«Note informative sur l’Armée de Marie»

Le 2 octobre 2000, lors de la réunion de la Conférence des évêques catholiques du Canada (C.E.C.C.) à Cornwall (Ontario), les Membres du Conseil permanent de la C.E.C.C. ont reçu du Secrétaire général, Mgr Peter Schonenbach, p.h., une «Note informative sur l’Armée de Marie». Ce document avait été «préparé par le Bureau de théologie de la C.E.C.C., après consultation avec un canoniste», et avait «été revu et corrigé par le Bureau de direction, de même que [par] l’archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, s.v., et [par] le Commissaire pontifical pour les Fils de Marie, Mgr Gilles Cazabon, o.m.i.». Il était précisé aux Membres du Conseil permanent: «Avant que le texte ne soit rendu public, nous vous serions reconnaissants de nous faire part de vos commentaires et de votre approbation» (sur un feuillet-réponse joint) «au plus tard le mercredi 4 octobre 2000, à 17h00, heure d’Ottawa».
Providentiellement, nous avons eu en main cette «Note informative sur l’Armée de Marie» et, à l’automne 2000, nous avons préparé le présent numéro du journal Le Royaume, attendant le moment propice pour le faire paraître.
En février dernier, nous avons appris que la C.E.C.C. prépare maintenant une «Note doctrinale» afin de prendre des mesures contre l’Armée de Marie. Avant la publication de ce document, nous croyons de notre devoir de souligner à nos Autorités religieuses, de même qu’à nos membres, les graves erreurs contenues dans la «Note informative sur l’Armée de Marie», laquelle ne peut servir de base à un traitement juste et équitable de cette Oeuvre. (La «Note informative» est publiée, avec nos commentaires, aux pages 3 à 8.)

 



La «Note informative sur l’Armée de Marie» préparée par la C.E.C.C.:
dans la foulée d’un long processus pour tenter de détruire l’Oeuvre de Dieu

Le 2 octobre 2000, le Secrétaire général de la Conférence des évêques catholiques du Canada (C.E.C.C.), Mgr Peter Schonenbach, remettait à des Évêques canadiens une «Note informative sur l’Armée de Marie»; à la fin de ce même mois d’octobre, cette «Note informative» était ensuite remise à des Autorités de Rome.
Au début d’octobre, nous avons PROVIDENTIELLEMENT reçu une copie de cette «Note informative» dont la lecture nous a laissés sidérés... Comment! Encore les mêmes accusations fausses, les mêmes distorsions dans la relation des faits, les mêmes mensonges... qui ont reçu leur réplique dans les pages du journal Le Royaume, par des membres de l’Armée de Marie et aussi par des non-membres indignés de ce procédé inique, et parmi ceux-ci, un Évêque québécois!
Cet Évêque a très justement identifié la cause de la lutte contre Marie-Paule et l’Armée de Marie: «le refus du Surnaturel».
Là est la clé de l’énigme. Le refus du Surnaturel, le refus des Oeuvres divines, le refus des Envoyés de Dieu. L’histoire se répète... Jésus pourrait redire aujourd’hui – ou Marie-Paule pourrait dire à son tour – à tant de Ses ministres: «Vous êtes les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes! Eh bien! vous, comblez la mesure de vos pères! » (Mt 23, 31-32).
Nous dénonçons en bloc la «Note informative sur l’Armée de Marie» comme étant un tissu d’erreurs, d’affirmations fausses, dans l’irrespect de la vérité et de la réalité historique.
Ces erreurs sont tirées en très grande partie des documents émis en l’an 2000 par des Autorités religieuses et qui ont justifié la défense de l’Armée de Marie publiée dans les derniers numéros spéciaux du journal Le Royaume: Numéro spécial I (n° 140), 13 mai 2000; Numéro spécial II (n°141), 31 mai 2000; Numéro spécial III (n° 143), 1erjuillet 2000.
Mais comme nous ne pouvons laisser sans réponse ce document de la C.E.C.C., nous le reprenons ici point par point, nous demandant en même temps quelle serait la LÉGITIMITÉ de mesures qui s’appuieraient sur une telle falsification de la vérité? Car, pour qu’un acte soit LÉGITIME, il doit être «fondé en droit, en justice et en équité» (Dictionnaire Petit Larousse).

Sylvie Payeur-Raynauld


1. Jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (1987)
C.E.C.C.: «Par suite du jugement très sévère de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur les doctrines de Mme Marie-Paule Giguère, fondatrice de l’Armée de Marie, la décision a été prise à Rome, en 1987, de dissoudre cette association. À la suite de cette décision, approuvée par le Saint-Père le 6 février 1987, le Cardinal Louis-Albert Vachon, alors archevêque de Québec, révoquait l’Acte qui avait érigé ce regroupement en "association pieuse".»
Réponse: Il est faux de prétendre que le jugement porté par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 1987 concernait «les doctrines» de Marie-Paule; ce jugement portait plutôt sur les écrits d’un membre de l’Armée de Marie, Marc Bosquart.

a) Les deux livres de Marc Bosquart:
Deux livres d’un membre de l’Armée de Marie, Marc Bosquart, vont servir de prétexte au Cardinal Vachon pour révoquer le décret ayant accordé à l’Armée de Marie son statut d’«association pieuse».
Le Cardinal Vachon émet deux mises en garde contre ces volumes:
- le 4 juillet 1986 pour le premier (De la Trinité Divine à l’Immaculée-Trinité, publié le 14 juin 1985);
- le 15 novembre 1986 pour le second (Le Rédempteur et la Co-Rédemptrice, publié le 28 août 1986).

b) La lettre du 27 février 1987 du Cardinal Ratzinger:
Le 27 février 1987, le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Joseph Ratzinger, écrit au Cardinal Vachon:
«Après avoir étudié les écrits diffusés par l’Armée de Marie, cette Congrégation tient à vous faire savoir qu’elle prend acte des deux Notes (du 4 juillet et du 15 novembre 1986) publiées par Votre Éminence au sujet des livres de M. Marc Bosquart "De la Trinité Divine à l’Immaculée-Trinité", "Le Rédempteur et la Co-Rédemptrice", et des doctrines gravement erronées qu’ils contiennent. Elle approuve ces mises en garde et les confirme, vous laissant toute latitude de prendre les mesures que vous estimerez nécessaires, sans exclure la possibilité de supprimer l’Association "ad normam iuris" [selon le Droit].»
1° Contrairement à ce qui est mentionné dans la «Note informative» de la C.E.C.C., cette lettre du Cardinal Ratzinger n’était pas un «jugement très sévère de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur les doctrines de Mme Marie-Paule Giguère, fondatrice de l’Armée de Marie», mais une approbation des mises en garde du Cardinal Vachon contre les deux livres de Marc Bosquart qui «contiendraient» (?) des «doctrines gravement erronées».
2° Contrairement à ce qui est mentionné dans la «Note informative», cette lettre n’était pas une «décision... prise à Rome, en 1987, de dissoudre cette association»: le Cardinal Ratzinger indiquait que cette mesure était une «possibilité» pourvu que soit respecté le Code de Droit canonique («ad normam iuris»).
3° Le Cardinal Vachon ne pouvait dissoudre l’Armée de Marie, Oeuvre qui existait avant que le Cardinal Roy lui accorde le statut canonique d’«association pieuse» au moyen d’un décret. Il pouvait cependant révoquer ce décret, enlevant à l’Armée de Marie son statut canonique. C’est le Code de Droit canonique qui reconnaît aux fidèles la liberté d’association pour exercer des activités apostoliques (cf. entre autres le canon 298, § 1).

