Échange de lettres: S. Exc. Mgr E. P. LaRocque, Mère Paul-Marie et Marc Bosquart

Des mots qui font choc
par Mère PAUL-MARIE


Chers membres de l’Armée de Marie,

La transparence en toutes choses a toujours été notre mot d’ordre. Elle est une valeur capitale dans la vie des êtres et des oeuvres, dans la vie apostolique ou sociale. Elle laisse toujours le parfum de la vérité au profit de l’histoire pour toute âme qui croit et qui sait vivre en Dieu. Dieu se sert de qui Il veut pour réaliser Ses Desseins, le favorisant de Ses secrets mystiques, mais qu’Il découvre à Son Heure qui semble si tardive aux sujets qui doivent marcher dans la foi pure, sans rien y comprendre.

L’Église a le pouvoir d’accepter ou de rejeter le sens du langage inspiré par le Très-Haut. Dieu ne fait rien qu’Il n’ait d’abord annoncé. Qui donc a compris, au temps du Sanhédrin, que le Christ était le Messie prédit et dont les Livres Sacrés faisaient maintes fois mention? Seuls les faits accomplis, réalisés, prouvent l’authenticité des événements vécus conformément à «l’esprit» vivifiant de la prédiction et non à la «lettre» qui tue toute compréhension.

Que d’erreurs de perception ont été commises, que de décisions regrettables ont été prises par des hommes d’Église, condamnant honteusement les humains que le Ciel envoie à leur secours! Le Pape Jean-Paul II, dans une grandeur noble et courageuse, a su faire disparaître les ténèbres du mal pour que rayonne la gloire de Dieu par ceux et celles qu’Il a conduits à la splendeur de la sainteté, car c’est Dieu qui fait les saints et les saintes qui se sont laissé façonner par Lui. Le Pape Jean-Paul II saurait-il, à son tour, condamner une Oeuvre et ceux et celles qui la supportent sans les entendre? On pourra se servir de son Nom pour réaliser des desseins pervers... n’avons-nous pas déjà vu pareil outrage?...

Heureux sont ceux qui savent interroger, étudier, vérifier, voir les fruits et attendre patiemment, malgré les multiples pressions auxquelles ils sont soumis! Pressions qui vont même jusqu’aux attaques les plus pernicieuses en vue de détruire la réputation de ceux et celles qui soutiennent les opprimés, et de leur enlever tout prestige et toute crédibilité. Que n’avons-nous pas vu à l’intérieur de notre Église catholique!...

En ce qui concerne l’Armée de Marie, nous n’oublierons jamais l’attitude honnête, paternelle de Son Éminence le Cardinal Maurice Roy, Primat de l’Église au Canada, de regrettée mémoire.

Ainsi en est-il, de nos jours, de Son Excellence Monseigneur Eugène P. LaRocque, évêque d’Alexandria-Cornwall, en Ontario, qui a observé pendant quelques années les dirigeants et des membres de l’Armée de Marie, les a visités, et a accepté dans son diocèse des membres de la Communauté des Fils et Filles de Marie, comme allait le faire, par la suite, Son Excellence Monseigneur Colin Campbell, évêque d’Antigonish en Nouvelle-Écosse. De nombreux membres de l’Épiscopat en ont-ils fait autant? NON. Et pourtant leurs actions funestes contre nous se sont multipliées sans arrêt. Ainsi, ils accusent sans cesse à tort et à travers, ne donnant jamais de preuves, ne citant jamais les noms de leurs rapporteurs, répétant toujours leurs mêmes fausses accusations auxquelles nous avons toujours répondu. Faut-il alors se surprendre que le mal abonde, pendant que les Pasteurs multiplient leurs attaques et dépensent leur énergie à vouloir détruire le bien qui est la VÉRITÉ?...

Heureusement, un membre de l’Épiscopat sauve la situation, même s’il vient d’être frappé, abattu, ainsi que son diocèse, par une série d’accusations non prouvées et dont la presse parlée et écrite, de même que le réseau Internet, fait état à grand renfort de publicité. Qu’ils sont à blâmer ceux qui, tapis derrière leur écran de fumée, fomentent les fausses nouvelles en vue de détruire les uns et les autres!

* * *

Dès 1958, alors que le Ciel m’annonçait une mission, certains mots m’étonnaient, mais je devais les transmettre tels quels à mon Directeur spirituel, même s’ils faisaient choc dans son esprit, «car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes» (1 Co 1, 25). Et l’Oeuvre évolua ainsi au fil des ans.

