Nos enfants qui ont droit à la joie et au soleil dans leur vie, que deviennent-ils? L’Église et le monde ont besoin d’âmes rayonnantes, d’esprits de lumière et de coeurs généreux.

Qu’attendons-nous en face de nos ruines?

Nous tous qui nous proclamons défenseurs de l’humanité, qui sommes-nous?... N’est-il pas temps de crever chez nous l’abcès des supercheries, des scandales qui abondent à tous les niveaux?

Le mensonge, les calomnies ont bâti leurs cavernes; les intrigues se cultivent partout pour y entreposer les haines, les ruses, les guerres et faire sauter l’amour et la charité.

Le monde est en proie à toutes les douleurs, à tous les maux: violence, cruauté, famine, guerres, scandales qui s’étalent partout. L’humanité a faim de paix, de joie, d’amour, d’un Dieu de Miséricorde et de Justice, d’un Dieu de Bonté et d’Amour; le monde est affamé de l’Eucharistie qui le faisait vivre, mais qui a été profanée et rejetée par tant de ceux qui ont pour mission de l’offrir et qui s’en éloignent, ne livrant plus le message du Christ, l’ayant vidé de son contenu en pactisant avec le monde. Que sont devenus tant de prêtres de 75 ans, obligés de quitter leurs fonctions même s’ils étaient en pleine santé, fidèles au Pape et déplorant la lutte faite jadis à S.S. Paul VI et qui est faite à S.S. Jean-Paul II en notre temps? Comment expliquer que tant de nos églises soient vidées et fermées?

LE PAPE JEAN-PAUL II

Vive le Pape Jean-Paul II qui résiste encore à tant de pressions pour lui faire abdiquer le trône du successeur de Pierre! À 82 ans, il fait plus pour l’Église et pour le monde que tous ses accusateurs réunis ne pourraient le faire. S’en trouverait-il un seul qui ferait accourir ces millions de jeunes de par le monde, qui fraternisent entre eux et dont certains pleurent en voyant et en admirant ce Pape, ce «vieillard» comme il le souligne lui-même, si douloureusement souffrant, qui, depuis plusieurs années, les rencontre et leur parle d’amour, d’espérance, de foi en Dieu, tout en redressant les voies?

Le Pape Jean-Paul II, que la vie a détaché si jeune et si douloureusement de sa famille décimée par les décès successifs de sa mère, de son frère et de son père, s’est tourné vers Dieu dans l’acceptation amoureuse des épreuves qui le laissaient seul survivant de sa famille; tant de douleurs dues à la guerre dans sa Pologne vouée à Marie et si durement frappée. Devenu chef de l’Église, successeur de Pierre, il est le Pape des SIGNES qu’il accomplit sous la direction de l’Immaculée, après Lui avoir confié son pontificat: «Totus tuus» [«Tout à toi»].

Ce Pape qui accomplit les SIGNES prépare les peuples à leur entrée dans le Royaume terrestre, favorisant la liberté et la dignité humaines, combattant pour les droits de tous les peuples, alors qu’un peu partout sur la terre les nations sont en guerre. Par conviction, le Pape ne cesse de répandre la parole évangélique, conscient de l’opinion populaire qu’il tente d’élever toujours davantage, étant lui-même tellement imprégné des écrits de l’Évangile et de ceux de saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui ont marqué profondément son sacerdoce.

Entré dans la 25e année de son pontificat, le Pape dépasse presque tous les records déjà établis. Une force physique surhumaine le soutient au grand étonnement de ses médecins, des journalistes et du monde entier.

On dit que «la souffrance ouvre à l’âme des horizons que la raison ne discerne pas». Tout est si simple avec un Dieu-Professeur. Et le Pape, ouvert aux voies spirituelles et mystiques, saisit l’authenticité des vies toutes données à Dieu et à Son Église. Ainsi en fut-il, encore récemment, de Padre Pio, canonisé après avoir été cinq fois condamné par l’Église. Peut-on dire que l’Église avait fait erreur?

L’ÉGLISE DU SILENCE EST VICTIME DU POUVOIR OCCULTE

«UN RAPPORT ENTIÈREMENT POSITIF» (transmission de la relation verbale de Mgr Mario Crovini)

Dans la longue histoire spirituelle et mystique de Padre Pio, il y a un épisode difficile, demeuré longtemps dans la pénombre. Il s’agit de l’une des dernières enquêtes concernant Padre Pio et ses Oeuvres, qui marque le début de la cinquième persécution organisée contre lui.

C’étaient les offrandes (que Padre Pio recevait quotidiennement pour l’Hôpital La Casa et ses Oeuvres de charité) qui étaient convoitées et dont les supérieurs cherchaient à s’emparer. Cette avidité d’argent, tant chez les supérieurs que chez Mgr Bortignon, évêque de Padoue, qui cherchaient à renflouer leurs dettes, fut l’élément déclencheur de ce grand branle-bas de combat contre Padre Pio, qui gardait son coeur serein au milieu de la tourmente, alors même qu’il était victime de ses bourreaux qui étaient surtout des prêtres. En était-il étonné?...
Premier prêtre stigmatisé. De sa main blessée, Padre Pio bénit la foule après la messe. 1950 - Sa Sainteté le Pape Pie XII et Monseigneur Mario Crovini, Substitut au Saint-Office.

Cinquante ans plus tôt, il avait confié dans une lettre à son Directeur spirituel la vision qu’il avait eue de Jésus en proie à une grande angoisse. Padre Pio demanda à Jésus pourquoi Il souffrait tant, mais Il ne répondit pas. Alors, Son regard se porta sur une foule de prêtres qui L’affligeaient par leur indifférence, leur mépris et leur incrédulité. Deux grosses larmes coulèrent sur Ses joues et Jésus s’éloigna de cette foule de prêtres avec une expression de dégoût, s’écriant: «Bouchers!» Puis Jésus dit à Padre Pio: «Je serai à l’agonie jusqu’à la fin du monde à cause des âmes que J’ai le plus comblées. Pendant le temps de mon agonie, mon fils, il ne faut pas dormir.» Padre Pio n’oublia jamais cette vision.

Face à tant d’agitation qui parvenait au Saint-Office, aujourd’hui la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le Cardinal Ottaviani cherchait la vérité. Aussi, en avril 1960, il confia à Mgr Mario Crovini, Substitut au Saint-Office et son collaborateur immédiat, la charge d’enquêter directement auprès de Padre Pio et de ses fils spirituels à San Giovanni Rotondo. (Le Cardinal Ottaviani était un prélat intègre et de moeurs austères, il savait la profonde estime que nourrissait pour Padre Pio le Pape Pie XII, mais, depuis sa mort en 1958, les choses avaient bien changé.)

À son retour de San Giovanni Rotondo, Mgr Crovini remit, à l’intention du Saint-Père, un RAPPORT ENTIÈREMENT POSITIF en faveur de Padre Pio. Mais, presque simultanément, un autre dossier, celui-là totalement NÉGATIF, parvenait au Cardinal Ottaviani par les mains d’une femme qui faussait les voies et informait discrètement le principal adversaire du moine capucin, à savoir Mgr Bortignon, évêque capucin de Padoue.

Entre-temps, le Supérieur général des Capucins, informé de cette enquête, demanda à Jean XXIII d’ordonner une visite apostolique au Couvent de Padre Pio. Au moment où le rapport de Mgr Crovini, en faveur de Padre Pio, allait être transmis au Pape, ce dernier répondait favorablement au Supérieur général en demandant au Cardinal Ottaviani d’envoyer un visiteur. Mgr Ronca fut choisi comme visiteur apostolique, mais cette nomination fut contestée par les supérieurs majeurs appuyés par les ennemis de Padre Pio: ainsi le décret du Cardinal fut annulé. On procéda alors à la nomination d’un ami des ennemis de Padre Pio: Mgr Maccari qui, lui, se rendit à San Giovanni Rotondo en qualité de visiteur apostolique et déclencha une terrible persécution contre Padre Pio et ses fidèles collaborateurs. Une fois de plus, le stigmatisé fut accablé de méchancetés et d’ignominies. Et ce fut, en 1961, la cinquième condamnation infligée à Padre Pio par l’Église, mais heureusement corrigée le 16 juin 2002, lors de la canonisation du stigmatisé par le Pape Jean-Paul II.

* * *

C’est Dieu qui fait les saints. Dans la conjoncture actuelle, en notre temps dramatique et grandiose à la fois, alors qu’il est affirmé que «l’enfer est sur la terre», donc représenté, de même le Ciel est sur notre terre enténébrée. Le Pape Jean-Paul II, au sommet de sa vie bouillonnante d’activités, de mystères qui dévoilent leur force dans l’accomplissement des SIGNES se déployant en flots de lumière, soulève les âmes ouvertes à la Grâce et à l’Amour. Le Pape Jean-Paul II est le plus grand saint sur la Croix de la Co-Rédemption chargée d’appels de détresse dans les combats qui se multiplient. Les bruits d’orgueil, de haine, et les assauts du mal vont s’y heurter, s’y briser pour choir aux pieds du Pontife romain qui avance sur les routes mystiques, sans fléchir, soutenant le monde entier dans l’espérance rivée sur Marie, la Victorieuse dans les batailles de Dieu. Bien plus, le regard de S.S. Jean-Paul II ne saurait tromper: miroir de l’âme, ce regard pénètre l’infini, car Dieu est en lui. C’est dans l’offrande des croix qui ont parsemé sa route, étant un perpétuel martyr, qu’il transmet aux habitants de notre planète l’infini du ciel en entraînant les foules vers les cimes lumineuses, mais invisibles en cette longue nuit d’Apocalypse. Partout, du sang, toujours du sang! Ne jugeons pas, mais réfléchissons...

Par Marie, Dieu nous prévient toujours des dangers qui guettent l’humanité, surtout lorsque le clergé a perdu sa ferveur et qu’il laisse le troupeau à la dérive... Ne serait-ce pas important d’être attentif et à l’écoute quand un Directeur d’âmes sérieux informe une Autorité religieuse d’un message du Ciel? Quand le Ciel intervient, tout se prépare providentiellement dans les moindres détails. En voici un exemple qui date de 1958 et qui prouve l’action divine (les servantes ou serviteurs sont petits; ce qui compte, c’est la Bonté de Dieu):

«DES SCANDALES POLITIQUES, CIVILS ET RELIGIEUX...»

Dieu est la Vérité même. Peut-on en douter alors que tout nous semble impossible, incompréhensible humainement au moment où Il dicte Ses Messages ou Ses ordres à Ses servantes ou serviteurs?

Ainsi en est-il le 25 mars 1958, en la fête de l’Annonciation, alors que le Ciel m’annonce une nouvelle à transmettre à mon Directeur spirituel, le Père J.-Armand Veilleux, o.m.i., Maître des novices à Richelieu, non loin de Montréal.

