lÉglise, une Église qui survit toujours à ses détracteurs.
«Tous ceux quanime et que soulève lesprit du Christ, écrivait T. Quoniam, possèdent la vraie théologie, soient-ils fossoyeurs ou tisserands.» Ils possèdent la théologie du coeur, celle qui, sous le souffle immortel de la foi, brille comme une flamme qui éclaire laction divine, et non celle qui se confine dans les raisonnements qui paralysent et neutralisent laction de Dieu. Celle-ci lutte contre la Sagesse de Dieu, folie pour les hommes.
Peu importe doù venaient les vents et les ténèbres, de lextérieur ou de lintérieur, tout était dévoilé, expliqué, excusé, orienté, éclairé. Et Dieu avait choisi, au sein de Ses Mystères, ceux qui devaient écrire Ses messages exaltants, afin que les leçons qui sen dégageaient deviennent secours opportuns au cours du pèlerinage terrestre de chacun.
Une Oeuvre de Dieu ne doit jamais supporter les ténèbres de ceux qui la combattent. Toujours la transparence doit nourrir les âmes en quête dinfini. Le Christ-Rédempteur a été le premier à donner lexemple dune fidélité exceptionnelle à la Volonté de Son Père en défendant Son Oeuvre, aux voies nouvelles, jusquà la mort sur la CROIX.
Cette transparence qualluma le Sauveur se retrouve dans lOeuvre de la Co-Rédemption, une oeuvre éblouissante qui transforme les âmes dans la lumière et la vérité. Or, en ces jours de la Co-Rédemption, il y a répétition dune Passion, corrélative à celle de la Rédemption, rappelant les mêmes thèmes évangéliques, lanalogie des faits, et les mêmes prénoms des apôtres, évangélistes ou autres. Ainsi le Dieu des grandeurs agit de nos jours par un Pierre (Père Pierre Mastropietro), un Marc (Marc Bosquart), un Jean (Jean-Marcel Gaudreault) et dautres, soudainement saisis par le souffle religieux, inspirés de lEsprit Saint, éclairant en des mots très humains ce quils ont perçu de divin, incapables, dans leur petitesse, de résister à lappel, à lordre de révéler tout ce qui divinise le cours de notre Histoire contemporaine.
Jusquici, notre transparence a, dans la charité, toujours dissipé les ténèbres par des réponses appropriées qui prouvaient la fausseté des accusations. Que ces attaques aient surgi de lextérieur ou de lintérieur de lOeuvre, notre transparence était la même.
Récemment, des questions ont été posées par lun des nôtres au Père Denis Laprise au sujet de larticle «Et pourtant, Ils sont Deux», de Marc Bosquart, publié dans Le Royaume, n° 145, de septembre-octobre 2000, p.7.
Nétant pas lauteur de larticle, le Père Denis a transmis ces questions à Marc afin quil éclaire le Père Michel Palud, lui-même très qualifié, fort en sciences, mais peut-on être certain davoir compris toute la science humaine toujours en recherche? Si nous devons respecter les scientifiques, il faut aussi respecter tous les esprits qui, avec sincérité et presque toujours sur la croix, transmettent la Lumière de Dieu. Chacun doit vivre comme un serviteur, selon lappel divin aux reflets dinfini.
Devions-nous cacher ce différend qui surgit soudain au sein de lOeuvre? Nous devons agir en toute loyauté, en toute transparence. À partir de toute forme de difficulté ou de critique, Dieu donne encore plus de lumière en éveillant les esprits.
Si les coeurs sélèvent, toute trace de blessure disparaît, tant pour celui qui reçoit le coup que pour celui qui le porte en faisant ressortir sa supériorité dans ses questions plutôt que de se situer dans la sage recherche de la pensée profonde, car seule la simplicité ouvre la voie à la compréhension des Oeuvres de Dieu. Sil consent, en toute humilité, à dialoguer avec lauteur de cet article, la grâce agit, la souffrance ouvre lâme à des horizons que la raison ne discerne pas. Une intime souffrance bien acceptée nous permet de nous dépasser, de plonger dans lhumilité et de nous laisser purifier. Cest ainsi que la grâce opère et que lhomme grandit en se laissant diviniser.
Voici donc la lettre concernant larticle «Et pourtant, Ils sont Deux», de Marc Bosquart, que le Père Michel Palud adresse au Père Denis:
Cher P. Denis,
Je suis rentré tard de lÉvêché et jy trouve votre petit mot.
Jespère bientôt avoir de vos nouvelles concernant Mgr Nesti. Au point où nous en sommes, je pense que, au moins pour les confrères prêtres, il ne faut rien cacher. Je ne suis pas daccord avec cette tactique de «discrétion». Le moment est critique et chacun doit avoir en main tous les éléments pour bien saisir la problématique. De mon côté, je nai rien caché de mes deux rencontres avec Mgr Nesti et je vous ai tout dit au téléphone et au P. Victor par écrit.
Finalement, jaimerais vous poser quelques questions:
1. Selon la périchorèse, les Personnes de la Trinité agissent toujours dans leur Unité. Elles agissent ensemble, toujours. Ce nest que par ATTRIBUTION que la Création est au Père, la Rédemption au Fils et la Sanctification à lEsprit Saint. Comment concilier cela avec le fait quon affirme maintenant que «ce corps glorieux, composé de "matière glorieuse", ne relève pas de la création du Père, mais il est, proprement, une création nouvelle, la Création du Fils».
2. Comment concilier le fait que la Transsubstantiation est le propre du pouvoir de Dieu seulement et que lon affirme que la Co-Rédemptrice «opère sur elle-même une véritable transsubstantiation, Elle opère sur Elle-même le sacrifice eucharistique»? Si elle nest quune créature, comment peut-elle avoir un pouvoir qui nappartient quà Dieu?
3. Comment expliquer que dans Vie dAmour le Seigneur parle quà la Messe désormais la Co-rédemption serait "symbolisée" - je cite de mémoire - alors que dans le journal le réalisme de la Transsubstantiation est explicite: «Lajout de la Co-Rédemptrice au Rédempteur au sein de la "Création du Fils" entraîne un changement majeur: ainsi lorsquun prêtre consacre le pain et le vin, les transforme en ce "quatrième état de la matière" et que ceux-ci sont donc transsubstantiés en "Corps du Christ", il sagit désormais du "Christ total: Homme et Femme".»
4. Comment concilier le fait que la Messe, cest le Sacrifice Non Sanglant du Christ, identique dans la Substance au Sacrifice du Calvaire, sans aucune différence sauf dans les apparences, donc complet (cf. la Lettre aux Hébreux), et que maintenant il semble quil y manquerait quelque chose: «...Or donc, un jour, vient le temps, comme en toutes choses, de compléter le masculin par le féminin pour constituer la Totalité.»
5. Si Marie-Paule, la Co-Rédemptrice, est présente dans lEucharistie, peut-elle tout «entendre et comprendre» - ce qui est le propre de la Divinité de Jésus-Christ lorsque les fidèles sadressent à eux?
6. Finalement, la question la plus importante, qui vous est bien personnelle: «Croyez-vous que Marie-Paule est présente dans lHostie au même titre que Jésus-Christ?» Les laïcs y croient. Hier une dame me disait: «Quand je communie, je reçois le Corps de Jésus et le Corps de Marie-Paule.» Si le Magistère déclare ceci comme contraire à la Foi, allez-vous y adhérer - supposant que vous y croyez?
Voilà, ce ne sont que QUELQUES questions que jai pensé que les Adversaires et toute personne qui a une connaissance du Dogme pourraient poser. Remarquez bien, cher P. Denis, que je ne vous ai pas dit ce que je pense.
Amusez-vous bien. Il reste que, si vous ne pouvez pas répondre à ces questions, nous sommes en grand danger.
16 novembre 2000
Père Michel Palud
Que devons-nous faire? Allons-nous accepter le ton de ces propos à lintérieur de lOeuvre? Jésus a-t-Il hésité à reprendre quiconque agissait de cette manière envers lOeuvre de Son Père? My soustraire a été ma pensée profonde, et l«ordre» dintervenir fut un nouveau défi à ma volonté de servir. La rectitude oblige, il faut marcher sur son coeur et avancer sans peur, surtout après la seconde lettre du Père Michel qui reproche au Père Denis Laprise davoir transmis sa première lettre à Marc Bosquart. Cest alors quintervient le Père Pierre Mastropietro:
LAMOUR PARFAIT BANNIT LA CRAINTE... (1 Jn 4, 18)
«Il ne faut rien cacher... Cher Père Denis, si javais voulu madresser à Marc, je me serais adressé à lui et non à vous. Je ne voulais justement PAS madresser à Marc. Dailleurs javais bien indiqué que ces questions vous étaient personnelles... Quant à moi, je ne vous ai toujours pas dit ce que je pense...»