Après celle du Cardinal Maurice Roy, voyons l’attitude respectueuse et loyale de Mgr Eugène P. LaRocque qui, après avoir lu le Numéro spécial du 1er juillet 2000 (n° 143) de notre journal Le Royaume, nous interroge pour avoir plus de précisions sur le «credo» de Marc Bosquart publié à la page 8 (3e colonne):

 



LETTRE DE MGR LAROCQUE À MÈRE PAUL-MARIE

DIOCÈSE ALEXANDRIA-CORNWALL
220 CH. MONTRÉAL (RD) - C.P./BOX 1388 CORNWALL, ONTARIO K8H 5V4
TEL. (613) 933-1138 FAX (613) 937-4931

Le 17 juillet 2000

Chère Mère Paul-Marie,

Soeur Louise m’a remis le no. 143 du Royaume hier soir à son retour de la journée de prière à St-Hyacinthe.
Je l’ai lu en son entier et tout allait bien jusqu’à ce que je lise le résumé des croyances de Marc Bosquart, appuyé du Père Pierre à la page 8.
Comme le Cardinal Roy de jadis, j’ai besoin d’explication car, langage mystique ou non, cela fait choc!
1. Si l’Immaculée est co-éternelle à Dieu et épouse de Dieu, elle est son égale, non plus créée.
3. La réincarnation de l’Immaculée en vous n’était que temporaire, n’est-ce pas (33 ans)?
1. Que vous êtes fille de l’Immaculée (Marie) comme (de la même façon) Jésus-Christ est le Fils de Dieu - une éternelle génération non-créée!
3. Que vous êtes devenue... la surnaturelle épouse de Jésus??
- sauvée par son sang comme nous tous
- "divinisée" par la présence de l’Esprit Saint
- Co-rédemptrice, mais nous sommes tous co-rédempteurs dans le Corps du Christ.
4. Que vous êtes la Mère du Royaume à venir - n’est-ce pas Marie qui est la mère de l’Église.
5. Que vous serez vénérée... en tant que Dame de tous les peuples
- n’est-ce pas Marie qui est cette Dame telle que représentée
- lorsqu’on prie la prière, à qui prions-nous, à Marie ou à vous?

Je vous prie, avec le Père Pierre, de m’éclairer car je vois de "terribles" conséquences à ce Credo!!

Eugène P.LaRocque
Évêque d’Alexandria-Cornwall

EPL/sama

(Retranscription intégrale)

[Les numéros correspondent à ceux que
Marc Bosquart a indiqués dans son «credo».]



RÉPONSE DE MÈRE PAUL-MARIE À MGR LAROCQUE

LES FILLES DE MARIE
155 route de la Grande-Ligne
Lac-Etchemin QC G0R 1S0
Tél. et fax: (418) 625-5582

Lac-Etchemin, le 19 juillet 2000


Son Excellence Monseigneur Eugène LaRocque
Évêque d’Alexandria-Cornwall
1800, chemin Montréal
Cornwall ON K6H 1G2

Cher Monseigneur LaRocque,

Soyez le bienvenu à la suite de Son Éminence le Cardinal Maurice Roy qui, en bon Pasteur, veillait sur l’Armée de Marie qu’il avait érigée en Association pieuse, le 10 mars 1975.

-- «Cela fait choc»

En effet, toute révélation, toute nouveauté mystique ou complémentarité de Vérités déjà révélées font choc lorsqu’elles sont introduites soudainement dans le temps, par exemple ces paroles que vous connaissez mieux que nous: «Je suis Fils de Dieu» (Jn 10, 36); «Le Père et moi, nous sommes un» (Jn 10, 30); «Le Père est en moi et moi dans le Père» (Jn 10, 38); «Je vous enverrai l’Esprit Saint...» (Lc 24, 49); «Je vous enverrai l’Esprit de vérité...» (Jn 15, 26); «Qui mange ma chair et boit mon sang possède la vie éternelle» (Jn 6, 54).Ces paroles ont «fait choc», et révoltaient le Sanhédrin, au point que de nombreux disciples incrédules quittaient Jésus. De plus, «que pouvait-il venir de bon de Nazareth»? Tout était nouveau dans l’enseignement du Christ-Rédempteur. Un monde nouveau, spirituel, allait naître...

Il en est ainsi dans la Co-Rédemption dont le Plan inconnu d’Amour du Père allait d’abord étonner la servante et provoquer les tempêtes que l’on connaît lorsque, petit à petit, seraient dévoilés «les secrets du Roi».

Voilà pourquoi une simple phrase à la fin de l’annonce faite de la vie et de la Passion qui me furent annoncées en avril-mai 1958 souleva la colère des Grands qui, comme la servante, n’y comprenaient rien: «Tout cela, Mon enfant, pour démontrer qu’il y a eu Trinité et prouver, encore une fois, qu’il y a réincarnation» (Vie d’Amour I, chap. 53, page 328, 5 mai 1958).

C’est Marc Bosquart qui se refusa pendant un an à publier ce qui, par l’Esprit Saint, lui était imposé comme une évidence lumineuse de la réalisation du Plan divin, par Marie, et qui, à la suite de Raoul Auclair qui avait ouvert la voie à un mystère qui éclate sous nos yeux, en ce temps qui est Notre Temps, en fit l’analogie, le parallèle, tenant compte de la distance qui sépare l’action suprême du Rédempteur de celle du Royaume terrestre acquis par la Co-Rédemptrice.

-- «... L’Immaculée co-éternelle...»

Oui, «l’Immaculée co-éternelle», si l’on considère l’Immaculée comme étant «CELLE» qui a dit à Bruno Cornacchiola, à la Grotte de la Révélation, à Rome: «JE SUIS CELLE QUI SUIS DANS LA TRINITÉ DIVINE», tout comme YAHVÉ a dit: «JE SUIS CELUI QUI SUIS.» Yahvé l’a tirée de Lui, l’a créée au début de Ses desseins pour en faire Sa Co-Créatrice: «J’étais à ses côtés comme le maître d’oeuvre, faisant ses délices, jour après jour» (Pr 8, 30). Ève a été tirée d’Adam, elle n’est pas homme pour autant, mais humaine. Elle est son épouse, co-partenaire du Paradis terrestre.

