L’Hebdo Mékinac - Des Chenaux, de St-Tite, publiait dans son numéro du 5 octobre 2002 une «Réflexion» signée Roland Leclerc, ayant pour titre Rapprocher le Droit canon des Évangiles, où il est question du refus de l’Évêque de Trois-Rivières de permettre des funérailles catholiques pour le frère Hugues De Nantes, de la Contre-Réforme catholique, qui fait partie d’un mouvement dont les membres
«se rendent schismatiques du fait même qu’ils refusent leur affiliation au Pape et leur adhésion aux enseignements du Concile Vatican II».

Roland Leclerc s’interroge sur la pertinence, en un tel cas, de funérailles non catholiques tenues dans un lieu de culte paroissial, dans le cadre d’une liturgie «préparée et dirigée par les disciples de l’abbé De Nantes... Ce fut le cas à Beloeil à l’occasion des funérailles laïques de Marie-Soleil Tougas.»

Pour terminer, l’auteur de l’article rapproche la situation des membres de l’Armée de Marie de celle du frère Hugues De Nantes:

«Que feront nos évêques et nos paroisses quand commenceront à mourir les milliers de Québécois et Québécoises qui sont membres de l’Armée de Marie, mouvement interdit par le Vatican? Je ne suis pas certain que chaque membre comprend bien que son adhésion à ce mouvement en fait un schismatique et entraîne le refus de funérailles catholiques. Je ne suis pas certain, non plus, que les proches et amis de ces personnes, ne pourraient pas se retrouver “ensemble pour prier”, sans faire scandale ni outrage à l’orthodoxie catholique. Nous avons besoin de rapprocher le Code de droit canonique du livre des Évangiles!»

Ces lignes ont de quoi faire sursauter qui connaît la situation de l’Armée de Marie et la portée réelle de la Note doctrinale émise par la Conférence des Évêques catholiques du Canada à l’encontre de cette Oeuvre, le 15 août 2001. On trouvera ci-après la réaction de quelques membres à l’article de Roland Leclerc qui contribue à entretenir la confusion au sujet de l’Armée de Marie.

Lutte contre les grands mouvements religieux (Sylvie Payeur-Raynauld)

Les membres de l’Armée de Marie: des schismatiques?... (Daniel Couture)

Qu’avons-nous fait de l’Église catholique?... (Pauline T.-Avon)

«Que feront nos évêques et nos paroisses?...» (Père Pierre Mastropietro)

L’abbé Roland Leclerc et les funérailles (Marc Élie)

Sylvie Payeur-Raynauld

* * *

LUTTE CONTRE LES GRANDS MOUVEMENTS RELIGIEUX

Le 13 octobre 2002

Lettre ouverte à Roland Leclerc
et à L’Hebdo Mékinac - Des Chenaux

Monsieur l’Abbé,

J’ai lu avec étonnement le commentaire que vous avez fait, dans le numéro du 5 octobre 2002 de L’Hebdo Mékinac - Des Chenaux, au sujet de l’Armée de Marie que vous avez qualifiée de «mouvement interdit par le Vatican», traitant ses membres de «schismatiques».

Avant d’être approuvés par l’Église, la plupart des grands mouvements religieux et leurs Fondateurs ont été condamnés. Prenons l’exemple de Padre Pio, aujourd’hui canonisé: de son vivant, il a été condamné cinq fois par le Saint-Office et les Groupes de prière qu’il avait fondés ont été interdits en Italie. Avec le recul, on peut admirer les bons catholiques qui, malgré l’interdit, sont demeurés fidèles à leur père spirituel.

Sainte Thérèse d’Avila, docteur de l’Église, a eu maille à partir avec l’Autorité religieuse de son temps: un jour qu’on avait décidé de la destituer comme Supérieure, le Visiteur apostolique a menacé d’excommunication lesSoeurs qui voudraient la réélire. Ehbien! malgré les sanctions prévues, un bon nombre sont demeurées fidèles à la Fondatrice du Carmel réformé.

