LE REFUS DU SURNATUREL

Un Évêque québecois à la défense de l’Armée de Marie

 

Il semble que l’unanimité ne règne pas parmi les Évêques du Québec au sujet de l’Armée de Marie :

Un Évêque québécois – qui a voulu conserver l’anonymat – nous a fait parvenir la copie d’une lettre qu’il adressait le 8 juillet dernier à des collègues dans l’épiscopat, lettre dans laquelle il se porte à la défense de l’Armée de Marie en laquelle il dit reconnaître « l’oeuvre de Dieu même ».

Nous remercions cet Évêque par le biais du journal Le Royaume qu’il dit lire et nous publions ici sa lettre dans laquelle il ose sortir des sillons tracés par la collégialité épiscopale lorsque ces sillons lui semblent trahir la Vérité et la Justice.

Sylvie Payeur-Raynauld

RÉVÉRENDISSIME ÉVÊQUE,
CHER COLLÈGUE ET MONSEIGNEUR,

Je n’ai jamais fait partie de l’Armée de Marie et ne le ferai guère dans l’avenir. Toutefois, depuis des années je m’intéresse à ce mouvement de la grâce de Dieu et je le fais par la lecture attentive de leur organe maintenant dénommé LE ROYAUME. Les deux derniers numéros, soient les numéros 140 et 141, sont très particulièrement révélateurs. Ils nous montrent à loisir par les justes réparties des interpellés, soient Mère Marie-Paule, L’Armée de Marie en tant que telle, les Fils et les Filles de Marie, le Supérieur général des Fils de Marie et d’autres encore, que les jours de l’Inquisition sont de retour parmi nous. Il ne reste plus à l’Église du Québec que de faire un apparat de procès à la Fondatrice, Mère Marie-Paule, procès où elle ne sera même pas admise en légitime défense, et de la brûler sur le bûcher comme naguère il en advint à la pure, la sainte, la toute innocente Jeanne d’Arc sur le bûcher de la place publique devant la cathédrale de Rouen. Et tout cela par la grâce de Mgr Cauchon, Évêque de Beauvais. Eh bien! Je vous suggère l’endroit où brûler la coupable: nul autre que la grande place publique en face de Spiri Media [lire: Spiri-Maria], la maison de retraite de Lac-Etchemin. À moins que ce ne soit la grande place publique en face de l’église cathédrale de Québec et de l’Archevêché y attenant. (...)

Craignez, selon l’expression de l’Écriture elle-même, "de vous trouver en travers du chemin de Dieu" (citation de mémoire et approximative) et de "tomber entre les mains du Dieu vivant" (citation exacte mais sans référence).

