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Je ne renierai pas une deuxième fois!

Messeigneurs les Évêques du Canada,

J’ai pris connaissance de la Note doctrinale des évêques catholiques du Canada sur l’Armée de Marie rendue publique le 15 août 2001, en la fête de l’Assomption de la Vierge Marie.

La substance de cette Note doctrinale est pour l’essentiel contenue dans le paragraphe suivant: «Les activités et les enseignements de l’Armée de Marie comportent des dangers réels pour l’Église catholique au Canada et pour la foi de ses membres. En raison de ces faits et de la menace continue de division pesant sur l’intégrité et l’unité de la foi catholique au Canada, par la présente, les évêques canadiens déclarent et informent tous les fidèles de l’Église catholique au pays, que l’Armée de Marie, même si celle-ci soutient le contraire, ne peut pas être considérée comme une association catholique.»

Le reste du texte reprend les mêmes accusations et arguments dont la fausseté a été maintes fois et parfaitement démontrée et par Mère Paul-Marie et par les principaux défenseurs de l’œuvre.

Pour Mère Paul-Marie, cet acte porté contre l’Armée de Marie est un cadeau du ciel parce qu’il complète tout ce que le ciel lui a annoncé le 28 avril 1958. Et pour moi, c’est la confirmation que «la fumée de Satan est entrée (et plus que jamais en action) dans le Temple de Dieu», selon l’expression du Pape Paul VI.

Il me semble inutile d’argumenter avec les évêques du Canada. Je n’en ai ni l’inspiration ni la capacité. Je ressens seulement qu’il existe «une inimitié irréconciliable» entre, d’une part la Conférence des évêques catholiques du Canada et, d’autre part, l’Armée de Marie et l’Oeuvre de la Dame de Tous les Peuples, en sa totalité. Je considère donc comme un devoir ni plus ni moins que sacré de témoigner encore et toujours, et d’affirmer ma fidélité pleine et entière à l’Armée de Marie et à sa fondatrice, Mère Paul-Marie. Et ceci est une profession de foi catholique.

Je suis un converti au sein de l’Armée de Marie, comme tant d’autres. J’ai d’ailleurs raconté les circonstances de cette conversion dans le journal Le Royaume. J’y mentionne que, «en un instant, j’ai cru tout ce que l’Église catholique croit et enseigne». Cela se passait le 3 avril 1977, après 15 ans d’une vie de renégat. Changer un mécréant en un croyant n’est pas du ressort de l’être humain. Ainsi, la Miséricorde m’attendait au tournant. Et maintenant les évêques du Canada me jugent et me condamnent et me disent que Dieu s’est trompé. Le petit catéchisme m’a enseigné que Dieu ne peut se tromper ni nous tromper, et que si cette grâce de conversion s’est effectuée au sein de l’Armée de Marie, c’est que celle-ci est catholique. Car c’est cela la grâce que j’ai reçue: croire tout ce que l’Église catholique, une, sainte et apostolique, croit et enseigne. Je le dis et je le crierai sur tous les toits. Et personne d’autre que Dieu ou l’Immaculée ne pourra me faire taire. Je demande tous les jours d’être fidèle, car je suis un pauvre et un pécheur. Mais sachez, Messieurs les évêques, que je ne renierai pas une deuxième fois. Si l’Armée de Marie n’était pas catholique et si Marie-Paule était une fausse mystique aux supposées révélations, je fuirais cette Oeuvre comme une dangereuse secte à mettre hors d’état de nuire, je brûlerais tous les livres la concernant et je vous remercierais à genoux d’avoir protégé ma foi catholique.

D’ailleurs, je pense que rien ne vous convaincra, car vous ne voulez pas savoir la vérité. Je vous regarde aller depuis des années et la charité, que dis-je, la stricte décence m’interdit de vous écrire vraiment ce que je pense. Dans le procès infâme que vous faites subir à l’Armée de Marie et à la Communauté des Fils et Filles de Marie, un tribunal laïque vous convaincrait facilement de mensonges, de duperies et de tricheries. Combien de fois n’avez-vous pas été avertis que, quand la vérité éclatera, il y aura des pleurs et des grincements de dents! A-t-on idée de ce que cela veut dire: «grincer des dents»? C’est le terrifiant et diabolique salaire de ceux qui luttent contre les Oeuvres de Dieu.