L’Armée de Marie a été demandée par le Ciel et c’est le Ciel qui continue de la diriger à travers Son humble instrument, Mère Paul-Marie: cela est incontestable à la lumière des réalisations dont nous sommes témoins (guérisons inexplicables, prophéties réalisées, etc.). Mais le Christ a promis que Ses disciples connaîtraient comme Lui la persécution, et l’une des facettes de cette persécution est la campagne de calomnies et de fausses accusations qui ont sali l’Armée de Marie et sa Fondatrice à différents paliers de l’Église catholique et dans les médias.

Un jour, les gens seront surpris lorsqu’ils apprendront la vérité. Cette Oeuvre a donné les preuves d’une grande fidélité à l’Église catholique et àson chef, le Successeur de Pierre; et d’une grande fidélité à la doctrine catholique. Si des idées nouvelles sont véhiculées, cela ne veut pas dire que ce sont des hérésies: au cours des siècles, la doctrine a souvent évolué à coups de «chicanes de théologiens».

Le monde est en péril; quelle responsabilité de refuser et de renier les bons soldats du Christ et de Marie!

Sylvie Payeur-Raynauld

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LES MEMBRES DE L’ARMÉE DE MARIE: DES SCHISMATIQUES?...

Pauvre Vérité qu’il est si facile de ne pas recevoir dans son coeur et son intelligence!

L’édition du samedi 5 octobre 2002 de L’Hebdo Mékinac - Des Chenaux a fait paraître une «Réflexion» signée par Roland Leclerc, prêtre du diocèse de Trois-Rivières. Cet article dont il faut bien soulever le caractère aberrant porte le curieux titre «Rapprocher le Droit canon des Évangiles» et se termine par une «réflexion» sur l’Armée de Marie.

L’article entoure le refus de Monseigneur Martin Veillette, en vertu du canon 1184, §1, d’accorder des funérailles ecclésiastiques à des membres d’une communauté religieuse qui «se rendent schismatiques du fait même qu’ils refusent leur affiliation au Pape et leur adhésion aux enseignements du Concile Vatican II» (L’Hebdo Mékinac - Des Chenaux, samedi 5 octobre 2002, p.4). L’auteur termine son texte en se demandant si le même sort ne nous sera pas réservé «quand commenceront à mourir les milliers de Québécois et Québécoises qui sont membres de l’Armée de Marie». Ajoutant: «Je ne suis pas certain que chaque membre comprend bien que son adhésion à ce mouvement en fait un schismatique et entraîne le refus de funérailles catholiques.» L’abbé Leclerc sous-entend ainsi que, par charité évangélique, on devrait faire une entorse au Droit canonique en admettant les membres de l’Armée de Marie à des funérailles catholiques.

On croit rêver…

Soulignons que «résister» à un jugement émis par une instance de l’Église, comme la Note doctrinale de la CECC du 15 août 2001, n’équivaut pas à une excommunication et ne fait pas de nous des schismatiques. Disons aussi qu’il est inconcevable qu’on puisse amalgamer l’Armée de Marie avec un groupe qui «refuse son affiliation au Pape et son adhésion aux enseignements du Concile Vatican II».

Adhérer à l’Armée de Marie ferait de nous des schismatiques?

1. La Note du 15 août 2001 de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) est fondée sur des faussetés. La preuve en a été faite de bien des manières et il est très facile d’en prendre connaissance. Il suffit de chercher la vérité. Qu’il suffise de mentionner les accusations à propos des apparitions de la Dame de Tous les Peuples, alors que leur caractère surnaturel est maintenant officiellement reconnu!

Il convient de mentionner que 2 des 93 évêques actifs au Canada se sont abstenus d’approuver cette Note doctrinale. Ces deux évêques n’ont pas voulu signer cette Note non conforme à la vérité, ayant vérifié par eux-mêmes ce qu’il en était des fondements et des activités de l’Armée de Marie, approuvée en 1975 par le Cardinal Maurice Roy, Primat de l’Église au Canada, et désapprouvée par le Cardinal Albert Vachon, en 1987, sous de fausses accusations.

Après quelques années d’observation, d’étude et de visites dans les maisons des Fils et Filles de Marie, les deux évêques qui avaient déjà en service dans leur diocèse respectif des religieux Fils et/ou Filles de Marie, et conscients du bien-fondé de leur ministère, n’ont pas consenti à signer cette Note doctrinale.

