Les finances de l’Armée de Marie, Oeuvre transparente
par Sylvie PAYEUR-RAYNAULD


L’Armée de Marie: Oeuvre annoncée par le Ciel à Marie-Paule dès 1954 et fondée, dans la pensée divine, le 28 août 1971, au cours d’une journée de prières tenue par l’Équipe mariale au sanctuaire Notre-Dame-d’Etchemin (Lac-Etchemin). Marie-Paule, l’âme dirigeante de cette équipe, a reçu confirmation de cette fondation au soir de ce 28 août, par ces paroles du Seigneur: «C’ÉTAIT AUJOURD’HUI LA FONDATION DE L’ARMÉE DE MARIE. PRÉPARE UNE PETITE REVUE QUI RELIERA LES MEMBRES...» (Vie d’Amour VIII, p. 65)

C’est Lui, le Seigneur, qui dirigera cette Oeuvre par des indications à Son instrument, Marie-Paule. Comment expliquer que les plus féroces adversaires de cette Oeuvre divine seront des ministres du Christ, Évêques et prêtres? Marie-Paule en avait été prévenue dès les mois d’avril et mai 1958 («CE SONT MES PRÊTRES QUI TE CRUCIFIERONT», lui avait dit le Seigneur), alors que l’Armée de Marie n’était pas fondée et qu’elle ignorait qu’elle en serait la Fondatrice.

Des Évêques, des prêtres et des communautés religieuses seront souvent à l’origine des campagnes de dénigrement qui ne cesseront de s’abattre sur cette Oeuvre dès sa fondation, empruntant parfois la voie des médias pour mieux répandre leurs calomnies. Mais, comme l’a écrit Marie-Paule, «Ceux qui nous attaquent nous font de la publicité et se détruisent eux-mêmes. Telle est la loi divine dans les oeuvres divines» 1.

C’est ainsi que chaque campagne médiatique a permis de faire connaître l’Armée de Marie auprès d’un plus large public, et nous avons même constaté un courant de sympathie envers cette Oeuvre méconnue et méprisée.

Autre point qui interpelle les adversaires de l’Oeuvre: ses assises financières solides, ses actifs et ses biens immobiliers. Et tout cela a commencé petitement, au lendemain de la fondation de l’Armée de Marie, par un maigre 5$ dont Marie-Paule disposait pour lancer la petite revue L’Armée de Marie demandée par le Seigneur.

Mais comment cette humble femme s’est-elle retrouvée à la tête d’une Oeuvre aussi riche de réalisations? C’est que cette femme a toujours été attentive aux indications d’En-Haut données pour l’édification d’une Oeuvre unique de régénération de l’humanité.

Étudions aujourd’hui cette Oeuvre sous son aspect financier, en réponse aux questions que se posent tant de personnes étonnées par sa bonne position financière. 2

LA FONDATRICE DE L’ARMÉE DE MARIE

Travail acharné, bénévolat, gratuité, générosité sont les assises de cette Oeuvre. La Fondatrice a donné elle-même l’exemple d’un dévouement sans bornes, la Providence mettant à ses côtés les collaborateurs nécessaires et suscitant l’aide financière qui serait requise à chaque étape de développement de l’Oeuvre.

Marie-Paule n’a jamais reçu de salaire pour les nombreuses fonctions qu’elle occupe au sein de l’Oeuvre et qui la gardent au poste jusqu’à seize heures par jour, lever dès 2 ou 3 heures du matin (régime de vie impossible à maintenir humainement, avec de surcroît une santé délabrée); travail de bureau, courrier volumineux, rédaction (diverses publications et le journal de l’Oeuvre), régie interne, activités apostoliques, etc., se partagent ses journées;

- tout cela sans vie sociale, sans congé ni vacances, et rarement quelques heures consacrées à sa famille (ses enfants ont accepté de sacrifier ainsi la présence de leur mère, la sachant toute donnée à l’Oeuvre de Dieu);

- Marie-Paule recevait les droits d’auteur pour ses volumes (Vie d’Amour), ce qui lui permettait de payer ses dépenses personnelles (loyer, alimentation, etc.); puis, en 1986, la Pension de la Sécurité de la Vieillesse conforta sa situation financière. Les dons personnels qu’elle recevait ont toujours été distribués aux déshérités et aux diverses oeuvres en formation au sein de l’Armée de Marie, dons parfois redistribués aux sinistrés et à tant d’autres oeuvres de bienfaisance dans le monde.

Marie-Paule est religieuse depuis la mort de son mari, en 1997, et son voeu de pauvreté lui interdit de posséder quelque bien, ce qui ne change rien à sa situation matérielle car elle a toujours tout laissé aux Oeuvres.

Le bénévolat est aussi à l’honneur chez les Directeurs des corporations de l’Armée de Marie et les collaborateurs, qui paient eux-mêmes leurs dépenses; ce qui a fait dire au Père Philippe Roy, en badinant, que dans l’Armée de Marie «on paie pour faire de l’apostolat»...