1957 - Le Père J.-Armand Veilleux, o.m.i., alors Maître des novices à Richelieu. Directeur spirituel éclairé, ouvert aux voies mystiques, il avance au rythme divin, dans l’abandon à la Volonté de Dieu.
Aujourd’hui, le Père Veilleux a 98 ans et il a gardé toute sa lucidité. Son Excellence Mgr Joseph Bonhomme, o.m.i., résumait ainsi sa vie: «Un livre ne serait pas de trop pour nous introduire dans l’intime de la vie de ce religieux Oblat de Marie-Immaculée, la gloire de sa Congrégation et de la sainte Église, pour lesquelles il a voué si généreusement sa vie.»
(Au cours de la rédaction de cet article, nous apprenons la mort du Père Veilleux, survenue le 4 décembre 2002.)

«Le 28 mars 1958, fête de Notre-Dame des Sept Douleurs, j’apprends autre chose. La veille, Marie a précisé que “bientôt le Père Veilleux sera demandé à Sainte-Germaine du Lac-Etchemin pour discuter de choses très sérieuses”. Dieu m’avait déjà révélé cela en la nuit du 28 février au 1er mars :

«“LE PÈRE VEILLEUX SERA DEMANDÉ À SAINTE-GERMAINE ET IL ACCEPTERA.”

«En cette nuit tout se précise et voici l’ordre qui est donné:

«“TÉLÉPHONE AU PÈRE VEILLEUX ET DIS-LUI DE VENIR ICI, AU NOM DE MARIE. FAIS L’APPEL À SEPT HEURES TRENTE DU MATIN. APRÈS, JE TE DONNERAI DES PRÉCISIONS AU SUJET DE SA VISITE.”

«Je voudrais refuser... Que diront le Père Veilleux et le Père Supérieur? (...)

«Revenant de la messe, je me sens enveloppée dans un nuage. Plus rien n’existe sur terre, si ce n’est ce message exigé par Marie. À l’heure précise, je fais ce qu’on m’a demandé: j’appelle le Père Veilleux au Noviciat de Richelieu, pensant qu’en ces grandes Maisons ce sera peut-être difficile de trouver le Père.

«Or, au moment où la sonnerie retentit, le Père Veilleux se trouve à passer près de la cabine téléphonique et répond aussitôt. Quelle surprise! Je transmets la demande de Marie. Il doit obtenir la permission de son Supérieur.

«“Je ne sais où il peut être en ce moment, dit le Père. Voulez-vous attendre?”

«“Oui!”

«Le Père Veilleux sort de la cabine et se trouve en face de son Supérieur. La permission est accordée! Le Père Veilleux m’en informe à l’instant même.

«Mon frère Grégoire ira chercher le Père Veilleux qui arrivera “le jour même, à 14 heures, à la gare d’autobus, à Québec”.

«“LE PÈRE VEILLEUX ENTRERA ICI À QUATRE HEURES CET APRÈS-MIDI”, dit le Seigneur.

«J’en informe maman. (...)

«Tout est merveilleusement agencé; nous n’avons qu’à suivre les événements préparés par Marie.

«Effectivement, le Père Veilleux arrive chez maman. Au moment où la porte s’ouvre, le carillon de l’horloge en face, au fond de la cuisine, sonne les quatre coups. Au lieu de nous saluer, le Père dit: “QUATRE HEURES!”, nous rappelant ainsi l’indication récente du Seigneur. Puis, au salon, je raconte d’abord au Père Veilleux mon hésitation à le demander.

«Marie exige que le Père Veilleux se rende auprès du Cardinal Léger afin de lui remettre le message même de Marie. Je dis: “Pourquoi ne pas aller moi-même auprès de Monseigneur Roy, puisqu’il réside dans le diocèse de Québec auquel j’appartiens, plutôt que d’aller chez le Cardinal Léger? Et pourquoi déranger le Père Veilleux?...”

«Et Marie insiste:

«“LE PÈRE VEILLEUX SE RENDRA AUPRÈS DU CARDINAL LÉGER ET LUI REMETTRA LE MESSAGE QUE JE TE DICTE À L’INSTANT MÊME. MES ORDRES NE SE DISCUTENT PAS.”

«Voici le message de Marie à remettre à Son Éminence le Cardinal Paul-Émile Léger, à Montréal:

MESSAGE DE MARIE

«Marie bénit particulièrement Son Éminence le Cardinal Paul-Émile Léger parce qu’il a accepté de prendre position et qu’il a suivi toutes Ses inspirations en préparant sa lettre épiscopale, qui a réveillé les catholiques de leur léthargie, concernant la littérature obscène et l’intempérance.


«Marie demande maintenant qu’une attitude positive soit prise:

«- Que Son Éminence le Cardinal Léger ordonne la fondation de la Légion de Marie partout;

«- Que la récitation du chapelet soit faite lors des processions répétées, dans les sanctuaires dédiés à la Vierge. Ces processions auront lieu le jour, le soir ou la nuit, selon les exigences des groupes. Qu’il y ait processions aux flambeaux;

«- Que partout on parle de Marie, on chante Sa Gloire.

«Marie assure que le temps sera idéal et favorable aux démonstrations religieuses;

«- Que surgiront nombre de sanctuaires à Marie qui attesteront enfin Sa Gloire après avoir connu, pour un grand nombre, des débuts vraiment critiques et vraiment héroïques de la part des âmes mariales inspirées à entreprendre de tels travaux;

«- Les grâces de Marie seront éloquentes et prouveront que c’est notre Souveraine qui redonnera le Christ au monde.

«Mars 1958

Marie, en la semaine de la Passion

«Je remets deux copies de ce message au Père Veilleux; l’une pour Son Éminence et la seconde pour lui.

«Je me souviens alors de la parole du Maître lors de mes seize ans, en 1937: “SOIS BONNE. PLUS TARD, TU SERAS MON PORTE-PAROLE AUPRÈS DES AUTORITÉS RELIGIEUSES; SI ELLES ONT CONFIANCE, DE GRANDES CHOSES SERONT ÉVITÉES EN DES PÉRIODES PARTICULIÈREMENT TROUBLÉES ET DOULOUREUSES.” (...)

«À six heures [18 h], le dimanche soir 30 mars, le Père Veilleux entre en gare de Montréal et se rend auprès de Son Éminence le Cardinal Léger.

«Le soir même de la visite du Père Veilleux chez Son Éminence, vers les neuf heures [21 h], je suis seule dans ma chambre, quand je «vois» à distance le Cardinal longeant un couloir qui lui rappelle tout à coup la visite du Père, faite à six heures trente minutes [18 h 30]. Il pense...: “Peuh!... cette femme!” Et dans sa pensée il m’envoie promener.

«Or, la Sainte Vierge me dit:

«“PUISQUE LE CARDINAL N’A PAS VOULU ACCEPTER, DES SCANDALES POLITIQUES, CIVILS ET RELIGIEUX ÉCLATERONT, DES TÊTES TOMBERONT ET LE SANG COULERA.”

«Le mardi matin, je reçois une lettre du Père Veilleux, laquelle confirme les paroles de Marie.

«Il a été très mal accueilli... Nul ne saura jamais ce que le Père Veilleux a souffert en cette Semaine Sainte. Il sait que le message est urgent et il souffre atrocement.

«Puisque Son Éminence n’accepte pas l’ordre de Marie, je sais donc que les âmes de Dieu vont souffrir davantage pour compenser le mal qui se fait partout. (...)» (Vie d’Amour, vol. I, chap. 51, pp. 311-315).

À qui la faute? Ne sommes-nous pas tous responsables? N’accusons pas, Dieu jugera!... Peu de temps après, les premiers scandales politiques faisaient les manchettes des journaux. Suivirent les scandales civils et religieux qui pleuvent encore à pleins torrents tandis que le spectre nucléaire épouvante les milliards d’êtres humains. Que dire de la nature qui se venge de l’orgueil et de la désobéissance à Dieu qui a simplement donné aux générations à venir, pour les siècles des siècles, DIX COMMANDEMENTS À SUIVRE pour être heureux? Où en sommes-nous avec nos volumineux livres renfermant des variétés de codes de lois et d’amendements?...

Les humains croient supplanter Dieu... et le monde agonise, alors que Marie, ayant pitié des hommes, est venue dans le monde, même en versant des larmes, nous prévenir des «temps mauvais» préparés par les hommes (femmes comprises, bien sûr...). Heureusement, il existe des havres de paix où Marie est venue dire à l’univers où est le chemin de la paix. Qui donc L’a écoutée? Les petits, mais la majorité du clergé L’a repoussée... Et ce n’est pas tout.

À qui la faute s’il y a tant de souffrances, de guerres, de scandales sur la terre entière? Allons-nous commencer à lancer la pierre? Ne sommes-nous pas tous responsables? Qui donc est sans tache ici-bas? Que deviennent les autorités religieuses? Sont-elles toutes ouvertes à la vie spirituelle et mystique?... Dieu prouve toujours que Sa Parole est vérité.

Les preuves ne sont-elles pas assez évidentes et partout visibles, alors que le ravin de la douleur humaine éclate chaque jour sur les écrans de télévision? Et les râles de pseudo-gloire humaine tombent implacablement devant la Sagesse et la Bonté de Dieu.

L’HEURE DU CRUCIFIEMENT

Dès 1958, le Ciel me «prévenait» des grandes humiliations que j’aurais à subir:

«Ce matin, 28 avril 1958, Dieu me dit:

«“L’heure du crucifiement est donc arrivée. Et ce sont Mes âmes sacerdotales qui te crucifieront. Comme Moi, tu es innocente, mais on criera partout que tu es odieuse, la plus infâme des créatures. Toutes ces âmes sacerdotales qui pèchent par orgueil, égoïsme, sensualité en tous sens, te lanceront la pierre; toi, la femme pure, qui t’es donnée jusqu’à t’arracher le coeur pour tes semblables et que J’ai soutenue miraculeusement; toi qui as bénéficié de si nombreux talents, lesquels ont tous servi à Ma Cause; toi qui as chanté et souri pour ne pas pleurer et gémir. Ah! Mon enfant, vois toutes ces âmes sacerdotales et prends pitié d’elles, car un jour elles pleureront leurs péchés.

«“Bien peu de Mes âmes sacerdotales te soutiendront par leurs prières et tu les connais. Ces âmes ne douteront pas de toi, parce que toujours, elles ont été pures et ont désiré avant tout Ma Gloire et celle de Ma Mère.

«“Mais, un jour, la vérité éclatera. Je prouverai ton innocence. C’est alors qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents. Et ton heure sera arrivée pour Me donner les âmes que tes grandes souffrances auront achetées. Ma Mère te guidera après t’avoir fait goûter à toutes les souffrances de MA PASSION. (...)» (Vie d’Amour, vol. I, chap. 53, p. 322).