P. Michel
Non, IL NE FAUT RIEN CACHER...
En effet, devant la crainte, manifestée par lauteur de la lettre précédente adressée au Père Denis, de se voir confronté, personnellement et avec ses questions douteuses, à Marc Bosquart - et, à travers ce dernier, de se voir peut-être aussi confronté, tôt ou tard, à toutes les autorités qui pourraient éventuellement demander des comptes de lespérance et de la grâce dont les Fils de Marie auront été, jusquà ce jour, les premiers témoins et bénéficiaires -, il est nécessaire que Marc fasse, en toute justice et charité, la lumière et la vérité face aux points tendancieux soulevés, «afin que soient dévoilées les pensées intimes dun grand nombre».
Par les mérites accumulés et les souffrances acceptées et offertes par Celle en qui le mystère, pour nous tous, saccomplit et se révèle, puissent ces lumières apportées par Marc briller non seulement dans le coeur du Père missionnaire concerné, mais aussi en tout coeur éprouvé et sincère qui, assoiffé de Vérité, accepte - même au risque de voir, pour un moment ou pour toujours, son image ternie ou perdue - de laisser «lAmour parfait bannir sa crainte...», pour devenir ainsi, à son tour et à sa petite mais pleine mesure, bon et fidèle serviteur, doux et humble de coeur...
Père Pierre Mastropietro, Fils de Marie
* * *
Suivent les réponses de Marc Bosquart aux questions formulées par le Père Michel Palud:
par Marc BOSQUART
La lettre du Père Michel Palud, reproduite à la page précédente, a donc été reçue par le Père Denis Laprise le 16 novembre dernier. Nétant pas lauteur du texte à lorigine des difficultés, il transmit la lettre au conseil de lOeuvre qui convint de me la remettre.
Il est normal en effet, si un texte soulève des questions, que celles-ci soient adressées à son auteur ou, à défaut, quau moins ce soit lui qui ait la possibilité dy répondre.
Comme, selon le souhait du Père Michel lui-même, il ne faut rien cacher et que, dautre part, les réponses qui lui ont été transmises contiennent des explications complémentaires au sujet dun texte publié dans Le Royaume, il a été jugé utile et bon, voire même nécessaire, de mettre celles-ci à la disposition de ses lecteurs.
M. B.
Lac-Etchemin, le 27 novembre 2000
Cher Père Michel,
Le 16 novembre dernier, tu as adressé, par courriel, au Père Denis Laprise, une lettre contenant diverses questions relatives au texte paru dans Le Royaume n° 145: «Et pourtant, Ils sont Deux».
Comme tu devais bien le prévoir, une copie de ta lettre a été remise à lauteur de ce texte, et cest donc à ce titre que je me propose de técrire aujourdhui.
Je vais répondre à toutes tes questions, lune après lautre, aussi clairement, aussi complètement que je le puis. Tu comprendras cependant quune question de quelques lignes peut entraîner une réponse de quelques paragraphes.
Pour plus de clarté encore, je vais même insérer des intertitres. Il sera plus facile ainsi, pour moi de diviser les sujets, pour toi de te repérer. Enfin, si dautres personnes, un jour, lisent mes réponses à tes questions, cela leur permettra de mieux sy retrouver.
* * *
Tu poses, cher Père Michel, des questions dordre théologique à propos dun texte dont lauteur, tu le sais, nest pas théologien. Cela ma même été reproché, mais, rassure-toi, je ne men formalise pas. Je men formalise même dautant moins que dautres ont parlé de théologie du coeur à propos de mes écrits, comparant celle-ci, je suppose, à la théologie classique ou «théologie du savoir», et cela ma paru contenir quelque vérité.
Quant à la théologie elle-même, jai, par ailleurs, écrit ce que jen pense (En lhonneur de la Co-Rédemptrice, p. 28-29). Je la respecte immensément, cela va sans dire, et jy vois même une des activités les plus importantes de lesprit humain, mais je déplore cependant diverses choses à son sujet, dont lune est quon sen soit souvent servi pour tenter de réduire Dieu à la dimension de lhomme au lieu den faire un levier pour élever lhomme à Dieu.
UNE THÉOLOGIE AU SERVICE DE DIEU
La théologie ou «connaissance de Dieu» devrait être une sorte de «canal» par lequel il serait loisible à Dieu de Se faire mieux connaître à lhomme. Il en a souvent été ainsi dans lHistoire et ce fut toujours pour le plus grand bien de notre foi. Mais on ne peut cependant sempêcher de constater que la théologie sest également souvent fermée à Dieu. Cest ainsi quelle est parfois devenue, chez certains théologiens, comme une sorte de mécanique autonome, isolée dans un réduit sans air, coupée des réalités du monde autant que de la Réalité de Dieu.
La preuve la plus évidente de cette fermeture à Dieu me paraît être laffirmation que la Révélation divine aurait été close à tout jamais dès les débuts du christianisme. Alors que, pour moi, la Révélation ne sera jamais close, absolument jamais! Dieu poursuit son action dans le monde et, sil le faut, je ne vois pas pourquoi Il ne pourrait pas nous révéler un jour quelque autre aspect de son Mystère ou quelque vérité tout à fait insoupçonnable aujourdhui.
Qui sont donc les hommes pour décréter que Dieu naurait plus rien à leur dire? Ny aurait-il pas là comme une invraisemblable tentative dappropriation, par les hommes, de la liberté de Dieu? SIl veut encore agir - et cest quand même toujours au profit des hommes! -, Dieu va-t-Il devoir demander aux théologiens la permission daller à lencontre de leurs décrets?
Bien sûr, il faut être vigilant, très vigilant, selon que lÉcriture nous en fait la recommandation (1 Jn 4, 1). Mais lÉcriture nous invite aussi à retenir ce qui est bon (1 Th 5, 21). Aussi, de grâce, nenfermons pas lInfini quest Dieu dans les limites extrêmement étroites de nos facultés de compréhension! Les Voies de Dieu ne sont pas les nôtres, nous a récemment rappelé Marie-Paule - que cette vérité nous serve à cheminer dans lhumilité, comme aussi dans lémerveillement!
Tout cela, cher Père Michel, tu le sais aussi bien sinon mieux que moi. Alors, pourquoi le dire ici? Parce que ces deux considérations (la Révélation jamais close et la théologie au service de Dieu) sont comme les deux pôles de létat desprit qui est le mien au moment de commencer à répondre à tes questions.
* * *
PREMIÈRE QUESTION DU PÈRE MICHEL:
Selon la périchorèse, les Personnes de la Trinité agissent toujours dans leur Unité. Elles agissent ensemble, toujours. Ce nest que PAR ATTRIBUTION que la Création est au Père, la Rédemption au Fils et la Sanctification à lEsprit Saint. Comment concilier cela avec le fait quon affirme maintenant que «ce corps glorieux, composé de "matière glorieuse", ne relève pas de la création du Père, mais il est, proprement, une création nouvelle, la Création du Fils»?
UN SEUL DIEU EN TROIS PERSONNES
La périchorèse est, pour moi, notion nouvelle... et, telle que tu la présentes, un peu suspecte. Assurément, puisquil ny a quun seul Dieu, les Personnes qui Le constituent ne peuvent en aucun cas ni sopposer ni même agir de façon divergente. À ce titre, et comme tu lécris toi-même, Elles agissent ensemble, en fonction dobjectifs qui ne peuvent être que «communs».
Jai cependant consulté le Précis de théologie dogmatique de Louis Ott (Mulhouse, Salvator, 1954) où jai découvert que la périchorèse est linhabitation lune dans lautre des trois personnes divines (p. 109). Cette inhabitation réciproque implique une certaine unité daction, mais il nest dit nulle part que celle-ci équivaudrait à une «non-distinction» des Personnes dans laction.
Aussi, quand tu écris: Ce nest que par attribution que la Création est au Père, la Rédemption au Fils et la Sanctification au Saint-Esprit, jai vraiment beaucoup de mal à te suivre... Demande donc au Seigneur Jésus-Christ, donnant sa Vie pour le salut du monde et traînant sa Croix jusquau Calvaire où lattend lindicible et total anéantissement de tout son Être, sIl a le sentiment de nêtre le Rédempteur que PAR ATTRIBUTION !