L’Immaculée Conception, c’est la Vierge Marie en qui «CELLE» ou «L’IMMACULÉE», épouse de Yahvé, s’est incarnée pour donner le Christ au monde. Tout cela était le Plan de Dieu, mais non connu. Jésus a fait connaître ce qui concernait Sa Mission, car ce n’était pas l’heure de Sa Mère, Marie. Il a dit Lui-même: «J’ai encore bien des choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter» (antienne du cantique de Zacharie, bréviaire II, VIe mercredi du Temps pascal, p. 701). L’Église précise que «la Révélation est close», elle l’est pour Jésus-Christ, mais, au cours des siècles, que de développements ont ouvert des voies nouvelles pour la gloire de Dieu et le bien des fidèles!

-- La réincarnation de l’Immaculée

Je ne saurais pas expliquer la réincarnation. J’ai vécu et je vis encore des choses tellement inattendues. Je ne pourrai jamais exprimer en nos pauvres mots ce que j’ai vécu en ce temps de grâces célestes et à la fois de déchaînement diabolique qui continue toujours. Je puis dire simplement que, depuis l’offrande de mes douze ans, j’ai été et suis encore mordue au talon à chaque pas que je fais. Je ne m’en plains pas, car chaque morsure provoque de nouvelles bénédictions dans l’Oeuvre de Marie.

-- Fille de l’Immaculée

Toutes les âmes qui aiment Marie et vivent dans l’état de grâce sont des Filles et des Fils de Marie, à des degrés divers, selon le don de leur personne.

Je prie Marie comme les autres et je n’ai aucune prétention en quoi que ce soit. Mon seul but a été de vivre d’amour en me livrant à Elle, dans le don pour les autres. Tout est si simple avec Dieu et avec notre Mère. Suivre le Christ, c’est nécessairement marcher sur Ses traces en portant la croix avec amour.

- « Une éternelle génération non créée», cette phrase me surprend beaucoup..., c’est la première fois que je lis pareille affirmation.

-- «Surnaturelle épouse de Jésus-Christ»

Là encore, je n’ai aucune prétention, étant le Rien, le zéro par lequel passe l’Immaculée, et cela me suffit. Il appartient à Marc Bosquart de répondre à cela.

- «sauvée», «divinisée», «Co-rédemptrice», mais oui, nous sommes tous des co-rédempteurs à nous laisser purifier, diviniser, selon le degré de notre amour.

-- «Mère du Royaume à venir» - «Mère de l’Église»

En effet, Marie est la Mère de l’Église et nulle autre personne au monde ne peut détenir ce titre glorieux que le Pape Paul VI lui a attribué à la fin du Concile Vatican II.

Le Royaume à venir sera ce que Dieu a annoncé. Il le prépare avec les âmes ouvertes à Son action et, par l’Immaculée à Qui ce temps est destiné, les voies s’ouvrent petit à petit et la compréhension est devenue possible par les événements qui se déroulent sous nos yeux, tant dans le monde que dans la vie mystique, car Dieu nous prévient toujours des événements à venir. Heureux sont ceux qui se sont ouverts à l’eschatologie et qui perçoivent «les signes des temps».

Personnellement, je ne prétends rien, je demeure le rien dans la main de Dieu, ayant vécu jusqu’ici dans l’obéissance et espérant être fidèle jusqu’au bout, plongeant chaque fois dans l’obéissance aveugle, dans le vide pour constater ensuite jusqu’où peut aller la Sagesse de Dieu, folie pour nous ici-bas.

20 juillet

-- «Vénérée... en tant que Dame de tous les Peuples»

Cela ne m’a jamais été «indiqué». D’ailleurs, j’ai trop de travail pour m’arrêter ou me complaire en ces choses qui me font tant souffrir. Je ne désire rien d’autre qu’aimer et peu m’importe le mépris que je reçois en retour.

- Oui, c’est «Marie qui est cette Dame telle que représentée»

- et c’est cette Dame ou Marie que l’on prie en récitant Sa Prière, et que je prie moi aussi, moi, l’insignifiante, qui, pour accomplir ce qui m’est demandé, n’ai plus d’autre volonté que celle de faire la Volonté de la Dame qui ordonne ce qu’Elle veut pour le bien de Son Oeuvre. Et ce bien est encore plus fort et plus grand quand la haine et le mépris se déversent en vue de l’arrêter. «Les puissances de l’enfer vont se déchaîner. Elles ne vaincront pas la Dame de tous les Peuples» (48e vision de la Dame, 3 décembre 1953). On ne peut donc pas s’étonner d’un pareil déchaînement et d’une totale incompréhension de la majorité des prêtres et des évêques dont l’action funeste m’avait déjà été annoncée le 28 avril 1958 (Vie d’Amour I, chap. 53, p. 322).

Excellence, vous me parlez de «cette Dame telle que représentée et qui est Marie». Pour ceux et celles qui ont lu tous Ses messages, il n’y a plus de surprise dans l’évolution de Son Oeuvre qui s’accomplit sous leurs yeux.