FORMATION SPIRITUELLE

Déjà, à cette époque, Marie me formait, déposant sur mes épaules tant de croix qui m’ouvraient des horizons insoupçonnés, me propulsant même, en 1971, d’une manière inattendue, à la tête de Son Armée dont Elle prit la direction. Je n’avais qu’à obéir. Mais quel poids devant l’inconnu! L’obéissance ouvre toutes les portes non seulement pour favoriser l’action de Dieu en nous, mais aussi pour Lui permettre de tout mettre en place: l’arrivée de collaborateurs et collaboratrices, même inconnus, en assurant les moyens matériels et financiers, etc., sans démarche de ma part. Dieu et Marie sont les Pourvoyeurs de Leurs Oeuvres d’Amour; ce sont les êtres humains qui massacrent ces Oeuvres.

L’Oeuvre mariale s’étendait, groupant ici et là les laïcs livrés, consacrés à Marie, selon l’enseignement de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, et à la fois fidèles à la récitation de la Prière donnée à la voyante d’Amsterdam par la Dame de Tous les Peuples:

Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père, envoie à présent Ton Esprit sur la terre.
Fais habiter l’Esprit Saint dans les coeurs de tous les peuples,
afin qu’ils soient préservés de la corruption, des calamités et de la guerre.
Que la Dame de Tous les Peuples, qui fut un jour Marie, soit notre Avocate. Amen.

Cette Prière était déjà récitée dans des paroisses à la demande de certains curés. Tout s’ouvrait dans la prière, l’amour, la paix et la joie. Tout s’ouvrait, sauf le coeur de tant de curés et de vicaires qui refusaient ce mouvement nommé L’Armée de Marie, nom guerrier qu’ils ne pouvaient supporter. Nous y reviendrons plus loin.

TEMPS DE FORMATION

Toutefois, consentir sans jamais savoir où nous conduit notre obéissance, c’est annihiler notre INTELLIGENCE ouverte au temporel pour accéder aux connaissances mystiques: Sagesse de Dieu (folie pour les hommes) en vue de la réalisation de Son Plan d’Amour que nous ignorons.

Le Ciel formait celle qu’Il appelait à diriger cette Oeuvre et la relation de son évolution selon les voies mystiques était faite au fur et à mesure, à la demande de Dieu et de son Directeur spirituel, le Père J.-Armand Veilleux, o.m.i.

Raoul Auclair, de Paris, écrivain marial et eschatologique, avait pris connaissance discrètement de mes volumes manuscrits intitulés Vie d’Amour, titre précisé par le Ciel. Raoul écrivait dans la Préface du premier volume:

«... Ce qui fut signe, tout au long du parcours, ces visions et ces avertissements, ces éclairs dont l’éclatement ne faisait que rendre plus opaque la nuit de l’obéissance et de l’abandon, oui, tout cela et tout d’un coup imposera son sens et sa nécessité» (Préface de Raoul Auclair, 1978, Vie d’Amour, vol. I, p. 19).

Saint Jean de la Croix nous dit que la nuit de l’obéissance permet l’irruption de Dieu dans les profondeurs de l’âme dont les facultés sont paralysées par Sa lumière éblouissante. Par contre, cette lumière éclaire l’âme et lui permet de découvrir la pureté de Dieu tout en constatant davantage ses impuretés. Ce sont deux contraires qui s’affirment, ce qui entraîne luttes et souffrances. La vie de l’âme, quelle réalité! Heureux ceux qui peuvent être éclairés par des maîtres spirituels, mais ces maîtres, où sont-ils de nos jours? Heureusement, leurs ouvrages attirent de plus en plus tant de laïcs assoiffés de lumière et de divin.

Obéir sans comprendre, c’est s’habituer à juger les événements dans la lumière de Dieu et non selon l’agir humain ou l’opinion populaire. C’est aussi sacrifier sa VOLONTÉ pour accomplir Celle du Maître qui désire faire grandir les hommes en les initiant à des progrès d’amour qui les conduiront vers un monde nouveau; c’est consentir à l’ascèse d’une volonté personnelle dépouillée; c’est vivre chaque fois une nouvelle étape d’un anéantissement progressif.

Ces purifications intensives affaiblissent et détruisent les tendances mauvaises, sérieuses ou faibles, qui existent encore dans l’âme, et la guérissent par une infusion abondante d’amour. La volonté trouve dans cette voie une force nouvelle et une rectitude de penser et d’agir qui la délivrent des attaches qui la retenaient prisonnière, mais n’éteignent pas le foyer du mal qui devra être purifié totalement. Ces considérations sont légères comparativement à cette longue et si douloureuse nuit de l’esprit, active et passive, dépassant tout ce qu’on peut imaginer. Mais le moment n’est pas opportun d’en effleurer plus longuement le drame qui permettra l’opération des grandes Oeuvres plus divines qu’humaines. Et ces grandes Oeuvres divines que Dieu donne à la terre en des temps de désaffection religieuse partielle ou générale sont presque toujours frappées d’interdit par des Autorités religieuses. Rappelons le cas des Fondateurs(trices) de Communautés, de Padre Pio et d’autres qui obéissaient à Dieu, mais qui ont été condamné(e)s par l’Église.

Au moment où je viens d’écrire ces lignes, je reçois, par courrier postal, d’un Religieux qui suit discrètement l’évolution de l’Armée de Marie et que je n’ai jamais eu la joie de rencontrer, un extrait de l’intervention de S.S. Paul VI, lors d’une audience générale à Rome. N’est-ce pas providentiel?... Voici cet extrait:

«Dans la vie de l’Église et de chacun de ses fils, nous aurons une période de plus grande liberté, c’est-à-dire comportant moins d’obligations légales et moins d’inhibitions intérieures. La discipline formelle sera réduite; toute intolérance arbitraire, tout absolutisme seront abolis; la loi positive sera simplifiée, l’exercice de l’autorité sera tempéré; le sens de la liberté chrétienne sera promu.» (Paul VI, Audience générale du 9 juillet 1969)

Mais le Pape Paul VI était sérieusement contesté par des masques lourds d’orgueil qui ébranlaient les âmes, croyant faire crouler la barque de Pierre sous des flots d’injustices, dans un monde tourmenté par le sang et les massacres; un monde si loin de l’amour, de la paix et de la joie.

OBÉISSANCE

Et voici que, le lendemain, je reçois d’un Père d’une autre Communauté un article publié dans la revue Stella Maris. Que c’est rassurant! Quelle délicatesse divine! quel soutien! en un temps où mon plus grand désir serait de retourner dans le silence alors qu’il m’est «DEMANDÉ» de préparer un article montrant l’action de Dieu en Son Oeuvre d’Amour en effleurant les sujets de controverse qu’Il m’indique pour y actualiser les Messages divins ou, autrement dit, les faits d’ordre mystique qui illuminent l’Action divine, vivante parmi nous. Voici cet article éloquent pour ceux qui ont le coeur libre et rempli du Mystère sans voile qui reflète les richesses de Celui qui est l’Amour:

Obéissance et désobéissance (3)

Aucun homme n’a un pouvoir absolu!

Dieu seul a tout pouvoir, parce qu’il est Dieu. Il exerce son pouvoir avec une justice et une charité totales dans l’entière vérité.

Chaque homme, du premier au dernier, même bien intentionné, n’échappe pas au risque de se tromper, exception faite du Pape lorsqu’il proclame solennellement un dogme de foi. S’il dispose d’une autorité, tout homme doit l’exercer dans le respect de l’enseignement du Christ au sujet de la correction fraternelle (Mt 18, 15-17) et, pour ce qui concerne l’Église, conformément à la Loi qu’elle s’est elle-même donnée: le Code de Droit Canonique de 1983.

Or, que prescrit le Droit Canonique pour les fidèles laïcs?

Can. 225: «Parce que, comme tous les fidèles, ils (les laïcs) sont chargés par Dieu de l’apostolat en vertu du baptême et de la confirmation, les laïcs sont tenus par l’obligation générale et jouissent du droit, individuellement ou groupés en associations, de travailler à ce que le message divin du salut soit connu et reçu par tous les hommes et par toute la terre...»

Can. 221: «Les fidèles ont aussi le droit, s’ils sont appelés en jugement par l’autorité compétente, d’être jugés selon les dispositions du droit qui doit être appliqué avec équité. Les fidèles ont le droit de n’être frappés de peines canoniques que selon la loi.»

Relevons que les fidèles laïcs reçoivent directement de Dieu, comme baptisés et confirmés, le droit de parler et d’agir en son nom. Ils n’engagent évidemment pas l’Église, qui est seule dépositaire de sa mission spécifique.

Si chaque simple fidèle a le droit de parler du Christ et en son nom, combien plus le voyant chargé de le faire par une intervention directe de Dieu, de la Vierge Marie ou des Anges! Il s’ensuit que les documents épiscopaux qui interdisent aux voyants de s’exprimer au nom de Dieu ou d’être présents tel jour en tel endroit sont non conformes, au moins depuis la promulgation du nouveau Code de 1983, à la loi de l’Église.

Certes, dans les limites de la charité fraternelle et de l’amour de la Vérité, les pasteurs de l’Église ont la liberté d’appeler les fidèles à la prudence, mais ils ne peuvent empêcher quiconque de parler de Dieu sans un véritable procès canonique mené selon les prescriptions de la loi. Il se pourrait, en effet, que quelqu’un, parlant au nom de Dieu, le fasse pour induire les gens en erreur, ou en manquant gravement au nécessaire discernement. Mais cela doit être établi par un vrai procès et non par une enquête sommaire et secrète, à laquelle l’accusé n’a pas participé avec ses témoins. En conséquence, les restrictions auxquelles des voyants ont été soumis par l’autorité ecclésiale sur la base d’une enquête sommaire et secrète sont illégales, donc sans effets.

D’ailleurs, en obéissance à Dieu, les voyants suivent l’exemple des apôtres Pierre et Jean (Actes des Apôtres 5, 21-42) devant le Sanhédrin.

CONCLUSIONS

Un abus de pouvoir ne peut entraîner une obligation de soumission. Il ne saurait, dans de tels cas, y avoir désobéissance.

Après avoir demandé pardon pour ses manques de charité aux Juifs et aux frères des Églises séparées, le jour viendra où l’Église de Rome s’excusera publiquement des abus de pouvoir qui se sont produits en son sein même. De grands saints en ont été victimes, notamment saint Pio de Pietrelcina, récemment canonisé.