«Quand des gens s’unissent pour édifier quelque chose, a écrit Marie-Paule, et qu’ils y mettent tout leur coeur et leur temps libre dans un dévouement inlassable, il est sûr que va paraître le fruit de leurs travaux surtout s’ils ont la sagesse de commencer au bas de l’échelle.» 3


VIE D’AMOUR

En 1957 le Seigneur avait indiqué à Marie-Paule: «TA VIE SERA ÉCRITE UN JOUR. ELLE S’INTITULERA "VIE D’AMOUR"» (Vie d’Amour I, p. 271). En février 1958 le Père J.-Armand Veilleux, o.m.i., son Directeur spirituel, lui demande d’écrire son autobiographie et elle écrit cette année-là le premier volume.

Dix ans plus tard, en 1968, Marie-Paule qui croyait n’écrire qu’un volume reçoit l’ordre de continuer la rédaction de Vie d’Amour, ce qui lui sera facilité par la correspondance qu’elle a entretenue avec son Directeur spirituel. À son autobiographie (les faits que le Seigneur désire qu’elle écrive - Il interviendra parfois pour lui faire préciser ou retrancher certaines choses) s’ajoute l’historique de l’Oeuvre dont la base mystique est sans cesse authentifiée par la réalisation des prédictions que Marie-Paule a reçues du Seigneur et de Sa Mère.

Le XVe et dernier volume de Vie d’Amour se termine en l’année 1980. La série est éditée en treize mois (mai 1979 à juin 1980), sauf les volumes IV et VI qui contiendront les biographies de personnes liées à l’Oeuvre et qui seront publiés plus tard.

La série Vie d’Amour, Appendice, sous un autre format, fait suite à celle de Vie d’Amour: cinq tomes qui couvrent les années 1980 à 1993. Plusieurs autres publications complètent également la collection Vie d’Amour.


DÉBUTS DE L’OEUVRE ET CHARTE FÉDÉRALE

Pendant des années la table de cuisine de Marie-Paule a tenu lieu de premier secrétariat de l’Armée de Marie, tandis que sa fille mariée Louise, qui demeurait à quelques rues de là, tenait bénévolement le secrétariat de la revue.

Marie-Paule demeurait alors dans un appartement loué au 2040 de la 26e Rue, à Québec. En 1974, deux personnes qui avaient offert leurs services à l’Oeuvre sont venues habiter l’appartement voisin où a été transféré le secrétariat de l’Armée de Marie et de la revue.

C’est ainsi que, peu à peu, des membres désireux de se dévouer au service de l’Armée de Marie sont venus louer certains des dix-huit appartements de cet immeuble (le propriétaire était ravi de trouver ainsi de bons locataires, paisibles et honnêtes). Soulignons que tous demeuraient autonomes, Marie-Paule n’ayant jamais accepté qu’une personne offre tous ses biens à l’Oeuvre.

En 1973, à la demande d’un fonctionnaire du gouvernement fédéral, Marie-Paule fait les démarches pour que l’Armée de Marie soit érigée en «corporation à but non lucratif» (société civile); l’Oeuvre obtient sa charte fédérale le 24 septembre 1973. Désormais il faudra distinguer entre deux entités dont Marie-Paule sera la Présidente:

- «l’Armée de Marie», le mouvement religieux en tant que tel, qui ne possède ni ne gère aucun bien;

- «L’Armée de Marie inc.», corporation à but non lucratif qui donne à l’Oeuvre un support juridique et peut gérer des biens; la corporation fera parvenir chaque année le rapport financier de ses activités aux deux paliers de gouvernement: fédéral et provincial.

 

TERRAINS ET BIENS IMMOBILIERS

Le Centre international de l’Armée de Marie (août 1976)

En juillet 1975, Jean-Paul Bélanger, l’un des Directeurs de la Corporation de l’Armée de Marie, écrit au Cardinal Maurice Roy, Archevêque de Québec, pour solliciter une entrevue afin de lui exposer la nécessité d’acquérir une maison pour les besoins grandissants de l’Oeuvre. Cette lettre est demeurée sans réponse, mais le Cardinal l’a-t-il reçue?... L’approbation qu’il avait donnée à l’Armée de Marie, l’érigeant en association pieuse le 25 mars 1975, n’avait pas plu à un certain Personnage de l’Archevêché qui a causé beaucoup de tort à cette Oeuvre.

Le 27 août 1976, les Dirigeants de la Corporation décident de faire l’acquisition de l’immeuble qui a vu naître l’Oeuvre à Québec et qui deviendra le Centre international de l’Armée de Marie.


Québec, Centre de l’Armée de Marie -
1er Centre international des Oeuvres

L’Oeuvre se développe et de plus en plus nombreux sont ceux qui se sentent appelés à y collaborer. Le Centre international de l’Armée de Marie ne peut loger tous les religieux et religieuses venus de diverses communautés, les laïcs célibataires ou mariés, et de nouveaux locaux sont requis pour les différents secrétariats, ateliers et activités de l’Oeuvre. L’Armée de Marie, qui n’a aucune dette, songe à acquérir un autre immeuble.

De nouveau l’Armée de Marie demande une entrevue à l’Archevêché pour exposer à l’Autorité diocésaine ses projets d’expansion. Le Secrétaire, qui reçoit l’appel de deux Directeurs de la Corporation de l’Armée de Marie, leur demande :

«C’est à quel sujet?
- L’Armée de Marie.
- Nous vous rappellerons.»