2. Les exemples sont très nombreux de jugements aberrants de la part d’évêques ou d’instances dans l’Église catholique romaine. L’Église a une part bien humaine; sa sainteté et son unité ne reposent nullement sur cette part, mais sur sa part divine. Cela est vrai depuis toujours, il faut rappeler cette vérité plus que jamais. Dieu merci! plusieurs récentes canonisations par Jean-Paul II témoignent avec éclat de cette vérité que les hommes et les femmes les plus fidèles à l’Église catholique et les plus saints de l’histoire sont le plus souvent l’objet de persécutions de la part d’autorités dans l’Église. C’est dans la nature des choses, à quoi d’autre pourrions-nous nous attendre quand nous connaissons le sort que les autorités religieuses du Sanhédrin ont réservé au Christ auquel les saints sont configurés?

3. L’Armée de Marie se reconnaît depuis sa fondation et se reconnaîtra toujours à ce signe: sa fidélité à Rome et au Pape dûment élu, actuellement Jean-Paul II, ce qui, bien sûr, inclut les évêques en communion de foi avec lui. Mais cela n’équivaut absolument pas à nous autodétruire si, à l’aide de procédés plus que douteux, sur des raisons discutables basées sur des faits non vérifiés et de toute évidence faux, des évêques, en conférence épiscopale, déclarent que nous ne pouvons plus nous considérer catholiques.

Monsieur l’abbé est allé très vite en besogne dans les jugements qu’il porte sur l’Armée de Marie. Ses affirmations portent pourtant hautement à conséquence; elles sont de l’ordre de celles qu’il faut peser avec un soin extrême!

D’ailleurs, être prêtre et dire qu’il faut que le Droit de l’Église catholique romaine se rapproche des Évangiles, c’est se faire, il me semble, sur les Évangiles et le Droit canonique de l’Église, une étrange idée qui ne correspond pas à la vérité.

Si le Droit canonique de l’Église n’est pas parfait, ce qui est possible puisqu’il comporte des éléments humains, il est cependant fondé sur la Vérité et la Justice du Christ. Il n’est pas nécessaire d’être canoniste et de connaître tous les articles du Code de droit canonique pour affirmer cela; il suffit d’avoir la foi en l’Église catholique romaine. Notre-Seigneur est présent dans Sa Parole, les Évangiles, comme Il est présent dans le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie. L’Église catholique romaine communique le Christ aux fidèles selon ces deux nourritures. Comment donc l’Église pourrait-elle «prétendre» dispenser LÉGITIMEMENT la Parole et le Corps du Christ aux fidèles si le Code régulateur de l’ensemble de ses activités n’était pas entièrement soumis à la Vérité des Évangiles?

Ce n’est pas tant le Droit canon qui doit se rapprocher des Évangiles, ce sont les fidèles, surtout les prêtres, et en tout premier lieu les évêques, qui doivent se rapprocher du Droit canon, sans s’écarter pour autant du véritable esprit de l’Évangile.

C’est cette douloureuse vérité qui rend apparemment contradictoire la situation vécue par les membres de l’Armée de Marie qui, professant et vivant en une entière soumission à l’Église catholique romaine, sont bannis de celle-ci par la Conférence des Évêques catholiques du Canada!

Car c’est en ne respectant pas le Droit de l’Église catholique que les évêques du Canada ont pu «condamner» l’Armée de Marie, nous ne le dirons jamais assez. L’Armée de Marie ne fait RIEN en dehors de l’Église catholique romaine. C’est au contraire à TOUTE l’Église qu’elle adhère. Ceux qui disent le contraire ne peuvent pas, par eux-mêmes, avoir enquêté honnêtement à son sujet. Ce qui rappelle un certain Pilate à qui Jésus répondait: «Dis-tu cela (ton accusation contre moi) de toi-même?» La condamnation de Jésus n’est tout de même pas une preuve qu’Il est coupable des crimes dont on L’accusait... Bien au contraire, Il est la preuve qu’on peut être parfaitement innocent et être condamné à la pire des peines capitales. Or, il est impossible que la condamnation de Jésus ait été faite sans qu’il y eût usurpation de pouvoir, par manque d’égard à la vérité et à la justice…

Les évêques du Canada doivent se rapprocher du Droit canon; c’est ce qui donne au dernier paragraphe de l’article de l’abbé Leclerc des accents d’une sombre tragi-comédie! Rien ne m’autorise à le déplorer, sinon les faits; rien ne m’en donne le droit, sinon la vérité qui aura toujours le dernier mot, Dieu nous en est garant.