c) Décision romaine approuvée par le Saint-Père?
Qu’on nous permette de douter de l’assertion de la «Note informative» à l’effet que «le Saint-Père le 6 février 1987» aurait approuvé la «décision... de dissoudre» l’Armée de Marie(ou plutôt de révoquer son statut canonique): comme on l’a vu plus haut, le Cardinal Ratzinger avait émis cette possibilité dans sa lettre au Cardinal Vachon, ce n’était pas une décision!
Et jamais, avant l’année 2000, une telle approbation du Saint-Père à l’encontre de l’Armée de Marie n’a été portée à notre attention. Au contraire, le Pape Jean-Paul II a encouragé l’Armée de Marie quelques années plus tard, soit le 27 mai 1992, alors que plus d’un millier de nos pèlerins se trouvaient sur la Place Saint-Pierre à l’occasion d’un de nos pèlerinages internationaux (il n’était pourtant pas sans savoir que nous étions rejetés des églises du Québec, même si nous étions accueillis ailleurs dans le monde). Voici ces paroles du Saint-Père, adressées en italien, avec la traduction française:
«Rivolgo, poi, il mio benvenuto al folto gruppo internazionale dell’"Armée de Marie", che in questo mese di maggio sta vivendo un intenso itinerario attraverso alcuni Santuari mariani italiani. Lasciatevi sempre educare dalla Madre del Signore, pellegrina della fede e della speranza; portate nei vostri Paesi il tesoro spirituale, che avete accumulato in questi giorni.»
«J’adresse ensuite la bienvenue au nombreux groupe international de l’"Armée de Marie", qui, en ce mois de mai, vit un intense itinéraire en visitant quelques Sanctuaires marials italiens. Laissez-vous toujours éduquer par la Mère du Seigneur, pèlerine de la foi et de l’espérance; portez en vos pays le trésor spirituel que vous avez acquis en ces jours.»

2. Tensions et divisions
C.E.C.C.: «Malgré ces mesures et d’autres encore, l’activité de ce groupe a continué jusqu’à nos jours et a été à la source de tensions et de divisions, non seulement au Canada mais aussi à l’étranger.»
Rép.: Vrai. Mais il n’y a là rien de répréhensible:

a) «L’activité de ce groupe a continué jusqu’à nos jours» car, comme on l’a déjà précisé, l’Église reconnaît aux fidèles le droit de faire de l’apostolat et, pour cela, de s’associer. L’Armée de Marie continuait ses activités apostoliques, en accord avec le Droit.

b) Quant à être «source de tensions et de divisions», cela est le fait des oeuvres authentiques qui, à la suite du Christ, «divisent», le bien étant opposé au mal.

3. Doctrines et activités qui font problème (?)
C.E.C.C.: «Dans un dessein d’unité et de paix, la Conférence des évêques catholiques du Canada, à la demande de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, veut éclairer la communauté catholique sur une association dans laquelle bien des gens se sont engagés de bonne foi, mais dont les doctrines et les activités font très sérieusement problème. L’histoire de cette association aidera à comprendre la nature et l’importance des enjeux qui sont en cause ici.»
Rép.: a) L’Armée de Marie a toujours recherché «l’unité et la paix» et les Dirigeants ont maintes fois demandé aux membres de supporter en silence le mépris et les attitudes désagréables de ceux qui ne comprenaient pas cette Oeuvre. Mais l’établissement de l’unité et de la paix demande une entente entre les parties, fondée sur la justice et la vérité, bases essentielles d’une société chrétienne. Il faut pour cela avoir donné la parole aux accusés, tel que le stipule le Droit canonique.

b) «Les doctrines et les activités» de l’Armée de Marie «font très sérieusement problème»... Pourtant, lors de son point de presse du 23 mai 2000, l’Archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, a déclaré: «L’Armée de Marie, c’est très catholique: le culte du Saint-Père, le culte de l’Eucharistie et la dévotion mariale, il n’y a rien de plus catholique que ça. »
L’Armée de Marie a toujours été fidèle à la doctrine de l’Église. Là n’est pas le problème. Le problème, c’est la personne de la Fondatrice dont la vie apporte des éléments nouveaux à notre connaissance du mystère marial, tout en ne contredisant pas la doctrine mais en la précisant, un peu comme la venue sur terre du Fils de Dieu, il y a 2000 ans, ne contredisait pas mais complétait notre connaissance de Dieu.
Ce qui est nouveau peut étonner et «faire problème»... pour ceux qui n’ont pas compris le Plan de Dieu. Gamaliel n’avait pas compris tout d’abord le mystère du Rédempteur, mais il a eu la sagesse de laisser l’histoire décanter le phénomène chrétien, sachant que ce mouvement tomberait de lui-même s’il n’était pas authentique.
Aujourd’hui, certaines Autorités religieuses exercent la même prudence envers le mystère de la Co-Rédemption.
Quant aux activités de l’Armée de Marie, peut-on en nommer une seule qui ne va pas dans le sens apostolique de l’Église? Veut-on lui reprocher ses cours de catéchisme qui s’appuient sur la doctrine de l’Église catholique? Ses journées de prières axées sur l’adoration du Saint Sacrement, la récitation du chapelet, la messe? L’étude de la doctrine sociale de l’Église faite par les Oblats-Patriotes, Oeuvre connexe à l’Armée de Marie? Les pèlerinages qui l’ont conduite dans les plus importants sanctuaires de la chrétienté, dont tant de fois à Rome? La diffusion de livres et d’objets religieux (chapelets, statues, etc.)? Ses activités pour les jeunes: pièces de théâtre (la dernière, sur sainte Catherine de Sienne), camps d’été, divers ateliers?

c) «L’histoire de [l’Armée de Marie]», telle que relatée, de façon erronée, dans la «Note informative», ne peut conduire à une juste compréhension de cette Oeuvre. Rétablissons les faits:

4. L’Équipe mariale
C.E.C.C.: «I. LES DÉBUTS ET LA RECONNAISSANCE CANONIQUE. L’Armée de Marie fut d’abord constituée d’un petit groupe de personnes, réunies autour de Mme Marie-Paule Giguère à partir de 1965, dans la région de Québec. Ces gens s’inquiétaient de la montée d’une certaine contestation de l’autorité dans l’Église, de l’apparition d’initiatives jugées abusives dans l’application du renouveau postconciliaire de la liturgie, de l’abandon enfin d’un bon nombre de pratiques de la piété populaire.»
Rép.: Contrairement à ce que dit la «Note informative», «ces gens», qui avaient en commun un même idéal de vie chrétienne, se réunissaient une fois l’an pour une journée de prières et de fraternité, et non pour juger l’état de l’Église en la période postconciliaire. Cela n’effleurait même pas leur pensée.
Et lorsque l’Armée de Marie a été fondée d’une manière inattendue, le mot d’ordre était de «combattre le mal en faisant le bien», d’abord par la réforme intérieure personnelle des membres afin de rayonner dans un apostolat fécond.

