« Voir, juger, agir »

par Sylvie PAYEUR-RAYNAULD

L’Archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, a commandé un rapport pour «retracer les grandes lignes pour une compréhension, aussi objective que possible, des faits qui ont motivé les décisions successives des trois derniers archevêques de Québec», ainsi qu’il l’écrit dans son message de Pastorale-Québec.

«Voir, juger, agir»: tels sont les principes de l’Action catholique que disent vouloir appliquer les auteurs anonymes du rapport intitulé «L’Armée de Marie, Essai de discernement de la situation».

On s’étonne d’abord du fait que ce rapport n’est pas signé... tant mieux pour les auteurs qui évitent ainsi d’être associés à un autre document entaché d’erreurs et qui ne peut en aucun cas servir de base à une «compréhension objective» de ce qu’est l’Armée de Marie.

«Voir, juger, agir»: sans doute une excellente méthode pour qui aborde une situation en toute impartialité; mais une méthodedangereuse pour qui a déterminé à l’avance les actions à poser, car des oeillères pourront empêcher de voir toute la situation dans son ensemble et non seulement quelques faits isolés qui trouvent leur justification lorsque l’ensemble de la situation est exposé.

Et, malgré leur prétention de vouloir «disposer des bons éléments pour se faire une idée aussi juste que possible de la situation et, le cas échéant, y appliquer des choix éclairés», il semble bien que les auteurs du rapport n’ont pas su discerner le vrai du faux dans ce qu’il convient de qualifier de controverse1 au sujet de l’Armée de Marie.

Voyons comment les auteurs du rapport ont rempli, ainsi qu’ils l’écrivent, leur rôle de:

1. voir: «les principaux faits en rapport avec Mme Marie-Paule Giguère et ses écrits, puis avec l’Armée de Marie et enfin avec le groupe des Fils de Marie»;

2. juger: réfléchir «aux enjeux de cette question»;

3. agir: «dégager certains choix qui s’offrent aux diverses catégories de personnes concernées».

VOIR

a) «Mme Marie-Paule Giguère et ses écrits»:

Après avoir donné quelques notes biographiques sur Marie-Paule, les auteurs présentent ses écrits en soulignant: «MmeGiguère soutient avoir soumis ses écrits au jugement de certains experts, mais, les faits le démontreront, elle ne les a pas soumis à l’Autorité compétente pour ces questions dans lÉglise.»

Affirmation qui est tout à fait fausse, la lecture de Vie d’Amour nous le démontre bien. Ces livres ont été lus par d’éminents théologiens et directeurs spirituels dont le Père Marie-Michel Philipon, o.p., expert au Concile qui s’est occupé de la cause de postulation des saints; l’abbé Lionel Mélançon, à la demande de S. Exc. Mgr Jean-Pierre van Lierde, Sacriste du Pape; Mgr Emery Kabongo, Secrétaire privé du Pape et qui a été pendant des années le directeur spirituel de Marie-Paule (Mgr Kabongo lui a même dit: «Ces livres pourraient convertir le monde entier... même les Évêques!»).

Les volumes Vie d’Amour ont été présentés à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. En décembre 1986, lors d’un voyage à Rome, à la demande de certaines Autorités romaines Marie-Paule s’était rendue à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avec l’abbé Lionel Mélançon et le Père Denis Laprise. Tous trois avaient été reçus par le Père Adriano Garuti, o.f.m., et le Père Jacques Servais, s.j., qui n’avaient pas lu Vie d’Amour. Le Père Servais avait même déclaré: «On n’a jamais le temps de lire tous les volumes "Vie d’Amour". Il y en a combien?» Et Marie-Paule s’était fait dire que Rome ne se prononçait pas avant des années sur de tels écrits. (Nous reviendrons sur ce fait.) À lafin de la rencontre, ils lui apprennent leur méthode de lecture: «un Père lit quelques chapitres, l’autre lit les suivants et ils échangent leurs pensées sur leur lecture de manière à finir plus rapidement» (Vie d’Amour, Appendice III, p. 31). Curieuse méthode pour qui désire apprécier réellement la valeur et la signification mystique d’un ouvrage!

Les auteurs du rapport parlent aussi de l’«activité littéraire abondante» de Marie-Paule: «des centaines de pages de livres, brochures ou articles de journaux largement diffusés».

Afin de «voir» la situation dans son ensemble, il faudrait ajouter que Marie-Paule n’écrit pas de volonté personnelle. Autant ses volumes Vie d’Amour que ses brochures ou articles de journaux lui sont «commandés» par le Ciel qui lui en donne les titres; et chacun de ces écrits est cause de souffrances et de renoncement. Tant de fois elle aurait voulu s’y soustraire... mais l’obéissance l’emporte toujours malgré les contrecoups appréhendés, car il est vrai que ces écrits peuvent susciter la controverse, tout comme son itinéraire qui, comme l’écrivent les auteurs du rapport, «la place à l’avant-scène d’une controverse croissante avec l’Autorité de lÉglise locale».

Or, une controverse surgit d’opinions ou d’interprétations divergentes... Et en effet, les écrits et les actes de Marie-Paule seront plusieurs fois mal interprétés par ses détracteurs à qui il manquera une certaine prudence surnaturelle. Voici un extrait d’une lettre de Marie-Paule au Cardinal Roy, qui illustre bien cet aspect:

«"Vie d’Amour" est une cause de redressement et de sanctification pour les uns, et une pierre d’achoppement pour les autres. Le Père Marie-Dominique Philippe, o.p., philosophe et théologien de Suisse, me donnait en termes théologiques ce que je lui expliquais bien simplement ou que je lui faisais lire en "Vie d’Amour" et qui nétait pas facile à comprendre. Le Père Marie-Dominique m’a dit maintes fois: "Oui, c’est tout à fait théologique, mais bien peu de théologiens aujourd’hui le comprendront." Puis il ajoutait: "Les mystiques ont un langage; ils nous le donnent; ensuite c’est aux théologiens, mais aux vrais théologiens qui ne sont pas réfractaires à l’action du Saint-Esprit dans les âmes qu’il appartient de tout expliquer ce que le mystique lui-même ne comprend pas toujours.» (Lettre du 18 mars 1981, Vie d’Amour, Appendice I, p. 37.)

b) «L’Armée de Marie»:

Les auteurs du rapport se permettent ici de déformer les faits et de ne présenter que ceux qui peuvent servir leur dessein funeste... Ce qui nous rappelle un autre rapport sur l’Armée de Marie, celui-là commandé en 1984 par le Cardinal Louis-Albert Vachon, prédécesseur de Mgr Couture, et qui était un rapport non conforme à la vérité et à ce point entouré de mystère que non seulement les membres du comité d’enquête d’alors n’avaient jamais rencontré les Dirigeants de l’Armée de Marie pour les interroger dans le cadre de leur enquête – ce qui n’est pas une façon très honnête de procéder –, mais aussi que lorsqu’on a convoqué les Dirigeants à l’Archevêché pour les informer du contenu du rapport qu’on leur a lu, on leur a refusé d’en avoir ne serait-ce qu’une seule copie en main; ce n’est que trois jours plus tard qu’on acceptera enfin de leur en donner une copie.