«L’évêque du diocèse de Trois-Rivières était sans doute fondé selon le Droit canon de refuser que des funérailles officiellement catholiques soient accordées au frère Hugues De Nantes, membre de la contre-Réforme catholique, à Shawinigan.» Oui, sans doute. Avec ce que les «dissidents» de la Contre-Réforme disent des Papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et de Vatican II, ce n’est pas très surprenant. Il irait contre l’unité que le Seigneur veut pour Son Église d’admettre «de droit» à des funérailles ecclésiastiques une personne qui professe violemment de son vivant ne pas reconnaître les Actes du Magistère de l’Église romaine. Dans les faits, ce sont toujours les circonstances qui conduisent à appliquer ou non un article de droit. Cela signifie que s’il y a une interrogation à porter, ce n’est pas le Droit canon qu’il faut remettre en question, mais le jugement de l’Ordinaire, comme le stipule très bien le paragraphe 2 du canon 1184 cité par l’abbé Leclerc dans son article: «Si quelque doute surgit, l’Ordinaire du lieu, au jugement duquel il faudra s’en tenir, sera consulté.»

La Vérité a ses droits et nous avons tous nos devoirs envers elle. Le droit véritable ne peut exister sans une pleine et entière soumission à la vérité. Exercer un droit ou exercer «le droit», sans soumettre l’intégralité de son action à une entière soumission à la vérité, équivaut à exercer un abus de pouvoir.

C’est ainsi qu’on peut fameusement abuser du droit à la liberté d’expression, surtout lorsqu’on est diffusé dans un média. Que ne nous faut-il pas endurer tous les jours à cause de ce droit à la liberté d’expression dont l’exercice est devenu ridiculement fou!

La véritable liberté, on le sait bien, ne consiste pas à dire ou à faire n’importe quoi, elle est la plus grande conquête humaine dilatant le coeur et l’intelligence que le Seigneur réserve à ceux qui sont FIDÈLES À LA VÉRITÉ.

Daniel Couture

* * *

QU’AVONS-NOUS FAIT DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE?...

Montréal, 18 octobre 2002

Monsieur Roland Leclerc, ptre
«L’Hebdo»
Région «Mékinac - Des Chenaux»
Shawinigan QC

Monsieur l’Abbé,

J’ai lu votre Réflexion: «RAPPROCHER LE DROIT CANON DES ÉVANGILES», article édité dans l’Hebdo du samedi 5 octobre 2002, en page 4.

Comme simple lectrice de votre journal, j’ose venir, à mon tour, donner mon appréciation aux propos tenus par le journaliste du «JOUR DU SEIGNEUR», à Radio-Canada. C’est bien connu, Monsieur Roland Leclerc, prêtre, est le narrateur des nouvelles religieuses et de la messe dominicale télévisée, ce qui semble lui donner une sorte de notoriété. Mais, en même temps, il doit exercer une certaine prudence lorsqu’il émet quelques-unes de ses réflexions concernant l’appartenance de plusieurs catholiques à leur Église qu’ils chérissent par-dessus tout avec le Pape Jean-Paul II à sa tête et les Évêques qui sont en communion de foi avec lui.

Monsieur l’abbé Leclerc se pose la question suivante: «Que feront nos Évêques et nos paroisses quand commenceront à mourir les milliers de Québécois et Québécoises qui sont membres de l’Armée de Marie, mouvement interdit par le Vatican?» J’aimerais bien voir et lire les documents officiels émanant du Pape et du Vatican condamnant la pratique religieuse à laquelle le Concile Vatican II nous exhorte dans les Documents conciliaires. Les membres de l’Armée de Marie ne sont que des catholiques convaincus en le Christ Jésus né, mort et ressuscité proclamé dans le Symbole des Apôtres, le «Je crois en Dieu».

