«ET POURTANT, ILS SONT DEUX!»

par Marc BOSQUART

1. À l’origine, Dieu-Créateur a fécondé l’Immaculée-Co-Créatrice et Celle-ci a donné naissance à un univers constitué de trois «mondes» ou «degrés»: le monde physique, le monde psychique et le monde spirituel (du plus bas au plus élevé). C’est la Création du Père.

2. En correspondance avec ces trois «mondes», l’Homme actuel est composé de trois corps: le corps physique, le corps psychique et le corps spirituel. Au coeur de ce dernier, il y a un quatrième «élément»: l’Esprit de Dieu.

3. Jésus-Christ, Fils de Dieu et de l’Immaculée, mais néanmoins «vrai Homme», avait les mêmes corps que les autres Hommes. Il a cependant permis que l’Esprit de Dieu en Lui L’irradie de l’intérieur, complètement, de sorte que ses trois corps ont été «fondus», par sa mort et sa résurrection, en un corps nouveau: le corps glorieux.

4. Ce corps glorieux, composé de «matière glorieuse», ne relève plus de la création du Père (séparée en trois degrés distincts), mais il est, proprement, une création nouvelle, la Création du Fils (un seul état, compénétration des trois autres).

5. Ce «quatrième état de la matière», non créé par le Père, a toujours été propre au Fils: il n’existe pas en dehors de son Corps, son Corps «total» étant à lui seul la totalité de ce Monde nouveau.

6. Avant de mourir et de ressusciter, Jésus a donné à ses prêtres la possibilité de réactualiser le même sacrifice et d’opérer la même transformation en vue de la divinisation de l’Humanité: c’est l’Eucharistie.

7. Puisque le pain et le vin sont transsubstantiés en ce «quatrième état de la matière», et que cet état n’existe nulle part ailleurs que dans le Corps du Christ, le pain et le vin deviennent véritablement le Corps du Christ (à l’infini, puisque l’Eucharistie n’enlève rien au Christ: elle Y ajoute).

8. Or donc, un jour, vient le temps, comme en toutes choses, de compléter le masculin par le féminin pour constituer la Totalité. La Co-Rédemptrice se soumet alors au même processus de transformation que le Rédempteur: la même Passion en vue du même Résultat.

9. Vie d’Amour: «C’est toi, mon enfant, qui souffres ma Passion et qui [...] vas redonner le Christ au monde.» (vol. I, p. 326) Il faut en effet que la Fille s’offre «au même titre que le Fils» (vol. V, p.292), de sorte que, dit le Fils, le Père y verra «comme une seconde présentation de mon humanité au Père» (vol. XI, p. 222) et qu’Elle est, dit-Il encore, «mon autre Moi-même» (vol. VII, p. 278).

10. La Co-Rédemptrice, à son tour, transforme donc ses corps physique, psychique et spirituel en un seul corps glorieux. «Prêtre mystique» (vol. XI, p. 223), Elle opère sur Elle-même une véritable transsubstantiation, Elle opère sur Elle-même le sacrifice eucharistique. Ce faisant, Elle «s’introduit» dans le «quatrième état de la matière» et s’y ajoute au Rédempteur.

11. L’ajout de la Co-Rédemptrice au Rédempteur au sein de la «Création du Fils» entraîne un changement majeur: ainsi, lorsqu’un prêtre consacre le pain et le vin, les transforme en ce «quatrième état de la matière» et que ceux-ci sont donc transsubstantiés en «Corps du Christ», il s’agit désormais du «Christ total: Homme et Femme».

12. Tel est le sens de la 55e et dernière vision d’Amsterdam, quand la voyante, contemplant une immense hostie, sait qu’elle «contient» deux Personnes. Elle ne voit qu’une seule hostie, mais s’écrie: «Et pourtant, Ils sont Deux C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles le Christ, jadis, a institué deux fois l’Eucharistie: le Pain d’abord et puis le Vin, le Rédempteur hier et la Co-Rédemptrice aujourd’hui.

6 avril 1999

Marc Bosquart

* * *

Le texte ci-dessus, «Et pourtant, Ils sont Deux», a vu le jour dans les circonstances que voici. Au printemps 1999, Marie-Paule m’a redit - car ce n’était pas la première fois - à quel point ce que j’avais écrit sur l’Eucharistie (dans Le Rédempteur et la Co-Rédemptrice) la faisait souffrir, ajoutant que, comme le reste mais tellement plus encore que le reste, il lui était impossible de l’accepter. Je lui ai répondu que j’étais sincèrement désolé, mais que je ne pouvais pas ne pas y croire, ajoutant cependant qu’il me paraissait possible, avec le recul du temps, d’expliquer la même chose autrement, de manière peut-être moins abrupte et plus facile à accepter. Le soir même, je sentis qu’il me fallait mettre cela par écrit (je l’avais dans la tête depuis des années), m’imposant de tout faire tenir en une seule page, de manière à ne pas imposer à Marie-Paule une longue lecture, et je le lui acheminai dans les jours suivants. Ce texte n’a donc pas été écrit dans le but d’être publié, mais dans celui de concilier l’obligation de dire des choses et le souci de faire souffrir le moins possible la personne concernée. Je puis donc affirmer que, si Marie-Paule le publie à présent, ce ne peut être que dans un contexte d’intenses souffrances et de douloureuse obéissance. Mais ce qui prime, c’est le Mystère, et le Mystère est grand!

- M. B., le 2 octobre 2000


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