Et on pourrait reprendre, pour les auteurs du rapport de l’An 2000, la déclaration faite par Marie-Paule aux membres du comité de 1984: «Si vous nous aviez interrogés une seule fois avant de rédiger votre Rapport, vous n’auriez jamais pu, en toute conscience et honnêteté, produire un tel Rapport basé sur tant d’accusations fausses, et des recommandations portant sur lesdites accusations.» (Vie d’Amour, Appendice II, p. 124.)

Voici maintenant pour la déformation des faits du rapport de l’An 2000:

– «Au cours des années 1981 jusquà 1985, Mme Giguère et ses commettants sont entendus à quelques reprises par les Autorités diocésaines tant au sujet des écrits que de la doctrine qui circulaient au sein de l’Armée de Marie. Cela toujours dans un souci de rectitude et de transparence

Un échange de lettres entre Marie-Paule et le Cardinal Maurice Roy, nommé par le Cardinal Vachon pour accompagner l’Armée de Marie et décédé en 1985, atteste du désir du Cardinal Roy de découvrir la vérité sur l’Oeuvre constamment attaquée par ses proches. Les lettres du Cardinal Roy sont aussi un témoignage de sa bienveillance pour l’Oeuvre et la Fondatrice qu’il a rencontrée à plusieurs reprises pour l’interroger afin de mieux percevoir les desseins de Dieu sur l’une et sur l’autre.

Mais un tel échange qui aurait permis à Marie-Paule de s’expliquer n’a jamais pu avoir lieu avec le Cardinal Vachon dont le dessein bien arrêté était de détruire cette Oeuvre... après le départ de son prédécesseur qui l’avait érigée en Association pieuse, en 1975. Il n’y a donc jamais eu de «rectitude» ni de «transparence» dans les actions entreprises par le Cardinal Vachon contre Marie-Paule et contre l’Armée de Marie; mentionnons comme preuve la rencontre du 26 septembre 1985 entre le Cardinal Vachon et le Père Céleste Guarise, o.s.cam., Supérieur du Père Denis Laprise à Québec, au cours de laquelle le Cardinal a déclaré: «Il faut tout détruire et faire disparaître ces futurs prêtres!»

Il y a bien eu quelques rencontres des Dirigeants avec le Cardinal Vachon, mais jamais il n’a été question de vie mystique (jamais d’ailleurs cet Archevêque n’a rencontré personnellement Marie-Paule, comme l’avait fait son prédécesseur), le principal sujet de préoccupation du Cardinal Vachon étant les finances de l’Oeuvre...

– «En 1985 et 1986, Marc Bosquart publie deux volumes portant sur la Vierge Marie qui sont diffusés dans le réseau de l’Armée de Marie; ils contiennent des propos étonnants, pour ne pas dire plus, sur la Vierge Marie, sur Mme Giguère et son rapport avec la Vierge Marie, ainsi que sur d’autres sujets d’ordre spirituel. C’est alors que M. le cardinal Vachon reçoit Mme Giguère pour lui communiquer les conclusions du rapport détude sur lesdits écrits avec mention de non publication. Sans égard pour cet avertissement, l’Armée de Marie publie le rapport en janvier 1987.»

Disons d’abord que ces volumes de Marc avaient été portés par l’abbé Lionel Mélançon à Rome bien avant leur publication, c’est-à-dire en plusieurs tranches de feuilles volantes, et offerts au Secrétaire privé du Pape, Mgr Kabongo, et à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. L’abbé Mélançon, qui avait été pendant vingt ans censeur dans son diocèse, avait eu plusieurs entretiens avec Marc afin de comprendre sa pensée et il avait déclaré à Marie-Paule: «En abaissant l’orgueil de sa formation philosophique et thomiste, un théologien peut sémerveiller devant les lumières que Marc transmet à lÉglise. Il suffit de sacrifier notre science intellectuelle et d’accepter la richesse de la théologie du coeur.»

Ces volumes contenaient certes «des propos étonnants»... mais suffisamment cohérents pour que Mgr Kabongo dise à Marie-Paule, qui voulait en empêcher la publication, de les laisser paraître car ce n’était plus son domaine, ajoutant qu’elle aurait pour cela beaucoup à souffrir.

Rappelons que les livres de Marc ont été publiés le 14 juin 1985 (tome I) et le 28 août 1986 (tome II), et que le comité d’enquête mandaté par le Cardinal Vachon avait été constitué en 1984 et avait déposé son rapport le 21 août 1985..., soit peu de temps après la publication du premier livre de Marc et bien avant la publication du second. Il est donc faux de prétendre, comme le fait le comité de l’An 2000, que le Cardinal Vachon reçut «Mme Giguère pour lui communiquer les conclusions du rapport détude sur lesdits écrits [de Marc Bosquart]...».

«... avec mention de non publication. Sans égard pour cet avertissement, l’Armée de Marie publie le rapport en janvier 1987.» Lorsque le comité d’enquête a demandé aux Dirigeants de l’Armée de Marie, à la réunion du 17 décembre 1985, de garder la confidentialité sur cette réunion et sur le rapport, ils ont accepté à la condition que les Autorités religieuses en fassent autant... Mais le 20 janvier 1986, M. Jacques Côté, porte-parole de l’Archevêché, a dévoilé sur les ondes du poste de radio CHRC, à Québec, qu’il y avait eu à l’Archevêché, quelques semaines auparavant, une rencontre entre le comité formé par le diocèse et les principaux Responsables de l’Armée de Marie. Les Autorités ayant brisé le silence, les Dirigeants de l’Armée de Marie étaient donc tout à fait justifiés de publier ce rapport le 11 février 1986 (et non «en janvier 1987»), avec leurs commentaires pour rétablir les faits.

La saga judiciaire de l’Armée de Marie est donc si complexe que, même à l’Archevêché de Québec, on fausse constamment les faits?

«Conséquemment, après des mises en garde aux fidèles du Diocèse et deux monitions canoniques demandant rétractation aux responsables de l’Armée de Marie, devant leur réponse jugée insatisfaisante, le cardinal Louis-Albert Vachon, révoque, le 4 mai 1987, le décret dérection canonique accordé par son prédécesseur douze ans auparavant. L’Armée de Marie ne peut plus se présenter comme groupe officiellement reconnu par lÉglise catholique. Il s’ensuit une âpre lutte juridique jusqu’aux plus hautes instances de lÉglise pour faire annuler la décision de l’Archevêque de Québec, mais sans succès.»

Les mises en garde des 4 juillet et 15 novembre 1986 du Cardinal Vachon concernaient les deux livres de Marc Bosquart, un membre de l’Armée de Marie. Mais cette Oeuvre ne portait pas la responsabilité de ces volumes qu’elle diffusait. Et, à supposer qu’ils aient été entachés d’erreurs, ce «crime» de l’Armée de Marie aurait-il été plus grand que celui de l’Archevêché où on pouvait se procurer des livres de théologiens condamnés par Rome?