5. Décret d’Association pieuse émis par le Cardinal Roy (1975)
C.E.C.C.: «Le 10 mars 1975, alors que les vues et méthodes de Mme Giguère n’avaient pas encore franchi certaines étapes de leur évolution, le Cardinal Maurice Roy, prédécesseur du Cardinal Vachon, érigeait l’Armée de Marie en "association pieuse", destinée à "revivifier la vie intérieure de ses membres"; on devait y porter une attention spéciale "à la dévotion eucharistique dans une liturgie authentique, à la dévotion mariale selon la doctrine de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et au service de l’Église dans le respect à son Pasteur suprême et aux autres évêques".»
Rép.: On se demande bien quelles sont «les vues et méthodes de Mme Giguère» qui pourraient prêter le flanc à quelque reproche... et avoir franchi «certaines étapes» d’«évolution»!
Marie-Paule n’a pas de «vues» personnelles, étant uniquement préoccupée d’obéir aux indications et ordres qu’elle «reçoit» de Dieu et de l’Immaculée. Quant à ses «méthodes», ses collaborateurs et les membres de l’Armée de Marie peuvent affirmer qu’elles sont des plus limpides, alors qu’elle n’impose jamais mais laisse toute liberté aux personnes de cheminer dans la voie qu’elles choisissent.
Pour ce qui est du statut canonique d’«association pieuse» accordé à l’Armée de Marie par le Cardinal Roy en 1975, il faut souligner que ce n’est pas cette Oeuvre qui a demandé une telle reconnaissance de la part de l’Église: c’est Mgr Jean-Pierre van Lierde, Vicaire général du Saint-Père pour la Cité du Vatican, qui a fait des démarches en ce sens auprès du Cardinal Roy.
La «Note informative» énonce correctement les buts de l’Armée de Marie (tels qu’ils sont mentionnés dans le décret du Cardinal Roy), buts dont elle n’a jamais dévié jusqu’à ce jour.
En ce qui concerne les Évêques, une expression qui revient quelques fois dans les actes du Concile Vatican II: «les Évêques en communion de foi avec le Souverain Pontife romain», a été reprise par l’Armée de Marie pour souligner la Primauté du Pasteur suprême de l’Église. Malheureusement cette expression a été vue par plusieurs Évêques comme un signe d’irrespect ou de désobéissance à leur égard, ce qui n’était pas du tout l’intention de l’Oeuvre.

6. La Dame de Tous les Peuples et «Vie d’Amour»
C.E.C.C.: «Cependant, dès 1967, l’animatrice du groupe, Mme Giguère, avait pris connaissance des messages proposés comme venant de Marie, "Dame de tous les Peuples", par une voyante d’Amsterdam, Ida Peerdeman. Non seulement Mme Giguère adhéra pleinement à ces vues, qui avaient fait difficulté dès le début pour l’Autorité ecclésiastique des Pays-Bas et de Rome, mais elle entreprit elle-même, à partir de 1969 [sic!], la publication d’une série d’ouvrages sous le titre "Vie d’Amour", où elle relatait ses expériences spirituelles, très souvent liées à des considérations sur la Vierge Marie et sur le rôle qui était dévolu à la fondatrice de l’Armée de Marie dans l’Église, s’identifiant elle-même plus ou moins clairement à la "Dame" des apparitions d’Amsterdam. La série atteindra 15 volumes, totalisant 6000 pages.»
Rép.: C’est en 1967 que les messages de la Dame de Tous les Peuples ont été connus au Québec grâce à Raoul Auclair, de Paris, dont le volume présentant ces messages en français a été publié cette année-là. Marie-Paule a reçu ce livre en cadeau. Ces messages étaient incompréhensibles – la grande partie de ces messages était de nature prophétique et c’est seulement lorsqu’une prophétie se réalise qu’on peut en comprendre le sens –, mais Marie-Paule y a trouvé confirmation de certaines indications qu’elle avait elle-même reçues au Québec. Donc, elle était loin d’avoir les prétentions que lui prêtent les auteurs de la «Note informative».

a) La Dame de Tous les Peuples:
L’histoire nous prouve que, dans l’Église, la tendance est d’abord de condamner les oeuvres et les mystiques authentiques avant d’en reconnaître la valeur.
C’est ce qui s’est produit aussi pour les apparitions de la Dame de Tous les Peuples à Amsterdam, qui ont eu lieu de 1945 à 1959 et qui ont d’abord été rejetées par l’Évêque de Haarlem (diocèse où ont eu lieu les apparitions), mais l’Évêque actuel de Haarlem accepte depuis 1996 le culte public rendu à la Dame de Tous les Peuples. Et la prière que la Dame a donnée au monde pour le préserver «de la corruption, des calamités et de la guerre» a reçu l’imprimatur de plus de 200 Évêques et Cardinaux à travers le monde!

b) «Vie d’Amour»:
C’est en 1958 que Marie-Paule a rédigé le premier tome de Vie d’Amour, série publiée à partir de 1979 (et non 1969). Ces volumes relatent un itinéraire mystique hors du commun et, tout en étant une source de bénédictions pour des milliers de lecteurs, sont sujet de scandale pour ceux qui n’ont pas compris cette oeuvre, marquée pourtant du sceau d’authenticité divine par la réalisation constante des indications données par le Ciel à Marie-Paule. Et il ne faut pas oublier que l’auteur n’écrit pas de volonté personnelle – écrire ces volumes aura été une cause de souffrance supplémentaire!–, mais par obéissance d’abord à son Directeur spirituel, puis au Ciel qui lui ordonne de préciser certaines choses.
Si, dans Vie d’Amour, il est question du rôle de la Fondatrice de l’Armée de Marie dans l’Église, ou d’une «identification» avec la Dame de Tous les Peuples, cela découle des paroles du Seigneur adressées à Marie-Paule et non des affirmations personnelles de celle-ci.

7. Examen de «Vie d’Amour»
C.E.C.C.: «II. CONTROVERSE CROISSANTE AVEC LES AUTORITÉS DE L’ÉGLISE. Dès 1981, le cardinal Roy, à qui le cardinal Vachon avait demandé de suivre la question de l’Armée de Marie, devait écrire: "J’ai fait procéder à un examen complet des treize volumes parus de "Vie d’Amour". À ma grande surprise, on a relevé une foule d’affirmations d’un caractère non seulement étrange, mais déconcertant, et de nature non seulement à troubler, mais même à tromper les fidèles... Vu l’aspect très général de la mission dont il s’agit, la question doit être soumise au Saint-Siège, dont on devra attendre la décision".»
Rép.: Ce que la «Note informative» omet de préciser, c’est que les explications de Marie-Paule et de ses collaborateurs ont par la suite eu raison des craintes du Cardinal Roy concernant Vie d’Amour. D’ailleurs, d’éminents théologiens ont lu ces pages sans y trouver à redire, au contraire!
Même le théologien du Cardinal Roy, à qui celui-ci avait soumis les sept premiers volumes de Vie d’Amour, a confié à une religieuse qu’il dirigeait qu’«il n’y avait rien trouvé contre la doctrine de l’Église»(Vie d’Amour, Appendice II, p. 77).
Le Cardinal Roy, qui recevait des rapports négatifs sur Marie-Paule, a toujours pris la peine de chercher à connaître l’autre côté de la médaille: il interrogeait la Fondatrice dont les réponses l’étonnaient – car tellement contraires à ce qu’on lui avait rapporté – et, à la fin de chaque rencontre, il la bénissait, l’encourageant à continuer dans l’humilité.
Mais si le Cardinal Roy a respecté le droit des personnes de «se faire entendre», exigence élémentaire de justice posée par le Code de Droit canonique, cette attitude n’a malheureusement pas été celle de ses successeurs!

8. Les écrits de Marc Bosquart
C.E.C.C.: «D’autres écrits, dus à un disciple de Mme Giguère, Marc Bosquart, firent l’objet d’un jugement aussi sévère de la part du cardinal Vachon. Les deux livres de Bosquart ont été retirés peu après avoir paru, en 1985 et 1986.»
Rép.: C’est le 14 avril 1987 que les Dirigeants de l’Armée de Marie ont donné l’ordre de retirer de la vente les deux livres de Marc, sur réception de la lettre du Cardinal Vachon les convoquant à l’Archevêché de Québec, le 23 avril, pour «prendre en considération la lettre du Cardinal Joseph Ratzinger..., en date du 27 février 1987, et de ses conséquences juridiques» (il s’agit de la lettre du Cardinal Ratzinger approuvant les deux mises en garde émises par le Cardinal Vachon contre les deux livres de Marc).