Mais non! La Rédemption est véritablement lOeuvre du Rédempteur, son Oeuvre personnelle, à laquelle Il a personnellement consenti, quIl a personnellement réalisée. Je dirais même quIl nest éternellement le Rédempteur que parce quIl a, Lui-même et dans le temps des hommes, accompli la Rédemption. Avant Lui: pas de Rédempteur; après Lui: le Rédempteur éternel!
Dans la Trinité divine, les Personnes, même si Elles habitent lUne dans lAutre (Jn 14, 9), nen sont pas moins parfaitement distinctes et, tout unies quElles soient, Elles peuvent agir à titre personnel. Cela, cest Dieu-le-Fils Lui-même qui a tenu à ce que nous le comprenions bien:
- Pour ce qui est du jour et de lheure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul (Mt 24, 36). - Le Père sait donc «des choses» que le Fils ne sait pas. Cest difficile à concilier avec le fait quIls agiraient, selon tes propres termes, toujours dans leur Unité.
- Jaime le Père et jagis selon lordre que le Père ma donné (Jn 14, 30) - Il me semble que cette déclaration du Fils va beaucoup plus loin quune simple «attribution»: le Fils est libre à légard du Père et choisit librement, par Amour, de Lui obéir (que vaudrait la Rédemption sil nen était pas ainsi?).
- Père, Père, pourquoi Mas-Tu abandonné? (Mt 27, 46) - Si, vraiment, Père et Fils agissent ensemble, toujours, alors il faudrait en conclure, soit que Jésus-Christ «fait semblant», soit que, selon ta définition de la périchorèse, on sait aujourdhui ce que Lui-même, à ce moment, ne semblait pas savoir...
Pour ma part, jai tendance à me méfier un peu dune théologie qui donne limpression den savoir plus sur Dieu que Dieu Lui-même... En fait, je préférerais nettement quon formule ainsi la relation des Personnes en Dieu: que les trois Personnes divines agissent, chacune en fonction des attributs qui Lui sont propres, en vue dun but qui Leur est commun par définition.
LE CORPS GLORIEUX DU CHRIST RESSUSCITÉ
Dans la limite de mes facultés de compréhension, je crois vraiment que la Création du monde est le propre du Père et la Rédemption de lhumanité le propre du Fils. Pour moi, Dieu-le-Père - en union avec lImmaculée-Mère - a créé un univers «à trois niveaux», «à trois composantes», «à trois matières»: le monde physique, le monde psychique et le monde spirituel. Trois mondes issus dun acte créateur unique, mais qui se sont élaborés selon leurs modalités propres et sans confusion de nature.
De sa naissance à sa mort, Jésus-Christ participe, en tant quHomme, de ces trois ordres de réalité, car Il a, comme tout autre homme, un corps physique, un corps psychique et un corps spirituel (cf. saint Paul 1Co 15, 44). Sauf quIl réalise une Oeuvre unique et sans précédent: Il soumet ses trois corps à sa Volonté suprême et, par des souffrances inouïes, les «fond» en un corps nouveau: le corps glorieux. Ce «nouveau corps» est constitué dune matière qui nexiste pas en tant que telle dans la Création du Père: on pourrait dire que le Père a «fourni les matériaux» que le Fils a transformés de manière à en tirer quelque chose de nouveau.
Faisons une comparaison facile: il y a, dans la création, du minerai de cuivre et du minerai de zinc, bien distincts lun de lautre. Quand lhomme les fond ensemble, il obtient du laiton, cet alliage de cuivre et de zinc qui nexiste pas en tant que tel dans la nature: il est un produit de lhomme, il est sa «création» à lui. Peut-on dire que Dieu est le Créateur du laiton? Oui, si lon se réfère aux métaux qui le constituent. Non, si lon se réfère au laiton proprement dit que Dieu na pas créé comme tel.
Cest un peu la même chose pour le corps glorieux: le Père est à lorigine du corps physique, du corps psychique et du corps spirituel, mais le corps glorieux du Fils ressuscité, cest son oeuvre à Lui, cest sa «création», faite à partir des matériaux fournis par le Père et sous le regard du Père, mais par Lui, le Fils.
LES FACULTÉS DU CORPS GLORIEUX
Le corps glorieux du Fils ressuscité est bel et bien un corps nouveau, doté dun ensemble de facultés que navait, à lui seul, aucun des corps créés par le Père. Il suffit, pour sen convaincre, de se reporter au Cénacle après la Résurrection: Jésus traverse les murs et les portes closes (Jn 20, 19) et puis Il mange du poisson (Lc 24, 43). Aucune créature, issue de la Création du Père, ne peut faire ces deux choses «matériellement contradictoires»: un corps psychique ou un corps spirituel peut bien traverser un mur de pierre, mais il ne peut pas manger du poisson, alors quun corps physique peut bien manger du poisson, mais il ne peut pas traverser un mur de pierre.
Or, Jésus-Christ ressuscité fait lun et lautre avec la même facilité. Son corps glorieux est donc bien constitué dune matière qui nexiste pas, en tant que telle, dans la Création du Père. Encore une fois: cette matière est son oeuvre à Lui, le Fils; elle nest pas celle du Père.
On peut évidemment discuter de la pertinence du mot création et même en proposer un autre. Il reste, cher Père Michel, que javais défini le sens particulier que je donne à ce mot dans le texte et que tout est plus clair quand on rétablit ce qui se trouve entre parenthèses et que tu as enlevé (je le mets en gras ci-dessous). De plus, remplacer, comme tu las fait, ladverbe ne plus par ladverbe ne pas nest pas anodin, car cela change complètement le sens de mon affirmation.
Javais donc écrit: Ce corps glorieux, composé de «matière glorieuse», NE RELÈVE PLUS [et non pas: ne relève pas] de la Création du Père (séparée en trois degrés distincts), mais il est, proprement, une création nouvelle, la Création du Fils (un seul état, compénétration des trois autres).
Telle quelle est dans le texte original, la phrase est bien plus claire et elle ne prête pas vraiment à équivoque, alors que, telle que tu la cites en la déformant, je ne saurais que difficilement y souscrire moi-même. On nest jamais à labri dune distraction, mais jai quand même tenu à rétablir la vérité sur ce point dont tu reconnais, autant que moi, lextrême importance, puisquil fait lobjet de ta première question.
* * *
DEUXIÈME QUESTION:
Comment concilier le fait que la Transsubstantiation est le propre du pouvoir de Dieu seulement [avec le fait] que lon affirme que la Co-Rédemptrice «opère sur elle-même une véritable transsubstantiation, Elle opère sur Elle-même le sacrifice eucharistique»? Si elle nest quune créature, comment peut-elle avoir un pouvoir qui nappartient quà Dieu?
DIVINISER LA NATURE HUMAINE
Ma première réaction, cher Père Michel, a été de mexclamer: «Mais quen savons-nous? Qui donc a lautorité nécessaire pour affirmer que la transsubstantiation (qui reste à définir ici) serait à tout jamais le propre de Dieu?» Proclamer cela, nest-ce pas, déjà, mettre des limites à laction de Dieu Lui-même en décrétant quIl ne peut pas partager son pouvoir avec qui Il veut, quand Il veut, comme Il veut?
Si tu considérais la Rédemption comme, par analogie, les faits relatifs à la Co-Rédemption nous invitent à le faire, et si tu mettais la Co-Rédemptrice à laltitude où tout me pousse à la mettre, il ny aurait pas de problème et tu serais émerveillé par ce qui tinquiète ou tindispose aujourdhui.
Car, en vérité, Marie-Paule a «tout simplement» fait ce quavait fait Jésus-Christ: glorifier sa nature humaine et la diviniser. Ce nest pas moi qui lai inventé, cest écrit dans Vie dAmour. Ainsi donc, alors que, nous venons de le voir, Jésus-Christ a divinisé son humanité, ne fait-Il pas savoir à Marie-Paule: En toi, le Père [verra] comme une seconde présentation de mon humanité au Père (XI, 222), et ne Lui dit-Il pas, des années plus tard: Tu es divinisée (App. V, 323)?
Face à ce genre daffirmation, bien sûr, il faut faire un choix personnel: ou bien lon croit en Marie-Paule et donc on croit aussi quil est vrai que le Seigneur lui a dit cela, dans toute la force de cette expression divine, ou bien lon ne croit pas que le Seigneur ait pu lui dire une chose pareille et donc on ne croit pas en Marie-Paule. Ce qui fait la différence et ce à quoi tout se résume en définitive, cest seulement ceci: croire ou ne pas croire en Marie-Paule.