L’Armée de Marie est notre planche de salut. Nous sommes très bien informés que nous vivons en notre siècle un grand Mystère de notre foi catholique. L’Armée de Marie vit l’Évangile et les préceptes contenus dans les Saintes Écritures, repris et enseignés par notre Mère la Sainte Église. Pour bien connaître l’Armée de Marie et ce qu’elle apporte au monde d’aujourd’hui, il faut tout d’abord chercher honnêtement à découvrir l’Esprit qui favorise l’adhésion libre de chacun à joindre les rangs d’une Armée dirigée par la Servante de la Vierge Marie. Pour bien comprendre le rôle et la sublime Mission de l’Armée de Marie, il faut être à l’intérieur pour saisir notre participation dans l’économie du Salut.

Pour ma part, j’ai oeuvré dans plusieurs mouvements catholiques sous la direction des Évêques du temps qui sont maintenant disparus et élevés dans la gloire du Père, et j’ai le regret de vous dire que je ne m’y retrouve plus dans cette Église du Québec dite populaire qui ne fait que de vider les églises et physiquement et spirituellement. Je n’y retrouve plus l’Esprit et la pratique religieuse qui ont marqué d’une façon indélébile notre appartenance à Dieu et à l’Église catholique. L’Esprit que Jésus a voulu et les valeurs qu’ont véhiculées nos pairs dans la foi chrétienne de notre enfance et notre vie d’adulte sont pourtant immuables, que sont-ils devenus?... Le Christ a voulu son Église Sainte et Immaculée, qu’avons-nous fait de l’Église catholique au Québec?...

L’Armée de Marie m’est apparue comme un souffle divin confié à notre Mère à tous, la Vierge Marie, pour sauver l’Église de son Fils et les âmes en quête du beau, du bien et du vrai, et pour préserver les peuples de la corruption, des calamités et des guerres qui envahissent le monde de notre époque.

Quant à la Fondatrice de ce sublime mouvement, Madame Marie-Paule Giguère, elle est une véritable Mystique sur qui Dieu a daigné jeter Son regard d’amour pour tous les êtres sincères et volontaires de notre temps. Avant de terminer, j’aimerais reprendre les paroles des Béatitudes qui sont d’une cuisante actualité en ce qui touche à la réputation de notre chère Fondatrice qui est tellement vilipendée à tort. Les voici: «HEUREUX ÊTES-VOUS SI L’ON VOUS PERSÉCUTE, SI L’ON DIT FAUSSEMENT TOUTES SORTES DE MAL CONTRE VOUS, À CAUSE DE MOI. RÉJOUISSEZ-VOUS, SOYEZ DANS L’ALLÉGRESSE, CAR VOTRE RÉCOMPENSE SERA GRANDE DANS LES CIEUX.»

Cher Monsieur l’abbé Leclerc, voilà quelques pensées qui ont surgi à la suite de la lecture de votre réflexion et de votre inquiétude au sujet d’éventuelles funérailles dans nos églises.

Agréez, Monsieur l’Abbé, mes sentiments respectueux en J.M.J.

Mme Pauline T.-Avon

* * *

«... Que feront nos évêques et nos paroisses quand commenceront à mourir les milliers de Québécois et de Québécoises qui sont membres de l’Armée de Marie, mouvement interdit par le Vatican? Je ne suis pas certain que chaque membre comprend bien que son adhésion à ce mouvement en fait un schismatique et entraîne le refus de funérailles catholiques. Je ne suis pas certain, non plus, que les proches et amis de ces personnes, ne pourraient pas se retrouver "ensemble pour prier" sans faire de scandale ni outrage à l’orthodoxie catholique. Nous avons besoin de rapprocher le code de droit canonique du livre des Évangiles!»

Cet extrait de l’article publié sous la plume de Roland Leclerc, dans L’Hebdo Mékinac - Des Chenaux du samedi 5octobre, semble être une réflexion conclusive de l’auteur, à la lumière d’un événement récent qui a d’ailleurs été passablement médiatisé, c’est-à-dire celui des funérailles catholiques refusées par l’Ordinaire de Trois-Rivières au frère Hugues De Nantes, un membre de la Contre-Réforme catholique, à Shawinigan.