André Castella

(Stella Maris, n° 385, octobre 2002, p. 32)

* * *

LUTTE CONTRE L’ARMÉE DE MARIE

Où sont ceux qui comprennent le Pape et le suivent? Où sont les clercs qui croient encore à la vie spirituelle et mystique? Ne sont-ils pas là plutôt pour la combattre et la détruire?... Il en reste si peu qui prouvent leur fidélité par des actes appropriés.

L’Histoire de l’Église nous en donne constamment la preuve, et plus que jamais de nos jours. La lutte est forte contre ceux qui sont fidèles au Pape, forte contre l’Oeuvre mariale et eschatologique qu’est l’Armée de Marie, mouvement qui soulève les âmes et les ramène à la pratique religieuse en un temps de désaffection générale et de crise contre l’autorité. Voici quelques preuves toutes rattachées à l’attitude de nombreux prêtres, curés ou vicaires qui, à partir de la fondation de l’Oeuvre en 1971, rabrouaient nos membres respectueux qui devaient demander la permission de se rassembler à l’église afin de tenir leurs réunions mariales et eucharistiques. Heureusement qu’un évêque nous a rappelé que le Concile oecuménique ouvrait la porte aux laïcs et qu’«il n’est plus nécessaire de demander la permission pour faire le bien». Mais cette nouvelle n’était pas acceptée par tous. Voici quelques exemples:

«Tous les mouvements sont tombés, disait un vicaire, ne venez pas nous en présenter un autre.» Pour lui, l’affaire était réglée.

«Pourquoi ce nom “L’Armée de Marie”? Changez de nom, on verra plus tard», disait un curé qui ignorait, comme nous d’ailleurs, que ce titre «choisi» par le Ciel était un SIGNE qui situait notre temps dans l’ère mariale annoncée par saint Jean dans son Apocalypse: la lutte entre la Femme et le Dragon.

Lors d’une permission demandée à un curé, en vue de l’heure d’adoration insérée dans le programme de la réunion mensuelle de nos membres dont le nombre augmentait sans cesse, le curé répliqua: «Laissez l’ostensoir dans le fond du placard au sous-sol, il est entouré de fils d’araignée depuis longtemps.» Nos membres, qui étaient ses paroissiens, s’offrant pour tout nettoyer et tout remettre en place, pouvait-il continuer à refuser? Permission finalement accordée, moyennant la présence d’un prêtre favorable à l’Oeuvre pour présider ces heures mariales et eucharistiques. La pratique religieuse reprenait de la vigueur et, lors de nos célébrations solennelles, les églises se remplissaient et les collectes généreuses étaient remises aux curés qui soulignaient la nécessité pour eux de renflouer les caisses dégarnies.

Dans un autre milieu, une réunion de prière tenue sous les auspices de l’Armée de Marie se terminait un certain soir. Tous s’apprêtent à quitter silencieusement l’église quand le vicaire, revenant de vacances, fait irruption par la porte centrale et, devant le groupe qui commence à s’éloigner avec respect, il regarde avec insistance la médaille miraculeuse qu’un père de famille, si calme et généreux pour l’église, atteint de surdité, porte sur sa poitrine. D’un bond, le vicaire l’empoigne et casse la chaîne au cou du vieillard. Son épouse et ses grands enfants qui l’accompagnaient ont eu un sursaut de douleur et d’indignation, ainsi que les autres qui les entouraient. Dans le silence, ils sont tous sortis affreusement blessés.

Une autre fois, un membre de l’Armée de Marie, en rencontrant son évêque, lui disait: «L’Armée de Marie se reconnaîtra à sa fidélité au Pape.» Aussitôt dit, aussitôt regretté, car il eut droit à une verte réplique: «Le Pape, laissez-le à Rome, c’est moi qui mène dans mon diocèse.»

Ces réactions négatives et tant d’autres couraient d’un presbytère à un autre et tout devenait contagieux... Ces faits décevants se multipliaient et nous ne cessions de demander à nos membres le respect et le silence. Ceux qui ont pensé détruire une Oeuvre en tirant de leur coeur toutes les calomnies possibles, croyant se faire un piédestal en lançant des pierres aux autres, verront leur «château fort» se fissurer un jour.

Les Oeuvres de Dieu traversent toutes les tempêtes; il en a toujours été ainsi dans l’Église catholique; il en est ainsi pour les Oeuvres qu’Il a suscitées en Église et pour l’Église. La Vérité, par l’Esprit Véritable, triomphera.

C’était dans les années 1970, alors que les fils de l’erreur s’acharnaient contre nous et que l’enseignement de l’Église était transmis à nos membres dans une fidélité totale (il en est d’ailleurs toujours ainsi). Mes volumes Vie d’Amour n’étaient pas publiés, donc inconnus du public. Mais notre fidélité au Pape nous attirait de sérieux ennuis avec nos Autorités religieuses, et cela se transportait jusqu’à Rome. Par contre, la paternité spirituelle de Son Éminence le Cardinal Maurice Roy, de regrettée mémoire, nous encourageait. Malgré tant de pressions exercées sur lui pour nous disqualifier, il avait l’honnêteté et la bonté de nous rencontrer pour chercher la lumière. Des entretiens sérieux avec mes proches collaborateurs religieux et laïcs, les Pères Philippe Roy, Denis Laprise et Victor Rizzi ainsi que Raoul Auclair que le Cardinal qualifiait de théologien, l’éclairaient. Je fus appelée aussi à quelques reprises et les bénédictions et les conseils de Son Éminence étaient toujours paternels.

L’ARMÉE DE MARIE, ASSOCIATION PIEUSE

Le 10 mars 1975, à la suite d’une décision de l’exécutif de l’Assemblée des Évêques du Québec, Son Éminence le Cardinal Maurice Roy érigeait l’Armée de Marie en Association pieuse, aux termes du canon 708 du Code de Droit canonique alors en vigueur:

VU que l’Armée de Marie a pour but de revivifier la vie intérieure de ses membres par la réforme personnelle pour rayonner ensuite dans un apostolat fécond;

VU que l’Armée de Marie poursuit ce but par une attention à trois points particuliers, soit la dévotion eucharistique dans une liturgie authentique, la dévotion mariale selon la doctrine de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et le service de l’Église dans le respect à son Pasteur suprême et aux autres Évêques;

VU que l’Armée de Marie est un mouvement qui se propose comme fin le but apostolique général de l’Église (Vatican II, Décret sur l’apostolat des laïcs, N. 19);

VU que l’Armée de Marie désire être érigée en Association pieuse selon les normes de la législation ecclésiastique,

PAR LES PRÉSENTES, en vertu de Notre autorité ordinaire, nous érigeons l’Armée de Marie en Association pieuse aux termes du Can. 708 du Code de Droit canonique.

Nous constituons son siège canonique au numéro 2040, de la 26e Rue, dans la ville de Québec.

Donné à Québec, sous notre seing, le sceau de l’Archidiocèse et le contreseing du Chancelier, ce dixième jour de mars 1975.

(signé: + Maurice Card. Roy)
Archevêque de Québec

(signé: J.R. Hamel)
Chancelier

* * *

Quel bienfait! Quelle consolation pour nos membres et pour nous! Nous avons savouré ces moments de joie paisible, sachant bien que le Malin allait tripler ses coups, ce qui ne tarda pas.

«MARIE-PAULE JUGE LES ÉVÊQUES»

Dès nos premières années d’activités apostoliques, une accusation est revenue sans cesse, portée par de hautes Autorités, comme un reproche permanent. N’ayant jamais eu de précisions quant aux supposées «désobéissances» de notre part, voici qu’on m’accuse avec force de «juger les évêques», car j’ai écrit dans notre journal que «l’Armée de Marie est fidèle au Pape et aux évêques en communion avec lui». Dans les années 1970, Son Éminence le Cardinal Maurice Roy, qui était un Père pour nous, m’avait convoquée pour faire la lumière sur les critiques ou messages obscurs de tristes personnages qui exigeaient l’anonymat. Ayant clarifié chaque point avec preuves à l’appui, j’entends le Cardinal me dire: «On vous accuse de juger les évêques, que répondez-vous à cela?» Et il m’avait répété la phrase précitée, publiée dans notre journal. J’avais simplement répondu: «Éminence, cette phrase nous vient des Actes du Concile. - Pouvez-vous me donner la référence? me dit-il. - Bien sûr, je ne saurais la préciser en ce moment, mais dès ce soir, vous aurez ces références, car il en est question en divers chapitres.» Voici un extrait des références remises au Cardinal le soir même de l’entrevue. Elles sont tirées de Vatican II, Les seize documents conciliaires, Éditions Fides, 1967:

«Cette Église, constituée et organisée en ce monde comme une communauté, subsiste dans l’Église catholique, gouvernée par LE SUCCESSEUR DE PIERRE ET LES ÉVÊQUES EN COMMUNION AVEC LUI (...)» (Lumen Gentium, chap. I, «Le Mystère de l’Église», n° 8).

«Le Collège ou corps épiscopal n’a cependant d’autorité que si on le conçoit COMME UNI À SON CHEF LE PONTIFE ROMAIN, successeur de Pierre, lequel conserve intégralement sa primauté sur tous, tant pasteurs que fidèles... D’autre part, l’ordre des évêques, qui succède au collège des Apôtres dans le magistère et le gouvernement pastoral, en qui même se perpétue le corps apostolique, UNI À SON CHEF LE PONTIFE ROMAIN, et jamais sans ce Chef, est également sujet du pouvoir suprême et plénier sur toute l’Église, pouvoir qui ne peut être exercé qu’avec le consentement du Pontife romain... mais la charge de lier et de délier qui a été confiée à Pierre (Mt 16, 19), on la voit également impartie au COLLÈGE DES APÔTRES UNI À SON CHEF (cf. Mt 18, 18; 28, 16-20)» (id., chap. III, «La Constitution hiérarchique de l’Église et, en particulier, l’Épiscopat», n° 22 et ainsi de suite au n° 25, etc.).

DIEU VEILLE SUR SON OEUVRE

Or je n’avais pas raconté au Cardinal pourquoi nous avions adopté cette expression. C’est qu’au moment même de la fondation de l’Armée de Marie, guidée par le Ciel, j’avais «reçu» l’ordre d’indiquer, dès le premier numéro de sa revue: «L’Armée de Marie se reconnaîtra à ce seul signe: sa fidélité à Rome et au Pape» (septembre 1971). La «Sagesse de Dieu est folie pour les hommes», et cette Sagesse avait prévu la contestation ignoble contre les Papes. Eh bien, c’est à la suggestion de Son Excellence Monseigneur Jean-Pierre van Lierde, alors Vicaire général du Pape au Vatican, que la formule avait été changée pour celle des Actes du Concile qui n’a pas dû «juger» les évêques en choisissant cette expression qu’on m’a tant reprochée. «En fait, ai-je répondu un jour à un membre de l’Épiscopat, si les évêques n’ont rien à se reprocher, cette phrase ne peut pas les indisposer.»

