Lettre de Jean-Marcel Gaudreault aux Évêques et Cardinaux
accompagnant le texte:Laval, le 29 juillet 2000
À Nosseigneurs les Cardinaux et Évêques,
LÉglise du Christ progresse à travers le temps, que nous le voulions ou non, car son cheminement ne relève pas des volontés humaines. Lhistoire nous révèle cependant que celle-ci a connu par le passé des épisodes peu glorieux, quelle voudrait maintenant effacer, au cours desquels les volontés humaines des membres les plus éminents de sa hiérarchie ont tenté dentraver sa marche en condamnant aveuglément, parfois jusquau bûcher, des chrétiens qui comptent aujourdhui parmi ses fleurons les plus illustres.
Si je vous écris maintenant, cest que lhistoire se répète de toute évidence à travers le traitement donné à lArmée de Marie et à sa fondatrice que jobserve depuis plus dune vingtaine dannées en tant que psychologue, scientifique et chercheur chrétien de voies davenir pour lhumanité moderne. Que vaut le repentir de lÉglise si, au premier « irritant » ou à la première interrogation, ses représentants nhésitent pas à renouer avec des comportements dignes du temps de lInquisition ? Le décor est peut-être plus élégant, mais les attitudes des personnes observées semblent malheureusement tout aussi nébuleuses.
On aura beau tourner en dérision les analyses de Marc Bosquart, elles sont dune logique à crever les yeux. Et cela devrait susciter dautant plus votre intérêt et votre prudence que, malgré tout ce quon peut dire, subsistent par rapport aux enseignements de lÉglise de vaste zones de questionnement auxquelles vous navez pas de réponse et sur lesquelles le monde daujourdhui vous interroge. On a beau affirmer: « Lavenir nous le dira », mais encore faut-il savoir reconnaître lavenir lorsque Dieu le fait frapper à notre porte.
De même on pourra critiquer les écrits de Mère Paul-Marie, ils nen demeurent pas moins criants de transparence, de vertu et de limpidité spirituelle. Attention ! on ninvente pas une pareille histoire, dautant plus que madame Giguère répond à tous les critères dune personne très équilibrée !
Cependant, il y a une autre chose qui crève les yeux. Elle demeure encore pour linstant dans lombre, mais elle apparaîtra clairement aux yeux de tous lorsque la Vérité sera faite, et cest votre rejet manifeste de reconnaître ce qui est évident, cest-à-dire que lArmée de Marie est une Oeuvre de Dieu, allant même jusquau refus de laisser aux accusés le moindre bénéfice du doute.
Je vous remets donc le texte qui suit et qui représente les seules conclusions que je puis tirer après vingt années de connaissance de lArmée de Marie.
Ce que je fais, je ne le fais pas uniquement pour cette Oeuvre dont lavenir en Église ne minspire aucune inquiétude. Je le fais aussi pour lâme de ceux qui, aujourdhui, la jugent et qui, dans un avenir rapproché, ne pourront que prendreconscience de leur monumentale erreur et la regretter amèrement. Nous avons beau prendre des décisions sous le couvert de la collégialité, cela ne nous permet pas de nous soustraire aux devoirs liés à notre responsabilité personnelle.
La vie spirituelle ne va pas bien loin quand elle est mue par la peur. Cependant, dans certains cas, la manifestation dune « juste crainte de Dieu » et de celle de la saine prudence qui en découle constituent des signes précurseurs de la Sagesse. Je demeure à votre disposition.
Respectueusement,
Jean-Marcel GaudreaultJMG/mm
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