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L’aveuglement spirituel de nos Pasteurs

Québec, le 28 août 2001

Messieurs les Évêques du Canada,

Vous donnerez-vous la peine de lire toutes les lettres de ceux et celles qui, comme moi, sentent non pas la colère et l’agressivité, mais la tristesse les envahir?... Permettez-moi d’en douter! Fermés d’avance à tout ce qui vient de l’Armée de Marie («Que peut-il venir de bon de l’Armée de Marie?»), je ne crois vraiment pas que l’un ou l’autre d’entre vous prenne le temps de lire un si volumineux courrier. Alors, pourquoi écrire?... Par souci de transparence et de fidélité à ma conscience éclairée.

J’ai parlé ci-dessus de tristesse. Il ne s’agit pas de cet «état de chagrin ou de mélancolie», (définition du Petit Larousse) qui serait provoqué par la condamnation dont nous sommes l’objet. Notre tristesse trouve plutôt son origine et sa cause dans l’aveuglement spirituel dans lequel nos pasteurs sont plongés.

Lorsque, engagée en pastorale paroissiale, j’ai entendu l’évêque du diocèse dire à ses prêtres: «Apprenez aux fidèles à se passer du prêtre»; lorsque, dernièrement, un prêtre disait à ses paroissiens que le fait de se confesser était un manque de foi en la Miséricorde de Dieu puisque, en Jésus, nous sommes tous sauvés; lorsque, dans un livre recommandé par Pastorale-Québec, un religieux-prêtre affirme que le mauvais larron est supérieur au bon larron car ce dernier (égoïste) a dit: «Pense à moi dans ton Paradis», tandis que l’autre (altruiste) a dit: «Sauve-toi et nous avec toi»; lorsque le curé d’une paroisse de Québec, par ailleurs apprécié par ses paroissiens et ses marguilliers, est mis à l’écart parce qu’il sympathise avec des membres de l’Armée de Marie; (et je pourrais ici allonger la liste des exemples concrets!), peut-on croire à votre souci réel de protéger la foi des fidèles qui vous sont confiés?...

Pour ma part, j’ai été «élevée» dans une paroisse de Jésuites à une époque où ceux-ci respectaient encore leur voeu d’obéissance au Pape; j’ai été éduquée par des religieuses qui m’ont donné des bases solides en matière de doctrine et de morale catholiques; j’ai fait un cours complet d’École Normale à Valleyfield où l’enseignement reçu était spécifiquement catholique. Avant d’entrer dans la Communauté des Filles de Marie, j’ai vécu 35 ans chez les Petites Franciscaines de Marie de Baie-Saint-Paul où les aumôniers que j’ai connus ont tous contribué à affermir ma foi et mon désir de sainteté. Si donc, dans l’Armée de Marie, dont je fais partie depuis 1973, on m’avait enseigné une doctrine contraire à ma foi catholique, ma conscience éclairée aurait vite été alertée. Au contraire, alors que, dans le milieu paroissial et communautaire dans lequel je vivais, on épousait graduellement les valeurs (mieux les non-valeurs) proposées par «l’église populaire» du Québec, je retrouvais dans l’Armée de Marie l’enseignement et la liturgie qui me faisaient grandir dans l’amour des «trois blancheurs»: l’Eucharistie, Marie et le Pape.

J’ai lu trois volumineuses biographies de Jean-Paul II, j’ai préparé des cours sur la doctrine sociale de l’Église, j’ai lu des encycliques de Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II et... j’ai lu aussi Vie d’Amour, du Raoul Auclair et du Marc Bosquart. Or, jamais je n’ai eu le moindre doute que Marie-Paule, Raoul Auclair et Marc Bosquart soient «ce qu’il y a de plus catholique» en référence à l’enseignement des Papes.

Bien sûr, des lumières nouvelles sont données à ces «prophètes» des temps modernes, mais, comme d’autres l’ont dit avant moi, ce qu’ils ont écrit ne contredit en rien la Révélation: des vérités, contenues dans la Révélation, sont mises en lumière. Ce qui est différent.

Ces jours derniers, un Fils de Marie me disait: «Il ne faut pas que nous soyons approuvés par l’église populaire. Ce serait la "mort" de la véritable Église, telle que fondée et voulue par le Christ. Tout comme il ne fallait pas que Jésus soit approuvé par les chefs religieux de son temps puisque cela aurait été la mort de l’Église qu’il avait mission de fonder.»

Mon dernier mot, messieurs les Évêques, est un «merci». Sans votre «condamnation», toutes ces lettres n’auraient jamais été écrites... C’est grâce à vous que nous avons l’occasion de dire publiquement, à la face du monde, tout le bien que l’Armée de Marie a opéré dans les âmes qui l’ont accueillie dans leur vie personnelle ou familiale, sans aucun préjugé!

Sr Yolande Riberdy, o.ff.m.


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