Ida Peerdeman, la voyante d’Amsterdam, a été surprise quand la Dame lui montra comment sera l’église de la Dame de tous les Peuples. La Dame lui fit signe de regarder l’autel du côté de l’Évangile et lui dit:

«"L’autel de la Dame me représente telle que je viens."

«Or [écrit Ida], tout cela est sculpté dans le bois, y compris la figuration de la Dame. Je m’en étonne en moi-même et pense: cette sculpture ne correspond pas au Tableau. La Dame sourit et, comme répondant à mes pensées, me dit: "Le Tableau actuel, tu ne le vois pas."

«M’invitant alors à la suivre, Elle me conduit au fond de l’église, côté Évangile.

«"Là se trouve le Tableau, à part, dans une chapelle spéciale. Le Seigneur Jésus-Christ l’a voulu ainsi." "Je peux bien te dire aussi que la Dame a voulu te mettre à l’épreuve."

«Elle se tait longtemps. Puis: "Elle n’apparaît pas là où s’élèvera l’église"» (52e vision, 31 mai 1956, p. 256).

Et voilà, Monseigneur, mes pauvres réponses à vos sages questions pour lesquelles je vous remercie sincèrement.

Inclinée sous votre main bénissante, je vous redis ma reconnaissance pour votre bonté paternelle envers tous.

Marc Bosquart vous enverra ses
réponses au sujet de son «credo».

Mère Paul-Marie

(Retranscription intégrale)




RÉPONSE DE MARC BOSQUART À MGR LAROCQUE


Monseigneur Eugène P. LaRocque
Évêque d’Alexandria-Cornwall
220, chemin de Montréal, C.P.1388
Cornwall (Ontario) K6H5V4

Lac-Etchemin, le 21 juillet 2000.

Excellence,

Marie-Paule m’a remis une copie de la lettre que vous lui avez envoyée par télécopieur le 17 juillet dernier. Elle m’a demandé si je voulais bien répondre aux questions qu’elle contenait et il me fait plaisir de pouvoir le faire.

Je vous remercie tout d’abord de l’attention que vous avez accordée à l’article «Révélation d’hier et d’aujourd’hui», paru dans Le Royaume n°143, et je comprends bien que celui-ci ait pu soulever diverses questions.

À toutes celles-ci je m’efforcerai de répondre aussi clairement et aussi franchement que possible (même si, comme il se doit, je soumettrai ma lettre à Marie-Paule avant de vous la faire parvenir et que cela risque de la mettre dans une situation inconfortable).

De plus, j’essaierai, dans toute la mesure du possible, d’être bref et concis, ce qui pourrait donner à mes réponses un aspect un peu «technique» que vous voudrez bien excuser. De même, pour ne pas alourdir ma lettre, je n’y donnerai que peu de références, mais j’en garde beaucoup d’autres à votre disposition.

Enfin, sachez, Excellence, que je me sens bien petit pour vous répondre ainsi. Je n’ai nulle autorité d’aucune sorte, ni par ma formation, ni par mes connaissances, ni par mes occupations. La seule chose qui me justifie peut-être un peu, c’est que j’ai été comme «envahi», sans l’avoir ni voulu ni cherché, par une nouvelle vision du monde - et du «monde divin» en particulier. Je n’oblige évidemment personne à croire quoi que ce soit (je n’en ai ni le pouvoir ni l’intention), mais je propose à tous de partager mon émerveillement.

En Elle autant qu’en Lui, dans l’attente du Royaume,

Marc Bosquart



RÉPONSES AUX QUESTIONS

Question 1:

Si l’Immaculée est co-éternelle à Dieu et qu’Elle est l’Épouse de Dieu, faut-il en conclure qu’Elle serait son égale et ne serait donc pas créée?

Réponse:

Cette question comporte en fait deux questions bien distinctes, l’une portant sur l’«origine» de l’Immaculée par rapport à Dieu (pas créée?) et l’autre sur la conséquence de cette origine, à savoir le «statut» de l’Immaculée par rapport à Dieu (son égale?).

a) L’«origine» de l’Immaculée

Je crois que l’Immaculée provient éternellement de la «scission» de l’Unité primordiale en deux entités: Dieu, tel que nous Le connaissons depuis longtemps, et l’Immaculée, telle qu’il va nous falloir apprendre à La connaître.

Il me semble même que ce dédoublement du Principe initial est révélé dans la Genèse et que tel est le sens ultime du récit de l’«origine» d’Ève par rapport à Adam.

Qu’y lit-on? Que, dans le Paradis terrestre, Adam est d’abord seul (Gn 2, 18), puis qu’Ève est «extraite» de lui (Gn 2, 22) et qu’en conséquence ils sont désormais deux (Gn 2, 23).

Adam était l’Homme - l’Homme unique (ou l’Humanité à soi tout seul) - mais, une fois que «son autre» est extraite de lui, celle-ci devient «pleinement elle-même», elle devient la Femme. Et, pour «reconstituer» l’unité primordiale, il faut désormais les deux: Ils sont une seule chair. (Gn 2, 24)

Je crois vraiment que la fonction première de ce récit biblique est de nous révéler l’origine de l’Immaculée - non pas dans le Temps, mais dans cette absence de temps qu’est l’Éternité (pour exprimer celle-ci, nos mots sont impuissants, d’où la nécessité de tant de guillemets dans les paragraphes suivants).