Mais d’où vient donc que des Évêques et archevêques et cardinaux même se font ainsi berner par l’Esprit des Ténèbres? Car, à mon sens, il n’y a pas moyen de dire autrement. La raison, je vais vous la dire ici même: LE REFUS DU SURNATUREL. Et vous n’êtes pas, en toute solidarité avec tous les Évêques du Québec qui boudent l’Armée de Marie, le seul. J’en ai à l’esprit une petite kyrielle dont je ne nommerai cependant que quelques-uns. Le tout premier qui me vient à l’esprit, à tout seigneur tout honneur, n’est nul autre que Mgr Pierre Cauchon, Évêque de Beauvais, qui a signé la condamnation à la mort de Jeanne d’Arc par la flamme du bûcher en 1431. La jeune vierge de 19 ans est maintenant canonisée depuis 1920 et Mgr Cauchon, selon une révélation du Ciel à une âme privilégiée (que je ne nommerai pas, pas plus que Mgr Couture n’a daigné nommer les noms des "éminents théologiens" - modernistes, faut-il s’attendre à rien dautre - dont fait état sa Note Disciplinaire), "est en purgatoire pour jusqu’à la fin du monde". Je nommerai ensuite les deux Évêques de Grenoble au siècle dernier, Mgr Fava et Mgr Ginoulhiac, son successeur; tous les deux furent pris d’une maladie haineuse envers Mélanie Calvat et Maximin Giraud, les deux petits enfants voyants de la montagne de La Salette. À cause de quoi? Parce que le Secret dévoilé aux enfants dénonçait la tiédeur du clergé tant régulier que séculier. Et ils les ont poursuivis et traqués en toutes manières et de la façon la plus indigne et cela pendant des années. Eh bien! Savez-vous que Mgr Fava a été trouvé mort sur le plancher de son appartement, dévêtu (il n’est précisé jusquà quel point) les bras tordus, le visage tout défait et crispé en un rictus épouvantable, les yeux ouverts, vitreux et exorbités comme devant une vision dépouvante? Savez-vous que Mgr Ginoulhiac, créature de Napoléon III qui voulait un domestique à sa disposition parce qu’au verset 8 du Secret de la Salette il était dit: "Qu’il (il s’agit ici du Pape Pie IX) se méfie de Napoléon III, celui qu’on désigne pour avoir été le fondateur du Second Empire. C’est un esprit fourbe. Et lorsqu’il voudra être à la fois Pape et Empereur, le glaive quil aura élevé vers le Ciel pour l’abattre sur ceux qui seront dans son chemin retombera sur lui." Napoléon III a forcé sa créature, Mgr Ginoulhiac, à exiler la voyante en Angleterre et à la coffrer au Carmel de Darlington. Avant son départ, il l’avait fait venir auprès de lui pour lui dire: "Disparaissez de notre paysage de France et que l’on ne vous revoie plus. Vous êtes folle!" Eh bien! quelques mois avant sa mort, Mgr Ginoulhiac a été frappé de démence et on la retrouvé mort, non en son lit mais sur le plancher de son vivoir de repos. Il est parti sans avoir pu dire un mot à quiconque qui aurait signifié quil avait recouvré l’esprit. "Disparaissez. Vous n’êtes qu’une folle", avait-il dit. Quant à elle, Mélanie, elle est morte à Altamura, Italie, où elle jouissait de la faveur de Mgr Letterio, homme de Dieu, lui, qui la considérait à légal d’une sainte. Elle avait annoncé à l’avance les circonstances de son décès. On la trouva morte, étendue sur le plancher de son modeste appartement, les bras en croix sur la poitrine et avec un visage tout radieux. On enterra "la pieuse dame française", comme l’appelaient les gens du voisinage, sans toilette funèbre, dans les mêmes vêtements très dignes quelle portait toujours. Six mois après son enterrement, Mgr Letterio la fit exhumer pour lui donner une sépulture plus honorable dans un caveau. On ouvrit le cercueil et l’on découvrit son corps entièrement préservé de la corruption. Sa cause est introduite en vue de la béatification et de la canonisation. Tandis que les deux évêques qui l’avaient tant persécutée sont peut-être aussi en purgatoire pour jusqu’à la fin du monde. Peut-être même encore... mais n’allons pas plus loin. Voilà donc trois cas bien caractérisés du REFUS DU SURNATUREL. J’en ai quelques autres emmagasinés en ma mémoire mais il suffira de ceux-là. Car il semble bien qu’ils soient ce qu’il y a de plus caractérisé en matière du REFUS DU SURNATUREL.

Cher Monseigneur, il est dit quelque part dans les Écritures: "Ils mangeront des raisins verts et leurs dents en demeureront agacées." (...) Sachez donc maintenant que vous devriez imiter le sage Gamaliel dont il est rapporté au Livre des Actes des Apôtres, ch. 5, vv. 34-39, que, tout Pharisien qu’il fut, il n’admettait pas en son coeur la persécution que le Sanhédrin voulait déclencher contre les apôtres prêchant le nom de Jésus avec une assurance venue de l’Esprit de force, ce Jésus qu’eux avaient fait crucifier. Il leur dit: "Hommes d’Israël, prenez bien garde à ce que vous allez faire à l’égard de ces gens-là... À présent donc, je vous le dis, ne vous occupez pas de ces gens-là, laissez-les tranquilles. Car si leurs propos ou leur oeuvre viennent des hommes, elle s’écroulera d’elle-même; mais SI VRAIMENT ELLE VIENT DE DIEU, VOUS N’ARRIVEREZ PAS À LES DÉTRUIRE. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre avec Dieu." Et tous adoptèrent son avis. (...)