Puis, plus de nouvelles de l’Archevêché... Pourtant le Cardinal Roy était fort sympathique à l’Oeuvre et, toujours paternel, il demandait à Marie-Paule de le rencontrer en certaines circonstances, ou encore demandait à voir ses collaborateurs: les Pères Philippe Roy, Victor Rizzi et Denis Laprise, et Raoul Auclair, écrivain marial et eschatologique qu’il avait qualifié de théologien. Ceux-ci l’informaient de l’évolution de l’Oeuvre, à la grande satisfaction du Cardinal.


LE CENTRE DE L’IMMACULÉE (2 février 1980)

On offre à l’Armée de Marie un immeuble situé au 1145 chemin de la Canardière, à Québec (immeuble de la Propagation de la Foi).

La Corporation va de l’avant et achète, au coût de 400000$, l’immeuble qui devient le Centre de l’Immaculée. À l’instigation du Père Philippe, qui désire y intéresser ses amis, une campagne de souscription - la seule jamais tenue par l’Armée de Marie - est lancée, qui rapporte 185000$; Raoul Auclair offre 70000$; les profits de Vie d’Amour contribuent pour 60000$ et certains autres départements de l’Oeuvre apportent aussi leur contribution; enfin M.Gérard Poulin prête sans intérêts la somme de 100000$. À la fin de 1980 (le Centre de l’Immaculée a été acheté le 2 février 1980), l’immeuble est entièrement payé et M. Poulin est remboursé.


Québec, Centre de l’Immaculée
tenu par les Fils de Marie

À ceux qui disent que l’Armée de Marie est riche, Marie-Paule répond: «Oui, riche de dévouement et de bonnes oeuvres!»

L’immeuble de trois étages accueille à l’étage supérieur les aspirants de la Communauté des Fils de Marie (qui sera fondée en 1981); au rez-de-chaussée, une vaste salle sera utilisée pour les conférences et les cours de religion aux adultes et aux jeunes; des locaux serviront de secrétariats (dont celui du journal L’Étoile, puis Le Royaume), d’ateliers (statuaire,...), de librairie.


FONDATION DES OEUVRES CONNEXES

Au fil des années, des Oeuvres connexes viennent se greffer à l’Armée de Marie: la Famille des Fils et Filles de Marie et les Communautés des Fils et Filles de Marie (1981), les Oblats-Patriotes (1986), l’Institut Marialys (1992). De nouveaux locaux sont requis. Sans subsides du gouvernement et sans aucune aide de l’Église, bien au contraire, l’Oeuvre continue son expansion:


ACHAT DE TERRAINS À LAC-ETCHEMIN (à compter de septembre 1983)

En vue du développement futur de l’Armée de Marie, des achats de terrains sont faits à Lac-Etchemin qui en est le berceau, et cela selon les indications du Ciel à Marie-Paule.

Un premier terrain est acheté le 8 septembre 1983. Puis, lorsque Marie-Paule mentionne cette acquisition aux membres de l’Oeuvre, lors du pèlerinage de 1983 en Italie (19 septembre - 3 octobre), certains d’entre eux font des dons à l’Oeuvre pour l’achat d’autres terrains... générosité qui se poursuivra et permettra à l’Armée de Marie et à la Famille des Fils et Filles de Marie d’acquérir plusieurs terrains, en comptant aussi sur les profits de Vie d’Amour et des autres corporations et ateliers de l’Oeuvre: la librairie, le journal, etc.


La Ferme St-Joseph, Lac-Etchemin (1984)


Lac-Etchemin, Ferme Saint-Joseph -
1984, 1er noviciat des Fils de Marie

Au début de 1984, une maison de ferme inachevée est achetée pour la Communauté des Fils de Marie, plus précisément son noviciat car on y attend dix jeunes qui songent à la vie religieuse et au sacerdoce. Deux entrepreneurs en construction, membres de l’Oeuvre, offrent d’en terminer gratuitement la construction. La maison est acquise grâce aux profits de Vie d’Amour (30000$) et aux dons de trois personnes (pour un total de 10000$). Comme pour le Centre de l’Immaculée, une équipe de bénévoles s’offre pour rafraîchir les locaux.


Le Pavillon Notre-Dame-de-Fatima, Lac-Etchemin (1986)


Lac-Etchemin, Pavillon Notre-Dame-de-Fatima -
les Oblates résidentes

De 1984 à 1986, la Communauté des Filles de Marie a loué les deux étages supérieurs des Résidences La Mennais, à Lac-Etchemin, pour y accueillir les novices (étage supérieur) et des Soeurs professes. En 1986, elles font construire une maison située près de la décharge du lac Etchemin, qui devient le Pavillon Notre-Dame-de-Fatima; une partie des religieuses logeant aux Résidences La Mennais y emménagent, les autres se dirigent vers le Centre de l’Immaculée, à Québec, laissé vacant par le départ des Fils de Marie pour Rome.


Virgo Fidelis, Lac-Etchemin (1988)


Lac-Etchemin, Virgo-Fidelis -
Filles de Marie et Oblates

En 1988, les Filles de Marie achètent les Résidences La Mennais dont le nom devient Virgo Fidelis; les religieuses occuperont les deux étages supérieurs et accueilleront des Oblats résidents (personnes âgées autonomes) aux deux étages inférieurs. Ces personnes âgées pourront vivre une retraite favorisée par des services appropriés (cafétéria, infirmières, chapelle,...). Le Pavillon Notre-Dame-de-Fatima, que les Filles de Marie habitaient jusqu’alors, deviendra la propriété des Oblats résidents de la Famille des Fils et Filles de Marie. Quelques religieuses en assumeront la direction au service de ces personnes âgées désireuses de se dévouer pour l’Oeuvre.