L’Armée de Marie a cessé la diffusion des deux volumes de Marc dès le 15 avril 1987, sur réception de la lettre du 14 avril 1987 du Cardinal Vachon, lettre par laquelle l’Archevêque convoquait les Dirigeants à l’Archevêché le 23 avril suivant pour une rencontre qui avait «pour but de prendre en considération la lettre [jointe] du Cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en date du 27 février 1987, et de ses conséquences juridiques». Dans sa lettre, le Cardinal Ratzinger approuvait les mises en garde contre les livres de Marc et laissait à l’Archevêque de Québec «toute latitude de prendre les mesures que vous estimerez nécessaires, sans exclure la possibilité de supprimer l’Association "ad normam iuris" [selon les normes du Droit]». Et le Cardinal Vachon écrivait: «À défaut de vous présenter à la date, à l’heure et à l’endroit fixés, je considérerai que vous avez renoncé à l’exercice de votre droit dêtre entendus et je procéderai selon les prescriptions du Droit canonique.»

Le rapport mentionne deux monitions canoniques adressées par le Cardinal Vachon aux responsables de l’Armée de Marie. La première était datée du 9 décembre 1986 et ne traitait pas spécialement des livres de Marc. L’Archevêque y revenait surtout sur la dévotion à la Dame de tous les Peuples et sur sa prétention selon laquelle l’Armée de Marie était une association publique de fidèles et non une association privée (prétention que ne reconnaîtra pas le plus haut tribunal de Rome, le Tribunal suprême de la Signature apostolique), et pour conclure il présentait comme des directives les recommandations durapport du comité d’enquête déposé en août 1985.

La deuxième monition canonique a été lue aux Dirigeants de l’Armée de Marie au début de la rencontre du 23 avril 1987 à l’Archevêché de Québec, et elle commençait ainsi: «Mesdames et Messieurs de l’Armée de Marie, Je vous ai convoqués ce matin, 23 avril 1987, pour vous informer de la décision que j’ai prise de procéder à la révocation du décret dérection de l’Armée de Marie...»

Donc, contrairement au Droit de l’Église, le Cardinal Vachon informait de sa décision les Dirigeants de l’Armée de Marie sans leur laisser la parole pour exercer leur droit de se faire entendre, droit que reconnaissait pourtant le Cardinal Vachon dans sa lettre du 14 avril 1987 où il écrivait: «à défaut de vous présenter à la date, à l’heure et à l’endroit fixés, je considérerai que vous avez renoncé à l’exercice de votre droit dêtre entendus».

Soulevons ici une autre grave irrégularité entachant le décret du 4 mai 1987 du Cardinal Vachon: faisant table rase des étapes préliminaires à l’émission de son décret (le rapport du comité d’enquête et sa première monition canonique aux Dirigeants de l’Armée de Marie), l’Archevêque base ce décret sur un élément nouveau que lui fournit la lettre du 27 février 1987 du Cardinal Ratzinger confirmant les deux mises en garde émises contre les livres de Marc. Et sans permettre aux Dirigeants de se faire entendre sur ce point à la rencontre du 23 avril et de lui apprendre que ces livres ont été retirés de la vente le 15 avril précédent sur réception de la lettre du Cardinal Ratzinger les concernant, le Cardinal Vachon informe les Dirigeants de sa décision «de procéder à la révocation du décret dérection de l’Armée de Marie»...

Or le motif justifiant le décret du 4 mai 1987, soit la propagation, par les deux livres de Marc, de «doctrines gravement erronées» (selon les termes de la lettre du Cardinal Ratzinger), n’existait plus: l’Armée de Marie avait déjà cessé la vente de ces volumes. En toute justice, le Cardinal ne pouvait fonder son décret sur un tel motif, d’autant plus qu’il n’avait jamais communiqué aux Dirigeants de l’Armée de Marie ses réticences concernant ces volumes. S’il a cependant basé son décret sur les livres de Marc, fort de l’appui que lui donnait le Cardinal Ratzinger, est-ce parce que lui-même considérait bien faibles les motifs sur lesquels il s’appuyait jusque-là?

Enfin, il est important de préciser que la lettre du 27 février 1987 du Cardinal Ratzinger sera plus tard faussement interprétée comme une mise en garde contre les écrits de l’Armée de Marie.

Ce qui n’était pas le cas, et pour au moins deux raisons:

1. Le 6 décembre 1986, les Pères que Marie-Paule a rencontrés à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi lui ont avoué ne pas avoir encore abordé la lecture de Vie d’Amour; un Père lui a même demandé combien il y avait de volumes... De plus, ils lui ont dit que Rome ne se prononçait pas avant des années sur de tels sujets. Et voilà que, moins de trois mois plus tard (le 27 février 1987), le Cardinal Ratzinger se prononce sur les livres de Marc Bosquart – ce ne pouvait bien sûr être sur Vie d’Amour dont on n’avait pas encore commencé la lecture, à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, quelques mois plus tôt!

2. Me Richard Dionne, qui défendait en 1987 les intérêts de l’Armée de Marie, a providentiellement rencontré à Rome le Cardinal Ratzinger, le 28 avril 1987, et il en rapportait ainsi les propos dans sa lettre du 29 avril 1987 au Cardinal Vachon:

«Le Cardinal Ratzinger nous a bien confirmé que sa lettre du 27 février 1987 concerne les deux livres [de Marc Bosquart] en question, qu’elle ne constitue pas ensoi une décision à l’encontre de l’Armée de Marie, et qu’elle n’implique surtout pas une révocation automatique du décret dérection de l’Armée de Marie qui, ainsi qu’il le mentionnait lui-même dans sa lettre, est autorisée à être traitée en toute justice, selon le droit, "ad normam iuris".»

Quant à la «réponse jugée insatisfaisante» des Dirigeants, il s’agissait de leur refus de signer une déclaration qui leur a été présentée le 23 avril 1987 et qu’en toute conscience ils ne pouvaient signer. Mais contrairement à ce que laisse entendre le rapport de l’An 2000, ce refus des Dirigeants n’a aucunement influencé l’Archevêque dans sa décision de révoquer le décret de l’Armée de Marie, car sa décision était prise avant la rencontre du 23 avril 1987 et annoncée dès les premières lignes de sa deuxième monition canonique lue au début de cette rencontre.

C’est sur la recommandation de certaines Autorités compétentes, à Rome, que l’Armée de Marie a ensuite interjeté appel contre le décret du 4 mai 1987 du Cardinal Vachon. Et s’il est vrai que l’«âpre lutte juridique jusqu’aux plus hautes instances de lÉglise pour faire annuler la décision de l’Archevêque de Québec» s’est soldée par le rejet pur et simple de la cause de demande d’appel de l’Armée de Marie, les Juges du Tribunal ayant refusé de juger la cause (ils n’ont jamais condamné l’Oeuvre, ne l’ayant même pas étudiée), cette lutte juridique aura du moins servi à obtenir pour l’Oeuvre un gain important: la reconnaissance, par le Tribunal suprême de la Signature apostolique, que l’Armée de Marie était bien une association privée de fidèles et que donc, entre autres conséquences, en la dissolvant l’Archevêché de Québec ne pouvait s’approprier ses biens...

– «Divers reportages dans les médias donnent lieu à des controverses et même à des poursuites légales.»