Ah! Messeigneurs! Ayez pitié de vos âmes! Quels mots de flammes et d’amour faudrait-il employer pour vous ouvrir un peu au mystère grandiose qui se déroule sous vos yeux, en notre temps? Notre-Seigneur Jésus-Christ l’a affirmé: «Rien de caché qui ne sera un jour découvert.» Nos pensées et nos actions les plus intimes seront connues au grand jour, les vôtres comme les nôtres.

Est-il vraiment trop tard?

Pardon, mon Dieu, je m’égare! Seigneur, ayez pitié, ayez pitié de nous! Il y a parmi nous, sur cette terre, la Femme des Douleurs, qui s’est littéralement arraché le cœur pour que cette humanité pécheresse accède à Ton Royaume. Et on la crucifie psychiquement sous Tes yeux. Quelle éternelle amertume laissera, sur Tes Lèvres Sacrées, les souffrances de la passion de Ta Co-Rédemptrice! Encore une fois, l’Amour est tombé dans l’Inimaginable Piège. L’Amour ne peut rien contre la liberté et la liberté épiscopale crucifie à nouveau.

Qui suis-je pour proférer de telles paroles? Je suis, comme vous, un enfant de Dieu et de l’Immaculée et, comme vous, j’ai une âme qu’il faut sauver et préserver de l’éternelle flamme. Comme vous, je fais mon salut avec crainte et tremblement. Et j’irais donner ma foi à une femme qui a écrit des milliers de pages de supposées révélations?...

Parlons-en de ces supposées révélations. Que voulez-vous insinuer en répétant cette expression dans votre Note? Quelqu’un qui ajoute foi à des montagnes de supposées révélations, c’est un imbécile ou un fou. Et vous faites de Madame Marie-Paule Giguère (car jamais vous n’employez le nom de Mère Paul-Marie qui vous brûlerait les lèvres) une menteuse ou une folle. Avez-vous songé que si, par impossible, les révélations de Marie-Paule étaient «supposées», ce serait le canular le plus énorme que jamais homme ou femme aurait inventé.

Mais vous n’avez pas lu et par conséquent vous n’avez pas cru.

Dans un précédent témoignage, j’ai écrit que je ne savais pas qui était Marie-Paule, mais que je savais qui elle n’était pas, car on l’accusait de se prendre pour la Sainte Vierge. À ce moment l’heure n’était pas à la profession de foi intempestive et, dans mon for intérieur, j’ai toujours regretté cette affirmation. Aujourd’hui, certains sceaux sont brisés et je réponds à la divine question en analogie parfaite avec l’Évangile de Jésus-Christ: «Et vous, qui dites-vous que Je suis?» Et je réponds comme Pierre: «Tu es Mère Paul-Marie, la Fille de l’Immaculée, vivante et vraie.» Je crois donc de toute mon âme et de toutes mes forces que l’Armée de Marie et l’Oeuvre de la Dame de Tous les Peuples sont d’origine divine et que «les forces de l’enfer ne prévaudront pas contre Elle».

Et comme je voudrais que cette profession de foi monte directement Là-Haut! Car si nous, chevaliers de Marie, nous nous taisons, ce seront les pierres qui crieront.

Je sais que je parle à des prêtres du Seigneur revêtus de la plénitude du Sacerdoce et c’est pourquoi je demande sincèrement la bénédiction des évêques qui suivent le conseil de Gamaliel tant de fois donné en exemple de prudence dans le jugement.


Gilles Couture, en communion de fidélité avec mon épouse, Sylvie Fortin
103, 21e Rue, Saint-Rédempteur Qc G6K 1A7


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