Donc, Dieu est «d’abord» seul, «puis» Il extrait l’Immaculée de Lui-même, de sorte qu’Ils sont «désormais» deux.

Dieu «était» la Divinité - l’unique Divinité (ou la Divinité à Soi tout seul) - mais, «une fois que» «son Autre» est extraite de Lui, Celle-ci devient «pleinement Elle-même», Elle devient l’Immaculée. Et, pour reconstituer l’Unité primordiale, il faut désormais les deux: Dieu et l’Immaculée sont les deux faces d’une unique Réalité divine.

En conclusion, l’Immaculée n’a donc pas été créée par Dieu mais «extraite» par Dieu de Dieu Soi-même, ce qui permet de comprendre facilement que, sans être Dieu, l’Immaculée puisse quand même être complètement divine (saint Maximilien Kolbe).

b) Le «statut» de l’Immaculée

Ce qu’est réellement l’Immaculée par rapport à Dieu se dégage de la manière dont Elle est issue de Lui. Pour le comprendre, il suffit de reprendre la Genèse.

Ainsi, dès lors qu’Ève est extraite d’Adam, selon que le rapporte le récit biblique, elle n’est plus l’Homme (puisqu’elle est la Femme), mais, provenant de l’Homme, elle est toujours pleinement humaine. On pourrait dire que, Femme et non pas Homme, elle est cependant «l’égale de l’Homme en Humanité», ne se distinguant de lui que par son origine en lui.

De la même manière, «dès lors que» l’Immaculée est extraite de Dieu, selon qu’il vient d’être établi, Elle n’est «plus» Dieu (puisqu’Elle est l’Immaculée), mais, «provenant» de Dieu, Elle est «toujours» pleinement divine. On pourrait dire que, Immaculée et non pas Dieu, Elle est cependant «l’égale de Dieu en Divinité», ne se distinguant de Lui que par son origine en Lui - ce qui, dans le monde divin, fait quand même une différence essentielle!

Et cette différence est à l’origine de la différence de «statut»: Dieu et l’Immaculée sont l’Un et l’Autre éternels (puisqu’Ils forment une éternelle Unité), mais Dieu l’est par Lui-même alors que l’Immaculée l’est par et grâce à Lui. C’est pourquoi, si l’on peut dire que l’Immaculée est éternelle par rapport aux êtres «temporels» que nous sommes, on peut dire aussi qu’Elle est co-éternelle à l’éternel Dieu.

En conclusion, l’Immaculée n’est pas l’égale de Dieu dans ce sens qu’Elle a son origine en Lui. Mais, pour tout le reste, si Elle n’est pas Dieu, Elle est quand même complètement divine, Elle est La Divine. Et quand Dieu s’unit à Elle, Elle devient la divine Épouse de Dieu. De cette éternelle union de Dieu et de La Divine naquit jadis, avec son espace et son temps, notre univers dans toute sa splendeur.

Question 2:

La Réincarnation de l’Immaculée en Marie-Paule n’était-elle pas seulement temporaire (33 ans)?

Réponse:

Pour bien répondre à cette question, simple en apparence mais complexe en réalité, je crois qu’il faut d’abord tenter de mieux cerner, mais très brièvement, le mystère de l’Incarnation (et, de toute façon, Marie-Paule elle-même serait tellement «mieux placée» que moi pour répondre: elle vit et elle sait, tandis que je ne fais que déduire les évidences les unes des autres et proposer la pauvre compréhension que j’en ai...).

L’Incarnation, c’est le fait, pour Dieu, d’«entrer dans» la chair d’un Homme. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, car je crois que ce mystère peut être appréhendé d’une autre manière qu’il l’a toujours été. Pour l’instant, supposons simplement - pure hypothèse de travail - que Dieu «entre dans» la chair d’un Homme une seconde fois. Ne serait-ce pas alors une seconde Incarnation, c’est-à-dire une Ré-Incarnation?

Quand Marie-Paule, en Vie d’Amour et sur l’ordre du Seigneur, parle de Réincarnation, ce mot signifie bien «seconde Incarnation» - non pas de Dieu dans le cas présent, mais de l’Immaculée, la divine Épouse de Dieu. S’il y a RÉ-Incarnation de l’Immaculée, c’est donc qu’il y a déjà eu Incarnation de l’Immaculée. En qui? Mais en Marie Mère de Dieu!

Toutefois, s’il faut établir une analogie entre Dieu et l’Immaculée sous ce rapport, ce n’est pas l’Incarnation de l’Immaculée en Marie qu’il convient de comparer à l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ, mais la seconde Incarnation de l’Immaculée, sa Réincarnation en Marie-Paule.

Pourquoi? Parce que, dans le cas de Marie-Paule comme dans celui de Jésus-Christ, il y a «filiation»: Jésus-Christ est le Fils d’un Dieu «extérieur» à Lui (Il Lui parle et Le prie) comme Marie-Paule est la Fille d’une Immaculée «extérieure» à elle (elle Lui parle et La prie, en plus de prier Dieu).