Dans plusieurs de nos publications, Marie-Paule a dû bien souvent rétablir les faits pour défendre l’Oeuvre que Dieu lui avait confiée et dont Il exigeait la défense. Tant de propos farfelus ont circulé... entre autres, de la part d’une demoiselle de La Durantaye, Mlle Colette Villemure, qui avait même publié en 1984 un «Résumé mémorable». Mais lorsque des accusations de fraude et d’autres graves accusations ont été rendues publiques dans certains médias d’information, ceux-ci ont été sommés de se rétracter pour avoir répandu des propos diffamatoires sur l’Armée de Marie. Si les civils ont le droit de défendre leur réputation, les Oeuvres l’ont tout autant et c’est même un devoir pour protéger à la fois la réputation de leurs membres.

c) «Les Fils de Marie»:

En nommant les Évêques qui ont ordonné des Fils de Marie, les auteurs du rapport de l’An 2000 omettent de mentionner que c’est le Pape Jean-Paul II qui a conféré l’ordination sacerdotale au premier Fils de Marie prêt à être ordonné... C’était le 25 mai 1986 en la basilique Saint-Pierre de Rome.

Puis les auteurs du rapport mentionnent les difficultés rencontrées par les Fils de Marie à L’Aquila avec l’Archevêque, et ensuite relativement à la Visite apostolique et à la nomination d’un Commissaire pontifical. Il s’agit ici d’une histoire fort complexe aux dessous pas très catholiques ni reluisants pour plusieurs Autorités de l’Église et que le Père Pierre Mastropietro, Supérieur général des Fils de Marie, a exposés dans un long article publié dans le numéro spécial du 13 mai 2000 du journal Le Royaume. On s’y référera donc pour comprendre la source de ces difficultés, qui se trouve dans les agissements de certaines Autorités de l’Église.

JUGER

a) «Les écrits spirituels»:

Les auteurs du rapport citent un long extrait d’une lettre du Cardinal Roy adressée au Père Philippe Roy le 16 mars 1981, dans laquelle le Cardinal s’inquiète de certaines affirmations de Vie d’Amour et demande de cesser la vente et la publicité de ces volumes.

Ce qu’ils ne mentionnent pas, c’est que le Père Philippe Roy, Raoul Auclair et le Père Denis Laprise sont allés rencontrer le Cardinal dans les jours suivant la réception de sa lettre et que, au cours d’un entretien sérieux avec lui, ils lui apportent des éclaircissements qui satisferont le Cardinal qui leur demandera de continuer la vente de Vie d’Amour, en cessant simplement l’annonce dans le journal de l’Oeuvre. C’est peu après que le Père Marie-Dominique Philippe, o.p., de passage à Québec, allait rassurer le Cardinal Roy sur l’authenticité mystique de Vie d’Amour.

Le Cardinal Roy demandera aussi à Marie-Paule de conserver les nombreuses lettres de témoignages de conversion, bienfait spirituel, guérison reçues de personnes ayant lu Vie d’Amour ou participé aux activités de l’Oeuvre.

Il convient aussi de mentionner que le Cardinal Roy accordait une grande importance au jugement de Raoul Auclair, écrivain marial de réputation internationale qui a préfacé le premier volume de Vie d’Amour. À plusieurs reprises il a rencontré Raoul pour avoir des explications sur la mission de Marie-Paule et sur l’Armée de Marie, et il se plaisait à le qualifier de «théologien».

Les auteurs du rapport n’ont donc pas raison de douter, comme ils le font sur ce sujet des écrits spirituels, du «respect [de Marie-Paule] au Pasteur suprême et aux autres Évêques».

b) «Les écrits de Marc Bosquart»:

Le jugement rendu sur les livres de Marc Bosquart par «des théologiens de grande expérience et d’une grande sûreté de doctrine», selon les termes du rapport, nous laisse perplexes... Une autre controverse, alors que certains théologiens acceptent et que d’autres refusent ces pages.

Mais encore une fois, il faut souligner que l’Armée de Marie, dès qu’elle en a été informée, s’est soumise au jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en cessant de vendre ces volumes.

c) «Les messages donnés à la voyante Ida Peerdeman»:

Les auteurs du rapport en sont encore à demander «une très grande réserve» au sujet des messages de la Dame de tous les Peuples, malgré l’ouverture de l’actuel Évêque de Haarlem qui rend caduque la Notification de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi publiée en 1974 pour interdire cette dévotion, car cette Notification était basée sur les réserves d’un précédent Évêque de Haarlem.

Enfin, comment les auteurs du rapport peuvent-ils douter de la «fidélité totale à l’enseignement officiel de lÉglise» quand l’Armée de Marie a maintes fois démontré son obéissance face aux directives émanant tant de l’Archevêché de Québec que de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur la propagation de cette dévotion?

d) «L’Armée de Marie»:

Une liste des Congrégations romaines étant intervenues au sujet de l’Armée de Marie est donnée par les auteurs du rapport qui mentionnent que les interventions de ces organismes «ont rencontré bien de la résistance chez les dirigeants de l’Armée de Marie, certaines de ces interventions étant même qualifiées de "reniements de lÉglise".»

Au sujet des Congrégations romaines, est-il vraiment étonnant de lire ces propos dans le magazine L’Actualité du 1er mai 2000, sous la plume de Michel Arseneault: «Souvent perçue comme centralisatrice et éloignée de la réalité "pastorale", c’est-à-dire duterrain, la curie (les fonctionnaires du pape) n’a pas toujours bonne réputation. Le pape lui-même a déjà demandé sa "profonde conversion", laissant supposer qu’il était insatisfait de ses services.»

Voici les actes que Marie-Paule a qualifiés de «reniements de lÉglise»:

1. Le décret du 4 mai 1987 du Cardinal Vachon révoquant la personnalité juridique accordée à l’Armée de Marie par son prédécesseur, le Cardinal Roy (décret qui, ainsi qu’on l’a vu, n’a pas respecté les règles du Droit canonique).

2. La lettre du 25 mars 1988 du Conseil pontifical pour les Laïcs, entérinant le décret du Cardinal Vachon et y ajoutant même une nouvelle accusation fausse: «les fondements et les principes doctrinaux sur lesquels reposent les statuts, les enseignements et les activités de l’Armée de Marie ne sont pas conformes aux enseignements de lÉglise et que les buts de l’Armée de Marie ne correspondent donc pas aux buts des associations de fidèles prévus par le code de droit canonique». Or, les fondements de l’Armée de Marie avaient été mentionnés par le Cardinal Maurice Roy dans son décret érigeant cette Oeuvre en association pieuse et ils n’ont jamais changé, et l’enseignement de l’Armée de Marie repose sur la doctrine de l’Église. Le Conseil pontifical pour les Laïcs se rendait coupable d’une double injustice: d’abord pour avoir porté contre l’Armée de Marie une accusation fausse, ensuite pour ne pas lui avoir permis de se faire entendre sur cette nouvelle accusation, contrairement au droit de l’Église.

3. Le rejet de l’appel de l’Armée de Marie logé auprès du Tribunal suprême de la Signature apostolique, à Rome, par un décret du Congressus en date du 17 mars 1989, qui refusait d’admettre la cause à la discussion par les Juges.