Cet exemple illustre bien jusqu’à quel point le Malin cherche à tout détruire. Quelle perte de temps! pendant que croule la religion au Canada français catholique.

Dieu, par Marie, avait donné une Oeuvre mariale que j’ai aussitôt remise à l’Église, croyant retourner dans l’ombre et le silence, mais, devant cette lutte infernale contre l’Église, j’ai vite perçu qu’il me fallait rester debout, en avant, pour diriger notre barque selon les ordres «reçus» d’En-Haut et recevoir les coups, à cause de la scission dans l’Église catholique romaine, due à l’intrusion de l’église moderne qui y fait des ravages. Voilà pourquoi Marie a levé Son Armée pacifique qui, en plus de rallier les âmes mariales, peut contourner les coups qu’on lui porte, grâce à Dieu qui, par Marie, veille sur Son Oeuvre.

Cette lutte a-t-elle cessé? Bien au contraire. Avons-nous accusé les Autorités religieuses? Non. Nous avons subi les outrages en revendiquant simplement la liberté d’éclairer respectueusement nos membres en leur donnant la vérité dans notre journal que des Autorités interdisaient jusque dans les communautés religieuses... en plus d’interdire l’accès à nos cérémonies religieuses toujours célébrées avec respect, en toute fidélité à l’enseignement de l’Église, ce que Dieu a toujours béni.

Si tous nos évêques avaient suivi fidèlement les Papes Paul VI et Jean-PaulII, le monde serait illuminé dans le Christ, les églises rénovées ne seraient pas désertes, ni, pour certaines, vendues au grand désespoir des personnes âgées qui n’y trouvaient déjà plus le véritable enseignement du Christ qu’on avait réduit à la dimension de l’homme. Le monde est plutôt entré dans le mystère de Satan qui s’étale partout dans tous les domaines et qui a réussi à faire croire qu’il n’existe plus. Et ce n’était que dans les années 1970!...

LA MAIN DE FER

Devant tant de ressources spirituelles, la main de fer allait essayer de tout saccager. Et voilà, toujours dans les années 1970, qu’un prêtre s’attaque avec force à l’Armée de Marie et à sa fondatrice. Plusieurs numéros de son périodique portent l’empreinte d’une volonté déterminée à détruire. Notre patience est exercée fortement et, parce qu’il est un membre du clergé, nous demandons le silence à nos groupes de prière. Mais ce prêtre dépasse les bornes du mépris en frappant encore plus nos membres exaspérés. L’Animatrice de la ville où il sévit me téléphone et m’informe du dernier numéro en m’interrogeant sur ce qui peut motiver ce prêtre à agir ainsi. Même si j’ignore totalement la vie de ce membre du clergé qui m’est inconnu, sauf par ses écrits que nos membres me font parvenir, je réponds à ma compagne que ce prêtre vit dans l’impureté et qu’elle en aura la preuve bientôt.

Or, dans les jours suivants, une journée de prière, tenue sous les auspices de l’Armée de Marie, doit avoir lieu dans cette ville. Nous nous y rendons et, en arrivant près de l’église, je me retrouve en face de ce prêtre que je reconnais par les photos qu’on m’a adressées et qui me demande: «Que se passe-t-il ici?», en me montrant les voitures et les autobus garés près de la vaste église. Je lui réponds simplement qu’il s’agit d’une journée de prière de l’Armée de Marie, sans même relever les propos inqualifiables de sa main de fer.

Notre journée de prière se déroule dans la beauté, la louange et l’action de grâce à un Dieu si Bon qui, par Marie, soulève les âmes dans une douce fraternité, l’unité des coeurs qui forment une seule famille.

Après notre cérémonie, un adolescent de 16-17 ans demande à parler à la responsable de cette Oeuvre. Le nom de l’Animatrice de la ville lui est donné et le jeune homme, sur rendez-vous, se rend la rencontrer le soir même pour lui demander de l’aide. Tellement imprégné par la beauté des cérémonies de la journée, il veut changer de vie et s’éloigner d’un prêtre qui l’invite chez lui, le fait passer sous la douche et ensuite dans le lit. C’est dans l’émotion profonde qu’il la supplie en lui révélant le nom de ce prêtre. Après le départ de ce jeune, l’Animatrice me téléphone et m’apprend ces confidences en me répétant ce que je lui avais dit: «Ce prêtre vit dans l’impureté et tu en auras la preuve bientôt.» En effet, quelques jours seulement et Dieu avait prouvé à l’Animatrice ce qu’Il m’avait suggéré de lui répondre en nous donnant une preuve évidente de l’action du Malin. Faut-il s’étonner de toutes ces campagnes odieuses contre une Oeuvre de Dieu? La main de fer dominait cet adolescent et cette main de fer ne pouvait pas transmettre la lumière, ni la vérité. «Que Dieu ait pitié de son âme sacerdotale!» avons-nous dit, sans même penser à nous venger.

Et la ronde du mépris et des calomnies couvrait l’Oeuvre et ses membres dans les revues diocésaines, bulletins paroissiaux, médias, maisons religieuses, alors que nous gardions le silence sur la vie de ce prêtre. Est-il le seul à propos duquel le Seigneur m’ait informée? Le Ciel a maintes fois précisé les tendances de ces adversaires du bien et de l’amour vrai. Et les preuves nous en sont données.

Le Ciel m’avait prévenue: «L’HEURE DU CRUCIFIEMENT est donc arrivée. Et ce sont mes âmes sacerdotales qui te crucifieront (...). Toutes ces âmes sacerdotales qui pèchent par orgueil, égoïsme, sensualité en tous sens, te lanceront la pierre (...)» (28 avril 1958, p. 4 de ce journal). Pour Dieu, «L’HEURE DU CRUCIFIEMENT» consiste en «UN TEMPS» pouvant signifier de nombreuses années pour nous. Et, plus tard, je «recevais» cette information: «MES PRÊTRES, CE SONT AUSSI MES ÉVÊQUES» (Vie d’Amour, vol. VIII, p. 109).

En fait, les preuves irréfutables me sont toujours données pour soutenir ma foi en des voies fort difficiles et douloureuses.

Avons-nous jugé et méprisé? Non. Silence et respect. Dieu aura le dernier mot. Nos adversaires, qu’ils soient laïcs ou membres de la hiérarchie de l’Église, vont un jour récolter ce qu’ils ont semé. TOUTEFOIS, CEUX QUI LES FRAPPERONT N’AURONT PAS LA CHARITÉ QUE NOUS AVONS EUE POUR EUX.

L’Armée de Marie avance toujours et nos membres sont encore capables d’aimer l’Église du Christ et de respecter ceux que certains pourraient qualifier d’ennemis d’une Oeuvre divine. Nous transmettons fidèlement à nos membres l’enseignement du Sauveur et, d’une manière particulière, en nous souvenant des Béatitudes données par Jésus à Ses disciples, dont voici la dernière:

«Heureux êtes-vous, si les hommes vous haïssent, s’ils vous frappent d’exclusion et s’ils insultent et proscrivent votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. Réjouissez-vous ce jour-là et exultez, car alors votre récompense sera grande dans le ciel. C’est bien de cette manière que leurs pères traitaient les prophètes» (Lc 6, 22-23).

NOTRE DÉVOTION À LA DAME DE TOUS LES PEUPLES

Nos silences féconds dans cet enfer d’accusations fausses auront des lendemains heureux. En attendant, nous vivons sous le feu de l’amour vrai et notre autel des offrandes s’enrichit de la ronde des propos injurieux, des permissions et des interdits concernant notre dévotion privée à la Dame de Tous les Peuples.

La publication, en 1967, par Raoul Auclair, du livre des Messages donnés par la Dame de Tous les Peuples à la voyante Ida Peerdeman, d’Amsterdam, en Hollande, avait développé les ardeurs de milliers de personnes d’expression française à travers le monde, mais, déjà, des peuples s’affrontaient et l’iniquité s’intensifiait. Aussi, la Prière de la Dame, donnée à la voyante, était d’une nécessité urgente pour éviter «la corruption, les calamités et la guerre». De plus, la Dame, par Ses Messages, incompréhensibles à ce moment-là, laissait entrevoir les splendeurs d’un Mystère.

Fait étonnant: en 1971, ceux qui ressentaient l’appel de joindre les rangs de l’Armée de Marie étaient, pour la plupart, ceux qui récitaient déjà la Prière de la Dame dans leurs paroisses, à la demande de leurs curés. Ils étaient donc les bienvenus dans nos rangs, mais avec une restriction chez nous: celle de respecter l’exigence de Rome qui accordait la permission de réciter privément et non publiquement la Prière de la Dame, ce qui était respecté dans tous nos centres de prières. Comme certains nouveaux venus l’ignoraient, ils en étaient aussitôt informés.

UNE SURPRISE

En 1974, dans L’Osservatore Romano était publiée une NOTIFICATION DE LA CONGRÉGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI à propos des apparitions de la Dame de Tous les Peuples.

L’abbé Lionel Mélançon, théologien, a étudié cette notification datée du 25 mai et publiée dans L’Osservatore Romano le 15 juin 1974, en page 2 et sans signature. En constatant ce dernier fait, un Prélat romain m’avait d’ailleurs dit: «Cela ne vaut rien.» Or, cette notification déclarait que:

«le caractère surnaturel des apparitions n’était pas établi et, en conséquence, elle interdisait la vénération publique de l’image de “Notre-Dame de tous les Peuples”, de même que la divulgation d’écrits présentant ces apparitions et révélations comme ayant une origine surnaturelle».

Bien sûr, les prophéties, bouleversantes pour l’Église et pour le monde, ne pouvaient pas être comprises. Les années allaient prouver leur authenticité par les réalisations: «Les signes sont contenus dans mes paroles», disait la Dame de Tous les Peuples (49e et 51e visions). La proposition de Gamaliel aurait empêché bien des contradictions et des accusations à cette époque, alors que plus de deux cents imprimatur en faveur de la Prière de la Dame étaient déjà donnés par des cardinaux, évêques et vicaires généraux à travers le monde.

Pourquoi cette lutte contre cette dévotion et contre la voyante d’Amsterdam, en Hollande, de même que contre nous au Québec? Tous savaient que l’ancienne interdiction relative aux livres de révélations, de prophéties, etc., était à présent levée:

DÉCRET DE LA SACRÉE CONGRÉGATION

Ainsi la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le 29 décembre 1966, avait publié un décret, sous la signature du Cardinal Ottaviani, Pro-Préfet, pour abroger les articles 1399 et 2318 du Droit Canon, lesquels interdisaient la publication de livres traitant de révélations, visions, prophéties, etc.