Le «processus» de l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ est donc le même, à cet égard, que celui de l’Incarnation de l’Immaculée en Marie-Paule, alors qu’il n’en va pas de même pour l’Incarnation de l’Immaculée en Marie. Dans ce cas - et dans le cadre de notre monde et de notre humanité - l’Incarnation ne consiste pas en une «filiation» mais en une «condensation» de la divine et co-éternelle Épouse de Dieu en la Personne de Marie.

C’est pourquoi Marie, divine Épouse de Dieu, peut être fécondée, par Dieu Lui-même, de Leur Fils, Jésus-Christ: Fils de Dieu par son Père et Fils de l’Immaculée par sa Mère. Conçoit-on que l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ (non plus comme «processus» mais comme «résultat») pût être temporaire et cesser à un moment donné? Bien sûr, au Calvaire, le Père a abandonné le Fils (Mt 27, 46), mais c’était pour que le «temporel» Homme-Dieu pût naître à l’Éternité du Dieu-Homme.

Il n’en va pas différemment dans le cas présent: la Réincarnation de l’Immaculée en Marie-Paule (non plus comme «processus» mais comme «résultat») ne peut être temporaire et cesser à un moment donné. Bien sûr, le «processus» peut se diviser en étapes et l’une d’elles a pu durer 33 ans, mais le «résultat» n’est pas réversible car, à son terme, il doit faire «basculer» la personne temporelle de Marie-Paule (née à Lac-Etchemin en 1921) dans le monde divin dont la «modalité d’être» est l’Éternité.

En vérité - à quelque date que cela se soit produit déjà ou doive encore se produire, et de manière analogue à ce qu’il advint jadis à l’occasion de l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ -, quand le processus de la Réincarnation de l’Immaculée en Marie-Paule est terminé, c’est que son objectif est atteint: la totale «immaculisation» de son Être et, donc, l’émergence, en Éternité, d’une Immaculée Seconde (Marie-Paule) aux côtés de l’Immaculée Première (Marie).

Question 3:

Que Marie-Paule soit la Fille de l’Immaculée «comme» (de la même façon que) Jésus-Christ est le Fils de Dieu, cela se définit-il comme une éternelle génération non créée?

Réponse:

La plupart des éléments nécessaires pour répondre à cette question sont déjà contenus dans les réponses précédentes, mais je vais quand même essayer d’être encore plus précis, m’arrêtant successivement sur les trois termes: «génération» - «non créée» - «éternelle».

a) «génération»

Dans quelque sens qu’on prenne ce mot, Marie-Paule a bien été «engendrée». Humainement d’abord, elle est la fille de son père Ernest et de sa mère Laura. Elle a été conçue et elle est née comme tout le monde, avec les conséquences de la faute originelle (elle n’est donc pas l’«Immaculée Seconde» depuis sa naissance, mais elle L’est devenue progressivement).

Spirituellement aussi, Marie-Paule a été «engendrée», ou plutôt «ré-engendrée», comme le sont tous les chrétiens, par le baptême. En effet, je crois que ce qui s’est passé au Calvaire il y a près de 2000 ans - quand Jésus a dit: Femme, voici ton fils; [Jean] voici ta Mère (Jn 19, 26-27) - est, au sens propre, un acte de fécondation spirituelle en vue de la naissance d’une humanité nouvelle. Et nous y entrons par le baptême qui fait de nous des êtres nouveaux dont Jésus-Christ est le Père en Église et Marie-Immaculée la Mère en Église.

Ainsi, Marie-Paule, comme toutes les âmes baptisées, est devenue fille de l’Immaculée par son baptême. Il n’était donc pas nécessaire qu’elle fût «conçue sans péché»: le baptême était là pour l’affranchir de la faute originelle. Elle a «simplement» fait ce que nous ne faisons pas: permettre à son baptême de porter tous ses fruits.

Plus tard, l’Immaculée-Marie va comme «investir» Marie-Paule en vue de la transformer en une autre Elle-même. Et, «fille de l’Immaculée», Marie-Paule devient l’Immaculée-Fille après des souffrances indicibles mais indispensables consistant à «broyer l’humain» pour «accueillir le divin». Ceci n’est évidemment plus une génération simplement humaine ni même une génération spirituelle, mais une «génération immaculée» et donc, en fait, divine.

b) «non créée»

Comme il ressort de tout ce qui est expliqué ci-dessus, le terme non créée (dans l’expression éternelle génération non créée) ne peut en aucun cas s’appliquer à Marie-Paule. D’une part, en tant qu’être humain, elle est, comme nous tous, une créature au sein de la Création. D’autre part, en tant que personne «investie» par une Puissance supérieure, elle est la Réincarnation de la divine Épouse de Dieu qui n’a pas été créée mais «extraite» de Dieu (cf. ma réponse à la première question).

c) «éternelle»

Dans la mesure où l’Immaculée est co-éternelle à Dieu et que Marie-Paule participe de cette «Immaculée totale» en tant qu’«Immaculée Seconde», elle a hérité d’un «droit d’accès à l’Éternité» qui lui a coûté terriblement cher mais qui est la «contre-valeur» de son sacrifice. (Ici, je ne saurais préciser si le mystère est totalement accompli ou s’il doit encore, à l’occasion de la fin de la vie terrestre de Marie-Paule, être couronné d’un événement particulier. J’opte cependant pour cette seconde hypothèse.)