C’est ici qu’il faut entrer dans la portée mystique de la vie de Marie-Paule si nous voulons comprendre cette expression de «reniements de lÉglise», qui n’est en rien un manque de «fidélité absolue au Pape», ainsi que voudraient le laisser supposer les auteurs du rapport:

Le Seigneur avait prévenu Marie-Paule, dès 1958, qu’elle aurait beaucoup à souffrir de la part des prêtres: «CE SONT MES ÂMES SACERDOTALES QUI TE CRUCIFIERONT» – sur ce message Il ajoutera plus tard: «MES PRÊTRES, CE SONT AUSSI MES ÉVÊQUES» (Vie d’Amour VIII, p. 109) – et Il lui dit: «MA MÈRE TE GUIDERA APRÈS T’AVOIR FAIT GOÛTER À TOUTES LES SOUFFRANCES DE MA PASSION» (Vie d’Amour I, p. 322). Et, parmi les souffrances de cette passion, Il lui avait aussi annoncé le reniement de son fils Pierre, annonce qui devait être comprise sur un plan mystique et symbolique. C’est lorsque la prophétie se réalise qu’on peut en comprendre la portée, et Marie-Paule a pu comprendre le sens de ces paroles uniquement après le triple rejet de l’Église.

e) «Le statut des Fils de Marie dans lÉglise»:

Les propos des auteurs du rapport nous rappellent ici ceux tenus par le Commissaire pontifical, Mgr Cazabon... et perdent toute crédibilité lorsqu’on apprend la version des faits présentée par le Père Pierre, avec preuves à l’appui, dans son article du Numéro spécial du 13 mai 2000 du Royaume.

Les auteurs du rapport doutent donc faussement qu’on soit «totalement fidèle au Pape».

AGIR

À l’occasion du Grand Jubilé de l’An 2000, disent les auteurs du rapport, «il serait heureux que des pas nouveaux soient accomplis» (on retrouve ici une expression chère à Mgr Cazabon qui se disait «l’homme des petits pas...»). Et on suggère, comme «point de départ de cette démarche..., des actions qui s’inspirent de la lettre du 16 mars 1981 deM. le cardinal Maurice Roy»... Le hic, c’est que le Cardinal Roy est revenu par la suite sur les demandes posées dans cette lettre, ayant eu les explications jugées suffisantes pour avoir raison de ses craintes.

a) «Les fidèles»:

Les auteurs du rapport sont tout à fait injustifiés de suggérer de mettre en application, pour les fidèles, les demandes que faisait le Cardinal Roy dans sa lettre du 16 mars 1981 car, comme on l’a déjà exposé, ces demandes ne correspondaient même plus à la pensée du Cardinal Roy quelques jours après l’envoi de cette lettre au Père Philippe. Alors, c’est bien à tort qu’on s’y réfère encore.

Les auteurs du rapport citent ensuite les paroles du Cardinal Vachon accusant l’Armée de Marie de propager «une doctrine gravement erronée» au sujet de la Vierge Marie; puis ils citent une opinion de «la Commission théologique du Congrès mariologique internationalde Czestochowa (1995) [qui] a rendu publique une déclaration, accompagnée d’une Note de l’Académie pontificale mariale internationale... [qui] arrivent à la conclusion que la définition des titres marials de "Médiatrice", "Corédemptrice" et "Avocate" que certains souhaitent attribuer à la Vierge Marie n’est pas opportune parce que les titres apparaissent ambigus et que les doctrines qui leur sont relatives ont encore besoin d’un approfondissement ultérieur».

Ce raisonnement va à l’encontre de la pensée du Cardinal Newman exposée par J.-H. Walgrave, o.p., dans son ouvrage Newman, Le développement du dogme (Cahiers de l’Actualité religieuse, Casterman, Tournai, Belgique, 1957). Le Père Walgrave écrit: «Les idées vivent dans l’esprit, non dans un texte. Il faut donc se demander si le texte dévoile à l’esprit toute sa richesse d’emblée, ou graduellement... La révélation a été donnée, conformément au plan divin, comme un germe devant sépanouir au cours des siècles... Nous voyons ainsi la véritable théologie dogmatique croître graduellement, dans la mesure où elle s’abandonne avec amour à la contemplation des réalités surnaturelles» (pp. 268, 143, 144).

Si donc la théologie dogmatique se dévoile graduellement, c’est que pourra subsister plus ou moins longtemps une incompréhension relativement aux vérités de foi proclamées dans les dogmes. C’est bien ce que démontre l’histoire de l’Église alors qu’on verra saint Bernard nier à la Vierge Marie le privilège de l’Immaculée Conception, ou encore les Dominicains de la Minerve, à Rome, prier avec ferveur, la veille de la proclamation du dogme, pour qu’on ne reconnaisse pas l’Immaculée Conception de Marie.

Et aujourd’hui, on voit les auteurs du rapport enjoindre les fidèles à ne pas «marcher à la suite de ceux qui déclarent adhérer entièrement au magistère de lÉglise mais qui diffusent des écrits qui séloignent de ce magistère»... Mais, en réalité, s’en éloignent-ils vraiment? Les écrits de Vie d’Amour sont accueillis favorablement par certains théologiens et rejetés par d’autres. Les fruits de conversion et d’édification spirituelle dont ils sont la source ne prêchent-ils pas en faveur de leur authenticité spirituelle? Soulignons deux témoignages parmi des centaines:

Un psychologue et professeur à l’Université de Montréal, M. Jean-Marcel Gaudreault, s’est donné la peine de lire Vie d’Amour avec un oeil critique et cette étude l’a conduit à écrire une très belle appréciation qui a été publiée dans le numéro 84 du Royaume (novembre-décembre 1991), marquant ainsi le début d’une collaboration étroite avec l’Armée de Marie sur laquelle il aura par la suite des lumières spéciales.

Il y a quelques années, un avocat et sociologue de renommée internationale – dont noustaisons pour le moment le nom afin qu’on ne lui nuise pas – s’est lui aussi penché sur Vie d’Amour. Il a retiré de ces livres un si grand bienfait spirituel qu’il a offert à Marie-Paule un billet de 100 $ US afin qu’elle puisse donner la collection à une personne qui ne pouvait se l’offrir.

Le poids de tels témoignages n’excède-t-il pas le poids des études biaisées faites par des personnes déterminées à détruire une Oeuvre qu’elles ne comprennent pas?

b) «Les responsables de l’Armée de Marie»:

– Les auteurs du rapport accusent les responsables de l’Armée de Marie «d’attiser la fournaise du conflit» en publiant «sous couvert décrits mystiques ou spirituels [des] opinions qui ne font pas partie du dépôt de la foi», ce qui «n’est pas de nature à édifier le Corps du Christ»...

Georges Suffert, auteur d’un livre tout récent sur l’histoire de l’Église, dit des saints que «ce sont eux qui rythment l’histoire de lÉglise. Eux, qui la font respirer. Mais leur apparition est à chaque fois imprévisible, quasi anarchique. Ils surgissent là où personne ne les attend... On dirait comme des petites lumières qui s’allument quelque part sur ce monde noir...» (interviewé dans France Catholique, numéro du 28 avril 2000).

C’est cela: les saints dérangent... on les taxe d’hérésie... on les combat... on les condamne (tel Padre Pio condamné cinq fois par le Saint-Office)... on les tue parfois (telle Jeanne d’Arc morte sur un bûcher, condamnée par l’Évêque Cauchon)... Mais tôt ou tard, on réalise qu’ils avaient raison et on comprend l’opportunité de leur mission et leur contribution à l’édification de l’Église du Christ.

