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«IL FALLAIT QUE JE SOULAGE MA CONSCIENCE»

Fontenay-sous-Bois, le 19 août 2001

Conférence des Évêques catholiques du Canada

Excellences,

Je viens de lire l'article qui a pour titre «Mise en garde contre l'Armée de Marie», article publié par le journal Le Soleil, le 16 août 2001. Je me suis également informé sur le réseau Internet à l'adresse «cccb.ca.» dans laquelle se trouve le texte complet de la Note doctrinale.

Je dois tout d'abord dire que j'ai eu l'occasion d'écrire, le 19 juillet 1997, à Son Excellence Monseigneur Gilles Cazabon pour défendre l'Armée de Marie. Je disais ceci:«Sans l'Armée de Marie, je ne serais certainement pas au service de l'Église, comme je le suis actuellement. Mes engagements au sein d'une équipe liturgique, avec notamment l'accueil des paroissiens à la messe du dimanche, les lectures à distribuer, la prière universelle à écrire selon les circonstances, l'accaparant travail d'accompagnateur de catéchumènes, toutes ces heures, demi-journées, journées qui s'additionnent en fin de compte pour le service de l'Église, je les offre continuellement au Seigneur.» J'ai recopié ce texte pour me présenter à vous.

J'ajoute aujourd'hui que mon appartenance à ce mouvement marial a eu d'autres répercussions dans ma vie professionnelle. Je suis journaliste dans un journal spécialisé dans l'automobile, un hebdo qui emploie 70 salariés. Si je mentionne ce nombre, c'est parce que la loi française prévoit dans toutes les entreprises de cette taille une représentation syndicale dont le but est de défendre les salariés face à l'employeur. La loi française prévoit également des représentants au Comité d'entreprise élus par l'ensemble des salariés de l'entreprise. Il existe enfin d'autres représentants au poste du Comité d'hygiène et de sécurité. Ces trois représentations sont régies par le Code du Travail. Le chef d'entreprise comme les divers représentants de ces trois organisations que je viens de citer doivent s'y soumettre. En un mot, je fais partie de ces trois organisations et par conséquent je participe aux diverses réunions prévues dans ce cadre. Il m'arrive aussi de m'adresser oralement ou par note écrite à l'ensemble du personnel. Là se trouve mon engagement concret dans la vie professionnelle. Je fais cela uniquement pour plaire à Dieu. Je n'ai aucun mérite puisque c'est le Seigneur qui me guide. C'est Lui qu'il faut remercier.

Pensez-vous que j'ai trouvé dans cette entreprise un ami avec lequel je pourrais parler du Seigneur ou de Marie? Non. Car ici on ne croit pas en Dieu. L'un me dit, par exemple, que l'histoire de France a commencé en 1789, l'autre attend ma réaction en m'affirmant qu'il fait bon vivre sans foi ni loi. Que croyez-vous que j'oppose à ces réflexions? La patience, la prière silencieuse. Aucun reproche, aucune rancune. Mon espérance me soutient.

Dans le cadre de mon métier, j'ai souvent l'occasion de rencontrer des chefs d'entreprise, des responsables ou de simples salariés. J'exerce mon métier du mieux que je peux. Je veux faire honneur au Seigneur. Il m'est arrivé d'encourager les initiatives des uns, de donner quelques conseils aux autres et aussi d'en recevoir. J'aime les contacts. De cette manière, je comprends davantage les situations et je peux mieux les commenter.

Durant ces trois derniers mois, la direction du journal a licencié deux salariés en donnant pour motif l'insubordination pour le premier salarié licencié, le manque de confiance pour le deuxième salarié licencié. Aucune faute professionnelle n'ayant pu être prouvée, l'entreprise s'est vue condamnée, par l'organisme officiel qui tranche les litiges de ce genre (en France, les Prud'hommes), à verser des indemnités aux personnes licenciées avec possibilité de réintégrer le poste de travail. Là aussi, ayant suivi de près ces affaires, je ne me suis pas révolté.

Ayant appris par le journal Le Soleil la mise en garde contre l'Armée de Marie, je reste de nouveau confiant. La prière m'aide beaucoup. J'offre tout à Jésus et Marie. Ce sont eux qui agissent.

Dans un triste fait divers que je lisais ce matin dans un quotidien parisien, une jeune femme avouait aux policiers sa complicité dans un meurtre. Ils lui ont demandé pourquoi elle avait longtemps attendu pour dire la vérité. Réponse: «Il fallait que je soulage ma conscience. Cela m'a pris du temps, car il y a mon bébé en jeu.» Je pensais: «Comme la conscience est précieuse.» La conscience!C'est un mot que je prononce quelquefois lorsque je suis à mon travail, car ici on ne veut surtout pas entendre parler de Dieu. Mais il y a toujours un moyen d'exprimer sa foi, de se faire comprendre, même parmi les personnes athées. Ce sont finalement elles qui prononcent le nom de Dieu au moment où l'on s'y attend le moins. Quand cela arrive, je m'empresse de dire: «Vous voyez, ce n'est pas moi qui ai parlé de Dieu. C'est vous.» C'est ma manière d'affirmer qu'Il existe.

J'ai remarqué dans la Note doctrinale les mots ou expressions: «interdit», «violé», «dangers», «menace», «division», «déformer», «refus de se plier», «défier», «mépris», «tort», etc. Pour ma part, je n'utilise aucun de ces termes pour défendre l'Armée de Marie parce que, à mes yeux, le plus important est de partager sa foi, donc, aller à la rencontre des autres et surtout de les écouter.

Il y a quelques semaines, un prêtre nous avait invités, mon épouse et moi, à venir célébrer ses 20 ans de sacerdoce. Je garde encore en mémoire ses paroles: «Ce qui m'a le plus émerveillé durant ces 20 ans de sacerdoce, c'est la confession...» Je saisis donc aujourd'hui cette opportunité pour dire, comme je le fais au début de chaque confession: «Pardonnez-moi, mon Dieu, car je suis un pécheur.»

Respectueusement,

Gérard Delion
160, avenue de Tassigny
94120 Fontenay-sous-Bois
France


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