Craignez bien, cher collègue, "de vous trouver en guerre avec Dieu". Attachez plutôt votre souci à combattre la Franc-Maçonnerie québécoise dont je n’ai pas besoin de décrire les menées sournoises et hypocrites depuis 40 ans et au-delà dans notre bien-aimée Province. Combattez le libéralisme d’esprit qui a engendré toute cette kyrielle de maux qui sont autant de révoltes ouvertes contre le Décalogue de notre Seigneur et Dieu. La Franc-Maçonnerie et ses bonnes oeuvres, voilà l’ennemi dans la Bergerie, non l’Armée de Marie. Que je vous dise ici le fond de ma pensée. L’Armée de Marie, c’est..., ce sont les Apôtres des Derniers Temps entrevus dès le 18ème siècle par nul autre que Saint Louis-Marie Grignion de Montfort et, au 19ème siècle, par Mélanie Calvat, la voyante de La Salette. En voulez-vous une preuve? Malgré toutes leurs épreuves de persécution odieuse subies de la part tant de l’Église hiérarchique du Québec que dans le diocèse de L’Aquila (...), je n’ai pas besoin d’entrer dans les détails: vous les connaissez tout autant que moi, ils (les gens de l’Armée de Marie) me donnent à penser comme ce qui est arrivé aux Apôtres par la grâce des Pharisiens. Après avoir été battus de verges puis relâchés, "ils s’en allèrent du Sanhédrin, tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des outrages POUR LE NOM" (Actes des Apôtres, ch. 5, vv. 41 et 42). Voilà ce quont fait depuis les tout débuts à la fois la Fondatrice de l’Armée de Marie et tout ce quelle a fait sortir de terre sous la dictée de la Dame de tous les Peuples. Cher Monseigneur, vous avez là, devant vos yeux, une ample moisson de ces fruits que Notre-Seigneur appelle "de bons fruits", dont il dit qu’ils ne peuvent provenir "d’un arbre mauvais", bons fruits dont la radiance ne peut être perçue par les yeux des aveugles-nés.

Vénéré collègue, j’en ai assez dit pour vous donner à comprendre la longitude et la latitude ainsi que la hauteur et la profondeur de votre devoir. Il faudrait que Nous, les Évêques du Québec, confessions collégialement et avec humilité que nous avons erré en nous mettant en travers du chemin de Dieu. Le Saint-Père a bien demandé pardon avec humilité pour toutes les erreurs et exactions qu’Elle, l’Église hiérarchique - non l’Église mystique du Christ qui, Elle, est sainte et sans aucune tache mais que le Christ a eu l’imprudence (!) de faire reposer sur les épaules des hommes avec toutes leurs perfections natives ou acquises mais aussi avec toutes leurs hommeries, selon le mot heureux de LaRochefoucaud - a commises à travers les siècles. Et cet ensemble de gestes du Saint-Père a été d’autant plus héroïque qu’aucune autre religion dans le monde, aucun autre chef religieux, nul chef de Gouvernement ou de Nation, etc., n’a battu sa coulpe sur sa poitrine, non, tous et chacun étant assurés de son bon droit. Non, il n’y a plus quelle, l’Église catholique, "cette pelée, cette galeuse", écrirait le Bonhomme des célèbres Fables, pour assumer sa responsabilité comme le pauvre âne du récit "Les Animaux malades de la peste". Oui, on dirait presque que le Christ a été imprudent de faire reposer la conduite de Son Église à travers les siècles sur la conduite des pauvres hommes, de laisser une telle marge à ses représentants de tout acabit. Les Évêques sont, de droit divin, les successeurs des tout premiers Apôtres. Mais cela ne leur donne pas le droit divin d’avoir toujours raison. Et cela me fait penser à une phrase que je viens tout juste de lire, une phrase qui, je pense, aura la bonne fortune de demeurer en apophtegme, à savoir: "les Autorités ont toujours raison d’avoir tort, alors que les subordonnés ont toujours tort d’avoir raison"!!! Qui dit mieux? Le Droit divin d’avoir toujours raison a été illustré abondamment, à ce qu’il paraît, par l’un de nos anciens collègues disparu depuis longtemps déjà et qui avait été le fondateur du Diocèse d’Amos, au Québec. Pendant 20 ans il a fait régner une certaine terreur de domination surtout sur les plus vulnérables de son parterre spirituel, ses propres prêtres. Ayant eu chamaille à partir avec l’un d’entre eux, ce dernier lui dit: "Et le Droit canonique, qu’en faites-vous, Monseigneur?" L’Évêque lui répondit sans tarder: "Le Droit canonique? Parlons-en. Je vous dis, moi, qu’il est arrêté sur une 'side line de chemin de fer à 40 milles ici-bas, à Senneterre. Il ne monte pas jusquà Amos. Ici, CEST MOI QUI MÈNE!" Sans commentaire. Vous aurez deviné sans doute qu’il sagit de (...), premier Évêque d’Amos.