LINSTITUTION DE LEUCHARISTIE
La section qui précède est aussi réponse à la deuxième partie de ta question: Si elle [la Co-Rédemptrice] nest quune créature, comment peut-elle avoir un pouvoir qui nappartient quà Dieu? Réponse: parce quelle est divinisée. Mais attention!, quon ne me fasse pas dire ce que je nai pas dit: ce nest pas Marie-Paule qui a institué lEucharistie (ou quelque nouvelle Eucharistie sous quelque forme que ce soit), cest Jésus-Christ seulement.
Plus précisément: ce nest pas Marie-Paule, mais Jésus-Christ qui a donné à ses prêtres la possibilité de réactualiser le même sacrifice et dopérer la même transformation en vue de la divinisation de lhumanité (article 6 du texte «Et pourtant, Ils sont Deux»). Marie-Paule ne fait que sajouter aujourdhui à ce «monde», à cet «état dêtre» inauguré par Jésus-Christ il y a deux mille ans et dont relèvent les Espèces transsubstantiées en Lui.
Cest pourquoi, cher Père Michel, quand tu te demandes comment une créature pourrait avoir un pouvoir qui nappartient quà Dieu, tu présentes en fait le problème de manière inexacte et même un peu choquante en ce que tu ne tiens pas compte de ce que jai écrit par ailleurs. En vérité, Marie-Paule na pas, dans le contexte eucharistique, de pouvoir qui nappartienne quà Dieu: Jésus-Christ seul avait le pouvoir dinstituer lEucharistie et cest Jésus-Christ seul qui la fait.
Quant à Marie-Paule, elle na pas «inventé» le monde eucharistique, elle na pas institué dEucharistie, elle na donné aucun pouvoir à aucun prêtre à cet égard. Tout ce quelle a fait, cest se hisser elle-même jusquà l«état eucharistique» et sy établir en tant que divine Épouse de Jésus-Christ. Cest tout. Mais cest énorme.
«SACRILÈGE, HÉRÉSIE, BLASPHÈME!»
Lidée me vient de soulever ici tout de suite une accusation qui pourrait survenir, non pas tant chez toi que chez dautres personnes que tu pourrais rencontrer. Il sagit du caractère éventuellement hérétique de mes propos sur lEucharistie, domaine sensible de la foi catholique. Et je te dis tout de suite que je récuse absolument toute accusation dhérésie, dans ce domaine comme dans les autres.
Après la publication du livre intitulé Le Rédempteur et la Co-Rédemptrice, un théologien de grand renom ma en effet déjà accusé de «SACRILÈGE, HÉRÉSIE, BLASPHÈME» à propos, justement, de ce que jy avais écrit sur lEucharistie. Jai trouvé que ce théologien allait un peu vite en besogne: il voyait un blasphème où il y avait louange de laction divine, il voyait un sacrilège où il y avait célébration de laction divine et il voyait une hérésie où il y avait explication de laction divine.
Est hérétique toute personne ou toute opinion qui soppose à lune ou lautre des vérités dogmatiques dûment proclamées par lÉglise. Ainsi serais-je hérétique si, par exemple, je niais la transsubstantiation. Mais tel nest pas le cas, bien au contraire, et tel nest le cas relativement à aucun dogme de lÉglise (combien de théologiens contemporains pourraient en dire autant, je te le demande). Il y a bien, de ma part, prise en considération de réalités nouvelles et développement de notions suscitées par celles-ci, mais il ne saurait y avoir dhérésie puisque, je le répète, je ne moppose à aucun dogme.
De la même façon, nier lImmaculée Conception avant que le dogme en soit proclamé nétait pas une hérésie (saint Bernard, pour ne citer que lui, ny croyait pas). Cétait une erreur, pas une hérésie. Par contre, continuer à nier lImmaculée Conception après la promulgation du dogme est bel et bien, selon lesprit du catholicisme, une hérésie.
Dans le même ordre didées ne sont donc aucunement des hérésies les affirmations suivantes: que lImmaculée est co-éternelle à Dieu, quElle est de nature divine sans être Dieu, quElle sest incarnée jadis en Marie, quElle sest réincarnée en Marie-Paule aujourdhui, que Marie-Paule est la Co-Rédemptrice et la surnaturelle Épouse du Rédempteur, quElle est la Mère du Royaume à venir et quElle sest intégralement «christifiée» jusquà la transformation dElle-même en Eucharistie vivante.
* * *
TROISIÈME QUESTION:
Comment expliquer que, dans Vie dAmour, le Seigneur [dit] que, à la Messe, désormais, la Co-Rédemption serait «symbolisée» - je cite de mémoire - alors que, dans le journal, le réalisme de la Transsubstantiation est explicite: «Lajout de la Co-Rédemptrice au Rédempteur au sein de la "Création du Fils" entraîne un changement majeur: ainsi, lorsquun prêtre consacre le pain et le vin, les transforme en ce "quatrième état de la matière" et que ceux-ci sont donc transsubstantiés en "Corps du Christ", il sagit désormais du "Christ total: Homme et Femme".»
RÉDEMPTION / CO-RÉDEMPTION
Dans Vie dAmour, il est écrit ceci (ce nest dailleurs pas Jésus-Christ qui parle, mais Marie-Paule): Dorénavant, ces paroles: «Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang» symboliseront à la fois lOeuvre de la Rédemption accomplie par le Rédempteur et lOeuvre de la Co-Rédemption accomplie par la Co-Rédemptrice. (VII, 347)
Oui, Marie-Paule, en Vie dAmour, utilise le verbe symboliser. Comme pour le mot création ci-dessus, ce nest peut-être pas le meilleur terme, mais peu importe étant donné que cela ne me paraît pas être lessentiel ici. Lessentiel est que Marie-Paule lapplique à la Rédemption comme à la Co-Rédemption et quelle met donc, en regard de lEucharistie, lune et lautre sur un pied dégalité.
Que maintenant les choses soient dites de manière plus explicite que dans Vie dAmour, selon que tu lécris, cela me paraît relever de lévolution normale de notre capacité daccéder à des réalités nouvelles. Ainsi, de la même manière et si je connais un tant soit peu lÉcriture, il me semble que Jésus-Christ na révélé que progressivement le mystère de sa propre Personne.
Plus encore: Il en a même laissé le soin, pour une bonne part, aux siècles ultérieurs. Aussi le «corpus dogmatique» de lÉglise est-il globalement beaucoup plus explicite et plus complet que toutes les paroles prononcées par Jésus-Christ Lui-même. Il y a eu développement dogmatique à partir des données contenues dans lÉcriture et qui constituent la Révélation proprement dite. Je suis convaincu que tu ne le contestes pas. Ce que tu ne contestes pas par rapport à la Rédemption, pourquoi le contesterais-tu par rapport à la Co-Rédemption?
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QUATRIÈME QUESTION:
Comment concilier le fait que la Messe, cest le Sacrifice Non Sanglant du Christ, identique dans la Substance au Sacrifice du Calvaire, sans aucune différence sauf dans les apparences, donc complet (cf. la Lettre aux Hébreux), et que maintenant il semble quil y manquerait quelque chose: «Or donc, un jour vient le temps, comme en toutes choses, de compléter le masculin par le féminin pour constituer la Totalité»?
QUEST-CE QUE LEUCHARISTIE?
Il ne manque rien à lEucharistie qui a été, dès la dernière Cène, instituée complète et parfaite. Elle est toujours ce quelle a toujours été: le Corps et le Sang du Christ. Il sagit là dun des éléments les plus fondamentaux de la foi chrétienne et je ne crois pas lavoir jamais remis en question, bien au contraire.
Il convient cependant de préciser le rapport qui existe entre le Sacrifice du Calvaire et le Sacrifice non sanglant du Christ à chacune des messes célébrées dans le monde. Au Calvaire, Jésus-Christ a parachevé la totale immolation de Soi-même; au moment de la Consécration, cette immolation «se réactualise» afin que puissent en bénéficier concrètement les membres en état de grâce de son Corps mystique.
Plus précisément, Jésus-Christ, pendant toute sa vie terrestre, en plus de ses activités visibles, a soumis son Être à tout un processus danéantissement: celui de lHomme quIl était pour que naisse à lÉternité le Dieu quIl est. Pour ce faire, Il a littéralement immolé les constituants matériels (physique, psychique et spirituel) de lHomme quIl était, les «dissolvant» et les «reconstituant» en un corps glorieux mu par le Dieu quIl est. Cest au résultat de ce processus que nous communions.