– On reproche à l’Armée de Marie de poursuivre «une guérilla littéraire qui sape l’autorité et sème le doute sur le ministère pastoral de plusieurs évêques, [ce qui] n’est pas une bonne manière de manifester le respect envers "le Pasteur suprême et les autres Évêques".»

Comment peut-on reprocher à des personnes accusées faussement et qui ne peuvent se défendre face à leurs accusateurs (ceux-ci refusant de leur accorder la parole) de recourir au seul moyen qu’ils ont pour se défendre et faire connaître la vérité, c’est-à-dire le journal Le Royaume, afin d’au moins informer et rassurer les membres de l’Oeuvre en démontrant la fausseté des accusations lancées ici et là contre l’Oeuvre et qui rejaillissent sur eux?

Ces rectifications des faits ne sont en aucun cas un manque de respect: les Dirigeants ont toujours montré et demandé aux membres le plus grand respect pour les Autorités et aussi pour leurs adversaires.

– Les auteurs du rapport écrivent: «C’est une lourde responsabilité envers des fidèles du Christ que de les entraîner dans cette impasse comme une sorte de Titanic fonçant à pleines turbines vers le glacier.» L’image du Titanic devrait être appliquée à une autre réalité: celle du monde «fonçant à pleines turbines» vers sa perte pour ne pas vouloir suivre les directives sages et éclairées de l’Église telles que nous les transmet Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II qui, en ces heures si sombres, semble porter le monde sur ses épaules, et cela bien seul...

– Le rapport reproche ensuite à l’Armée de Marie son manque de transparence, «notamment [dans] le domaine [des] affaires temporelles» ... Quand le Cardinal Roy a demandé aux Dirigeants le bilan consolidé de l’Armée de Marie, pour la première fois en 1981, ce document lui a été transmis par courrier recommandé, de même que les deux années suivantes. En 1984, c’est le Cardinal Vachon qui faisait la même demande,écrivant à Marie-Paule que ces bilans n’avaient pas été présentés annuellement... Qui donc, à l’Archevêché, avait retenu ces bilans financiers qui, après recherche, sont demeurés introuvables? Car le Cardinal Roy avait bien reçu ces documents, lui-même ou ses collaborateurs l’ayant confirmé à Marie-Paule. Du côté de l’Archevêché, on devrait s’interroger sur une telle disparition...

Puis, le 6 novembre 1984, au cours d’une rencontre demandée par Mgr Marc Leclerc, Évêque auxiliaire à Québec, avec Marie-Paule et les Pères Denis et Victor, Mgr Leclerc exige de recevoir une copie de nos contrats d’achat de terrains à Lac-Etchemin. Trois jours plus tard, les cinq membres du conseil d’administration s’opposent à la transmission à l’Archevêché d’une copie de ces contrats et il est proposé de s’informer à Rome pour connaître les exigences du Droit canonique à ce sujet.

Le Père Denis, qui est à Rome, s’informe donc et transmet le 10 novembre la réponse d’un docteur en Droit canonique, qu’a confirmée un Cardinal: «Une distinction doit être faite entre une Association pieuse et la Corporation civile [l’Armée de Marie avait été érigée en Corporation civile à la demande du gouvernement canadien]. LÉvêché n’a pas le droit de se mêler des affaires de la Corporation. L’Armée de Marie est bien une association privée.» (Vie d’Amour, Appendice I, pp. 252-253.)

Quand donc les Autorités religieuses du diocèse de Québec exigent des informations sur les finances de l’Armée de Marie, elles font preuve d’ingérence et leurs demandes sont tout à fait injustifiées.

c) «Les Fils de Marie»:

Encore une fois, il est question du Commissaire pontifical avec lequel les auteurs du rapport souhaiteraient une collaboration «sereine et active»... Le texte déjà mentionné du Père Pierre explique en long et en large pourquoi une telle collaboration ne peut absolument pas s’établir, et non par la faute des Fils de Marie qui ont plus d’une fois été trahis et trompés par le Commissaire, Mgr Cazabon. Ce n’est pas une question de «sentiments» éprouvés par les Fils de Marie mais bien plutôt de grave manque de transparence de la part de Mgr Cazabon.

d) «Les responsables dÉglise»:

– «Pour les responsables dÉglise, lit-on dans le rapport, protéger le dépôt de la foi et garder l’unité de lÉglise sont des tâches essentielles dont l’accomplissement s’avère ici d’une particulière difficulté. Peut-être y a-t-il eu en certaines instances des erreurs de parcours dans les décisions passées; il faut maintenant que le lien de communion entre évêques dans le même service dÉglise vienne permettre d’aplanir les obstacles. Il y va du bien spirituel des diocésains (...); cette responsabilité revêt une importance spéciale envers ceux et celles qui veulent répondre à des appels à la vie sacerdotale ou religieuse.»

C’est tout de même incroyable qu’on ne cesse de se réclamer de la collégialité épiscopale pour exiger que tous les évêques aient le même discours... Si tel avait été le cas au cours de ces 2000 ans d’histoire de l’Église, bien des Oeuvres combattues en certains diocèses, et qui ont pu fleurir pour l’Église auprès d’Évêques plus compréhensifs et ouverts aux voies surnaturelles, n’apporteraient pas aujourd’hui leur richesse à la communauté chrétienne tout entière. Qu’on pense à la communauté des Petites Soeurs de la Sainte Famille, rejetée au Nouveau-Brunswick et accueillie par l’Évêque de Sherbrooke, Mgr Paul LaRocque... Aujourd’hui, c’est Mgr Eugène P. LaRocque, Évêque d’Alexandria-Cornwall, en Ontario, qui prend la défense de l’Armée de Marie que veut détruire l’épiscopat du Québec!

Nos Évêques exigent la collégialité épiscopale. Respectent-ils, eux, ce qu’ils exigent? N’ont-ils pas frappé deux Évêques qui allaient procéder à l’ordination du Frère Stéphane Gamache, jeune homme sérieux et d’excellente famille ayant oeuvré dans le diocèse de chacun de ces deux Évêques qui le connaissaient donc très bien – ce qui n’était pas le cas pour nos Évêques québécois qui ne pensaient qu’à détruire la Communauté par des complots de toutes sortes pour boycotter, contrecarrer, nuire, en inventant et en accusant sans jamais fournir de preuves.

La collégialité est-elle un principe à sens unique, dans le but de servir les desseins d’un certain groupe seulement? C’est pourquoi on ne reconnaîtrait pas la communion avec Rome? Car il est notoire que certains de nos Évêques prétendent que le Pape n’a rien à voir dans les affaires de leur diocèse... Deux poids, deux mesures!

CONCLUSION

Nous appuyons les conclusions du rapport de l’An 2000:

– «En cette année jubilaire, que l’Esprit du Seigneur nous aide à bien comprendre la situation de l’Armée de Marie, à bien peser le poids des événements, à choisir les bonnes actions et à les mettre en oeuvre avec pour seule préoccupation de faire advenir les cieux nouveaux et la terre nouvelle en construisant lÉglise du Christ, et rien d’autre.»

Oui, nous désirons contribuer à l’édification de l’Église que le Christ a fondée il y a près de 2000 ans, dans une grande fidélité au Saint-Père et aux évêques en communion de foi avec lui, sûrs que, malgré la lutte qui s’abat sur l’Église, «les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle» et cela grâce à l’Immaculée qui a prédit Son triomphe à Fatima: «À la fin, Mon Coeur Immaculé triomphera.»