Mariacel, Québec (1988)


Québec, Mariacel -
atelier de couture des Filles de Marie

En 1988, la Famille des Fils et Filles de Marie se porte acquéreur d’un édifice situé avenue du Mont-Thabor, non loin du Centre international de l’Armée de Marie; des Filles de Marie y tiendront le secrétariat de la Famille, les ateliers de couture et la librairie Espoir et Vie.


Mariapolis, Québec (1992)


Québec, Mariapolis
et son magasin «Le Rosier d’Or»

En février 1992, un nouvel édifice est acheté près de Mariacel par la Famille des Fils et Filles de Marie; il sera aussi habité par des Filles de Marie et on y retrouvera le secrétariat de Vie d’Amour, un atelier statuaire et, un peu plus tard (1996), le Rosier d’Or, magasin d’objets de piété et librairie.


Marienthal, Lac-Etchemin (1994)


Lac-Etchemin, Marienthal -
noviciat et ateliers des Fils de Marie

En 1994, après l’ajout d’une importante section attenante à la Ferme Saint-Joseph, celle-ci est rebaptisée Marienthal, en souvenir d’un sanctuaire visité en France (Alsace), en 1993, lors d’un pèlerinage international de l’Armée de Marie.


Spiri-Maria, Lac-Etchemin (2000)


Lac-Etchemin, Spiri-Maria -
Centre eucharistique et marial

Le 1er septembre 1999 commence la construction, à Lac-Etchemin, du Centre eucharistique et marial Spiri-Maria, demandé par le Ciel. L’immeuble, qui entre en opération en l’année 2000, est entièrement acquitté grâce aux profits générés par les différentes corporations de l’Oeuvre et grâce à des dons importants.

La construction de la chapelle a été rendue possible grâce à

- 500000$ laissés en héritage par Mlle Aurore Pelland, membre de l’Armée de Marie et amie de la Fondatrice qui ignorait que, sous des dehors humbles et pauvres, cette femme venue résider comme Oblate au Pavillon Notre-Dame-de-Fatima était en fait une personne fortunée;

- 400000$ offerts par la Fondation Mère Paul-Marie.

Ces dons ont été complétés par ceux des membres et des divers ateliers et Oeuvres qui ont contribué une seconde fois pour compléter la somme nécessaire. Il faut aussi souligner le travail bénévole de membres de l’Oeuvre et de la Communauté des Fils et Filles de Marie, qui a permis de réduire les coûts.

Spiri-Maria accueille des personnes désirant faire une retraite fermée, en plus d’être temporairement le nouveau Centre international de l’Armée de Marie et de ses Oeuvres connexes (l’Oeuvre de la Dame de Tous les Peuples). Le Saint Sacrement y est exposé continuellement à la chapelle.

L’ancien Centre international de l’Armée de Marie, à Québec, est converti en noviciat pour les Filles de Marie et permet également d’accueillir des retraitants.


Royau-Ma, Lac-Etchemin(2000)


Lac-Etchemin, Royau-Ma -
journal Le Royaume et ateliers des Filles de Marie

Les profits du journal Le Royaume, qui bénéficie du bénévolat des auteurs de ses articles, lui permettent, le 1er août 2000, de se porter acquéreur de l’édifice Carsona, situé dans le Parc industriel de Lac-Etchemin, pour y abriter le secrétariat du journal, les ateliers d’artisanat de M.-A. Domina inc. (Filles de Marie), les équipements audiovisuels et les bureaux de la maison d’édition Vie d’Amour.

«COMBATTRE LE MAL EN FAISANT LE BIEN»


Les différentes acquisitions d’immeubles et de terrains permettent à l’Oeuvre de diversifier son apostolat, fidèle à son mot d’ordre du début: «Combattre le mal en faisant le bien.»


DONS AU SAINT-PÈRE

De 1973 à 1995, le Centre international de l’Armée de Marie a organisé 27 pèlerinages, principalement en Europe mais aussi en Terre Sainte, Turquie (Éphèse), États-Unis, Jamaïque. Jusqu’en 1984, des dons substantiels étaient offerts au Saint-Père; pour les montants les plus importants: 10000$ (1978), 42000$ (1979), 36000$ (1980), 125000$ (1981), 80000$ (1982), 100000$ (1983) et 100000$ (1984), plus les dons remis au cours des voyages de la Fondatrice à Rome; ces dons totalisent 539200$. 4

Ces sommes d’argent provenaient d’une partie des bénéfices du pèlerinage en cours, des différents départements de l’Oeuvre, spécialement de l’agence de voyages Pèlerinages Mariam inc. et de l’Armée de Marie, de dons de nos membres offerts spécifiquement au Saint-Père, d’honoraires de messes, et ils étaient laissés à la Secrétairerie d’État à la fin de nos pèlerinages (et non au début car l’Armée de Marie ne voulait pas se servir de ces dons pour obtenir des faveurs particulières).