Mais que se passe-t-il au moment de la Consécration? Ceci, simplement: transsubstantiation soudaine, absolue, du pain et du vin physiques en Corps et Sang glorieux (divins) du Christ. De sorte que cest très réellement sa Chair glorieuse que nous mangeons (et son Sang glorieux que nous buvons).
Si nous décomposons maintenant ce «processus instantané», cela donne les «étapes» suivantes: au départ, il y a matière physique; ensuite, il y a incorporation de matière psychique («premier oeuvre»); ensuite encore, il y a incorporation de matière spirituelle («second oeuvre»); enfin, il y a glorification des trois matières («tiers oeuvre»), cest-à-dire transsubstantiation des «trois matières» en une Matière nouvelle: le Corps et le Sang du Christ. Mais tout cela, jinsiste, est instantané.
Le résultat? Mais une Nourriture incomparable, unique et glorieuse, avant-goût de ce que sera la nature humaine après la résurrection! Pourquoi? Parce quelle est déjà celle du Christ après sa propre Résurrection. Sauf quIl est Dieu - le Fondateur du Miracle - alors que nous sommes et serons toujours des hommes - les bénéficiaires du Miracle!
UNE SEULE EUCHARISTIE
LEucharistie a donc été, dès la dernière Cène, instituée complète et parfaite, et, dès ce jour, elle a commencé à se multiplier, à développer la part du Corps du Christ dans lunivers, exactement comme du levain dans de la pâte selon la comparaison même du Christ dans lÉvangile (Mt 13, 33).
Ainsi, pendant 2000 ans, lEucharistie «irrigue» la chrétienté, la pénètre et la vivifie, jusquà ce quune femme, un jour, réponde à lappel de sainteté de Dieu de manière complète et parfaite. Elle se sanctifie donc autant quIl sest sanctifié. Co-Rédemptrice, Elle opère sur Elle-même la même transformation quavait opérée le Rédempteur. «Christ-Femme», Elle rejoint le «Christ-Homme» dans le monde eucharistique. Ils y sont deux désormais, mais il ny a toujours quune Eucharistie. Prodige incomparable! Absolu du don de Dieu dabord, et puis perfection de la réponse de lAmour à lAmour!
Lunion de la Co-Rédemptrice au Rédempteur est telle - alors même quIl relève du Mystère de Dieu et Elle de celui de lImmaculée - que lajout de lUne à lAutre au coeur de la complète et parfaite Eucharistie donne toujours la même Eucharistie complète et parfaite - mais irriguée dun Sang neuf en vue de lavènement de ce Royaume incomparable où lHumanité saura vraiment ce quest lEucharistie - lEucharistie totale, intensément comprise, intimement vécue!
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CINQUIÈME QUESTION:
Si Marie-Paule, la Co-Rédemptrice, est présente dans lEucharistie, peut-elle tout «entendre et comprendre» - ce qui est le propre de la Divinité en Jésus-Christ lorsque les fidèles sadressent à eux?
«TOUT ENTENDRE ET TOUT COMPRENDRE»?
Permets-moi, cher Père Michel, de modifier un tout petit peu ta formulation - cela nest pas un reproche: il sagit dune réalité difficile à décrire et jai fait plus ou moins la même erreur ou plutôt laissé passer la même approximation (article 12 du texte «Et pourtant, Ils sont deux»). Marie-Paule, à linstar de Jésus-Christ, nest pas présente dans lEucharistie: Elle est Eucharistie.
Cela dit, jai de nouveau (comme à la question 2) tendance à mexclamer: «Mais quen savons-nous? Qui donc a lautorité nécessaire pour affirmer que tout "entendre et comprendre" serait le propre de la Divinité?» Cest peut-être vrai, mais cela na jamais été démontré.
De toute manière, à cette question Marie-Paule seule pourrait répondre en connaissance de cause. Il reste que nous prions lImmaculée depuis des siècles et quElle nous exauce - il faut donc bien quElle nous entende et nous comprenne! En ce qui concerne Marie-Paule, je ne sais pas si Elle entend tout, mais deux décennies de présence à lArmée de Marie mont prouvé ceci: Marie-Paule entend tout ce quil faut quElle entende, Marie-Paule comprend tout ce quil faut quElle comprenne. Et, crois-moi, cest déjà beaucoup!
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SIXIÈME QUESTION:
Finalement, la question la plus importante, qui vous est bien personnelle: «Croyez-vous que Marie-Paule est présente dans lHostie au même titre que Jésus-Christ? » Hier une dame me disait: «Quand je communie, je reçois le Corps de Jésus et le Corps de Marie-Paule.» Si le Magistère déclare ceci comme contraire à la Foi, allez-vous y adhérer - supposant que vous y croyez?
«AU MÊME TITRE» QUE JÉSUS-CHRIST?
Même si cette question sadresse «personnellement» au Père Denis, je vais y répondre aussi, car cest, selon ta propre classification, la question la plus importante. Et jajouterais immédiatement que cest une question que je trouve assez pernicieuse. Il faut en effet pas mal daudace ou dinconscience pour demander à un confrère, avant même que le Magistère de lÉglise ne se soit prononcé, sil a lintention de sopposer à une décision tout éventuelle qui na de toute façon pas encore été prise et dont nous ignorons par conséquent la nature exacte. Quant au supposant que vous y croyez, cest nous inviter à supposer que tu ny crois pas.
Concernant maintenant la première partie de ta question, je vais y répondre, non pas bien sûr au nom du Père Denis, mais en mon nom personnel. Et je vais te répondre en toute honnêteté, sans détour aucun.
Question:
Croyez-vous que Marie-Paule est présente dans lHostie au même titre que Jésus-Christ?
Réponse:
Sous réserve de la correction du mot présente (cf. ci-dessus),
si, par au même titre, il faut entendre quil ny a aucune différence daucune sorte entre Jésus-Christ et Marie-Paule par rapport à lEucharistie, ma réponse est non;
mais si, par au même titre, il faut entendre quIls ont tous Deux vécu la même Passion, la même transformation de tout leur Être en vue de leur divinisation dabord et de celle de lHumanité ensuite, alors ma réponse est oui.
Dautre part, il faut quand même faire bien attention, car le sujet, très délicat, requiert une vigilance et une exactitude extrêmes. Ainsi, si la dame dont tu parles a réellement prononcé les paroles que tu rapportes («Hier, une dame me disait: "Quand je communie, je reçois le Corps de Jésus et le Corps de Marie-Paule"»), alors, il me faut les dénoncer comme étant lexpression dune confusion dangereuse: on ne reçoit pas le Corps de Jésus-Christ ET le Corps de Marie-Paule; on reçoit le Corps du Christ.
Même si je lai déjà expliqué ci-dessus, je crois quil est bon dy revenir: il ny a quune seule Eucharistie, instituée par Jésus-Christ lors de la dernière Cène. Elle est le résultat prodigieux de la transformation personnelle du «Fils de lHomme» en un Être nouveau sans précédent dans toute lhistoire de lhumanité.
2000 ans plus tard, Marie-Paule, dans lobéissance et sur la Croix, se soumet, sans même le savoir, au même processus de transformation personnelle au point de devenir un Être nouveau, mais non plus sans précédent.
À celle qui sest totalement offerte à Jésus-Christ, Jésus-Christ donne de partager sa «nature eucharistique». Ils en relèvent désormais tous les deux, mais lEucharistie na pas changé: cest toujours le Corps du Christ que nous recevons - mais du Christ Total. Celui-ci nest pas une addition de Personnes (lUn et lAutre); il est une Victoire de lAmour: Elle se donne à Lui, Lui se partage avec Elle. Ils sont Deux en Un. Dailleurs, la Messagère dAmsterdam est explicite: «Et tandis que je contemplais cet Être, cet Être unique, quelque chose dintérieur me portait sans cesse à penser: "Et pourtant, Ils sont Deux." Mais moi, je nen voyais quUn.»
VERS UNE FOI VRAIMENT UNIVERSELLE?
Concernant la seconde partie de ta question, je vais simplement te dire que si le Magistère [de lÉglise] déclare ceci [cest-à-dire ce qui précède] comme contraire à la Foi, le Magistère va se charger dune lourde responsabilité. Car, enfin, tout se tient, tellement fort et tellement bien quil faudra de très sérieux arguments pour démontrer léventuelle absurdité de nos convictions.