9. Décret du 4 mai 1987 du Cardinal Vachon
C.E.C.C.: «Après des mises en garde à l’intention des fidèles et deux monitions canoniques, après avoir entendu le modérateur et les autres officiers majeurs de l’association, le cardinal Vachon révoquait, le 4 mai 1987, l’Acte d’érection de l’Armée de Marie en "association pieuse" et interdisait l’activité liturgique du groupe et la diffusion de la dévotion à la "Dame de tous les Peuples".»
Rép.: Voici maintenant les préliminaires pour le décret que le Cardinal Vachon a émis le 4 mai 1987, préliminaires qui ne respectaient pas la procédure requise par le Droit canonique:

a) Les deux mises en garde:
Les deux mises en garde, datées des 4 juillet et 15 novembre 1986, concernaient les livres de Marc Bosquart, non l’Armée de Marie qui ne saurait être tenue responsable de ces écrits.

b) Les deux monitions canoniques:
La première monition canonique, datée du 9 décembre 1986, ne traitait pas spécialement des livres de Marc mais surtout de la dévotion à la Dame de Tous les Peuples, du statut canonique de l’Armée de Marie (on y prétendait faussement que l’Armée de Marie était une association publique de fidèles, alors que le Tribunal suprême de la Signature apostolique, à Rome, reconnaîtra plus tard qu’elle est une association privée, distinction importante entre autres pour les biens matériels de l’association), et enfin cette première monition canonique reprenait les recommandations du rapport du comité d’enquête institué par le Cardinal Vachon sur l’Armée de Marie, présentées cette fois comme des directives.
La deuxième monition canonique a été lue aux Dirigeants de l’Armée de Marie par le Cardinal Vachon au début de la rencontre du 23 avril 1987 à l’Archevêché de Québec, et elle commençait ainsi: «Mesdames et Messieurs de l’Armée de Marie, Je vous ai convoqués ce matin, 23 avril 1987, pour vous informer de la décision que j’ai prise de procéder à la révocation du décret d’érection de l’Armée de Marie...»
Or le motif invoqué pour la révocation de ce décret – les doctrines répandues par les livres de Marc Bosquart – n’existait plus, ces livres ayant été retirés de la vente. Mais les Dirigeants de l’Armée de Marie n’ont pas pu en informer l’Archevêque de Québec qui leur a annoncé sa décision avant de leur donner la possibilité de «se faire entendre» à ce sujet, tel que le prescrit le Code de Droit canonique.

c) «Après avoir entendu...»:
Contrairement à ce qu’affirme la «Note informative», «le modérateur et les autres officiers majeurs de l’association [l’Armée de Marie]» n’ont pas pu se faire entendre: la deuxième monition les informait d’une décision déjà prise, soit «la révocation du décret d’érection de l’Armée de Marie», et ce sur un motif que l’Archevêque reprochait pour la première fois à l’Armée de Marie: la publication des deux livres de Marc Bosquart, que l’Oeuvre avait déjà retirés de la vente...
Comment pourrait-on prétendre que l’Armée de Marie a pu se faire entendre... au cours d’une réunion qui, ainsi que l’indique le procès-verbal, «n’a pas duré 10 minutes»?

d) Interdictions:
Le Cardinal Vachon, selon la «Note informative», interdisait dans son décret «l’activité liturgique du groupe et la diffusion de la dévotion à la "Dame de tous les Peuples"».
En fait, le décret stipulait ce qui suit:
«2- Nous interdisons à l’avenir toute célébration organisée sous les auspices de l’Armée de Marie et de ses ramifications dans les églises paroissiales et autres lieux de culte de Notre diocèse.
«3- Nous interdisons la propagation de la dévotion et de la prière à la "Dame de tous les Peuples" (cf. canon 839 # 2 et la notification de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 25 mai 1974).»

1° L’activité liturgique de l’Armée de Marie:
«L’activité liturgique» de l’Armée de Marie et de ses Oeuvres connexes n’a jamais été interdite dans le décret du Cardinal Vachon, uniquement sa tenue «dans les églises et autres lieux de culte» du diocèse de Québec. En toute obéissance à l’Autorité religieuse du diocèse, l’Armée de Marie a tenu ses cérémonies religieuses dans des édifices publics (tandis que les églises, de plus en plus désaffectées, servent souvent à des activités profanes...).

2° La dévotion à la Dame de Tous les Peuples:
Soulignons d’abord que lors de sa visite à Québec, en juin1974, quand Mgr van Lierde a pris connaissance de la Notification du 25 mai 1974 de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi contre la dévotion à la Dame de Tous les Peuples, il avait déclaré à Marie-Paule que cette Notification ne valait rien, premièrement parce qu’elle n’était pas signée, deuxièmement parce qu’elle était publiée en page 2 de L’Osservatore Romano, page, disait-il, qui n’avait aucune importance.
Mais l’Armée de Marie, qui s’est toujours pliée aux demandes de l’Autorité religieuse concernant cette dévotion, a alors demandé à ses membres de s’en tenir à la dévotion privée.
En 1977, l’Armée de Marie a fait alliance avec la Milice de Jésus-Christ d’Europe et a découvert avec surprise que la dévotion à la Dame de Tous les Peuples était une dévotion majeure de ce mouvement, et que la prière de la Dame avait reçu l’imprimatur et avait été indulgenciée par l’Archevêque de Sens, Ordinaire de la Milice; les membres de l’Armée de Marie, également membres de la Milice, ont commencé à réciter publiquement la prière de la Dame, mais uniquement lors des cérémonies de la Milice.
Au début des années 1980, le Cardinal Maurice Roy a demandé aux Dirigeants de l’Armée de Marie de s’en tenir à la dévotion privée (il croyait que telle était l’exigence de l’Église), ce à quoi l’Oeuvre s’est immédiatement conformée, et en 1987, au moment du décret du Cardinal Vachon, l’Armée de Marie s’en tenait toujours à la dévotion privée.
Toutefois, quelques années plus tard, l’Armée de Marie se croira en droit de reprendre la dévotion publique à la Dame de Tous les Peuples devant les nouveaux développements de cette dévotion:
- de nombreux imprimatur ont continué à être accordés à la prière (dont, le 25 mars 1994, celui du Primat des Gaules et Archevêque de Lyon, le Cardinal Albert Decourtray);
- le culte public de la Dame de Tous les Peuples a été approuvé par l’Évêque de Haarlem, Mgr Henrik Bomers, le 31 mai 1996. Or cette approbation rendait caduque la Notification de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 25 mai 1974, sur laquelle se basait le Cardinal Vachon pour interdire le culte public de la Dame (cette Notification était basée en effet sur les réserves du prédécesseur de Mgr Bomers, réserves que celui-ci n’a pas maintenues).