OEUVRE DES VOCATIONS

À l’automne 1984, un premier groupe de quinze Fils de Marie candidats au sacerdoce commencent leurs études à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (l’Angelicum), à Rome. Sans appel en ce sens de la part des Dirigeants de l’Armée de Marie, nos membres, qui jusqu’à maintenant recueillaient des dons pour le Saint-Père, destinent désormais ces sommes à l’oeuvre des vocations en vue d’assumer les coûts encourus pour la Communauté des Fils de Marie qui, quant à elle, ne possède aucun bien.

C’est ainsi que pourront être défrayées les études des Fils de Marie à l’Angelicum. À l’automne 1985, ils seront vingt-huit à étudier à cette Université; le dernier groupe quittera en mai 1999.


NOS MEMBRES AU SERVICE DE L’ÉGLISE

Nombreux sont nos membres qui collaborent au niveau de leur paroisse, ce qui a fait dire à plusieurs Curés que les membres de l’Armée de Marie sont leurs «meilleurs paroissiens».

Des diocèses ont aussi bénéficié du bénévolat et de la générosité de nos membres:


a) Réfection du Séminaire de L’Aquila

En septembre 1986, l’Armée de Marie a organisé un pèlerinage consacré en partie au bénévolat: durant les premiers jours du pèlerinage, nos membres étaient invités à contribuer à la réfection du Séminaire de L’Aquila que le Protecteur de la Communauté des Fils et Filles de Marie, Mgr Mario Peressin, Archevêque de L’Aquila (Italie), mettait à la disposition de la Communauté.

155 pèlerins se sont envolés, pour certains apportant pinceaux et outils de toutes sortes, pour offrir plusieurs jours de travail bénévole en Italie. Dans la bonne humeur, en récitant le chapelet, en blaguant, nos pèlerins ont fait un travail formidable et surpris les habitants de cette ville, spécialement un prêtre de la Curie qui avait échangé ainsi avec M. Alberto Mastropietro, membre de l’Armée de Marie et contracteur qui dirigeait les travaux de réfection:

Prêtre de la Curie : On n’a jamais vu des gens travailler avec autant de bonne humeur, tout souriants.
Alberto: Au prix qu’ils sont payés, ils sont mieux de sourire! Ils sont tous payés le même prix...
Prêtre: Ça doit vous coûter une fortune pour les emmener ici.
Alberto: Non, ce sont tous des Canadiens, avec quelques Américains, qui sont venus pour faire du bénévolat. Et chacun a payé son billet d’avion.
Prêtre: Ça ne se peut pas!

D’autres «corvées» (qui n’en étaient pas vraiment, vu l’ambiance qui y régnait) ont été organisées pour nos missions en Jamaïque:


b) Réfection et construction en Jamaïque

Parmi tous les heureux effets qui ont donné suite à un pèlerinage effectué en Jamaïque, au mois de février 1994, pour visiter les Fils et Filles de Marie oeuvrant dans le Vicariat apostolique de Mandeville confié à Mgr Paul Michael Boyle, notons ce projet d’envergure qui consistait en la rénovation, en vue d’un orphelinat, d’une maison coloniale insalubre qui se trouvait en face de la résidence des Filles de Marie, à Black River. Ainsi, du 15 janvier au 12 février 1995, 76 membres de l’Armée de Marie ont offert, bénévolement et dans une belle fraternité, une, deux, trois ou quatre semaines pour collaborer à ce projet, tandis que d’autres membres ont apporté une aide matérielle ou spirituelle.

Poussés par la générosité apostolique, nos membres ont participé à un second voyage, du 5 au 19 mars, afin de parachever l’oeuvre colossale entreprise un mois plus tôt.

En cette année 2000 un entrepreneur est allé à trois reprises, avec des ouvriers, pour la construction d’une autre résidence pour les petits qui grandissent, afin de séparer enfants et adolescents. Mgr Boyle avait acheté les matériaux et nos membres ont fourni la main-d’oeuvre.

Nos membres disent que ces voyages de bénévolat sont leurs plus beaux pèlerinages...


NOS DONS AUX DÉSHÉRITÉS ET AUX OEUVRES DE CHARITÉ

L’Armée de Marie ne demande pas un sou et ne cesse de rendre service en aidant de tant de manières, appuyant de nombreuses causes humanitaires et religieuses.

Recevoir d’une main et donner de l’autre, c’est un principe qu’a voulu appliquer Marie-Paule, incitant aussi ses collaborateurs à donner à leur tour une partie des dons reçus.

En plus des déshérités qui sont portés à son attention (qu’ils soient ou non membres de l’Armée de Marie), l’Oeuvre soutient des organismes de charité.

Jésus n’a-t-Il pas donné l’exemple, non en fondant une oeuvre de charité à grand renfort de publicité mais en demandant que notre aumône soit discrète, notre main gauche devant ignorer ce que donne la main droite (cf. Mt 6, 2-4)?

Par contre, Jésus a loué le geste de reconnaissance du lépreux qui, le seul des dix qu’Il avait guéris, est revenu vers Lui pour Le remercier et pour rendre gloire à Dieu (cf. Lc 17, 11-19). Il en est ainsi dans l’Oeuvre où abondent également les témoignages de guérison et de conversion.

DROITURE ET TRANSPARENCE FINANCIÈRE

NE JAMAIS FAIRE DE DETTES!

