|
liste des lettres |
Je ne pourrais renier ma Mère!
26 août 2001
À tous nos évêques du Canada,
Étant un Fils de Marie, prêtre, oeuvrant dans un diocèse accueillant du Canada, je pense quil mest permis de vous livrer brièvement ma pensée sur votre Note doctrinale.
Si jaime profondément lÉglise, si je suis prêtre aujourdhui, malgré mes faiblesses humaines, je le dois en totalité à cette Oeuvre qui, au tournant de mon adolescence, est venue éclairer ma route qui aurait bifurqué rapidement vers les attraits de ce monde. Je suis sûr que je naurais jamais pu répondre à lappel de Dieu sur moi, et encore moins devenir prêtre, si je navais pas eu lArmée de Marie pour me faire comprendre et aimer la vie sacerdotale. Si je crois profondément au sens de laccueil à travers le ministère sacerdotal, je le dois à lArmée de Marie. Si je suis capable de donner de mon temps pour écouter les gens, pour les aider, les aimer et leur offrir les sacrements, surtout ceux de lEucharistie et de la Pénitence, je le dois à notre fondatrice qui, par sa «Vie dAmour», ma enseigné le don du véritable amour.
Maintenant, je dois vous dire avec tristesse ma grande déception face à votre attitude générale (de nos Évêques). Le plus surprenant, cest que vous puissiez si habilement écrire des phrases comme celle-ci: «Avant que soit prise la décision de révoquer le statut canonique de lArmée de Marie, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avait déjà examiné les longs écrits concernant les supposées révélations privées et elle avait établi que, dans de nombreux cas, celles-ci étaient contraires à lenseignement de lÉglise catholique.» Phrases qui laissent croire que vous avez procédé de façon juste et équitable. Mest-il permis, alors, de vous demander quand est-ce que vous avez recherché un dialogue franc et sincère avec nos responsables? Il est triste de voir une telle attitude en lan 2001, dans un pays ouvert comme le nôtre! On se demande parfois si lÉglise du Canada nagit pas comme dans les pays où les peuples sont opprimés par des régimes totalitaires?
Puisque je suis membre de la Communauté des Fils de Marie depuis plus de 15 ans et que jai vécu pas à pas toutes les étapes qui nous ont conduits jusquà ce jour, il mapparaît maintenant plus quévident que le dernier pas à franchir sera celui de nous demander de nous dissocier de notre fondatrice et des Oeuvres qui ont fait grandir nos vocations sacerdotales. Je voudrais cependant vous demander ce quont fait les apôtres face à une telle situation? Si je ne men tiens quà lÉvangile, je crois comprendre quils ont préféré être rejetés du temple plutôt que de trahir leur conscience. Loin de moi la prétention de me comparer aux apôtres, mais je suis forcé, en conscience, de vous dire que je ne pourrais jamais vivre heureux et serein si je devais renier celle qui, malgré mes grandes faiblesses humaines, ma toujours fait confiance et ma soutenu dans ma vocation sacerdotale de Fils de Marie. Vous savez comme moi que le sacerdoce est un cadeau précieux de Dieu pour servir nos frères et soeurs, et non pas un but en lui-même; cest pourquoi je crois quil serait préférable de renoncer même à lexercice sacerdotal plutôt que de vivre contre sa conscience, car rejeter celle qui nous a enfantés spirituellement, cest vivre en désaccord avec sa conscience.
En terminant ce court témoignage pour une Oeuvre et une mère qui nous a tant aimés, je tiens à vous redire tout mon respect et je vous assure de ma prière afin que Dieu puisse éclairer nos coeurs et nous aider à entrer enfin, avant quil ne soit trop tard, je lespère, dans un dialogue qui puisse nous permettre de recevoir la lumière de Dieu. Cest du choc des idées, il me semble, que vraiment jaillira la lumière.
Père Gilles Devaux
Fils de Marie
© 2001 - Tous droits réservés : ÉDITIONS CO. DAME, Québec, Canada