10. Recours de l’Armée de Marie
C.E.C.C.: «Une longue controverse amène alors l’Armée de Marie devant les diverses Congrégations romaines, depuis la Secrétairerie d’État jusqu’au Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs. Les multiples interventions de ces organismes, qui sont au service du Saint-Père dans l’exercice de sa charge, ont rencontré bien de la résistance chez les dirigeants de l’Armée de Marie, qui soutiennent, malgré l’évidence du contraire, ne pas avoir eu la possibilité de présenter leur point de vue, de se faire entendre.»
Rép.: S’il est vrai que l’Armée de Marie a été au centre d’une « longue controverse», c’est bien malgré elle, et cela pour obtempérer aux conseils d’Autorités du Vatican qui lui ont demandé de faire appel contre:
1° le décret du 4 mai 1987 par lequel le Cardinal Vachon avait révoqué son statut canonique;
2° la décision du Conseil pontifical pour les Laïcs qui, le 25 mars 1988, entérinait le décret du 4 mai 1987 du Cardinal Vachon, rejetant le recours de l’Armée de Marie et y ajoutant même une nouvelle accusation: «les fondements et les principes doctrinaux sur lesquels reposent les statuts, les enseignements et les activités de l’Armée de Marie ne sont pas conformes aux enseignements de l’Église et [que] les buts de l’Armée de Marie ne correspondent donc pas aux buts des associations de fidèles prévus par le code de droit canonique (can. 298 ss.)».
Cette nouvelle accusation du Conseil pontifical pour les Laïcs était tout à fait fausse: les fondements de l’Armée de Marie ont été approuvés par le Cardinal Maurice Roy qui les a mentionnés dans son décret érigeant l’Armée de Marie en association pieuse, en 1975, et ils n’ont jamais changé, pas plus que l’enseignement de l’Armée de Marie qui repose sur la doctrine de l’Église.
L’Armée de Marie, qui avait obéi en présentant un recours au Conseil pontifical pour les Laïcs, croyait en finir là dans cette affaire.
Cependant, au lendemain de Pâques 1988, le Père Denis Laprise, à Rome, se trouvant à proximité des bureaux du Cardinal Édouard Gagnon, Président du Conseil pontifical pour la Famille, décide d’aller le voir, en toute déférence, pour lui offrir ses voeux pascals. Comme le Cardinal Gagnon s’informe de l’Armée de Marie, le Père Denis lui apprend la récente décision du Conseil pontifical pour les Laïcs. Le Cardinal Gagnon lui conseille «d’aller plus haut» et de porter appel contre cette décision, lui indiquant à quel organisme romain s’adresser: le Tribunal suprême de la Signature apostolique, et il lui suggère le nom de deux avocats habitués à ce genre de cause. Le Père Denis choisit Me Corrado Bernardini qui effectivement sera notre défenseur auprès des différentes instances du Tribunal suprême et qui présentera aussi un recours auprès du Conseil pontifical pour l’Interprétation des Textes législatifs (pour contester certaines pratiques du Tribunal suprême qu’il jugeait non conformes au droit).
Monseigneur Émery Kabongo, Secrétaire privé du Saint-Père, avait lui aussi demandé à l’Armée de Marie de porter sa cause en appel.
On voit bien que si les organismes romains «ont rencontré bien de la résistance chez les dirigeants de l’Armée de Marie», c’est à cause de l’obéissance de ceux-ci aux conseils qui leur avaient été donnés par des Autorités vaticanes, et non par défiance envers les organismes romains.
Et redisons-le: l’Armée de Marie n’a jamais été entendue par le Cardinal Vachon sur le motif ayant fondé son décret de révocation du statut canonique de cette Oeuvre (on l’a démontré plus haut), comme elle ne l’a pas été au cours des appels logés auprès des organismes romains. Le Tribunal suprême, quant à lui, a simplement rejeté la cause, sans l’étudier, jugeant qu’elle manquait de fondement.

11. «Note d’ordre disciplinaire» de Mgr Couture
C.E.C.C.: «Les dernières péripéties de ce conflit ont conduit à la publication, par Mgr Maurice Couture, archevêque de Québec, le 10 avril 2000, d’une "Note d’ordre disciplinaire" sur l’établissement, fait sans autorisation canonique, d’un lieu de culte dans une maison de retraite de Lac Etchemin.»
Rép.: Dans une lettre à Mgr Couture, le 17 avril 2000, Marie-Paule justifiait ainsi l’établissement du Centre eucharistique et marial Spiri-Maria, à Lac-Etchemin:
«Devons-nous oublier que Dieu, dans Sa grande liberté et la liberté si belle qu’Il laisse aux êtres humains, est au-dessus de nous et qu’il Lui arrive de passer à travers toutes les barrières établies par les hommes, surtout quand l’Église est en état de crise et qu’il s’agit du salut des âmes? Précisément, le Code de Droit canonique stipule – dans l’administration des mille sept cent cinquante-deux (1752) lois établies – de ne jamais perdre de vue le salut des âmes qui doit toujours "être dans l’Église la loi suprême". Cette simple réponse est en référence au Droit canon soulevé dans la lettre de Votre Excellence.»
C’est sur un ordre du Ciel que Marie-Paule avait fait construire le Centre eucharistique et marial Spiri-Maria. L’avenir nous montrera sans doute l’opportunité et la nécessité de ce Centre.

12. Lettre du 29 février 2000 du Cardinal Ratzinger
C.E.C.C.: «Ces dernières péripéties ont conduit également à de nouvelles interventions très sévères de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (29 février 2000) et de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique (24 mai 2000). La première de ces Congrégations invitait fermement les dirigeants de l’Église du Canada à désavouer les diverses activités de l’organisme dissout canoniquement et publiait, dans une version française dûment approuvée, le texte intégral du rapport de ce dicastère sur les erreurs doctrinales de Marie-Paule Giguère (voir "Pastorale-Québec", 26 juin 2000, p. 5-6). Ces erreurs, qu’on dit "graves et grossières", ont trait à la doctrine catholique sur le Christ, sur l’Église et sur la Vierge Marie. Loin d’obtempérer à la Note doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et à la Note disciplinaire de l’Archevêque de Québec, Mme Marie-Paule Giguère et son entourage ont réaffirmé leurs positions avec une fermeté accrue.»
Rép.: Avant d’aller plus loin, il faut encore une fois préciser que l’organisme qu’est l’Armée de Marie n’a pas été «dissous canoniquement»: il s’est vu retirer son statut canonique, un point c’est tout.

a) «Nouvelles interventions très sévères»:
Remarquons que lorsque les Autorités religieuses du Canada ont voulu «détruire l’Armée de Marie» (selon l’expression du Cardinal Vachon), ces Autorités ont demandé une lettre de caution à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, à Rome:

1° La première intervention du Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 23 février 1987, approuvait et confirmait les mises en garde du Cardinal Vachon à l’encontre des deux livres de Marc Bosquart;

2° La deuxième intervention, adressée à Mgr Wiesner, Président de la C.E.C.C., le 29 février 2000, débutait ainsi: «Par votre lettre du 20 décembre dernier, vous vous êtes adressé à ce Dicastère concernant la question de l’Armée de Marie, et vous sollicitiez en particulier une intervention de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi sur les points doctrinaux que soutient Marie-Paul [sic] Giguère et qui sont inconciliables avec la foi catholique.»
La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a-t-elle vraiment étudié la question ou s’est-elle limitée à approuver la version de nos Évêques? Même la «Note sur les erreurs doctrinaux [sic] de Marie-Paul [sic] Giguère», jointe en annexe à la lettre du Cardinal Ratzinger, semble émaner de l’Archevêché de Québec, ainsi que nous le verrons.

b) La lettre du 29 février 2000 du Cardinal Ratzinger et la «Note sur les erreurs doctrinaux [sic] de Marie-Paul [sic] Giguère»:
Le premier Numéro spécial du journal Le Royaume a repris phrase par phrase la lettre du 29 février 2000 du Cardinal Ratzinger pour en démontrer les nombreuses inexactitudes, si nombreuses qu’on a fortement douté que la lettre émanait vraiment du Cardinal Ratzinger; d’autant plus qu’elle contenait beaucoup de fautes d’orthographe, ce qui était surprenant pour un document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.
Il en allait de même de la «Note sur les erreurs doctrinaux [sic] de Marie-Paul [sic] Giguère», jointe en annexe à la lettre du Cardinal Ratzinger, et qui en plus ne portait aucun signe identifiant sa provenance: pas d’en-tête de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, pas de date, pas de signature... Et certaines déclarations de Mgr Maurice Couture nous ont permis de penser que ce document provenait de l’Archevêché de Québec:

1° Dans sa présentation de la «Note doctrinale» publiée dans l’édition du 26 juin 2000 de la revue diocésaine Pastorale-Québec, Mgr Couture indiquait que «ce rapport remonte à quelques années».