Cent fois jai fait défiler le contenu de Vie dAmour dans ma tête et dans mon esprit (car cest de Vie dAmour que tout part et à Vie dAmour que tout revient), cent fois jai cherché la «faille» et cent fois ce fut en vain. Dabord, il me paraît impossible que Marie-Paule ait pu placer délibérément dans ses écrits, pendant au moins trente ans, tous les éléments constitutifs dune foi renouvelée, sans jamais trahir la «vision densemble» qui les sous-tendrait. Pourtant, cette vision densemble a pu en être dégagée, logique et cohérente. Il est donc clair, à mes yeux, que Marie-Paule na pas pu «tout inventer».
La trame de Vie dAmour dépassant les possibilités dinvention de lesprit humain, sa source est donc à chercher au-delà de la personne de Marie-Paule. Alors, céleste ou diabolique, la source dinspiration? Si elle est diabolique, il faudrait que le diable ait une patience... dange. Oui, jai même envisagé quil puisse attirer dabord les âmes à Dieu pour mieux les en détourner par la suite. Alors, toi comme Fils de Marie, moi comme écrivain, nous aurions été séduits?
Mais depuis quand Satan suscite-t-il des vocations religieuses et depuis quand suggère-t-il à quiconque de mettre sa plume au service de Dieu? Car tout ce que jai écrit, depuis la première phrase du premier livre, est comme un hommage à Marie-Paule. Et Marie-Paule te dira que toute sa Vie dAmour est un hommage à Marie Immaculée. Et Marie Immaculée te dirait que son Existence même est un suprême Hommage à Dieu. Personne ne travaille pour soi dans cette affaire et tout le monde travaille pour Dieu. Nest-ce pas tout dire?
Oui, mais il faut aller jusquau bout. Cest dur? Pas autant, loin sen faut, que pour Marie-Paule Elle-même! Et le «jusquau bout» de la logique divine infusée dans Vie dAmour nous conduit à cette Eucharistie renouvelée, prémisse et condition du Royaume: Et pourtant, Ils sont Deux!
Si le Magistère déclare [cela] comme contraire à la Foi, le Magistère pourrait être responsable dun repli de la foi catholique sur elle-même ou, plus exactement, dune «contraction» de la foi catholique à lintérieur de la foi nouvelle en train de naître et qui contient la promesse de la véritable universalité. Quant à moi, je nai pas à déclarer vrai ou faux ce que je dois bien admettre avoir reçu. Ce nest pas de mon ressort. Mais si lon interroge, je réponds; si lon attaque, je défends; cela fait partie du devoir de transmission. Car il me faut veiller à ce que le message se rende à destination, quil soit bien reçu, quil soit bien compris.
Bien sûr, je suis convaincu de la véracité du message - pourrais-je le transmettre efficacement sans cela? -, mais je nai pas à statuer sur celle-ci. Toutefois, lautorité que je nai pas pour déclarer vraie la foi nouvelle en train de se former sous nos yeux, tu ne las pas davantage pour la déclarer fausse. Oh! que nous sommes petits devant le Mystère et quil nous faut à tout prix le demeurer!
* * *
EN CONCLUSION:
Voilà, ce ne sont que QUELQUES questions que jai pensé que les adversaires et toute personne qui a une connaissance du Dogme pourraient poser. Remarquez bien, cher P. Denis, que je ne vous ai pas dit ce que je pense.
Amusez-vous bien. Il reste que, si vous ne pouvez pas répondre à ces questions, nous sommes en grand danger.
Cher Père Michel, je ne me suis pas «amusé» à te répondre. En fait, cela ma pris plus de quatre jours, tant jai voulu bien peser tous les mots que jutilise. Et sans doute, hélas, reste-t-il encore bien des faiblesses au sein de mes réponses.
Avant de finir, il me reste cependant encore trois choses à te dire...
«NOUS SOMMES EN GRAND DANGER»
Selon la «sagesse» des hommes, peut-être, mais, selon celle de Dieu (1 Co 1, 25), je ne crois pas que nous soyons en grand danger, ni le serions si le Père Denis ou moi-même ne pouvions répondre à tes questions. Ce nest vraiment pas là quest le danger. Le danger - lun des dangers majeurs - est ailleurs. La preuve? Jai répondu à toutes tes questions formulées, mais je doute que mes réponses taient convaincu, tant tes formulations semblent émaner, non pas de quelquun qui cherche à comprendre, mais de quelquun qui cherche à prendre en défaut. Tu commences par écrire: il ne faut rien cacher, mais tu finis en écrivant: je ne vous ai pas dit ce que je pense... et cest bien ce qui nous distingue, car, pour ma part, je dis sincèrement tout ce que je pense parce que je nai réellement rien à cacher.
«UNE AUTRE DEMANDE...»
Une chose semble tavoir échappé dans le journal, juste au-dessus du texte «Et pourtant, Ils sont Deux». Cest une phrase de Marie-Paule, et la voici: Lorsque jai reçu lordre de publier la 55e vision de la Dame de Tous les Peuples, ce fut doublé dune autre demande: celle dy ajouter le texte de Marc Bosquart... Je le dis bien humblement, mais le Seigneur aurait-Il demandé à Marie-Paule de publier un texte dont lidée maîtresse aurait été mauvaise, dangereuse et complètement fausse?
Il peut y avoir - je suis le premier à le reconnaître - des maladresses et des approximations dans ce que jai écrit, voire même des erreurs sur certains points. Mais lidée maîtresse, à savoir qu«Ils sont Deux»? Si tu ny crois pas, cela revient, soit à accuser Marie-Paule davoir voulu se mettre en évidence (et de quelle manière!), soit à accuser le Seigneur davoir voulu induire en erreur les lecteurs du Royaume (et à quel sujet!).
«LE MOMENT EST CRITIQUE»
Enfin, le moment est critique et chacun doit avoir en main tous les éléments pour bien saisir la problématique, écris-tu dans le premier paragraphe de ta lettre, et cest bien vrai. Cest pourquoi je te signale quen plus de donner une copie de mes réponses au Père Denis, jen remettrai une à Marie-Paule également, leur laissant la liberté, comme dune lettre ouverte, den faire lusage qui leur plaira.
Je reste aussi, cher Père Michel, à ton entière disposition pour tout complément dinformation que tu pourrais désirer recevoir. Mais je souhaiterais que tu tadresses directement à lauteur à lavenir, car il y a quelque chose dincorrect, voire dimmoral, à demander à quelquun de justifier un texte quil na pas écrit. De même, il me paraît malsain dessayer dintroduire de la division dans une Oeuvre qui est notre bien commun.
Quoi quil en soit, je recevrais volontiers ta bénédiction de Fils de Marie. Car il est toujours grand à mes yeux celui qui peut voir, entre ses doigts, le pain des hommes devenir le Corps du Christ - du Christ total désormais: Rédempteur et Co-Rédemptrice indissolublement unis,
Marc Bosquart
Seconde lettre du Père Michel Palud
Pendant que je terminais la rédaction de mes réponses était arrivée une seconde lettre du Père Michel, mais elle me fut communiquée seulement plus tard, soit le 2 décembre. En fait, ce fut peut-être heureux, dune certaine manière à tout le moins, car le Père Michel y déclarait notamment ceci: Merci de dire à Marc quil nest pas nécessaire quil réponde à mes questions.
Mais alors, pourquoi les avoir posées? La vérité, cest que les questions navaient pas été posées dans le but de recevoir une réponse ou des éclaircissements, mais dans celui de mettre le Père Denis dans lembarras: Cher P. Denis, si javais voulu madresser à Marc, je me serais adressé à lui et non à vous. Je ne voulais justement PAS madresser à Marc. Dailleurs, javais bien indiqué que ces questions vous étaient personnelles.
Or, il y a là, me semble-t-il, une erreur de jugement: de quel droit le Père Michel peut-il considérer le Père Denis - et le Père Denis seulement - comme lui étant redevable dexplications concernant un texte que celui-ci na pas écrit?
Le Père Michel poursuit: Je suis donc enclin à croire que vous ne pouvez pas répondre aux questions que je vous ai posées ou que vous en êtes incapable en ce moment-ci. - Je réponds à cela quil ne sagit pas tant de capacité que de façon de procéder. Et celle du Père Michel est incorrecte, parce que, tout le confirme, les questions nont pas été posées dans le but de recevoir une réponse, mais dans celui de justifier des opinions déjà bien arrêtées. Le Père Michel poursuit en effet: Si vous, qui êtes le Premier des Fils de Marie, ne pouvez pas répondre à ces questions, ma conclusion est correcte. - Quelle conclusion?