Ce décret d’abrogation a été approuvé le 14 octobre 1966 par le Souverain Pontife, le Pape Paul VI, qui en ordonna la publication. Ainsi l’Index n’a plus force de loi ecclésiastique, pas plus que les censures qui y étaient jointes.

Comment expliquer alors la lutte menée, surtout ici au Québec, contre les messages de la Dame de Tous les Peuples qui prévient Ses enfants des malheurs qui les guettent, des combats et des massacres qui auront lieu en tel ou tel pays et dont on voit constamment la réalisation au fil des ans?

Nous laissons donc courir, et jusqu’à Rome, les accusations mensongères, qui s’amplifient contre nous, à propos de la Prière et des Messages de la Dame de Tous les Peuples. Alors que notre obéissance oscille entre les permissions et les interdictions, nous gardons notre âme paisible et sereine.

LA MILICE DE JÉSUS-CHRIST

En 1977, Raoul Auclair et l’abbé Jean Derobert, de Paris, venus à Québec, intéressent l’Armée de Marie à la Milice de Jésus-Christ, fondée en France par saint Dominique au XIIIe siècle, tant et si bien que, en septembre 1977, lors de notre pèlerinage en Europe en l’honneur de l’Eucharistie, une cérémonie solennelle scellant l’Alliance des deux Oeuvres regroupe, au cours de la messe en l’église Saint-François-Xavier, à Amsterdam (Hollande), 350 membres du Canada et des États-Unis auxquels s’ajoute une centaine d’autres membres de l’Europe réunis autour du Maître général, M. Houdart de la Motte, de Paris, et de Raoul Auclair, Commandeur du Rosaire.

C’est au cours du discours prononcé par le Maître général que nous apprenons que la Milice de Jésus-Christ donnait «une importance à l’instauration d’un accroissement de dévotion au Saint-Esprit, conjointement à celui de la Bienheureuse Mère de Dieu Co-Rédemptrice, Médiatrice et Avocate. La Prière de “la Dame de Tous les Peuples” était approuvée et indulgenciée par S. Exc. Mgr Stourm, Archevêque de Sens et Aumônier général» (13 janvier 1970).

S’adressant à l’Armée de Marie, le Maître général ajoutait ceci:

«C’est pourquoi nous avons été heureux d’apprendre qu’une organisation avait vu le jour dans le Nouveau Monde dont le guide, certainement inspiré, avait réuni un grand nombre de membres, leur donnant aussi une Règle de vie ressemblant à la nôtre et où l’expression poétique “des Trois blancheurs” symbolisait si bien l’idéal de notre Croisade. L’idée même de chevalerie, nous disait-on, est utilisée dans cette institution, tout comme Louis-Marie Grignion de Montfort l’a utilisée au XVIIIe siècle.» (...) Et il ajoutait:

«La Prière de la Dame de Tous les Peuples, approuvée et indulgenciée pour nous par notre Ordinaire, ne cesse d’être récitée à l’intérieur de nos réunions et fait partie de notre rituel. Les grâces accordées, on peut même dire les miracles que l’Autorité doit étudier, permettent, nous pouvons légitimement l’espérer, la libération de la dévotion. (...)»

Nous avons alors appris que la Milice de Jésus-Christ au Canada avait le même avantage de réciter la Prière lors de nos réunions et cérémonies solennelles. Ce fut accepté en conservant scrupuleusement la dévotion privée en toute autre circonstance et nos membres en furent aussitôt informés.

Quelques mois après, quelle avalanche d’accusations mensongères portées jusqu’à Rome! Notre obéissance nous valait chaque fois des lettres odieuses de certaines Autorités religieuses qui publiaient leurs plaintes dans leurs bulletins diocésains et paroissiaux, sans oublier les homélies. Notre dévotion à la Dame de Tous les Peuples était sans cesse frappée d’interdit: «Évêque contre évêque, cardinal contre cardinal», avait dit Marie à la Soeur Agnès Sasagawa à Akita, au Japon.

Pendant ce temps, le 21 novembre 1981, la Milice de Jésus-Christ obtenait un décret de droit pontifical et ajoutait à son Directoire l’image de la Dame de Tous les Peuples et la Prière en latin et en français.

«VIE D’AMOUR»

En 1979 et 1980, treize volumes de Vie d’Amour sont publiés. Ils relatent l’évolution de l’Oeuvre établie sur la base mystique d’une vie marquée de la croix. De plus, de nouvelles voies sont ouvertes, mais tout à fait incompréhensibles. Il en est fait mention en toute obéissance: «ON COMPRENDRA PLUS TARD», dit le Seigneur.

LA FAMILLE ET LA COMMUNAUTÉ DES FILS ET FILLES DE MARIE

Pendant que la lutte s’étend et augmente contre nous, l’Oeuvre avance. La fondation de la Famille et de la Communauté des Fils et Filles de Marie, le 31 mai 1981, à Québec, suscite encore l’étonnement. Pourtant, nous suivons les événements providentiels ponctués d’ordres à exécuter.

En mai-juin 1984, l’Armée de Marie est en Europe. C’est à Lourdes que je «reçois», de l’Immaculée, l’ordre suivant au sujet des seize Fils de Marie qui désirent étudier en vue du sacerdoce (une lettre à cet effet, adressée six mois plus tôt à S. Exc. Mgr Louis-Albert Vachon, nouvel archevêque de Québec, étant restée sans réponse): «TOUS CES JEUNES GENS DEVRONT ÉTUDIER À ROME.» Le lendemain, 5 juin 1984, à Marseille: «ILS ÉTUDIERONT À ROME, À L’ANGELICUM. ILS POURRAIENT ÊTRE HÉBERGÉS CHEZ LES PASSIONISTES.» Et Marie m’indique les moyens à prendre pour défrayer le coût de leurs études. Quelle bonté maternelle de Marie qui avait même demandé l’année précédente que des cours d’italien soient donnés à ces jeunes gens! Tout est sublime et je m’abîme dans ma petitesse. Tout s’est réalisé, portes ouvertes partout! Vivre avec le Ciel, c’est du Ciel sur la terre!

L’année d’études de nos étudiants s’écoule très bien. Ils reviennent au pays pour leurs vacances, au berceau de l’Oeuvre, dans leur maison religieuse.

En 1985, ils sont 33 Fils de Marie à se rendre à Rome dont 28 pour des études de philosophie, sous la responsabilité du Père Denis Laprise qui a reçu la permission de son Supérieur, le Père Joseph Bressanin, camillien. Or, quelques jours avant le départ du groupe, le 26 septembre, un contrordre est donné: interdiction pour le Père Denis d’aller à Rome. Mais le Ciel avait tout prévu et déjà préparé les voies (Vie d’Amour, Appendice II, p. 65). Et la partie se joue entre Rome et l’Archevêché de Québec. Du Vatican, l’ordre est donné au Père Denis de se rendre à Rome tel qu’il était entendu. Mais quel imbroglio qui nous a cependant laissés dans le calme et la paix! Finalement, tout se déroule comme le Vatican l’ordonne et comme le Ciel l’avait prévu et «annoncé», ce que le Vatican ignore.

LA LUTTE EST TOUJOURS PRÉSENTE

La campagne de diffamation contre l’Armée de Marie et sa fondatrice s’intensifie dans les médias d’information. Dans l’un des articles du quotidien Le Soleil de Québec, Jean Martel affirme: «Le diocèse de Québec s’apprête à décréter une série de mesures à l’endroit de l’Armée de Marie.»

Quelques jours plus tard, soit le 26 avril, le même journaliste écrit: «L’Armée de Marie est l’objet d’un rapport, confirme Mgr Vachon.» Il mentionne le Comité d’enquête constitué par l’Archevêque de Québec afin d’étudier l’Armée de Marie.

- Le 24 octobre 1985, Son Éminence le Cardinal Maurice Roy meurt à Québec, à l’âge de 80 ans. L’Oeuvre perd ainsi un père et un protecteur.

- Le 17 décembre 1985, nous sommes convoqués à l’Archevêché afin de rencontrer les Membres du Comité d’enquête.

Lors de cette réunion, le Comité lit aux Dirigeants de l’Armée de Marie le rapport qu’il a préparé sans jamais nous avoir interrogés, rapport qui est assorti de douze recommandations à l’encontre de l’Oeuvre. Mes collaborateurs et moi, nous réfutons, PREUVES À L’APPUI, les accusations fausses contenues dans ce rapport, mais les positions et décisions sont déjà prises.

LES ÉCRITS DE MARC BOSQUART

Entre-temps, le 14 juin 1985, la Famille des Fils et Filles de Marie avait publié un premier livre de Marc Bosquart: De la Trinité Divine à l’Immaculée-Trinité, livre qui avait été porté à Rome, plusieurs mois auparavant, en feuilles volantes, par l’abbé Lionel Mélançon, théologien averti, convaincu que ce livre contenait un éclairage précieux à fournir à l’Église.

Mentionnée dans ces pages, j’avais voulu empêcher la publication de ce livre, mais le Seigneur m’avait fait comprendre qu’Il pouvait inspirer qui Il voulait et que je n’avais pas à intervenir.

En 1986, lors d’une visite à Rome, j’exprimais mes réticences au sujet des livres de Marc et mon désir de disparaître à Mgr Émery Kabongo, secrétaire privé du Pape. Il me dit: «Vous devez rester là. Vous ne devez même pas songer à disparaître. Il faut aussi accepter le mépris, même pour les honneurs que l’on reçoit. Je suis en train de lire “Vie d’Amour”. Ces livres pourraient convertir le monde entier, même les évêques.»

En une autre occasion, il ajoute: «Vous aurez beaucoup à souffrir, mais Dieu aura le dernier mot.»

Marc prépare un second livre: Le Rédempteur et la Co-Rédemptrice, lequel sera publié le 28 août 1986. S. Ém. le Cardinal Vachon profite de la publication de ces deux livres pour frapper l’Armée de Marie en usant de procédures illégales, basées sur deux mises en garde qu’il a émises contre les livres de Marc.

Il est à noter que les hypothèses contenues dans les livres de Marc Bosquart n’étaient pas enseignées par nos Fils de Marie, alors même que des événements réalisaient certaines prophéties de la Dame, commentées par Marc dans ses écrits.

LUTTE ENTRE LA FEMME ET LE DRAGON

Tenant compte de la direction céleste qui guide l’Armée de Marie et de la petitesse de la servante ici-bas, comparativement à la force impitoyable et au spectacle odieux que présente le procès infâme intenté contre une Oeuvre mariale qui fait trembler l’empire infernal, procès qui se déroule depuis trente ans sur la place publique et que les moyens de communication de toute sorte répercutent dans le monde entier, nous avons choisi d’aimer dans le don total avec des mots de vérité, de paix et de bonheur. Il y a tant de manières de mourir à soi, et, avec Dieu, la croix fleurit.