«À propos de l’Armée de Marie» (Mgr Couture)

Dans sa note introduisant le rapport qu’il a commandé sur l’Armée de Marie, Mgr Couture revient également sur certains faits qu’il vaut la peine de commenter:

– «Depuis que Rome a confirmé la décision de mon prédécesseur, M. le cardinal Louis-Albert Vachon, de retirer à l’Armée de Marie sa reconnaissance comme "association approuvée par les autorités de l’Archidiocèse de Québec"...»

Mgr Couture fait sans doute ici référence à la lettre du 25 mars 1988 du Conseil pontifical pour les Laïcs, lettre entachée, on l’a vu, de graves irrégularités sur le plan canonique. (Il ne peut s’agir de la décision du Tribunal suprême de la Signature apostolique qui a simplement rejeté l’appel logé par l’Armée de Marie contre le décret du Cardinal Vachon.)

– «... j’ai cru bon d’adopter une attitude de réserve à l’endroit du mouvement. Cette discrétion, voulue d’abord par souci d’apaisement...»

Alors que, dès sa nomination à la tête de l’Archidiocèse de Québec, Marie-Paule lui adressait une lettre toute déférente qui aurait pu être l’ouverture à un fructueux dialogue, Mgr Couture n’a jamais daigné ne serait-ce qu’accuser réception de cette lettre. Cette «attitude de réserve» était-elle réellement dictée «par souci d’apaisement»?

– «[Cette discrétion]... s’imposa encore davantage lorsque les Autorités romaines, cherchant à donner un statut ecclésial aux Fils de Marie, décrétèrent une visite apostolique auprès de ce groupe de prêtres rattachés à l’Armée de Marie. À cet effet, MgrGilles Cazabon, évêque de Saint-Jérôme, poursuit cette mission avec le ferme appui du Saint-Siège, à titre de commissaire pontifical.»

Si nos Autorités religieuses, au Québec, ont continué à user de «discrétion» après ces nominations romaines, c’est qu’elles ont continué à agir dans l’ombre (dans la discrétion la plus voulue) pour nuire à l’Armée de Marie, que ce soit en essayant d’empêcher lescérémonies de l’Oeuvre dans les grandes basiliques européennes à l’occasion de nos pèlerinages, que ce soit pour nuire au développement de la communauté des Fils de Marie en faisant des représentations et même des représailles auprès d’Évêques à travers le monde, que ce soit par tant d’autres moyens indignes.

– «Cependant, des développements survenus dans les limites du diocèse de Québec, notamment à Lac-Etchemin, me contraignent à rompre le silence, sans que je veuille interférer dans ce qui relève de la compétence de Mgr Cazabon, et, sur un autre plan, de celle de la Conférence des évêques catholiques du Canada en lien avec les Dicastères romains concernés.»

Bien que toute cette lutte prenne sa source à l’Archevêché de Québec, c’est Mgr Cazabon qui, au Québec, porte l’odieux de la démarche pour briser la Communauté des Fils de Marie et c’est la Conférence des évêques catholiques du Canada qui portera l’odieux de la démarche visant à accuser l’Armée de Marie de ne plus être catholique. Quant à lui, Mgr Couture «se limite» à attaquer la construction de l’immeuble Spiri-Maria:

– «Je dois, en effet, pour répondre aux questions des diocésains et diocésaines, spécialement aux paroissiennes et paroissiens de Sainte-Germaine, et pour remplir mon devoir de vigilance pastorale, rappeler les dispositions du Droit de lÉglise qui s’appliquent à la "maison de retraite" érigée à Lac-Etchemin sans l’autorisation de lÉvêque.

«C’est l’objet de la "note à caractère disciplinaire" qui a été signifiée aux responsables de l’Armée de Marie, et dont le texte suit.»

Parmi les «paroissiennes et paroissiens de Sainte-Germaine» se trouve une dame, proche relation d’une autre demoiselle qui travaille dans une grande «discrétion» (du moins la plupart du temps) contre l’Armée de Marie, Mlle Odette Beaudoin, de Cornwall en Ontario, et qui se dit intime avec plusieurs Évêques et même avec le Préfet d’une Congrégation romaine impliquée dans le dossier de l’Armée de Marie. Et cette dame, qui demeure tout près de Spiri-Maria, ne se gêne pas pour montrer son hostilité envers l’Oeuvre et ses membres!

Tant mieux si ce sont des motifs de «vigilance pastorale» qui motivent Mgr Couture. Mais en réponse à la «Note d’ordre disciplinaire relative à l’établissement de la Maison Spiri Maria à Lac-Etchemin», que l’Archevêque publie dans Pastorale-Québec à la suite de son texte, Marie-Paule lui avait répondu ceci, dans sa lettre du 17 avril 2000:

«Devons-nous oublier que Dieu, dans Sa grande liberté et la liberté si belle qu’Il laisse aux êtres humains, est au-dessus de nous et qu’il Lui arrive de passer à travers toutes les barrières établies par les hommes, surtout quand lÉglise est en état de crise et qu’il s’agit du salut des âmes? Précisément, le Code de Droit canonique stipule – dans l’administrationdes mille sept cent cinquante-deux (1752) lois établies – de ne jamais "perdre de vue le salut des âmes qui doit toujours être dans lÉglise la loi suprême». Cette simple réponse est en référence au Droit canon soulevé dans la lettre de Votre Excellence.»

«L’Armée de Marie, oui; Marie-Paule, non»

«L’Armée de Marie, oui; Marie-Paule, non»: ce sont des paroles prononcées maintes fois par des prêtres et Autorités religieuses, les mêmes qui exigent la collégialité – et, pour certains, qui iront jusqu’à ourdir des plans odieux pour détruire des Évêques qui auront osé se montrer bienveillants envers la Communauté des Fils de Marie... On ne s’attendrait pas à de tels agissements de la part de gens d’Église, mais c’est bien la triste réalité.

Ce sont nos Évêques qui ont attisé la lutte contre nous auprès des Congrégations romaines, si bien que, excédé des représentations des Autorités religieuses du Québec contre nous, un représentant d’une Congrégation a répondu un jour à l’un de nos Évêques: «Allons-nous lutter maintenant contre ceux qui respectent le Droit canon?» (Vie d’Amour, Appendice III, p. 20.)

Paroles très révélatrices de la situation qui prévaut au Québec: l’Armée de Marie respecte le Droit canonique. On ne peut en dire autant de certains milieux religieux du Québec où on distribue généreusement les absolutions collectives; où on a abandonné le port de l’habit religieux ou clérical; où l’on encourage les laïcs à occuper certaines fonctions normalement réservées au prêtre lors de célébrations liturgiques; où on exprime des propos malveillants contre le Saint-Père, cet homme qui aura orienté de façon importante le destin du monde en la fin du XXe siècle, tant sur la scène politique que religieuse, et pourtant contesté par bon nombre de catholiques, comme on pouvait le lire dans l’éditorial du magazine L’Actualité, numéro du 1er mai 2000, de Luc Chartrand:

«On évoque désormais la possibilité de sa démission (...). Curieusement, un tel départ soulagerait bon nombre de catholiques qui n’ont jamais caché leur malaise de vivre dans lÉglise de Jean-Paul II. Au Québec comme dans d’autres provinces de l’Occident chrétien, il y a des théologiens, des laïcs et des membres de congrégations qui ont abhorré son autorité. On les trouve partout, notamment chez les Dominicains, les Jésuites et les Oblats. Parmi ces "libéraux", beaucoup réclament l’accès au sacerdoce aux femmes, l’ordination des hommes mariés, l’ouverture à l’homosexualité et des assouplissements sur l’avortement.»