Marie-Paule a toujours eu un grand souci de respecter les lois, qu’elles soient gouvernementales, municipales ou autres, exigeant aussi un tel respect de la part de ses collaborateurs. Un point primordial, à ses yeux, est l’obligation de ne jamais contracter de dettes. Et elle demandait également que les factures soient acquittées le plus tôt possible. En voici un exemple:

Lorsque Marie-Paule fait imprimer ses volumes ou le journal, sur réception de la marchandise ses collaboratrices vérifient aussitôt la qualité et la quantité de la commande et, deux ou trois jours après, suivent les chèques pour l’acquittement.

Un des Directeurs de la Corporation de l’Armée de Marie lui a demandé un jour pourquoi elle se hâtait tant à acquitter ces factures au lieu de bénéficier des délais alloués de 30, 60 ou 90 jours, profitant ainsi des intérêts que pourraient rapporter ces sommes placées à la banque, comme c’est la coutume de faire aujourd’hui. Elle lui a répondu que si nous recevons la marchandise, le fournisseur, en toute honnêteté, a droit à la part qui lui revient et que c’est notre devoir de le payer le plus tôt possible.

Certains fournisseurs ont dit à Marie-Paule: «Si tous agissaient comme vous le faites, le commerce serait un charme.» Pourvu qu’ils agissent ainsi eux-mêmes, pensait la Fondatrice!


TENUE DE LIVRES IMPECCABLE

La tenue des livres de comptabilité doit, elle aussi, être impeccable et conforme aux lois.

Soeur Julienne Boisvert, qui a tenu les livres de comptabilité de l’Oeuvre pendant de nombreuses années, avec une méthode excellente et une grande précision, partageait ce souci d’honnêteté de Marie-Paule.

Un jour, comme il se doit, un inspecteur du gouvernement est venu à l’improviste pour vérifier les livres de comptabilité; ses questions recevaient de la part de Soeur Julienne des réponses claires et précises, et les preuves lui étaient fournies sur-le-champ. Cet inspecteur a été fortement impressionné par le travail de notre Soeur comptable et il lui a déclaré: «Si tous les commerces tenaient leurs livres comme ça, il n’y aurait jamais besoin d’inspecteur!»

Soeur Julienne lui a répondu: «On enseigne la justice et la vérité, on doit être les premiers à les pratiquer.» Et cet inspecteur, qui est revenu encore quelques années pour la forme, lui a déclaré: «Je n’ai jamais vu des livres si bien tenus!»

Notre Soeur comptable a initié plusieurs Filles de Marie affectées à la comptabilité en plus de monter un système adapté aux différentes Oeuvres: aux Animateurs et aux responsables des petites librairies de l’Armée de Marie, aux Mamans de la Famille des Fils et Filles de Marie, aux Responsables des Oblats-Patriotes. Ainsi cette transparence prévaut non seulement au Centre international des Oeuvres, mais dans tous les Centres locaux, régionaux, nationaux, etc.

Soeur Julienne a dû cesser sa contribution à la comptabilité pour raison de santé. Soeur Monique Goupil et M.André Bélanger ont habilement pris la relève.


L’ARCHEVÊQUE DE QUÉBEC ET LES FINANCES DE L’ARMÉE DE MARIE

RAPPORTS FINANCIERS

En 1981, le Cardinal Roy demande à Marie-Paule le rapport financier de 1980 de l’Armée de Marie; son Vicaire général, Mgr Paul Nicole, accuse réception de ce document par un appel téléphonique à Marie-Paule, lui posant en même temps quelques questions supplémentaires.

Les années suivantes, le rapport financier de l’Armée de Marie est adressé aux Autorités diocésaines en double exemplaire: au Cardinal Roy, retiré, et à Mgr Louis-Albert Vachon, Archevêque depuis avril 1981.

Le 5 janvier 1984, Mgr Vachon demande à Marie-Paule de lui fournir les rapports financiers que le Cardinal Roy lui avait demandés en 1981... Il semble ignorer que l’Armée de Marie a fourni ces rapports régulièrement pour les années 1980, 1981 et 1982 (il est trop tôt pour celui de l’année 1983), et cela en double exemplaire pour les deux dernières années! Mais comme des recherches à l’Archevêché ne permettent pas de retrouver ces documents, une copie est portée le jour même aux bureaux de l’Archevêché par le Père Denis Laprise.


INTÉRÊT DE MGR VACHON POUR LES FINANCES DE L’OEUVRE

Le 5 novembre 1984 Marie-Paule, convoquée à l’Archevêché par Mgr Vachon, s’y rend avec les Pères Philippe Roy et Victor Rizzi. L’Archevêque s’informe uniquement des finances de l’Oeuvre: il désire savoir à quoi sont destinés les dons reçus, ce qu’il en est de l’achat de maisons et de terrains à Lac-Etchemin, des rumeurs de construction, et si l’Oeuvre a des dettes (l’Armée de Marie ne fait jamais de dettes). Mgr Leclerc, son Évêque auxiliaire chargé du dossier de l’Armée de Marie, est présent.