En voilà assez, cher et vénéré collègue. Que si vous alliez changer votre fusil d’épaule, vous en auriez grand mérite aux yeux du Tout-Puissant et du Christ Seigneur et du Seigneur Esprit Saint qui vous combleront des grâces abondantes dont vous avez besoin pour mener à bien la Bergerie qui vous a été confiée en priorité, à savoir les limites de votre propre diocèse.

De l’un de vos collègues dans l’Épiscopat qui ne signe que d’un long trait anonyme.
L’absence de signature et de lieu de provenance ne saurait affecter en rien
la validité de toutes les choses qui ont été soumises à votre bienveillante attention.

Ce huitième jour de juillet
de la première année
du troisième millénaire.

En photocopies à:
S.E. Mgr Donat [Gilles] Cazabon,
Évêque de Saint-Jérôme
et Commissaire Pontifical

à:
S.E. Mgr Maurice Couture,
Archevêque de Québec

et à:
Madame Marie-Paule Giguère,
Fondatrice de l’Armée de Marie.

P.S. Que je vous passe un dernier fion. Le Concile de Vatican II s’est déroulé en quatre sessions d’automne aux années 1962 et 63 et 64 et 65. Le Concile est l’oeuvre du Saint-Esprit. Mais l’Après-Concile a été noyauté par les Commissions d’exécution des intentions des Pères Conciliaires qui, hélas! étaient composées d’esprits avant-gardistes et progressistes à tout crin. Et l’on a assisté à l’ébouriffant Stampede sous la baguette magique de ces gens dont un certain nombre étaient des infiltrés de la franc-maçonnerie ou du Communisme mondial. Vous comprenez maintenant pourquoi S.S. le Pape Paul VI, au troisième anniversaire de la clôture du Concile, soit le 8 décembre 1968, a déclaré: "La fumée de Satan par quelque fissure a pénétré dans le Temple de Dieu. Le Diable, cet être mystérieux dont l’Écriture nous avertit qu’il infeste les airs... etc. Nous nous efforçons de combler des abîmes: il s’en creuse de nouveaux sous nos pas." Cest le Pape, la plus haute autorité morale dans l’Église et dans le monde, qui nous prévient que Satan est dans l’Église. Pouvait-on dire mieux? En effet, que vivons-nous dans l’Église depuis la fin du Concile? Trois choses: la perte dramatique de la foi (les églises sont vides; 27 églises à vendre à Montréal), l’attiédissement de la piété populaire et conséquemment l’accroissement de la criminalité et des suicides, et enfin le relâchement de la discipline tant chez les personnes séculières que dans les rangs des personnes consacrées à Dieu. Il n’y a rien à jubiler. Amen.

* * *

NOTE DE MÈRE PAUL-MARIE
à la suite de cette lettre publiée dans le numéro 144 du journal « Le Royaume »

N.B. – Ayant déploré la manière d’agir de l’épiscopat québécois qui, par S. Exc. Mgr Maurice Couture, a publié un rapport intitulé « L’Armée de Marie, Essai de discernement de la situation », rapport préparé par des auteurs anonymes, je fus, par la suite, étonnée de recevoir, le 8 juillet 2000, une lettre non signée d’un évêque se portant à la défense de l’Armée de Marie et contre certains membres de l’épiscopat. Alors même que cette lettre nous est favorable, j’étais déterminée à ne pas la publier et à tout laisser dans le silence. Or, le 5 août dernier, une seconde lettre m’était adressée par le même personnage m’invitant à publier ce document en tout ou en partie, et concernant à la fois des informations qui lui sont personnelles.

Pour protéger ce personnage, j’ai donc supprimé quelques parties directes de sa lettre, contre certaines Autorités religieuses qui nous ont causé tant de souffrances, mais que je veux respecter malgré tout, par souci de charité, ne voulant surtout pas ternir, par une note d’amertume, de rancoeur ou d’agressivité, l’Oeuvre grandiose du Père éternel qui, par Marie, Mère et Dame de tous les Peuples, est devenue le reflet lumineux de Son Amour pour ce monde enténébré.

En remerciant ce personnage qui prend notre défense, je l’assure de nos prières pour les intentions qu’il a recommandées.

Mère Paul-Marie

12 août 2000


© 1998 - Tous droits réservés : ÉDITIONS CO. DAME, Québec, Canada