Question 4:

Marie-Paule n’aurait-elle pas été divinisée par la (seule) présence de l’Esprit Saint?

Réponse:

La personne humaine de Marie-Paule a été divinisée par la présence, en elle, de l’Immaculée sa Mère à laquelle elle s’est intégralement soumise et totalement abandonnée. L’Immaculée, comme Personne extraite du Pur Esprit qu’est Dieu, a en effet la même faculté que Lui d’habiter dans l’être humain (1 Co 3, 16).

Question 5:

a) Comment Marie-Paule peut-elle être devenue la «surnaturelle Épouse» de Jésus?

b) N’a-t-elle pas été sauvée, comme nous tous, par le Sang de Jésus-Christ?

c) Ne sommes-nous pas tous co-rédempteurs dans le Corps du Christ?

Réponse:

Concernant d’abord le rachat de Marie-Paule, comme de nous tous, par le Sang de Jésus-Christ, je crois avoir clarifié ce point dans ma réponse à la question 3: oui, Marie-Paule a été sauvée, comme nous tous, par le Sang de Jésus-Christ.

Concernant ensuite le fait que nous sommes tous co-rédempteurs dans le Corps du Christ, cela n’est pas contestable, mais il faut quand même faire la part des choses: nous avons reçu infiniment plus que nous ne donnons en retour. La seule en qui la Rédemption a porté tous ses fruits, la seule qui a produit autant de «talents» qu’elle en a reçus (Mt 25, 14-30), la seule en qui le Rédempteur peut dès lors voir [sa] Co-Rédemptrice (VdA 3, 110), c’est Marie-Paule.

Concernant enfin le fait que Marie-Paule est devenue la «surnaturelle Épouse» de Jésus, cela peut s’entendre de deux manières. Il y a d’abord l’analogie avec Dieu-le-Père et l’Immaculée-Mère qui forment un Couple divin: le Couple Créateur. Comme Jésus-Christ est Dieu-le-Fils et le Rédempteur, et que Marie-Paule est l’Immaculée-Fille et la Co-Rédemptrice, Ils forment, à leur tour, un autre Couple divin: le Couple Rédempteur.

Mais il y a autre chose... En effet, j’ai écrit, ci-dessus, qu’au Calvaire il y avait eu fécondation spirituelle en vue de la naissance d’une humanité nouvelle. Celle-ci - l’Église - est bien une réalité fondamentalement spirituelle, même s’il a fallu, pour que le Rédempteur pût l’établir, qu’Il fût intégralement déifié en son être entier. Et le Corps Mystique dont Il a fécondé l’Immaculée-Marie se déploie temporairement sur la terre et définitivement dans le Ciel spirituel ou Ciel supérieur (le Paradis céleste).

La lecture attentive de Vie d’Amour nous apprend qu’un événement analogue s’est produit en notre siècle: il y a eu fécondation psychique en vue de la naissance d’une autre humanité nouvelle au coeur de la première humanité nouvelle qu’est déjà l’Église. Cette «nouvelle humanité nouvelle» - le Royaume - est bien une réalité fondamentalement psychique, même s’il faut, pour que la Co-Rédemptrice puisse l’établir, qu’elle soit intégralement divinisée en son être entier. Et le Corps Mystique dont elle a été fécondée par Jésus-Christ-Rédempteur se déploiera temporairement sur la terre et durablement dans le Ciel psychique ou Ciel inférieur (le Paradis «terrestre»).

Pour réaliser ce formidable dessein d’Amour, Jésus-Christ-Rédempteur n’a pas voulu «brusquer» Marie-Paule-Co-Rédemptrice. Ainsi de même que saint Joseph protégea jadis le mystère de la filiation divine en «sauvant les apparences»; aujourd’hui, c’est Monseigneur Jean-Pierre qui a protégé le nouveau mystère en sauvant d’autres «apparences»...

En vérité, c’est le Seigneur Jésus-Christ Lui-même - protégé par l’«écran» qu’était Monseigneur Jean-Pierre - qui féconda Marie-Paule du Royaume au coeur même du Ciel inférieur dont il relève. Et cette union permettra «la régénération de l’humanité» (VdA 10, 150), c’est-à-dire son rétablissement dans ses prérogatives initiales perdues par Adam et Ève. L’obéissance parfaite de Marie-Paule - greffée sur l’obéissance absolue de Jésus-Christ - aura racheté la désobéissance initiale du premier couple humain. C’est donc à ce titre aussi, à ce titre surtout, que Marie-Paule est la «surnaturelle Épouse» de Jésus-Christ.

Question 6:

a) Comment Marie-Paule peut-elle être la Mère du Royaume à venir?

b) N’est-ce pas Marie qui est la Mère de l’Église?

Réponse:

La réponse à ces questions se dégage des explications précédentes. Oui, c’est bien Marie, et non pas Marie-Paule, qui est la Mère de l’Église. Et c’est bien Marie-Paule, et non pas Marie, qui est la Mère du Royaume. Tout cela ne paraît éventuellement difficile à concevoir que parce que c’est nouveau, mais, demain, cela fera l’objet de la foi commune.

