par Jean-Marcel GAUDREAULT

Depuis quelque temps, l’Armée de Marie fait l’objet d’attaques virulentes de la part de ses adversaires qui tentent, par le biais de diverses interventions, de la discréditer dans l’opinion publique. Un travail tout à fait exceptionnel a été fait jusqu’à maintenant par divers membres et collaborateurs afin de démonter pièce par pièce tous les rouages de ces interventions et de mettre à jour leur caractère trompeur et mensonger.

J’aurais pu de mon côté, comme d’autres l’ont fait avec moi dans le passé, mettre en branle tout ce qui me restait d’énergie et d’arguments pour tenter dans un ultime effort de convaincre ceux qui se font nos adversaires de l’authenticité de cette Oeuvre. J’avoue cependant que je ne crois plus aujourd’hui aux chances de succès de telles interventions. Ce qui a été fait devait être tenté, mais nos vis-à-vis ont, à mon avis, amplement démontré leur complète fermeture à toute forme d’argumentation ou de dialogue.

Il semble donc que nous soyons à un point tournant qui peut apparaître à première vue déconcertant. Pourtant, si nous savons les aborder dans la foi, les événements actuels déboucheront sur des avenues nouvelles, particulièrement riches et prometteuses.

DES LIENS INDISSOLUBLES

Si nous examinons attentivement la stratégie actuelle par laquelle les détracteurs de l’Oeuvre tentent de saper son évolution, nous pouvons constater qu’elle vise avant tout à la discréditer dans la population et auprès de ses membres en la présentant comme « non catholique ». Pour employer une image que nous avons déjà utilisée, nous pourrions dire qu’ils tentent de faire mourir la fleur naissante que constitue l’Armée de Marie en la séparant de la tige catholique qui l’a fait surgir. Or, une telle séparation est, quoi qu’on en dise ou quoi qu’on en pense, absolument impossible. En effet, tout comme une fleur est liée à sa tige, l’Oeuvre est « organiquement » liée au catholicisme d’où elle tire toute sa substance tant doctrinale que traditionnelle et sacramentelle.

En tentant de susciter une telle séparation, nos adversaires démontrent donc très clairement qu’ils n’ont absolument rien compris à la nature de cette Oeuvre couronnée par celle de la Communauté de la Dame de tous les Peuples, dont l’Armée de Marie est à la fois la matrice et le calice protecteur.

Il serait donc tout à fait inopportun que nous envisagions de consommer de quelque manière que ce soit une telle séparation d’autant plus que nous nous abaisserions ainsi naïvement au niveau très peu édifiant des manipulations psychologiques de nos adversaires.

Accepterait-on de rejeter une pierre précieuse dont un spécialiste aurait bâclé l’évaluation ? Alors pourquoi accepterions-nous, à propos de la perle spirituelle que nous avons trouvée, les conclusions hâtives et manifestement troubles de nos adversaires ? De quel droit ceux-ci peuvent-ils d’ailleurs déterminer que les orientations de l’Armée de Marie ne sont pas catholiques ? Pour ce faire, il faudrait d’abord qu’ils fassent preuve de la crédibilité et de la compétence nécessaires. Or jusqu’à maintenant ils n’ont réussi qu’à démontrer qu’ils n’ont ni l’une ni l’autre.

En ce qui concerne la crédibilité, le caractère licencieux, expéditif et superficiel des procédés qu’ils ont utilisés démontre clairement qu’ils n’ont eu ni les attitudes morales ni l’objectivité nécessaires au traitement d’un tel dossier, ce qui, par conséquent, discrédite a priori toute conclusion qu’ils pourraient en tirer.

En ce qui concerne la compétence, le moins que l’on puisse dire est que la performance de nos vis-à-vis fait tout aussi piètre figure. En effet, leurs analyses démontrent une grossière erreur delogique par laquelle ils confondent ce qui est contraire à la doctrine catholique et ce qui n’en fait pas partie mais pourrait éventuellement y être intégré. Marc Bosquart a d’ailleurs déjà démontré avec brio qu’il n’y avait, tant intellectuellement que spirituellement, aucune incompatibilité entre la doctrine catholique et les éléments nouveaux apportés par l’Oeuvre que le Seigneur réalise à travers Marie-Paule, si ce n’est une relation tout à fait constructive de complémentarité.