Le Père Michel poursuit encore: Car lÉglise ne va pas demander dexplications à Marc, mais à vous et à moi... - Je réponds à cela: peut-être est-ce justement là le problème... Et comment ne pas penser ici à labbé Lionel Mélançon, décédé il y a seulement quelques jours? En règle générale, en tant que théologien, celui-ci nétait, dans un premier temps, pas daccord avec ce que jécrivais, mais il avait la grande humilité de venir me voir et - cest à mon tour de le dire en toute humilité -, quand il me quittait quelques heures plus tard, il sétait ouvert aux idées nouvelles et, le plus souvent, les avait même adoptées. Peut-être que si «lÉglise» faisait la même chose...
En fait, tout se résume en un mot: pourquoi nêtre pas plus franc? Dune part, le Père Michel écrit: Ma conclusion est correcte et, dautre part, il déclare à nouveau: Quant à moi, je ne vous ai toujours pas dit ce que je pense... On aimerait bien le savoir.
Enfin, pour terminer sa lettre, il a ces mots: La force et lunité de lOeuvre dépendront aussi de notre cohésion interne. - Pour lunité, telle est aussi mon opinion. Pour la force, il me semble quil ne faudrait pas négliger de sen remettre à Dieu.
Marc Bosquart
«MICHEL, JE CRAINS PLUS POUR TOI QUE POUR TOUS LES AUTRES ENSEMBLE»
par Mère PAUL-MARIE
«La force et lunité de lOeuvre dépendront de notre cohésion interne», écrit le Père Michel Palud. Cette cohésion interne survivra sil y a transparence dans chaque âme, un regard unique: «Tout pour la gloire de Dieu» et non pour soi.
Navons-nous pas vu suffisamment, au cours de nos trente ans dapostolat, ceux ou celles qui ont voulu sapproprier cette Oeuvre, sombrer avec leurs prétentions, leurs préjugés et leur orgueil mal dissimulés?
Nous avons tous nos qualités, de même nos défauts que nous devons corriger, et nous avons le devoir de nous entraider, de nous soutenir dans notre montée vers le Seigneur. Mais plus une âme perçoit laction de Dieu en elle, plus elle sabîme dans sa petitesse.
Sommes-nous étonnés de lattitude du Père Michel, de ce genre de lettre quil adresse au Père Denis? Non, pas de surprise en cela, au contraire.
Le Père Michel est fort doué. Intelligent, doté dune excellente mémoire, tous les éloges peuvent résumer ses années détudes primaires, secondaires, théologiques, jusquaux multiples lois du Droit canon doù il sen tire avec la mention «Summa cum laude» [avec la plus grande distinction]. Il est prêt à porter le flambeau de la foi innée de ses racines profondes qui puisaient leur sève dans le foyer familial, transmise dune génération à lautre. Assoiffé de sommets, il se dévoue inlassablement dans les vignes de lHomme-Dieu. Quelle panoplie de talents et de qualités!
Layant vu grandir dans lArmée de Marie, il marrivait de minquiéter à son sujet, si bien que, peu après son ordination sacerdotale, parlant de la vie spirituelle avec lui, je lui ai dit: «Michel, je crains plus pour toi que pour tous les autres ensemble.» Son raisonnement ne permettait pas une ouverture aux voies mystiques; il lui fallait se faire prudent et humble devant le Seigneur. Il y a en tout être un esprit qui sommeille et dont la chute peut causer de terribles ravages.
Pour nos Fils de Marie, jai toujours souhaité lesprit du Curé dArs, si éloigné de toute convoitise humaine: «Tout pour Dieu, rien pour lui.» Il lui restait le mépris et sa vie de renoncements.
Or, il métait toujours agréable de revoir, comme les autres, le Père Michel venant de Rome au Canada pour ses vacances triennales. Chaque fois, devant lévidence, mes craintes augmentaient et la même phrase lui était chaque fois répétée: «Michel, avec ton penchant à lorgueil, tu me fais plus peur que tous les autres Fils de Marie ensemble.»
Les talents doivent être exploités, il est vrai, mais quand la tige dorgueil ne cesse de nourrir la convoitise des titres et des honneurs, cette passion cause un aveuglement qui corrompt lessentiel et cest vite la chute de lesprit dont les ravages ne se comptent plus. Lorgueil ferme lâme, le coeur et lesprit à laction divine.
Lors de la dernière visite du Père Michel faite ici en août 2000, alors quil venait de la Jamaïque où il dirige la Mission des Fils de Marie, étant à la fois le Vicaire général de son évêque, S. Exc. Mgr Paul Michael Boyle, un entretien avec lui me prouva la gravité de ses prétentions, si bien que, dans la conversation centrée sur la possibilité quil devienne évêque - selon les dires de certains -, je lui ai rappelé ma petite phrase accentuée dune mise en garde: «Si tu deviens évêque, tu seras précisément lun de ceux qui combattront pour détruire les Oeuvres de Dieu qui présentent des voies nouvelles pour un monde meilleur.» Cette conversation «de mère à fils» fut quand même agréable, car nous ne restons jamais sur une note négative. Il convient toujours de souligner ce qui est bon et profitable.
Cette dissidence dans ces voies mystiques si merveilleuses - car tout est si simple avec Dieu - est pénible à vivre, car le Père Michel na pas attendu le titre «épiscopal» pour tenter de semer la division. Quel dommage! Pourquoi ne se rappelle-t-il pas la sagesse de Gamaliel? Cette dissidence connue de certaines autorités religieuses lui vaudra-t-elle ce titre convoité? Peu importe! Notre transparence ne saurait sacrifier la vérité, la lumière sur un mystère qui souvre à la compréhension des simples et des petits, les valeurs à transmettre, pour nous éviter des pénalités canoniques qui nuiraient à la promotion de lun ou de lautre.
Jésus na pas sacrifié la vérité sur lOeuvre de Son Père pour avantager Ses Apôtres. Il a suivi la voie royale qui La conduit à Son Père en mourant sur la Croix, après leur avoir indiqué que «le disciple nest pas au-dessus du Maître», précisant même à certains dentre eux le genre de mort qui les attendait.
Que Dieu et Marie protègent le Père Michel, car ce titre convoité lui serait préjudiciable jusquà la fin de ses jours et dans les siècles des siècles!
Il fait si bon aimer, même quand le coeur fait mal, ou mieux encore, aimer jusquà ce que le coeur fasse mal de tant aimer. Quand le monde comprendra que lAmour est une fleur quil faut arroser par le don et le pardon dans labandon, mais surtout par le dépouillement de son «MOI» jusquà ce quil ne reste plus que lamour, alors on sera dans un paradis ici-bas. Et le paradis, on le porte dans son coeur.
Si lon a tout perdu pour Dieu et quil ne reste plus que lAmour,
cest être AMOUR. Être AMOUR, cest être HOSTIE!15 décembre 2000
Mère Paul-Marie
«IL A ÉTÉ LE PREMIER À AVOIR LE PRIVILÈGE DE CETTE GRÂCE...»
par Mère PAUL-MARIE
FULGURANTE LUMIÈRE!
Ce matin, à la messe célébrée par le Père Victor Rizzi, une grâce spéciale confirme une fois de plus lauthenticité de lOeuvre mariale vécue en une Vie dAmour que les volumes de même titre relatent heureusement, au fur et à mesure, en tous ses événements.
Cest le samedi 16 décembre 2000, à mon appartement situé à Spiri-Maria, à Lac-Etchemin, où chaque matin, à 6 heures, sont transsubstantiés le pain et le vin en Corps et en Sang du Christ-Rédempteur. Je «vois» soudain, au moment de loffertoire, se répéter sur loeil de mon âme une grâce déjà reçue, perçue par le Père Michel Palud, et survenue en la nuit de Noël 1987, au sanctuaire Sainte-Marie-de-la-Croix, à Roio, en Italie, lors dun séjour avec une compagne Fille de Marie.
Le Père Michel, Fils de Marie, jeune prêtre depuis le 30 mai 1987, célébrait la Messe de minuit, ponctuée à quelques reprises de paroles divines qui se répètent en mon âme et me surprennent. Or, après la messe, en me saluant, le Père Michel me dit:
«"Que sest-il passé pendant la messe? Tu as eu quelque chose de spécial, cest certain." Il mécrira ensuite: "Je te sentais heureuse au commencement de la messe, mais cest surtout au moment de la consécration, entre les deux élévations, de lHostie et du Sang, que je te sentais prise par Dieu et que jétais lié à toi de façon toute particulière." Je dois admettre, oui, quil y a eu quelque chose, mais aucune confidence nest faite» (Vie dAmour, Appendice III, p. 241).