Sans vouloir ici reprendre un par un les points de cet article entourant, dans un premier temps, le cas du décès du frère Hugues De Nantes, puis celui de certaines autres personnes décédées dont il est fait mention, je ne peux toutefois cacher à mon tour ma surprise non seulement devant l’inconsistance des supposées considérations pastoralo-biblico-canoniques de l’abbé Leclerc, mais plus encore du lien que ce dernier fait de ces cas avec celui de l’Armée de Marie. Pour le moins qu’on puisse dire, c’est que, en fait d’entrée en matière puis de conclusion, ce n’est pas bien fort...

L’auteur, en affirmant que l’Armée de Marie est un «mouvement interdit par le Vatican», ferait bien de citer clairement ses sources d’information, car- à moins que l’abbé Leclerc n’ait été mandaté pour annoncer quelque primeur nous concernant-, à ma connaissance, jusqu’à ce jour, il n’y a eu aucune action ou déclaration de la part du Vatican et encore moins du Saint-Père en ce sens, et il n’y a non plus aucun fondement biblique ou canonique qui permette d’associer cette Oeuvre aux autres cas pré-cités.

Certes, il pourrait toujours y avoir quelque vieille motivation «pastorale» pour certains évêques d’ici et d’ailleurs qui tentent depuis des années de faire condamner l’Oeuvre et plus particulièrement sa Fondatrice; mais, dans ce cas-là, ce ne serait que le parachèvement de l’oeuvre non évangélique de leurs pères dans la foi qui, s’ils étaient encore de ce monde, feraient en sorte aussi qu’une seule femme meure pour tous les Peuples...

De toute façon, le but de l’article de l’abbé Leclerc n’est pas celui de faire la lumière et la vérité sur la situation ecclésiale de l’Armée de Marie, mais plutôt de bien introduire, par une question, son affirmation et celle de ceux qui, avec lui, veulent jeter du discrédit sur la catholicité de l’Oeuvre en prétextant, au nom de l’orthodoxie, le scandale et l’outrage que des membres de l’Armée de Marie pourraient susciter en désirant se réunir «ensemble pour prier» dans une église catholique avec leurs proches et leurs amis, à l’occasion de funérailles... Comme le dit le dicton, «heureusement que le ridicule ne tue pas», car, autrement, ce n’est pas uniquement des funérailles de nos membres dont il serait question ici.

Il est tout de même étonnant de constater tant de préoccupation de la part de M. l’abbé Leclerc à propos de l’orthodoxie de l’Oeuvre et de ses membres, alors que cette même notion d’orthodoxie est devenue, depuis plus de trois décennies, une expression quasiment taboue, parce que presque complètement disparue de l’horizon du langage ecclésiastique au Québec.

Si la présence et l’influence de l’Armée de Marie au Québec permettent une prise de conscience et un réveil face à cette valeur peut-être un peu mise au rancart mais toujours actuelle qu’est l’orthodoxie catholique, je pense que M. l’abbé Leclerc devrait s’en réjouir et en rendre grâce à Dieu, plutôt que d’écrire un article où il ne semble certain de rien et par lequel, pourtant, il insinue à tort et à travers toutes sortes de faussetés au sujet de l’Oeuvre.

Qui sait si, au fond, la vraie motivation de l’article Rapprocher le Droit canon des Évangiles n’est pas plutôt, pour l’auteur, l’expression d’un malaise personnel profond. En tout cas, faire peser au Droit canon et à l’Évangile le besoin de se rapprocher, voire de se réconcilier - alors que le «Salus Animarum», c’est-à-dire le salut des âmes, est la loi suprême commune à tous deux-, ce n’est pas se sentir bien dans sa peau..., et ce n’est pas une pseudo-pastorale de sympathie qui pourra régler le vrai problème de M. l’abbé Leclerc et de ceux qui, avec lui, semblent plus préoccupés de notre orthodoxie que de la leur personnelle.

Là où nous en sommes, il convient de préciser certains points relativement à la question que pose l’auteur dans son article: «Que feront nos évêques et nos paroisses, quand commenceront à mourir des milliers de Québécois et de Québécoises qui sont membres de l’Armée de Marie, mouvement interdit par le Vatican?»