Nous avons vu et voyons encore ce que l’homme peut créer de malheurs dans un monde sans âme et, par contre, ce que l’homme peut apporter et offrir pour faire lever le soleil de l’amour et du bien. Nous avons donc choisi de suivre «le Pape et les évêques en communion avec lui». Si tous avaient suivi le Pape, il n’y aurait jamais eu de lutte contre nous et la vérité féconde brillerait dans toutes les églises où la moisson des grands mystères de la foi allumerait tous les espoirs aux lumières d’un Dieu d’Amour.

Mais quel désastre quand l’Amour est profané; quand les épiphanies de Marie sont repoussées; quand Ses interventions maternelles sont rejetées: les peuples souffrent, car les malheurs annoncés fondent sur l’univers! À qui la faute? On nous accuse... N’accusons pas, car Dieu a toujours le dernier mot.

Dans tout procès, les accusés ont toujours le droit d’être entendus, mais il n’en est pas ainsi dans l’Église populaire du Québec.

L’Armée de Marie est l’Oeuvre de la Dame de Tous les Peuples. La lutte engagée contre cette Oeuvre - et dont ces quelques lignes ne font qu’effleurer le labyrinthe d’intrigues et de mépris qui couvre une longue page d’histoire, comme il en fut au temps du Christ - prouve, en partie, la réalisation des paroles de la Dame à Ida, d’Amsterdam: «Les puissances de l’enfer vont se déchaîner. Elles ne vaincront pas la Dame de Tous les Peuples» (La Dame de Tous les Peuples, 48e vision, 3 décembre 1953).

ÉVÊQUE CONTRE ÉVÊQUE... CARDINAL CONTRE CARDINAL

Poursuivons en un simple survol la relation des faits qui prouvent le perpétuel combat entre les fils de la lumière et les fils des ténèbres, entre Satan qui creuse le gouffre des rivalités et la Femme qui dirige la Barque de l’Oeuvre d’Amour. Qui donc a pressenti la fleur du mystère qui ouvre ses pétales lumineux et attire les petits qui, sans comprendre, perçoivent l’agir de Dieu et de l’Immaculée écartant de longs voiles sur les verrières des cieux, distribuant des clartés de joie et de paix, des bribes de secrets qui ravissent les coeurs purs? Il y aurait tant à dire, à écrire: si l’on savait le don de Dieu!

Il est si lourd de prolonger le récit de cette longue descente dans les ravins et les abîmes de la bassesse humaine!

Nous sommes tous pécheurs: c’est Dieu qui donne la grâce à celui qui ouvre son coeur.

Vivre sous le regard de Dieu, c’est à la fois recevoir Ses lumières de Sagesse qui nous ouvrent les voies et être prévenus des obstacles qui sont dressés par les hommes, fussent-ils de la hiérarchie de l’Église. C’est aussi être informés des motifs qui les font agir.

Ce qui va suivre est un survol des événements qui établissent une ligne de démarcation entre les pouvoirs des hommes et l’action de Dieu. On pourra trouver les détails dans Vie d’Amour, Appendice III.

L’ANNÉE DU CRUCIFIEMENT

À la fin de novembre 1986, le Ciel me demande d’annoncer à nos membres, par notre journal Le Royaume, «L’année du crucifiement» qui viendra bientôt. Qu’en sera-t-il? et que dois-je écrire à ce sujet? Je n’en sais rien. Soudain les événements se bousculent... et fournissent la matière nécessaire à la rédaction de mon article.

9 décembre 1986 - Première monition canonique de S. Ém. le Cardinal Louis-Albert Vachon portant surtout sur notre dévotion à la Dame de Tous les Peuples et à Sa Prière, puis une série de recommandations auxquelles nous avions déjà répondu, prouvant notre innocence.

Et suit une série d’actions inconcevables faites par des évêques du Québec auprès du Vatican (tous les détails et pièces à conviction sont publiés dans le volume Vie d’Amour, Appendice III, pp. 33-60).

Le journal Le Royaume, n° 48, de février 1987, est publié, annonçant «L’année du crucifiement». Les événements indiqueront quand commencera et se terminera cette année.

18 janvier 1987 - S. Exc. Mgr Léo Blais, évêque retraité de Montréal, adresse aux Autorités religieuses du Québec et du Vatican et à nos membres une «étude» sur les écrits de Marc Bosquart. Le 27 février 1987, celui-ci lui répond par une brochure intitulée: «Réponses à Mgr Léo Blais», avec, en exergue, ce qui suit:

«Avec la preuve et le détail des 265 fausses accusations, mensonges et calomnies, procès d’intention, formulations tendancieuses, erreurs de lecture et de jugement, citations tronquées, falsifiées, voire inventées de toutes pièces, etc., qui sont le fait de Monseigneur Blais dans sa lettre et son “étude” au sujet du livre de Marc Bosquart, Le Rédempteur et la Co-Rédemptrice

Le Lundi Saint 13 avril 1987, je «vois», à l’Archevêché de Québec, la préparation de documents contre nous et j’en informe aussitôt Soeur Jeanne d’Arc Demers en ajoutant: «Ce ne sera pas long avant que je reçoive ces documents.» Que l’agir de l’Archevêché me soit «montré» est la preuve que ce fait a une importance capitale.

Le Mercredi Saint 15 avril, je reçois en effet du Cardinal Vachon une lettre de convocation à l’Archevêché pour le 23 avril. À cette lettre est jointe une copie de la lettre que le Cardinal Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a adressée à l’Archevêque de Québec concernant ses deux mises en garde à l’encontre des livres de Marc, mises en garde que le Préfet approuve et confirme, laissant au Cardinal Vachon «toute latitude de prendre les mesures... nécessaires, sans exclure la possibilité de supprimer l’Association “ad normam iuris” [selon les normes du Droit]» (Vie d’Amour, Appendice III, pp.95-98).

Le 23 avril, je me rends avec mes collaborateurs aux bureaux de l’Archevêché de Québec pour la rencontre convoquée par le Cardinal Vachon. Dès le début, l’Archevêque nous informe de sa décision de «procéder à la révocation du décret d’érection de l’Armée de Marie» qu’il menace aussi d’interdictions concernant ses activités (id., pp. 101-108).

Le 4 mai 1987, le Cardinal Vachon émet son décret qu’il fait connaître publiquement lors d’une conférence de presse à l’Archevêché (id., pp. 111-116).

Le décret du Cardinal Vachon est appuyé par les autres évêques du Québec qui, eux aussi, ferment les portes de leurs églises à l’Armée de Marie dont les membres subissent paroles et actions vexantes de la part du clergé et de l’épiscopat.

Aussi, c’est dans de grandes salles que les cérémonies solennelles de l’Armée de Marie et de Ses Oeuvres connexes vont regrouper nos membres.

Pendant quelques jours, l’Armée de Marie fait les manchettes des journaux et de la radio:

«L’Armée de Marie est censurée par Rome» (Le Soleil); «L’Armée de Marie bannie» (radio); «L’Armée de Marie abolie» (Journal de Québec); «Le glas vient de sonner pour l’Armée de Marie» (radio); «L’Armée de Marie est désavouée» (Le Soleil); «Marie désarmée» (Le Soleil); «Le Cardinal Vachon, de Québec, jette l’interdit sur l’Armée de Marie» (La Presse); «L’Église met l’Armée de Marie en déroute» (Le Devoir); «Archbishop bars group from churches» (The Gazette, Montréal); etc.

Et ces nouvelles s’étendent en Italie et en d’autres pays.

Trois jours plus tard, pour répondre aux désirs des journalistes, l’Armée de Marie les informe à son tour lors d’une conférence de presse tenue au Centre de l’Immaculée, à Québec (Vie d’Amour, Appendice III, pp. 121-125).

Par le Père Denis Laprise, à Rome, nous recevons la directive de certaines Autorités du Vatican de présenter un recours au Pape contre le décret du Cardinal Vachon. Mais d’abord, selon les lois de l’Église, nous devons demander au Cardinal Vachon de révoquer son décret, ce que fait l’avocat Richard Dionne (id., pp. 127-130).

UN RECOURS AU PAPE?

Quelques Autorités religieuses de Rome sont informées du rejet de notre demande de révocation du décret porté par Son Éminence le Cardinal Vachon. Ainsi que ce fut demandé par ces Autorités, l’Armée de Marie devra donc présenter un recours au Pape contre les deux décrets du Cardinal Vachon (id., pp. 132-134).

Ce recours sera déposé au Vatican pendant notre pèlerinage de mai 1987: un premier groupe de nos pèlerins partira pour l’Italie dès le dimanche 24 mai. Richard Dionne, qui prépare le recours, l’apportera le 26 en venant avec le deuxième groupe.

En arrivant à Rome, j’apprends d’une Autorité religieuse que le document préparé par Richard sera déféré par la Secrétairerie d’État au Conseil pontifical pour les Laïcs (p. 137) et qu’il revient à la fondatrice d’écrire une lettre au Saint-Père (lettre, pp. 138-139). Ma lettre, déposée à l’intention du Pape, est expédiée au Pro-Nonce Apostolique au Canada, S. Exc. Mgr Angelo Palmas. Les problèmes ne viennent-ils pas du Canada?...

Le 30 mai 1987, à L’Aquila, a lieu l’ordination sacerdotale de neuf Fils de Marie par S. Exc. Mgr Mario Peressin.

PÈLERINAGE EN L’HONNEUR DE LA SAINTE CROIX

Du 16 au 25 septembre 1987 a lieu en Italie le pèlerinage en l’honneur de la Sainte Croix. Au cours des premières cérémonies, les 18 et 19 septembre 1987, douze postulants prennent l’habit des Fils de Marie, treize autres font profession, alors que S. Exc. Mgr Mario Peressin ordonne au diaconat quatre Fils de Marie (Vie d’Amour, Appendice III, pp. 188-195).

«... ALLEZ, DEMAIN, À LA BASILIQUE SAINT-PIERRE...»

Le dimanche 20 septembre, à 9h00, une réunion est prévue à l’hôtel Pineta Palace, à Rome, pour nos pèlerins européens, américains et canadiens.

Le Père Denis, bouleversé, arrive à la dernière minute avec trois Fils de Marie; chemin faisant, il s’est arrêté à la sacristie de la Basilique Saint-Pierre pour confirmer notre présence le lendemain à la messe, selon qu’il avait été prévu et accepté depuis déjà sept mois. Le Responsable de la sacristie demande à celui de nos Fils de Marie qui se présente le premier: «Qui êtes-vous? Si vous êtes l’Armée de Marie, vous ne pouvez pas venir. Vous n’avez plus le droit de célébrer la messe au Canada, pas davantage à Rome.»