L’ARMÉE DE MARIE,PROLONGEMENT DU CATHOLICISME

Les détracteurs de l’Armée de Marie auront donc beau crier sur tous les tons et tous les toits que l’Oeuvre n’est « pas catholique », ils n’y changeront absolument rien. Mais allons plus loin et, au lieu de laisser nos horizons s’abaisser sous les manigances de nos adversaires, prenons de l’altitude. L’Armée de Marie n’est pas anticatholique, au contraire, elle fait la promotion du catholicisme puisqu’elle en est le prolongement historique. Elle est véritablement la«Fleur du catholicisme», constituant à la fois son déploiement, son débordement et son renouvellement, tant attendus pour le temps présent.

Elle est la « Fleur du catholicisme », car toutes les richesses contenues dans la doctrine enseignée par le Christ et par son Église ne pouvaient être appelées qu’à se développer pour se manifester un jour sur terre, d’une manière particulière, dans toute leur quintessence.

L’Armée de Marie constitue donc le déploiement du catholicisme car il est grandement évident que, malgré toute sa valeur et sa pertinence, celui-ci n’avait atteint jusqu’à maintenant que le stade de formes prémonitoires attendant leur pleine réalisation à travers l’avènement du Royaume.

Elle est également le débordement du catholicisme car, lorsque la Vie est présente au sein d’une Oeuvre, elle fait déborder sa coupe et révèle sa présence par un surcroît de vie, ce dont témoignent admirablement le regain de ferveur et la prolifération des vocations et conversions observées depuis longtemps à travers le mouvement.

Elle est aussi le renouvellement du catholicisme car il est évident que les changements importants connus au sein du dernier siècle commandaient l’émergence de formes nouvelles permettant à l’Oeuvre du Christ de poursuivre son essor en répondant aux besoins particuliers du temps présent.

Enfin, l’Armée de Marie, à travers la Communauté de la Dame de tous les Peuples à laquelle elle donne naissance, mérite bien son nom de « Fleur du catholicisme », car elle donne lieu véritablement à la manifestation conclusive de la femme, ainsi qu’à l’expression de son épanouissement et de sa victoire dans la création divine.

Or, malgré le fait que toutes ces choses étaient tant attendues par plusieurs chrétiens et ministres de l’Église qui désiraient un renouvellement de l’Église et un rôle plus valorisant pour la femme en son sein, il semble qu’elles soient l’objet de rejet et d’incompréhension. Encore une fois, la prophétie d’Isaïe s’applique : « Vous serez tout oreilles et vous ne comprendrez pas, vous regarderez de tous vos yeux et vous ne verrez pas. »

UNE FLEUR QUI DOIT S’ÉPANOUIR

Certes, les Oeuvres du Seigneur sont imprévisibles et dépassent les perspectives humaines. Cependant, il semble de toute évidence qu’à l’image du pharisaïsme d’autrefois la bureaucratie romaine soit devenue un vaste système de contrôle et de gestion des affaires célestes qui se charge davantage de les étouffer que de les faire connaître. Comme je l’ai déjà souligné, ils empaillent la doctrine pour la conserver plutôt que de la laisser vivre et faire son oeuvre comme le levain dans lapâte 1.

Il semblerait que, sous l’effet d’une exposition prolongée au rationalisme moderne, la qualité de la foi et de la vie spirituelle se soient tellement dégradées au sein de ceux qui ont jugé le mouvement que maintenant, lorsque Dieu parle trop fort, Il ne nourrit pas leur foi et leur espérance, mais Il les confond et les dérange !

De plus, quand on a pour mission de préserver un navire de la mutinerie, est-il approprié de quitter le bateau ou n’est-ce pas plutôt les mutins qui devraient l’abandonner ? Qui donc doit abandonner le navire du catholicisme en acceptant l’étiquette de non catholique, est-ce bien nous ou ne serait-ce pas plutôt plusieurs de nos vis-à-vis qui, en bien des cas, ont posé des gestes qui créaient une atmosphère de mutinerie en sapant l’autorité du Saint-Père ?

De par ses fondements et son origine divine, l’Armée de Marie ne peut en aucun cas être séparée de l’Église en donnant lieu à une forme de schisme comme le désireraient ses adversaires. Paradoxalement, le mouvement est cependant appelé à vivre, à travers les événements présents, une forme de dissociation qui ne peut que lui être bénéfique. En effet, il est primordial que nous cessions de considérer comme un objectif ultime à atteindre une quelconque approbation officielle de l’Église et son aval de nos moindres faits et gestes.