2° Le 23 mai 2000, lors de son point de presse consacré à l’Armée de Marie, Mgr Couture mentionnait que cette «"Note doctrinale", rédigée il y a plusieurs années, était comme le fondement doctrinal du retrait de la reconnaissance de l’Armée de Marie par Rome, à la demande, d’ailleurs, de mon prédécesseur, le Cardinal Vachon».
Ce qui nous permet de dater la «Note doctrinale» d’avant le décret du 4 mai 1987 du Cardinal Vachon... À une époque où la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ne s’était pas encore penchée sur Vie d’Amour!
En effet, quelques mois plus tôt, en décembre 1986, à la demande de Mgr Émery Kabongo, Secrétaire privé du Pape, Marie-Paule, accompagnée de l’abbé Lionel Mélançon et du Père Denis Laprise, avait rencontré deux membres de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Père Adriano Garuti, o.f.m., et le Père Jacques Servais, s.j. Or ceux-ci, qui n’avaient pas encore commencé la lecture de Vie d’Amour (l’un d’eux a même demandé à Marie-Paule combien de volumes comportait la série!), ont déclaré que Rome ne se prononçait pas avant bien des années sur de tels écrits (Vie d’Amour, Appendice III, p. 31).
Il est donc difficile d’attribuer à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi la paternité de la «Note sur les erreurs doctrinaux de Marie-Paul Giguère»!
Cette «Note doctrinale» parle d’«erreurs doctrinaux [sic] graves et grossières» qui se trouveraient dans «les écrits de la fondatrice, Marie-Paul [sic] Giguère... et les écrits d’adeptes, surtout ceux de Marc Bosquart». Et comme exemples d’erreurs relevées dans ces écrits, les auteurs de la «Note doctrinale» présentent des phrases falsifiées et tirées de leur contexte... Selon nous, les «erreurs graves et grossières» se trouveraient plutôt dans ce document que dans les écrits de l’Armée de Marie et de sa Fondatrice, dont on n’écrit même pas le nom correctement, ce qui est incompréhensible pour des personnes qui auraient étudié quinze volumes de cet auteur! On comprend que l’Archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, se soit empressé de nous présenter une version corrigée de ce document: «Note sur les erreurs doctrinales de Marie-Paule Giguère»...
Comment «obtempérer» à des documents aussi contraires à la vérité? Et comment ne pas s’élever pour défendre la vérité?

c) La lettre du 24 mai 2000 de la C.I.V.C.S.V.A.:
Quant à la seconde intervention mentionnée dans la «Note informative», soit celle du 24 mai 2000 de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique (C.I.V.C.S.V.A.), il ne nous a pas été donné d’en prendre connaissance. Elle concernait sûrement, cependant, les Fils de Marie, qui font l’objet du paragraphe suivant de la «Note informative»:

13. Les Fils de Marie
C.E.C.C.: «Quant aux Fils de Marie, leur situation actuelle et leur avenir dans l’Église relèvent de la compétence de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique et ils sont confiés à l’autorité du Commissaire pontifical qui leur a été assigné, Mgr Gilles Cazabon, o.m.i., évêque du diocèse de Saint-Jérôme. Il y a lieu d’espérer que les Fils de Marie continuent d’apporter leur collaboration à la Congrégation et au Commissaire.»
Rép.: Ces lignes sont pour le moins surprenantes... C’est la C.I.V.C.S.V.A. qui a abandonné à eux-mêmes les Fils de Marie, négligeant de donner suite aux demandes que ceux-ci lui ont adressées pour obtenir un statut dans l’Église:

- 22 janvier 1997: demande d’incardination des Fils de Marie dans le diocèse de Mandeville, en Jamaïque, auprès de Mgr Paul Michael Boyle, c.p. (en 1984 Mgr Boyle, alors Supérieur général des Passionistes, avait accueilli les Fils de Marie à Rome pour leur permettre d’étudier à l’Angelicum et lorsqu’il a été nommé Vicaire apostolique en Jamaïque, en 1992, il a demandé le concours des Fils et Filles de Marie);

- 23 janvier 1997: demande d’excardination des Fils de Marie du diocèse de L’Aquila, qu’ils avaient quitté le 1er janvier 1997 pour préserver l’identité intrinsèque de la Communauté.
Ces demandes sont renouvelées un an plus tard, mais à ce jour elles n’ont reçu aucune réponse de la C.I.V.C.S.V.A.
Or, selon le Droit de l’Église, la C.I.V.C.S.V.A. ne disposait que d’un laps de temps de cinq mois pour répondre à ces demandes qui ne pouvaient être refusées que pour un motif grave. La seule réponse a été la nomination d’un Commissaire pontifical.
Pourquoi une telle nomination? Un Commissaire pontifical est nommé habituellement lorsqu’il y a des problèmes internes dans une Communauté, ce qui n’était pas le cas.
Et pour avoir apporté leur collaboration à la C.I.V.C.S.V.A., les Fils de Marie se sont retrouvés devant rien, et la situation est pire depuis la nomination du Commissaire pontifical dont les agissements étonnants auraient pu semer la division au sein du groupe heureusement préservé par la droiture et la transparence des Fils de Marie.