Le 9 novembre suivant, réunion du Conseil d’administration de L’Armée de Marie inc. qui s’oppose à l’envoi, à l’Archevêché, des copies des contrats d’achat de terrains; et il est proposé qu’on s’informe auprès d’un canoniste à Rome pour connaître les exigences de l’Église à ce sujet. Le Père Denis, qui est à Rome, s’informe auprès d’un docteur en Droit canonique dont la réponse est confirmée par un Cardinal:

«Une distinction doit être faite entre une Association pieuse et la Corporation civile. L’Évêché n’a pas le droit de se mêler des affaires de la Corporation. L’Armée de Marie est bien une association privée.»

Cette dernière affirmation contredit les prétentions de Mgr Vachon à l’effet que l’Armée de Marie serait une association publique, type d’association régie par d’autres normes du Droit canonique et sur lesquelles l’Autorité ecclésiastique a un droit de regard. Mais à Rome le Tribunal suprême de la Signature apostolique reconnaîtra, en 1990, que l’Armée de Marie est bien une association privée; en conséquence, l’Archevêché ne peut s’en approprier les biens. L’Armée de Marie avait prévu ce genre de tentative et avait paré aux coups - voici ce qu’expliquait Marie-Paule en 1985 dans sa brochure La Purification (pp. 91-92):


À CEUX QUI VOUDRAIENT S’APPROPRIER LES BIENS DE L’ARMÉE DE MARIE

«N’avons-nous pas vu des oeuvres détruites par la méchanceté, et n’avons-nous pas vu des manoeuvres malhonnêtes dans le but de s’approprier les biens de ceux qui ont édifié des Oeuvres? Pensons au Père Pio ! N’a-t-on pas essayé de s’approprier les dons qu’il recevait [pour son hôpital] en lui faisant une lutte ignoble?...

«Nous avons prévu de tels agissements. Aussi, nos livres ont toujours été soumis pour examens minutieux dans tous les domaines. Les points de loi ont été étudiés, vérifiés et les fonctionnaires des Gouvernements ont été consultés. Un dossier important est conservé à ce sujet.

«Mais nous avons fait davantage. Le bénévolat ou la gratuité est une des forces de l’Armée de Marie.

«Aussi, nous avons, depuis des années, fait un relevé constant des heures de travail accumulées par les personnes qui se donnent à temps complet, ou encore des personnes qui, travaillant à temps complet, selon leur propre désir, ne reçoivent qu’une mince rétribution.

«Constamment, le comptable, dans sa tenue des livres, a calculé la somme des salaires non versés en raison du bénévolat. Après treize ans, une somme d’un million de dollars pourrait être versée à ces travailleurs bénévoles. [C’était en 1985, qu’en serait-il aujourd’hui?...] Or, si jamais certaines personnes malhonnêtes tentaient de s’approprier les biens de l’Armée de Marie, ils devraient, en conséquence, payer ces salaires à ceux qui les ont sacrifiés pour la Cause.

«Donc, si la Corporation civile de l’Armée de Marie possède [immeubles et terrains], c’est grâce au travail, au bénévolat et aux dons de ses membres. Si elle avait eu à verser de tels salaires, elle serait peut-être locataire, et peut-être pas...

«Si l’Armée de Marie a pu offrir des dons substantiels au Saint-Père, à l’Église, aux pauvres, aux lépreux, etc., c’est grâce à la générosité de ses membres.

«Voilà ce qu’on peut édifier quand on reste fidèle à l’Église et à son Chef suprême, le Pape, successeur de Pierre, nommé le Chef des Apôtres.

«En un mot, voilà ce qu’on peut édifier quand on est fidèle à Dieu.»

Depuis 1985, année où Marie-Paule écrivait ces lignes, l’Armée de Marie, qui avait commencé au bas de l’échelle, a continué son expansion (ainsi qu’on l’a vu précédemment), de même que ses Oeuvres connexes telle la Famille des Fils et Filles de Marie, ses différents ateliers, son agence de voyages, son journal, etc. Et tous ces différents secteurs d’activité de l’Oeuvre mariale contribuent à leur tour aux oeuvres d’apostolat.

- Si des propriétaires immobiliers disent que les gens de l’Armée de Marie sont leurs meilleurs locataires,
- un vérificateur du gouvernement que l’Armée de Marie a la meilleure tenue de livres,
- des curés que les membres de l’Armée de Marie sont leurs meilleurs paroissiens,
- des hommes d’affaires que les gens de l’Armée de Marie sont leurs meilleurs clients,
- le maire de Sainte-Germaine pourrait-il dire qu’ils sont ses meilleurs citoyens? ...

Le maire soulignait aussi «l’apport économique [des membres de l’Armée de Marie] au niveau des commerçants; c’est très très bien pour la communauté», et ajoutait: «Nous autres, on cherche à développer notre place le plus possible

Il y a sans doute bien des municipalités qui aimeraient accueillir des gens paisibles et respectueux des lois, plutôt que d’éprouver des problèmes avec des groupes criminalisés... Un animateur radiophonique avait déclaré en badinant sur les ondes, lors de la campagne du printemps dernier au sujet de l’Armée de Marie: «Je croyais que le gros problème, sur la Rive-Sud, c’étaient les Hell’s Angels... Mais non, c’est l’Armée de Marie!...»

Pour en revenir aux déclarations du maire de Sainte-Germaine, il a toutefois mis un bémol concernant Spiri-Maria: «Pour nous autres, [l’Armée de Marie] c’est un apport économique sauf ces grosses bâtisses-là qui ne génèrent pas de taxes...»