Effectivement, certains de nos théologiens disent que le Pape devrait se retirer, non seulement pour le bien de l’Église mais pour son propre bien; on dit qu’il a fait du Jubilé de l’An 2000 le «Jubilé de Jean-Paul II» en voulant attirer davantage l’attention sur sa personne que sur le Christ. Et le Saint-Père est bien au fait du vent d’opposition qui souffle contre lui. À des jeunes qui lui disaient: «Nous vous aimons, Très Saint-Père!», il a répondu, comme perdu dans ses pensées: «Chi lo sa?» («Qui sait?»)

Ce contexte antipapal pourrait expliquer l’indication donnée par le Seigneur à Marie-Paule lorsqu’Il lui a appris qu’avait eu lieu la fondation de l’Armée de Marie, au cours de la journée de prière de l’Équipe Mariale à Lac-Etchemin: «L’ARMÉE DE MARIE SE RECONNAÎTRA À CE SEUL SIGNE: SA FIDÉLITÉ À ROME ET AU PAPE.»

C’est que le Pape lui-même allait se trouver au coeur d’une controverse, devenir un signe de contradiction et une pierre d’achoppement pour ceux qui voudraient modeler une Église à leur visage, sans respect pour l’orientation donnée par Son Fondateur, le Christ, qui avait déclaré à Soeur Faustine Kowalska (canonisée par le Pape Jean-Paul II le 30 avril 2000): «De la Pologne sortira létincelle qui préparera le monde à mon ultime venue» (Petit journal de Soeur Faustine, n° 1732).

«L’Armée de Marie, oui; Marie-Paule, non.» Si les fruits sont bons, pourquoi vouloir couper l’arbre – l’Armée de Marie – qui les produit? C’est qu’on ne désire pas non plus ces fruits dont on est obligé de reconnaître qu’ils sont bons, et qu’en coupant l’arbre les fruits disparaîtront aussi.

Non, le problème ce n’est pas l’Armée de Marie ni la Communauté des Fils de Marie; le problème, c’est que les «démolisseurs», même si c’est inconsciemment qu’ils remplissent leur funeste rôle, ne veulent pas des groupes fidèles à l’Église et à son Magistère.

Ce n’est pas facile d’être fidèle à l’Église et au Pape lorsque l’Autorité placée entre ungroupe et Rome ne reflète plus l’idéal du Saint-Père et que, sous couvert de «souci pastoral», on dit s’inquiéter des fidèles, mais qu’on n’a jamais eu la sollicitude pastorale qui devrait inciter au dialogue avec la Fondatrice d’une Oeuvre internationale et d’une communauté religieuse qui présentent un bel espoir pour l’Église.

Jamais un tel dialogue n’a été favorisé ni même désiré par le Cardinal Vachon (qui n’a jamais rencontré Marie-Paule personnellement ni ne l’a interrogée au sujet de sa mission). Jamais Mgr Maurice Couture n’a rencontré Marie-Paule. Et lors d’un voyage de Marie-Paule à Rome, alors que je l’accompagnais ainsi que M. l’abbé Lionel Mélançon, j’ai été témoin de l’attitude dédaigneuse à son égard de la part de Mgr Bernard Hubert, alors Évêque de Saint-Jean-Longueuil, et de sa suite:

À l’aéroport de Mirabel, avant l’embarquement, M. l’abbé Mélançon s’était approché de Mgr Hubert pour se présenter et lui dire quelques mots. Dans l’avion, l’abbé Mélançon est allé plus tard parler à Mgr Hubert et il lui a proposé d’adresser quelques mots à Marie-Paule, mais l’Évêque a refusé catégoriquement. Lorsque l’abbé apprendra sa démarche à Marie-Paule, celle-ci sera très déçue de cette initiative, n’ayant jamais voulu s’imposer aux Autorités religieuses! Mais il s’est trouvé un autre Évêque, de rite catholique oriental (Responsable de l’éparchie de Winnipeg), assis quelques bancs en avant de nous dans l’avion, qui a daigné échanger avec l’abbé Mélançon et adresser quelques mots bienveillants à notre Fondatrice. C’était le deuxième Évêque qui, tout en ne faisant pas partie de notre rite religieux, manifestait de l’intérêt pour l’Armée de Marie, le premier étant un Évêque orthodoxe de Beauport qui avait voulu ouvrir les portes de son Église à l’Armée de Marie alors rejetée par l’Archidiocèse de Québec.

L’attitude de nos Évêques a de quoi surprendre à notre époque où on ne cesse d’exalter l’importance et les vertus du dialogue, dans tous les secteurs de la société de même qu’entre les membres de différentes confessions religieuses.

Mais «aux grands maux, les grands moyens»: pour sauver l’Église, le Seigneur s’est adressé à une humble femme qui n’aurait jamais souhaité sortir de l’ombre et du silence; Lui et Sa Mère l’ont formée par la souffrance et l’ont toujours prévenue des coups qui allaient s’abattre sur elle, et plus tard sur l’Oeuvre qu’Ils lui confieront, lui indiquant comment passer à travers tout.

Et les adversaires savent que Marie-Paule dispose d’une «télévision en circuit fermé» –que de fois elle les a «vus», à distance, se moquer d’elle ou échafauder leurs plans pour nuire à l’Oeuvre. Marie-Paule décrivait ces scènes aux prêtres collaborateurs et immanquablement l’un d’eux, peu après, était à même de lui confirmer l’authenticité de ce qu’elle avait «vu».

Les nombreux charismes de Marie-Paule et le fait que, souvent par l’action de Dieu, elle sait beaucoup de choses, font d’elle, pour certains personnages plus obscurs, une personne dangereuse. Mais pour les âmes droites et simples, sa présence est une lumière réconfortante dans l’obscurité qui gagne toujours plus ce monde.

Quel long texte... Mais pouvait-on ne pas relever toutes les erreurs contenues dans le dernier document publié par l’Archevêché de Québec contre l’Armée de Marie? En soulignant que, lors de toutes les procédures entreprises contre l’Armée de Marie à quelque niveau que ce soit dans lÉglise, on lui a systématiquement nié son droit fondamental de se faire entendre, ce qui est contraire au Droit de l’Église tel qu’exposé par le Cardinal Joseph Ratzinger: «d’un point de vue purement juridique, personne ne peut être condamné sans procès et sans avoir été auparavant entendu» (propos rapportés par André Castella dans la revue Stella Maris n° 349, p. 11).

À l’histoire maintenant de juger cette affaire qui aura marqué la vie de l’Église de façon indélébile, à l’aube des temps nouveaux que préparent Dieu et l’Immaculée pour Leur peuple.

19 mai 2000

Sylvie Payeur-Raynauld

1. «Controverse: discussion suivie sur une question, motivée par des opinions ou des interprétations divergentes» (Petit Larousse illustré 2000).


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