Il faut que la fleur accepte la transformation qui a cours et cesse de regarder derrière elle en espérant modeler son comportement sur la tige qui la supporte. Certes, celle-ci lui fournit sa substance, mais elle ne peut la guider quant à la richesse des formes qu’elle devra adopter. Examinons d’ailleurs le message que la partie la plus saine et la plus représentative de la tige, la personne du Saint-Père, a transmis d’une manière tout à fait imprévisible et providentielle à la fleur qui se préparait à éclore. Car, comme à d’autres époques, en ces temps tourmentés le ciel a ses propres voies officielles qui ne sont pas celles de la bureaucratie romaine.

En adressant la parole aux pèlerins de l’Armée de Marie sur la Place Saint-Pierre à Rome, le 27 mai 1992, le Pape Jean-Paul II aurait pu alors facilement leur dire de se laisser guider par l’Église qui saurait les mener à bon port dans leur cheminement..., mais il les a plutôt encouragés à se « laisser guider par la Mère du Seigneur, pèlerine de la foi et de l’espérance », en leur proposant de « porter en leurs pays les trésors spirituels acquis en ces jours ».

La tige a confié spontanément la fleur qu’elle portait à la « Fleur des fleurs ». Quoi de plus réconfortant et de plus encourageant pour ceux qui savent lire dans la foi les événements providentiels !

Nous ne pouvons donc craindre les formes nouvelles qui surgiront de l’Oeuvre suscitée par Dieu à travers Mère Paul-Marie, dans la mesure où, ne contredisant en rien la doctrine de l’Église, elles contribueront plutôt au contraire à son déploiement tant attendu pour notre temps, dans une spiritualité authentique, animée par le Véritable Esprit Saint.

L’Armée de Marie est donc « très catholique » et, comme le disait si bien Monseigneur Couture, « il n’y a pas plus catholique que ça », puisqu’il s’agit bel et bien de la « Fleur du catholicisme ». Si celle-ci semble se distinguer du catholicisme, ce n’est donc pas parce qu’elle est anticatholique ou non catholique, mais bien parce qu’elle fait et fera surgir des formes nouvelles et variées qui étaient inconnues jusqu’alors.

LA PROPAGATION DE L’OEUVRE

Si nous désirons contribuer au déploiement de ces formes et à la propagation de l’Oeuvre,il faut donc nous tourner résolument vers l’avenir, car il y a beaucoup à faire. Il existe cependant sur ce dernier plan un autre paradoxe dont il faut prendre conscience puisqu’il requiert un équilibre qui est le propre des oeuvres du Seigneur. En effet, Celui-ci ne dissimule jamais ses oeuvres sous de fausses représentations. Ceci transparaît dans l’Évangile et s’applique aussi à l’Oeuvre de Vie d’Amour où la force de certaines affirmations ne laisse place à aucune équivoque quant au caractère particulier de la mission de Marie-Paule. Le Seigneur utilise aussi visiblement l’acuité des analyses de Marc Bosquart et la force de ses convictions comme des pointes avec lesquelles il perce le voile entourant le mystère de la Co-Rédemption. Que Marc soit remercié pour la docilité qu’il démontre dans les mains de Dieu !

Paradoxalement, il importe cependant de répandre avec discernement ces lumières dont nous bénéficions pour que les « perles ne soient pas jetées aux pourceaux », comme l’ont déjà souligné Mère Paul-Marie et Sylvie Payeur dans leurs articles respectifs. Agir autrement équivaudrait à entrer dans le jeu des adversaires de l’Oeuvre qui tentent d’amener le public à consommer « à froid » le mystère de la Co-Rédemption en le présentant sous des traits extrêmement superficiels et caricaturaux, hélas ! reflets possibles de la qualité de leur propre assimilation !

Que la Fleur soit donc connue et appréciée enfin pour sa beauté et pour la qualité des parfums qui émaneront des richesses spirituelles de ses oeuvres !

Jean-Marcel Gaudreault

27 juillet 2000

Notes
1.Cf. parabole des animaliers devenus empailleurs, Le Royaume n° 134, mai-juin 1999 – un commentaire remis dans certaines paroisses au sujet du troisième secret de Fatima illustre éloquemment cette attitude. On y a pris soin de préciser que les événements évoqués par ce dernier concernaient des faits passés et que ceux qui attendaient des révélations excitantes seraient déçus. Comme dans tous les systèmes axés sur un contrôle excessif, il semble que l’on ait pris soin d’étouffer ainsi tout mouvement et que l’on ait rapidement vu de l’excitation dans ce qui aurait été simplement une excellente occasion d’impliquer les chrétiens en les sensibilisant aux enjeux importants du temps présent.


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