a) Les Fils de Marie et la Congrégation pour les Religieux en 1985:
Les Fils de Marie n’en étaient pas à leur première mauvaise expérience avec la C.I.V.C.S.V.A., anciennement la Sacrée Congrégation pour les Religieux. Faisons un retour en arrière:
Le 17 juin 1985, les 15 Fils de Marie étudiant à l’Université pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (l’Angelicum), à Rome, ont tous terminé avec succès leur première année universitaire et sont sur le point de revenir au Québec pour les vacances d’été. Ils ont fait bonne impression à l’Université où ils ont été accueillis chaleureusement par le Secrétaire général.
Ce jour-là (17 juin), le Père Denis Laprise, qui est à Rome le Responsable du groupe avec la permission de ses Supérieurs camilliens, communique avec un membre de la Sacrée Congrégation pour les Religieux, le Père Jacques Araguin, qui se montre très désagréable et agressif:
«Vous êtes avec les Fils de Marie? Jamais le Pape ne vous reconnaîtra tant que vous serez liés à l’Armée de Marie, etc.» (Cf. Vie d’Amour, Appendice I, p. 311, où Marie-Paule ne donne toutefois pas le nom du Père Araguin. Il faut dire qu’avec toutes les calomnies répandues à Rome contre la Fondatrice de l’Armée de Marie, en provenance de Québec, Marie-Paule n’est pas bien vue en plusieurs Dicastères!) Et le Père Araguin termine, menaçant, en disant au Père Denis qu’il va s’occuper de lui.
Le Père Denis n’a pas beaucoup le temps de s’inquiéter dans les mois qui suivent jusqu’à ce qu’arrive la fin de septembre, au moment de quitter le Québec pour Rome afin d’accompagner les Fils de Marie qui seront 32 cet automne-là, dont 28 pour étudier à l’Angelicum en vue du sacerdoce.
Le Père Denis venait de rencontrer son Supérieur provincial, le Père Joseph Bressanin, en visite canonique au Québec du 7 au 21 septembre 1985, qui lui avait répété qu’il avait la permission d’accompagner les Fils de Marie en Italie.
Mais le 26 septembre le Père Celeste Guarise, Supérieur local du Père Denis au Québec, lui téléphone pour lui apprendre qu’il ne pourra aller à Rome, avec les Fils de Marie, que s’il en a la permission du Cardinal Vachon... Le lendemain, le Père Denis va rencontrer le Père Guarise et tous deux téléphonent au Père Bressanin, en Italie, qui confirme que c’est la Congrégation pour les Religieux qui a interdit la venue à Rome du Père Denis et qu’il se voit donc obligé de lui refuser la permission de retourner à Rome avec les Fils de Marie (le départ était prévu quelques jours plus tard; quelle catastrophe pour les 32 jeunes qui se retrouvent sans Responsable! Leur année universitaire semblait fort compromise... Mais voyons comment le Ciel a contourné les difficultés, comme il en est toujours lorsque les adversaires de l’Oeuvre tentent de semer des embûches).
Le 27 septembre, le Père Guarise rencontre le Cardinal Vachon qui refuse de donner au Père Denis la permission d’accompagner à Rome les Fils de Marie et le Cardinal exige même que le Père Guarise écrive au Père Denis une lettre d’interdiction en ce sens. Et le Cardinal Vachon ajoute:
«Il faut tout détruire et faire disparaître ces futurs prêtres!»
Le Père Guarise est bouleversé, de même que le Père Denis à qui il rapporte ces paroles.
Marie-Paule écrit, dans Vie d’Amour, Appendice II où est relaté cet épisode (pp. 65 à 71):
«Le Ciel avait déjà prévu le coup car, dix jours plus tôt, sans que je sache pourquoi, sur une "indication" j’avais demandé à Monsieur l’abbé Lionel Mélançon s’il pouvait se tenir prêt pour aller d’urgence à Rome. Acceptant la demande, l’abbé a aussitôt pensé à trouver un remplaçant pour lui à l’hôpital où il est aumônier» (p. 65).
Or, le 18 juin précédent, l’abbé Mélançon avait rencontré à Rome Mgr Émery Kabongo, Secrétaire privé du Pape, qui lui avait dit: «Téléphonez-moi quand vous viendrez à Rome» (p. 66).
Au soir du 27 septembre, Marie-Paule, accompagnée d’un Fils et d’une Fille de Marie, se rend chez l’abbé Mélançon pour lui remettre le billet d’avion qu’elle lui a procuré. De son côté, l’abbé Mélançon a trouvé un remplaçant en la personne du Père Jean-Claude Guillemette, lui aussi un dévoué collaborateur de l’Oeuvre.
À 4h du matin le 28 septembre (il est 10h à Rome), l’abbé Mélançon téléphone à Mgr Kabongo, à Rome, qui l’invite chaleureusement bien qu’il ignore le motif de sa visite là-bas: «Venez à Rome. En arrivant, veuillez me téléphoner pour fixer l’heure du rendez-vous» (p. 66).
L’abbé Mélançon s’envole donc pour l’Italie le soir même. Deux jours plus tard il téléphone à Marie-Paule pour lui communiquer que «l’Autorité religieuse du Vatican demande que le Père Denis se rende immédiatement à Rome» (p. 66). Cette Autorité, c’est le Pape Jean-Paul II. Le Père Denis doit obéir à une Autorité supérieure! Il s’envole donc pour Rome le 1er octobre.
De son côté, à Rome, l’abbé Mélançon rencontre des Autorités au sujet des Fils de Marie et un de ces Personnages lui affirme: «Nulle Autorité n’a le droit d’interdire à un Religieux d’accompagner des étudiants à Rome, et personne n’a le droit d’interdire aux étudiants d’aller à l’Université pontificale Angelicum» (p. 68). Or c’est le Secrétaire général de la Sacrée Congrégation pour les Religieux, Mgr Vincenzo Fagiolo, qui avait signé la lettre adressée aux Supérieurs majeurs du Père Denis pour interdire à celui-ci d’accompagner les Fils de Marie à Rome...
Le 3 octobre, Mgr Kabongo reçoit l’abbé Mélançon et le Père Denis, et il leur demande d’aller rencontrer Mgr Fagiolo. Il téléphone lui-même au Secrétaire général de la Congrégation pour les Religieux et lui demande de les recevoir, mais Mgr Fagiolo répond qu’ils doivent venir immédiatement car il est sur le point de partir.
Le Père Denis et l’abbé Mélançon se rendent tout de suite aux appartements de Mgr Fagiolo qui se montre sympathique. En conclusion de l’entretien, Mgr Fagiolo déclare au Père Denis: «Vous avez bien fait de venir à Rome. Dites à tous vos jeunes de venir en grande paix. Vos jeunes aiment la Sainte Vierge, vous aussi? Eh bien! Elle vient de triompher. Je m’occupe de tout et je vais vous trouver un Évêque protecteur» (p. 70). Et Mgr Fagiolo ajoute qu’il prend sur lui la responsabilité de cette affaire, confiant tout au Coeur Immaculé de Marie.
Et voilà! Sans savoir toutes les péripéties ayant préparé leur venue à Rome, nos Fils de Marie arrivent dans la Ville éternelle le 9 octobre.
Plus tard, le Père Denis rencontre aux bureaux de la Congrégation pour les Religieux Mgr Fagiolo et le Père Araguin. Alors que ce dernier se montre de nouveau très agressif, Mgr Fagiolo fait signe au Père Denis de ne pas se préoccuper de l’attitude de ce Père...
Pourquoi donc tant d’oppositions, à Rome, contre l’Armée de Marie et les Fils de Marie? Au cours des années, plusieurs Autorités religieuses nous ont informés que la source des difficultés vient de Québec. Dans le cas qui nous occupe ici, soit les études des Fils de Marie à l’Angelicum à l’automne 1985, nous en avons eu la confirmation par un dialogue entendu, le 4 octobre 1985, à l’Hôtel-Dieu de Québec: c’est le Père Hervé Lemay (alors Frère) qui y était allé rencontrer quelqu’un et qui avait croisé dans l’ascenseur Mgr Jean-Paul Labrie, Évêque auxiliaire à Québec, accompagné d’une religieuse et d’un prêtre qui avaient échangé ces mots:
La religieuse: «Vous savez que plusieurs jeunes de l’Armée de Marie se rendront bientôt étudier à Rome.»
Le prêtre: «Hum! vous allez voir que les Évêques vont bloquer ça à Rome, ça ne sera pas long.» (Vie d’Amour, Appendice II, p. 70)
Mais les Évêques n’ont jamais le dernier mot contre les Oeuvres de Dieu lorsqu’ils les combattent.

b) Les Fils de Marie et leur Fondatrice:
Le 10 octobre 1985, Mgr Vincenzo Fagiolo dit au Père Denis: «Veuillez communiquer ceci à "cette femme": elle doit écrire une lettre à l’Église pour donner la Communauté à l’Autorité, mais elle ne doit pas signer son nom» (Vie d’Amour, Appendice II, p. 71).
Marie-Paule se déclare prête à s’éloigner et, après avoir demandé conseil à Mgr Kabongo, par l’entremise du Père Denis à Rome, elle écrit à la Congrégation des Religieux. Toutefois, elle oublie la surprenante demande de ne pas signer cette lettre...
Mais lorsque la Fondatrice rencontre Mgr Kabongo à Rome, le 3 décembre 1985, et qu’elle lui répète qu’elle est prête à s’éloigner, Mgr Kabongo lui répond: «Non, vous devez rester là» (id., p. 108).
D’autres Autorités religieuses, dont Mgr Mario Peressin, Archevêque de L’Aquila et Protecteur des Fils et Filles de Marie de 1986 à 1997, ont voulu séparer les Fils de Marie de leur Fondatrice. Mais les Fils de Marie n’ont jamais accepté une approbation ecclésiale en échange du reniement de leur Mère et Fondatrice.
C’est l’Église elle-même, pourtant, qui exige des religieux qu’ils demeurent fidèles à l’esprit de leur Fondateur... Mais la persécution de l’Église envers les Fondateurs fait partie du paradoxe chrétien! Eux qui renouvellent l’Église, y insufflant leur grâce particulière, sont bannis... On pense à sainte Thérèse d’Avila, réformatrice du Carmel et Docteur de l’Église, que, de son vivant, l’Autorité religieuse a voulu remplacer comme Supérieure; mais, malgré les menaces d’excommunication qui pesaient contre ses religieuses si elles réélisaient leur Fondatrice, une grande majorité d’entre elles l’ont réélue... et ont été excommuniées!
Il est impossible, sans les dénaturer, de séparer les fruits de l’arbre qui les a produits et qui les nourrit.