Il est parfois arrivé que le Père Michel me demande, au cours des années suivantes, sil saurait un jour en quoi consiste ce lien qui le rattachait à moi. Je lui répondais nen rien savoir et, de plus, face à ce genre de chose, il ne faut jamais y revenir, ni faire dhypothèses. Il appartient à Dieu Seul den indiquer la signification à Son Heure.
Jai commencé, en 1990, Vie dAmour, Appendice V, relatant les faits qui se déroulent dans lOeuvre et qui sont liés aux lumières divines. Ce livre sintitule La Résurrection (les titres métant toujours indiqués par le Seigneur) et je considère à la fin de 1992 que je ne vois pas venir cette «résurrection» de la communauté des Fils de Marie qui vit son «vendredi saint».
Pourtant, le jeudi 7 janvier 1993, à notre chapelle au Centre de lArmée de Marie, pendant la Sainte Messe, quelle fulgurante lumière!
«Plus vite que léclair, avec surprise, j"apprends" que le moment est venu de terminer Vie dAmour, Appendice V, La Résurrection, car tout est accompli mystiquement:
«- Je "revois" en couleurs les faits tels quils sont survenus le jour de Noël 1987 au sanctuaire Sainte-Marie-de-la-Croix, à Roio, à LAquila.
«- Puis je "vois" un épisode survenu à la fin du montage du film «Vie dAmour», à Rome, en août 1992.
«- Finalement, je "reçois" lordre de lire le 55e Message de la Dame de Tous les Peuples» (ces faits sont relatés à la fin de Vie dAmour, Appendice V, p.322, etc.).
Cest à ce moment que jai reçu lordre de dévoiler les trois mots: «TU ES DIVINISÉE», qui se répétaient au cours de la messe célébrée par le Père Michel au sanctuaire Sainte-Marie-de-la-Croix, à Roio, à Noël 1987, et cest au moment de lélévation que Dieu a permis au Père Michel de percevoir leffet pourtant invisible de cette grâce. À cette époque, il était impossible den comprendre lexacte signification. Par obéissance, cétait écrit, mais aussitôt oublié sous le flot des obligations quotidiennes.
Nous voici donc au samedi 16 décembre 2000. Au cours de la messe célébrée par le Père Victor Rizzi, se «reproduisent» les faits survenus au sanctuaire Sainte-Marie-de-la-Croix. Au moment de loffertoire, quand le Célébrant élève lHostie, se répètent les paroles: «TU ES DIVINISÉE», et il mest montré avec insistance le lien qui existe entre cette grâce et les événements qui se déroulent en ce moment concernant le Père Michel Palud. Quelle suite logique dans le Plan dAmour céleste! Quelle prévenance divine! Soudain, je pense que, ce matin, commence la neuvaine à lEnfant Jésus et ma pensée se reporte au sanctuaire de Roio où jai tant admiré la simplicité du Jésus de la crèche placé sur le tabernacle et présenté ensuite aux fidèles qui allaient lembrasser après la messe.
LE CORPS DU CHRIST- LE SANG DU CHRIST
Jai vite compris le lien qui existe entre cette grâce de la Messe de minuit de 1987, à Roio (alors quà la consécration, le Père Michel élevait lhostie - CORPS du Christ - et le calice - SANG du Christ -, rappelant les paroles du Rédempteur: «Faites ceci en mémoire de moi», en Qui il croit), et ce qui se déroule «en ce temps qui est Notre Temps»: temps de la Co-Rédemptrice qui sest livrée au Père, se laissant tailler, purifier, sanctifier, diviniser et être transsubstantiée en CORPS et en SANG du Christ, et qui pourrait répéter à son tour, à sa petite mesure: «Faites ceci en mémoire de moi», ce que le Père Michel combat et à quoi il est incapable dajouter foi. Tout est grâce et je mincline devant lOeuvre de Dieu, par Marie.
Après la messe, je raconte ce fait au Père Victor qui me dit: «Le Père Michel a été le premier à avoir le privilège de connaître cette grâce: le germe dune vie divinisée qui devient Hostie, et il est le premier à ne pas comprendre et à refuser cette grâce de lannonce faite en la nuit de Noël 1987, au sanctuaire Sainte-Marie-de-la-Croix, et qui prouve, «en ce temps qui est Notre Temps», sa sublime réalisation.»
Telle est lOeuvre de Dieu qui, par Marie, saccomplit à travers les barrières que Lui dressent les hommes.
CLAUDE, MON FRÈRE, MORT SUBITEMENT LE PREMIER DÉCEMBRE
Toujours au cours de cette messe du samedi 16 décembre 2000, une autre grâce mémeut tout autant: au moment de lélévation, quand le Père Victor élève lHostie - Corps du Christ -, j«entends», venant de Là-Haut, juste au-dessus du Corps du Christ: «Ton frère Claude est venu célébrer son premier Noël au Ciel.» Puis le Père Victor élève le calice - Sang du Christ - pendant que défile sous mes yeux la vie si douloureuse de Claude. Les sanglots métouffent.
Je me rappelle alors les paroles du vicaire de la paroisse, labbé Joseph Bergeron, son confident, qui me disait en 1948: «Il est rare de voir un jeune homme de cet âge - Claude avait 26 ans - rester si fidèle à Dieu.»
Claude, bien avant la fondation de lArmée de Marie, percevait laction de Dieu dans ma vie, sans pourtant être informé de tout. Toute sa vie a été centrée sur la charité. Alors que mon père avait organisé deux manufactures: lune de gourets (bâtons de hockey) et lautre de chaises, afin de garder dans leur famille les papas de six, huit ou même dix enfants, qui devaient sexiler pour abattre des arbres durant lhiver et ne revenir quau printemps, Claude, sans réclamer de salaire, se réservait les travaux les plus humbles et les plus durs pour protéger ces papas si nécessaires au foyer et leur permettre dobtenir un meilleur salaire.
Après la mort de mon père en 1956, Claude veillait sur notre vie de souffrances et me favorisait de tant de manières. Il supportait, lui aussi, tant de calomnies, en plus de longues années parsemées de «nuits» de lâme, de la foi, et de la sidouloureuse «nuit» de lesprit. Cétait à mon tour de laccueillir et de lencourager à traverser le mieux possible ces phases si douloureuses à vivre. Il est parti sans bruit comme il a toujours vécu. Il nétait pas parfait, comme nous tous dailleurs. Les familles quil a aidées ne se comptent pas. Lun des témoignages recus retient mon attention:
«Un simple mot pour te présenter nos plus sincères condoléances pour le décès de ton frère Claude. Nous sommes persuadés quil continuera à veiller sur toi et lOeuvre du haut du ciel. Ton frère na cessé de multiplier ses générosités dans la plus grande discrétion tout au long de sa vie. Le jour de la récolte vient de sonner, il est temps pour lui de jouir, dans le jardin de lÉternité, du festin réservé à ceux qui ont su se donner sans jamais rien compter.
- Gilles et Ginette Beaupré»
Au lendemain de la mort de mon frère, on me demanda si jallais faire un reportage dans notre journal sur la charité de Claude. «Non, ai-je répondu, je nai pas lhabitude de mettre ma famille en évidence.» Avec Jésus, il en est autrement.
«IL A ÉTÉ LE PREMIER...»
Ces récentes lumières exerceront-elles un effet bénéfique dans les âmes fermées à la vie mystique qui ouvre des voies nouvelles à la mesure de notre foi et de notre amour?
Seule la voie de lhumilité et de la transparence peut ouvrir laccès à lespérance quallume le flambeau de la foi; celle-ci nest jamais contre la raison, mais au-dessus delle, et, de plus, elle ne crée pas de dissidence, mais unit dans la paix et la joie les âmes de bonne volonté.
Ce sont les coeurs des petits, pétris de lEucharistie, qui entreront dans le Royaume terrestre et qui, par lEsprit Saint et Marie Immaculée, sy épanouiront. Lâme de la servante est le prototype des âmes qui y accéderont, réalisant ainsi le temps grandiose prédit par saint Louis-Marie Grignion de Montfort.
«Il a été le premier, oui, le premier, répète le Père Victor en parlant du Père Michel, à percevoir quelque chose de spécial entre lélévation de lhostie - CORPS du Christ - et du calice - SANG du Christ -, en la nuit de Noël 1987.» Or, treize ans après, alors que Marie de Fatima a promis: «À la fin, mon Coeur Immaculé triomphera», nous reverrons-nous tous, avec un coeur plus purifié, pour parler encore damour, de pardon, despérance, dans une belle humilité?
16 décembre 2000
Mère Paul-Marie
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