«Ces grosses bâtisses-là» et ceux qui y résident, en permanence ou occasionnellement comme les retraitants, génèrent des retombées économiques considérables pour la région. Sans parler des travaux relatifs à l’immeuble et au terrain (à l’automne 2000, des travaux importants de terrassement étaient en cours, et des entreprises de transport locales et de plusieurs municipalités des alentours avaient été appelées à contribution), une telle «bâtisse» a besoin de chauffage, de matériaux, de biens divers; il faut de la nourriture pour les résidents, etc.

Et la municipalité a aussi profité de cette «grosse bâtisse»: avant d’en entreprendre la construction, il a fallu faire prolonger le réseau d’égout jusqu’à l’immeuble futur et des frais très importants ont été acquittés par l’Institut Marialys à cet effet; une partie de cette somme sera rendue à l’Oeuvre au fur et à mesure que d’autres propriétaires s’établiront sur ce parcours et se raccorderont au réseau.


LES TAXES SUR NOS ÉDIFICES

C’est en tant qu’organisme de charité que l’Oeuvre ne paie pas de taxes sur les édifices qu’elle possède à Lac-Etchemin. Cependant, Marie-Paule a tenu à ce que les taxes soient payées pour le Pavillon Notre-Dame-de-Fatima et pour l’immeuble Royau-Ma. La vocation religieuse des autres édifices justifie l’exemption des taxes.


MGR GILLES CAZABON


Nous pourrions conclure cet article sur les finances de l’Oeuvre avec le cas de Mgr Gilles Cazabon, o.m.i., Commissaire pontifical auprès des Fils de Marie.

Dès la première rencontre avec la Communauté, à Rome, en avril 1997, Mgr Cazabon a demandé aux Fils de Marie une somme d’argent pour couvrir les dépenses relatives à ses fonctions de Commissaire pontifical (billets d’avion, essence, téléphone, fax, secrétaire). Tout en sachant que ceux-ci n’avaient à peu près pas de revenus, à part leurs honoraires de messes et des dons, le Commissaire pontifical réitérait sa demande à chaque visite auprès des Fils de Marie à qui il demandait aussi chaque fois de voir leurs livres de comptabilité.

Une fois seulement la Communauté lui a offert quelques centaines de dollars, pour la messe que Mgr Cazabon a célébrée lors des funérailles du Frère Léo Rousseau, à Québec, alors qu’il était dans la région. Mgr Cazabon avait par la suite retourné une centaine de dollars aux Fils de Marie pour leurs missions en Jamaïque, disant que le reste de la somme suffisait à couvrir les dépenses de son voyage.

Les Fils de Marie ne pensaient pas devoir payer les dépenses d’un Commissaire nommé par la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique (C.I.V.C.S.V.A.). Lorsqu’une Visite apostolique avait été décrétée par la C.I.V.C.S.V.A. auprès des Fils de Marie, en aucun temps les Visiteurs désignés n’avaient demandé de l’argent à la Communauté des Fils de Marie pour couvrir leurs dépenses. Cependant, quand le Père Constant Bouchaud, Visiteur apostolique de Rome, est venu à Lac-Etchemin, le Père Pierre Mastropietro lui a offert une somme d’environ 1000$ (une partie en lires italiennes et l’autre en dollars canadiens). Le Père Bouchaud a accepté cette somme malgré bien des hésitations et, après son retour en Italie, il a retourné la somme au Père Pierre, disant que la C.I.V.C.S.V.A. avait payé ses dépenses.

Étaient-ce donc les Fils de Marie qui devaient payer les dépenses du Commissaire pontifical, d’autant plus que cette nomination leur semblait superflue car il n’y avait pas de problèmes internes dans la Communauté (motif justifiant habituellement la nomination d’un Commissaire pontifical), les problèmes venant plutôt de l’épiscopat. («Les problèmes viennent de l’Archevêché de Québec», avait dit aux Dirigeants de l’Armée de Marie à Rome, en 1975, Mgr Jacques Martin, Préfet de la Maison pontificale. Par la suite, plusieurs autres Autorités vaticanes feront la même observation aux Dirigeants.)


* * *

«Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, le reste vous sera donné par surcroît»: ces paroles de Jésus peuvent-elles trouver plus belle application que dans la vie de Marie-Paule et dans les Oeuvres qu’elle a fondées, uniquement préoccupée de réaliser en toutes choses la Volonté de Dieu? Cette Volonté qui ouvre effectivement à l’humanité le Royaume terrestre où «Dieu sera tout en tous».


27 octobre 2000

Sylvie Payeur-Raynauld

1. Brochure n° 5, La Purification, publiée par la Famille des Fils et Filles de Marie, Québec, 1985, p. 33.

2. Marie-Paule a exposé cet aspect dans plusieurs écrits, notamment dans un article du journal Le Royaume, n° 84 (nov.-déc. 1991), intitulé: «La transparence de l’Armée de Marie au plan matériel» (pp. 18-19), et dans les brochures n° 5, La Purification, et n° 10, Lac-Etchemin, toutes deux publiées en 1985 par la Famille des Fils et Filles de Marie.

3. Article cité à la note 2.

4. Cf. le tableau détaillé en page 2 du Numéro spécial II du journal Le Royaume, n° 141, 31 mai 2000.


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