c) Le statut des Fils de Marie:
Mgr Gilles Cazabon dit désirer pour les Fils de Marie «une place mieux établie dans l’Église». Mais, «en vérité», répond la Fondatrice, Mère Paul-Marie, «les Fils de Marie désirent-ils une place mieux établie dans l’Église? Tant d’autres nouvelles communautés ont mis jusqu’à trente et quarante ans avant d’être insérées dans l’Église, alors que leurs membres étaient bien établis selon le charisme de leur fondateur respectif et non selon les incompréhensions d’un contrôleur qui n’a rien vécu du charisme fondamental d’une nouvelle oeuvre que Dieu donne à son Église pour les temps à venir» (Le Royaume, n° 138, janvier-février 2000, p. 12).
Pour l’instant, les Fils de Marie n’ont aucun statut dans l’Église – tant Mgr Peressin que la C.I.V.C.S.V.A. leur ont répété qu’«ils n’étaient rien»!
Comment donc la C.I.V.C.S.V.A. pourrait-elle prendre maintenant des mesures à l’encontre d’un groupe qu’elle n’a pas reconnu, auquel elle a refusé un statut? Peut-on prendre des sanctions contre «rien»?
Revenons à la conclusion de la «Note informative» de la C.E.C.C. sur l’Armée de Marie.

14. Solidarité épiscopale
C.E.C.C.: «Cette note informative nous permet de dire notre solidarité avec l’archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, s.v., la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique et le Commissaire pontifical, Mgr Gilles Cazabon, o.m.i. Nous demandons aux fidèles de l’Église catholique au Canada de prier pour que cesse cette situation troublante et nous invitons les personnes proches de l’Armée de Marie à réévaluer leurs liens avec cet organisme à la lumière des décisions de l’autorité responsable dans l’Église.»
Rép.: «Situation troublante», en effet! On accuse sans entendre les accusés... Les Évêques se déclarent solidaires avec ceux qui combattent l’Armée de Marie, sans se rendre compte qu’ils participent à une grave injustice... et la C.E.C.C. va jusqu’à exiger cette solidarité de tous les Évêques, en vertu de la collégialité épiscopale!
Pourtant, le 27 mai 1992, s’adressant à nos pèlerins sur la Place Saint-Pierre, le Saint-Père n’est pas allé dans le sens désiré par le Cardinal Louis-Albert Vachon qui avait voulu détruire l’Armée de Marie: le Saint-Père, notre bien-aimé Pape Jean-Paul II, a encouragé l’Armée de Marie, mouvement que plusieurs déclarent dissous depuis 1987.
Et, pour la petite histoire de cette Oeuvre, il serait intéressant de mentionner que si l’Armée de Marie possède l’enregistrement vidéo des paroles du Saint-Père à cette occasion, enregistrement repris à la fin du film «Vie d’Amour», c’est grâce à un des deux cinéastes à l’origine de ce film et qui, ayant pour ami un Cardinal attaché au Vatican, a pu obtenir copie de cet enregistrement que, selon nos sources, certains, du Québec, auraient tenté de faire disparaître – faire disparaître la trace d’un encouragement du Pape à l’égard de l’Armée de Marie, un mouvement rejeté au Québec et au Canada! Vraiment, le Saint-Père ne se sent pas lié par aucun «pacte épiscopal» quand il s’agit de saluer une Oeuvre de Dieu!
Et la «Note informative» se termine par l’appel à l’unité qu’a fait Jésus en laissant Ses disciples, à la Dernière Cène:

15. Appel à l’unité
C.E.C.C.: «"Que tous, ils soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé" (Jn 17, 21).»
Rép.: Mais l’unité ne peut se bâtir sur le mensonge et sur le rejet des Oeuvres de Dieu. Pour contribuer sincèrement à l’unité, il faut pratiquer la justice, dans la vérité.

Conclusion: le coeur du problème

a) La Fondatrice:
Dès 1985, les Fils de Marie s’étaient fait dire qu’ils ne seraient pas reconnus tant qu’ils resteraient liés à l’Armée de Marie dont c’était surtout la Fondatrice qui «faisait problème» en certains milieux.
«Signe de contradiction»: aimée et vénérée par les uns, haïe par les autres... Reconnue pourtant par des hommes d’Église hors du commun: le Père Marie-Michel Philipon, o.p., expert au Concile; Mgr Jean-Pierre van Lierde, qui a été à ses côtés pendant quelques années; Mgr Émery Kabongo, son dernier Directeur spirituel, qui lui a donné cette directive, le 25 février 1987:
«Vous devez continuer à agir et à bien suivre, en toute conscience, les indications que vous recevez, à bien obéir aux ordres.
«Bien plus, si un Évêque ou un Cardinal vous dit le contraire de ce que vous recevez, vous devez, en toute conscience, suivre les indications que vous recevez.
«Et si je vous donnais, moi aussi, des directives qui viennent à l’encontre de ce que vous recevez, je vous demande, en toute conscience, de bien suivre les indications que vous recevez» (Vie d’Amour, Appendice V, p. 280).
Depuis ce temps, soit 1987, Marie-Paule doit obéissance à Dieu seul qui a choisi cette directive du Directeur spirituel de la Fondatrice de l’Armée de Marie pour la dégager de la coupe de ceux qui voudraient détruire cette Oeuvre malgré la Volonté divine de sauver le monde par ce moyen.

b) Le Pape et l’Armée de Marie:
Alors que l’Armée de Marie et sa Fondatrice étaient vilipendées par des Autorités religieuses, le Souverain Pontife romain, le Pape Jean-Paul II, n’a pas craint de leur accorder son appui lorsque, le 27 mai 1992, sur la Place Saint-Pierre, il déclarait à nos pèlerins:
«J’adresse la bienvenue au nombreux groupe international de l’Armée de Marie... Laissez-vous toujours éduquer par la Mère du Seigneur...»
L’Armée de Marie n’avait jamais demandé pareille reconnaissance – c’eût été placer le Saint-Père dans une situation délicate, bien des Évêques québécois ayant souhaité enterrer cette Oeuvre! Mais notre Pape Prophète a pris l’initiative de ces paroles qui ne pouvaient manquer de susciter des interrogations en Église. En effet, comment des Évêques peuvent-ils condamner lorsque le Pape accorde une forme de reconnaissance?
La même chose s’était produite pour la Communauté des Fils de Marie, alors que le Pape Jean-Paul II a ordonné prêtre le premier Fils de Marie prêt à accéder au sacerdoce: c’était le 25 mai 1986, en la Basilique Saint-Pierre. Et le Saint-Père avait déclaré aux 74 ordinands: «L’Église de Dieu vous accueille avec joie!»
Depuis, la Communauté des Fils de Marie a offert à l’Église 44 prêtres... des forces vives dont les Autorités religieuses du Québec veulent priver les catholiques qui souffrent pourtant du manque aigu de vocations sacerdotales!
Le Seigneur a précisé à Marie-Paule: «L’ÉGLISE EST PARALYSÉE À CAUSE DE LA MESQUINERIE DE MES ÉVÊQUES» (Vie d’Amour IX, chap. 43, p.185). Et aussi: «TU SERAS SEULE JUSQU’À LA FIN» (brochure n° 10, Lac-Etchemin, mars 1985, p. 104).
Mais nous savons qu’à la fin, quand tout semblera désespéré, ce sera le triomphe du Coeur Immaculé de Marie, ainsi qu’Elle l’a promis à Fatima.
Aussi gardons-nous confiance, malgré les coups assénés par l’Église à l’Armée de Marie. Malgré tous les obstacles en travers de Son Oeuvre d’amour, la Dame de Tous les Peuples vaincra et offrira à l’humanité le temps de paix auquel les hommes aspirent depuis la nuit des temps!

8 octobre 2000

Sylvie Payeur-Raynauld


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