Le premier point à préciser, ou plutôt à re-préciser, c’est que l’Armée de Marie n’est pas un mouvement interdit par le Vatican. Pour preuve, en dépit du retrait, en 1987, par Son Éminence le Cardinal Louis-Albert Vachon, de la reconnaissance canonique donnée à l’Armée de Marie en 1975 par Son Éminence le Cardinal Maurice Roy, le Pape Jean-Paul II lui-même a salué et a béni d’une façon spéciale tous les pèlerins de l’Armée de Marie présents à l’audience du mercredi 27 mai 1992, à Rome.

M. l’abbé Leclerc devra convenir sur ce point que ce n’est pas parce qu’une autorité locale, si grande soit-elle, pose un geste discutable, et ce, même avec l’aval d’une autorité haut placée à Rome, que tout le Vatican interdit l’Armée de Marie ; autrement, nous risquerions de nous retrouver avec beaucoup de petits « vaticans » ici et là, à travers le monde, ce qui pourrait avoir pour fâcheuse conséquence de faire, parfois, des petits et, parfois peut-être aussi, des gros schismes avec celui qui incarne l’unité et l’universalité de l’Église, en l’occurrence le Pape.

Le deuxième point à souligner, c’est le fait que, depuis tant d’années que l’Armée de Marie vit «le traitement de faveur» qui lui est réservé au Québec, bon nombre de chevaliers ont non seulement commencé à mourir, mais sont effectivement morts ; et, à ce jour, tous sans exception ont eu droit, comme pour tout catholique, à des funérailles chrétiennes. Sur ce point, je ne vois vraiment pas de problème.

Dans l’éventualité toutefois que, un jour, des évêques, des curés ou encore des administrateurs(trices) de paroisse décideraient à tort de nier ce droit à la fois canonique et évangélique à l’un ou à l’autre des membres de l’Armée de Marie, il ne faudrait pas que M. l’abbé Leclerc s’en fasse outre mesure, car le Bon Dieu n’est pas limité par les limites des hommes...

En terminant, il est un dernier point sur lequel il me semble opportun de revenir: c’est celui de l’allusion de M. l’abbé Roland Leclerc au fait que des proches et des amis de membres de l’Oeuvre ne pourraient éventuellement pas se retrouver «ensemble pour prier» sans faire scandale ni outrage à l’orthodoxie catholique.

J’ignore ici si, par cette allusion, l’auteur veut étendre quelque interdit au-delà des confins de son diocèse ou encore de ceux des diocèses environnants. Toutefois, je crois qu’il serait quand même bon pour tous et pour chacun de nous rappeler que le scandale et l’outrage de l’orthodoxie catholique, dans le monde d’aujourd’hui, résident bien ailleurs que dans le fait d’être «ensemble pour prier». Si, selon les dires mêmes de l’abbé Leclerc, et ce au début de son article, être «ensemble pour prier», «c’est la position de Jean-Paul II, à Assise avec les chefs des autres religions», à plus forte raison cela doit-il être, de droit, la position des membres de l’Armée de Marie, de leurs amis et de leurs prochesqui n’ont d’autre désir que celui d’être en pleine communion avec l’orthodoxie catholique du Saint-Père régnant.

«Que feront donc nos évêques et nos paroisses...?» Voilà une question désormais dépassée, mais qui méritera peut-être, un jour, d’être reformulée. D’ici-là, la vérité, c’est que bon nombre de chevaliers de Marie sont partis ou partent vers le Ciel, heureux d’avoir vécu et plus heureux encore de mourir dans la grâce de Dieu, alors que des milliers d’autres demeurent encore ici-bas, eux aussi heureux, bien vivants et, avec la grâce de Dieu, pour longtemps!

Père Pierre Mastropietro

Lac-Etchemin, le 20 octobre 2002

* * *

L’ABBÉ ROLAND LECLERC ET LES FUNÉRAILLES

À la suite de la lecture de votre réflexion Rapprocher le Droit canon des Évangiles du 5 octobre 2002, dans L’Hebdo Mékinac - Des Chenaux, j’aimerais apporter brièvement ma pensée sur quelques points.

Ce texte est dense et soulève maintes questions. Vous n’y allez pas avec le dos de la cuillère pour un prêtre renommé dans les médias pour sa grande ouverture d’esprit et ses idées très à la mode du jour.