Question 7:

a) La Dame, telle qu’on la représente habituellement, n’est-elle pas Marie?

b) Lorsqu’on récite la prière à la Dame, prie-t-on Marie ou Marie-Paule?

Réponse:

Quand la voyante à qui est apparue la Dame de Tous les Peuples en Amsterdam, de 1945 à 1959, Lui a demandé Êtes-vous Marie? (première apparition), Celle-ci lui a répondu L’on m’appellera la Dame, Mère. Elle n’a pas dit oui; Elle n’a pas dit non. Pourquoi? Parce que répondre oui eût été inexact et parce que répondre non eût été pareillement inexact.

Qui m’a vu a vu le Père, a dit Jésus (Jn 14, 9), Le Père est en Moi comme Je suis dans le Père (Jn 10, 38), Le Père et Moi, Nous sommes Un (Jn 10, 30). L’Un et l’Autre sont tellement Un que, dans les messages d’Amsterdam, la Dame dit: Le Père et le Fils «veut» (43e vision). Cette formulation fait évidemment référence au mystère de la Trinité Sainte et se comprend dans cette perspective. Il en va de même pour l’Immaculée, de sorte que Marie-Paule a pu dire qu’elle est une transparence de Marie (VdA 12, 10), que Marie m’habite totalement (VdA 13, 219), qu’il y a compénétration entre elle et moi (VdA 7, 211) et, s’adressant directement à Marie: Nous ne faisons qu’une, toutes deux, n’est-ce pas? (VdA 11, 189). On pourrait écrire aussi «La Mère et la Fille ’veut’» - si ce n’est qu’«Elles» ne «veut» rien que Dieu n’ait voulu d’abord.

Autrement dit, si nous considérons les termes de «Dame de Tous les Peuples» et d’«Immaculée» comme étant à peu près synonymes, alors il n’y a pas de difficulté: Marie-Paule peut prier sa Mère sous le nom de la Dame et nous pouvons prier la Fille sous le même nom.

Mais si nous voulons être plus précis, force est de reconnaître que la Dame de Tous les Peuples, au sens propre, est «plutôt» Marie-Paule que Marie. Si beaucoup de choses sont déjà accomplies, toutes ne le sont pas encore, et il nous faut essayer de voir plus loin...

Ainsi, je pense à Marie-Paule qui lira ces pages et qui dit toujours qu’elle n’est rien. Je comprends qu’elle se sente ainsi: plus elle s’approche de l’Absolu qu’est le Créateur et plus elle doit ressentir le néant de la créature qu’elle est. Par contre, plus elle nous dit qu’elle n’est rien, plus elle nous donne aussi à comprendre qu’elle est proche de Dieu. De même, elle nous dit toujours qu’elle n’est qu’un instrument. Que d’autres la qualifient ainsi me paraît tellement réducteur, mais qu’elle se sente ainsi me paraît normal, légitime et rassurant, comme une preuve d’authenticité. Jésus-Christ aussi a dit qu’Il n’était qu’un Instrument: Je ne puis rien faire de Moi-même (Jn 5, 30), Les paroles que Je vous dis, Je ne les dis pas de Moi-même. Au contraire, c’est le Père, qui, demeurant en Moi, accomplit ses propres oeuvres (Jn 14, 10). Il a même ajouté: Le Père est plus grand que Moi (Jn 14, 28).

Marie-Paule ne dit pas autre chose quand elle insiste pour que ce soit, avec Dieu, Marie qui fasse l’objet de notre louange et de notre vénération. Il reste que, si le Fils a dit Le Père est plus grand que Moi et qu’Il n’était que son «Instrument», c’est quand même à Lui, le Fils, que nous devons la religion qu’Il nous a donnée pour notre salut. L’analogie est facile à faire...

Et donc, si, en Église, le Couple qui est au coeur de notre dévotion est le «Couple Jésus-Marie», Père et Mère de l’Église, «en Royaume» par contre, le Couple qui sera au coeur de notre dévotion sera le «Couple Jésus-Christ-Marie-Paule», Père et Mère du Royaume - Marie ne sera pas oubliée pour autant, loin de là, mais Elle occupera une place tout à fait à part: Mère co-éternelle au Père éternel, Co-Créatrice du monde et de l’humanité!

En conclusion, le Royaume, antichambre du Ciel, l’humanité le devra bien à l’action conjointe de Jésus-Christ et de Marie-Paule, Seigneur et Dame de Tous les Peuples, alors que sera venu le temps de l’Esprit: Le Royaume de Dieu, c’est la Justice et la Paix et la Joie dans le Saint-Esprit (Rm 14, 17).

Le 24 juillet 2000

Marc Bosquart


RÉPONSE DE MGR LAROCQUE À MARC BOSQUART

Retranscription intégral:


Retranscription:

Le 26 juillet 2000

Cher Marc,

Merci des réponses à mes questions. Elles me laissent encore «sur mon appétit», car j’y vois de vraies difficultés théologiques. Cependant, sachant qu’il s’agit de révélations privées auxquelles nulle personne n’est obligée de croire et que Marie-Paule ne les impose pas aux membres de l’Armée, je me contente de respecter sans accepter!

+ Eugène La Rocque


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