La fermeture à double tour de cette réflexion détonne dans le paysage religieux journalistique qui est le vôtre. Il aurait mieux valu vous abstenir, car vous n’y gagnez rien en logique oecuménique, psychologique et spirituelle. Vous tentez de «rapprocher», mais vous éloignez plus qu’autrement... Vous essayez de vous donner une figure orthodoxe, mais vous repoussez davantage... Vous louvoyez de défi en défi pour trouver des solutions à des situations complexes, mais vous ne réussissez qu’à exaspérer votre auditoire par l’ignorance dont vous faites preuve... Il serait trop long et fastidieux d’aborder de long en large tous les sujets soulevés dans votre article. Je laisse à d’autres le soin de le faire.

D’abord, votre titre Rapprocher le Droit canon des Évangiles sonne faux. C’est comme si le Droit canon n’était pas avant tout l’expression adéquate et juste de l’esprit évangélique. Point n’est besoin de rapprocher le Droit canon des Évangiles, car il est déjà là pour faciliter l’expérience spirituelle de l’Évangile dans le concret de la vie de l’Église. Ou c’est comme si votre titre voulait signifier que le Droit canon n’applique pas suffisamment l’Évangile.

Il est bon de noter que le Droit canon n’est pas aussi catégorique que vos positions tranchées et péremptoires. Le Droit canon souligne sans cesse à chaque détour la possibilité de dérogation aux lois, tenant compte des us et coutumes des pays respectifs, des situations pastorales diverses.

Vous parlez d’abondance «des apostats, hérétiques et schismatiques» dans votre texte. Que ne vous a-t-on pas vu et entendu parler ainsi dans vos nombreuses apparitions publiques sur les ondes de la télévision, alors que diverses occasions s’y seraient parfois prêtées? Au contraire, vous avez parfois su intervenir dans le sens contraire où vous avez favorisé sans feinte des positions qui s’éloignaient du Magistère et des Enseignements de l’Église catholique. Un exemple évident s’est produit dernièrement, lors de la visite de la Reine Élisabeth II en terre canadienne. Vous étiez commentateur invité à Radio-Canada. Et vous avez souligné avec force l’exemple de l’Église anglicane qui a montré la voie à suivre pour les autres en permettant l’ordination sacerdotale des femmes. Vous avez vanté cette position de l’Église anglicane. Réalisez-vous que, ce faisant, vous parlez publiquement contre les positions du Droit canon et du Pape Jean-Paul II sur le sujet? Réalisez-vous que, ce faisant, vous faites figure de schismatique, pour employer votre langage? Monsieur l’abbé Leclerc, avant de faire la leçon aux autres, regardez la poutre dans votre oeil. Il est trop facile de voir la paille dans l’oeil des autres et d’émettre des diktats.

Il est trop facile de se servir du Droit canon quand cela satisfait ses objectifs afin de frapper sur la tête de milliers de catholiques de l’Armée de Marie, faire peur et menacer. Procédé douteux et taxé de rétrograde et de dépassé par les ténors de l’Église post-conciliaire elle-même.

Il est curieux de constater que les modernistes ont toujours à la bouche l’Évangile et le respect des autres, mais, quand vient le temps de les pratiquer envers certaines catégories de personnes, ils refusent ce même dialogue charitable.

Si vous voulez refuser les funérailles catholiques à tous ceux qui ne suivent pas les lois de l’Église et les enseignements du Pape, vous allez vider les églises - ou ce qu’il en reste. Seulement, les questions morales concernant la contraception artificielle et l’avortement, la sexualité et le divorce réussiraient à rallier une proportion importante de catholiques à qui vous devriez ipso facto refuser les funérailles catholiques.

Vous vous gargarisez du Droit canon. Savez-vous justement que le Droit canon exige un degré de foi très basique pour que les prêtres acceptent la demande d’un baptême ou d’un mariage, même quand les gens sont très loin de l’esprit et de la lettre de l’Évangile et de l’Église. Une de ces caractéristiques, c’est que les gens soient d’abord baptisés et fassent la demande expresse d’un sacrement.

Le Droit canon est très loin de la position qui mettrait un prêtre dans l’éventualité de refuser un sacrement à qui en fait la demande. Le Droit canon est beaucoup plus souple que vous ne le laissez supposer.

En toute amitié spirituelle,

Marc Élie


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