Le Père Denis arrive au même instant pour entendre l’interdiction. Rien à faire, l’interdit est jeté. Bouleversé, le Père Denis m’apprend la nouvelle au moment où doit commencer notre réunion. Je lui réponds: «Obéissons, nous irons ailleurs, Marie aura bien une solution.»

La réunion commence dans la joie, mais dans le silence sur cette déception. Je viens à peine de donner la parole à l’un des nôtres quand j’«entends» Marie: «VOUS DEVEZ ALLER DEMAIN À LA BASILIQUE SAINT-PIERRE, VOUS AUREZ LÀ UN PROTECTEUR. SI VOUS N’Y ALLEZ PAS, C’EST LE CARDINAL VACHON QUI SE SERVIRA DE CE FAIT EN DISANT QUE MÊME AU VATICAN VOUS AVEZ ÉTÉ REFUSÉS, ET IL CHERCHERA À VOUS DÉTRUIRE À JAMAIS. ALLEZ, ET VOUS AUREZ LÀ UN PROTECTEUR.»

Discrètement ce message est transmis au Père Denis.

Quelle foi en Marie il nous faut le lendemain pour nous rendre à la Basilique Saint-Pierre! Le même prêtre, à la sacristie, qui avait interdit la veille l’accès à la Basilique aux Fils de Marie, répète les mêmes paroles en les voyant: «Vous êtes l’Armée de Marie. Vous n’avez pas le droit de célébrer la messe au Canada, vous n’avez pas plus le droit de la célébrer à Rome.» Et le prêtre, tout tremblant, répète: «Vous êtes l’Armée de Marie et il vous est interdit de célébrer la messe ici.»

Un Monseigneur, arrivé sur les lieux, écoute ce Prêtre. Il s’approche de lui en disant: «Ce groupe vient ici depuis longtemps, je connais ces gens, et nous n’avons rien à leur reprocher. Je prends la responsabilité de m’occuper de ce groupe.»

Le Père Denis reconnaît Monseigneur Colino, directeur de la chorale de la Basilique. Il a fait chanter notre chorale dans le passé lors de cérémonies présidées par le Pape. Monseigneur Colino ouvre la marche en conduisant les pèlerins vers l’abside où il les fait tous entrer, demandant même aux Fils de Marie (63) de monter dans le choeur et d’assurer le chant. C’est Monseigneur Colino qui dirige le premier cantique. Il reste présent pendant toute la cérémonie. Il est donc le protecteur que Marie m’avait «annoncé». Que c’est beau et grand! Et comment ne pas croire à Son Oeuvre?...

«ES-TU PRÊTE À ACCEPTER L’IMMOLATION?»

L’après-midi du 20 septembre, en l’église Notre-Dame-de-la-Salette, à Rome, nous sommes tous réunis pour la cérémonie solennelle de l’Armée de Marie. Pendant la messe, j’«entends» soudain Marie en cette seule phrase:

«ES-TU PRÊTE À ACCEPTER L’IMMOLATION?

- Oui, je veux tout ce que Tu veux.»

Telle est ma réponse spontanée que je crois garder en mon coeur. Mais l’ordre m’est «donné» aussitôt d’en informer nos pèlerins le lendemain.

Ce secret, je le savoure au fond de mon coeur, comme un cadeau du Ciel, mais un cadeau qui me rivera davantage à la croix, car la CROIX est la signature de Dieu.

LES DÉCRETS SE SUCCÈDENT... (relation faite par Sylvie Payeur)

Le Jeudi Saint 31 mars 1988, Marie-Paule reçoit le décret du 25 mars précédent signé par le Président du Conseil Pontifical pour les Laïcs, le Cardinal Eduardo Pironio, et par le Vice-Président, Monseigneur Paul Cordes. Par ce décret, le Conseil Pontifical pour les Laïcs ratifie la décision prise par le Cardinal Vachon le 4 mai 1987. Or, ce décret mentionne: «L’analyse du dossier et des questions concernant l’Armée de Marie, qui en sont à l’origine, a conduit à la conclusion que les fondements et les principes doctrinaux, sur lesquels reposent les statuts, les enseignements et les activités de l’Armée de Marie, ne sont pas conformes aux enseignements de l’Église.»

C’est le comble de la confusion et des ténèbres! Le Conseil pontifical pour les Laïcs vient d’introduire dans le dossier une nouvelle accusation, ce qu’il ne pouvait faire sans entendre l’Armée de Marie. Et cette accusation est totalement erronée: les fondements de l’Armée de Marie ont été mentionnés par le Cardinal Maurice Roy dans son décret de 1975 érigeant l’Armée de Marie en Association pieuse, et ils n’ont jamais changé, pas plus que l’enseignement de l’Armée de Marie qui repose sur la doctrine de l’Église.

Devant les irrégularités entachant ce décret, une Autorité du Vatican demande à l’Armée de Marie de présenter un recours au Tribunal Suprême de la Signature Apostolique, à Rome.

Il est à remarquer que, alors que Marie-Paule avait annoncé «l’année du crucifiement», exactement une année liturgique s’est écoulée entre la réception, le Mercredi Saint 1987, de la lettre de convocation du Cardinal Vachon à l’Archevêché de Québec, et la réception, le Jeudi Saint 1988, de la lettre du Conseil pontifical pour les Laïcs.

Dans le journal Le Royaume, Marie-Paule doit annoncer une autre «indication» d’En-Haut:

«Suivra maintenant le temps non défini de l’immolation» (Le Royaume, Numéro important du 8 avril 1988, p. 4). (...)

L’Armée de Marie retient les services de Me Corrado Bernardini pour la représenter auprès du Tribunal Suprême.

Le 9 avril 1988, Me Bernardini dépose le recours de l’Armée de Marie à la Section Altera de ce tribunal.

Pendant ce temps, la campagne de salissage contre l’Armée de Marie et sa Fondatrice continue dans les médias d’information dont certains sont cependant obligés de se rétracter.

Au Tribunal Suprême, le recours de l’Armée de Marie doit d’abord être présenté à l’Assemblée du Congressus qui doit juger s’il est suffisamment fondé pour être soumis à la Plénière ou Collège des Juges.

Le recours est rejeté le 17 mars 1989, par un décret du Tribunal Suprême, signé par le Préfet du Tribunal, le Cardinal Achille Silvestrini, et son secrétaire, Monseigneur Zenon Grocholewski, sous prétexte qu’il manquerait de fondement.

La décision du Congressus étant fort surprenante et les injustices évidentes tant en droit que dans les faits, l’Armée de Marie accepte, à la proposition de Me Bernardini et sur le conseil d’Autorités religieuses de Rome, de faire un recours au Tribunal Suprême contre le décret de rejet. Ce recours est déposé auprès du tribunal le 10 juin 1989; le Collège des Juges, constitué des Pères Cardinaux, devra donc se pencher sur cette cause.

Le 17 mars 1990, Son Excellence Monseigneur Maurice Couture est nommé Archevêque de Québec, succédant au Cardinal Vachon.

La cause de l’Armée de Marie devant le Tribunal Suprême pourrait en rester là si un règlement hors cour intervenait entre l’Oeuvre et le nouvel Archevêque. Mais, malgré la bonne volonté de l’Armée de Marie, le dialogue souhaité n’aura pas lieu.

Six Juges du Tribunal Suprême se réunissent le 20 avril 1991 pour étudier le recours de l’Armée de Marie. Encore une fois, l’Oeuvre est jugée sur la base de calomnies et la Plénière refuse d’admettre le recours à la discussion, alléguant qu’il manquerait de fondement.

Le décret définitif du Tribunal Suprême, daté du 15 mai 1991, est notifié à l’Armée de Marie le 17 mai suivant.

Le Seigneur avait prévenu Marie-Paule en 1951: «TOUT SE TERMINERA PAR LA COUR.»

Elle avait cru alors qu’il s’agissait de la cour civile, mais son Directeur spirituel, le Père Armand Veilleux, lui avait dit qu’il s’agirait peut-être de la Cour religieuse, ce qui se vérifie avec ce jugement de l’Église.

QUEL SERA LE JUGEMENT DE DIEU?...

Sylvie continue:

Le matin du 30 avril 1991, Marie-Paule est à la chapelle quand elle «entend» soudain:

«COMPTE AUJOURD’HUI LE NOMBRE D’ANNÉES QU’IL Y A ENTRE LE JOUR D’AVRIL OÙ JE T’AI INFORMÉE DE TA MISSION DOULOUREUSE ET LE JOUR D’AVRIL DE LA FIN DE CETTE MISSION PAR LE VERDICT DE L’ÉGLISE.»

Il lui est donné de «comprendre» aussitôt qu’il s’agit des 33 ans de la Co-Rédemption, correspondant aux 33 ans de la Rédemption.

Dans le journal Le Royaume, numéro spécial du 31 mai 1991, à la page 6, Marie-Paule écrit:

«Après la messe, je vérifie dans Vie d’Amour, volume I, chapitre 53, pour bien m’assurer de la date de cette annonce, soit le 28 avril 1958. Je demande à Soeur Chantal de vérifier, sur son ordinateur, le nombre exact de jours entre le 28 avril 1958 et le 20 avril 1991, jour où l’Église a prononcé, par la Plénière, son verdict sur l’Armée de Marie.

«“12045 jours, années bissextiles comprises”, me dit Soeur Chantal en quelques minutes.

«Je divise aussitôt 12045 jours par 365 jours, ce qui me donne 33 ANS JOUR POUR JOUR.

«Voilà! C’est à genoux que je voudrais vivre. Pourrait-on être plus précis? N’est-ce pas que Dieu appose, une fois encore, le sceau divin sur l’Oeuvre de la Co-Rédemption qu’Il m’avait annoncée? J’en informe aussitôt nos Membres.

«Laissons à Dieu maintenant le soin de préparer la résurrection.

«Rédemption: 33 ans; Co-Rédemption: 33 ans» (fin de la relation).

* * *

Est-ce terminé pour autant? Il reste «le temps non défini de l’immolation»...

En attendant, Dieu bénit cette Oeuvre et, malgré tous les obstacles dressés par les hommes, elle avance toujours au-dessus des flots corrompus des calomnies, au-dessus de la mer de boue qui a infesté le monde: «L’enfer va se déchaîner...», et quel déchaînement!

Mais Dieu est là qui, par Marie, guide Son Oeuvre d’amour.

* * *

Sylvie reprend:

Le Cardinal Vachon n’ayant jamais donné suite à la demande d’approbation «ad experimentum» de la Communauté des Fils et Filles de Marie, le 1er janvier 1986, c’est l’Archevêque de L’Aquila, Son Excellence Monseigneur Mario Peressin, qui accepte, à la demande du Saint-Siège, de prendre la Communauté sous sa protection.

Le 26 mai 1986, Sa Sainteté Jean-Paul II ordonne au sacerdoce le premier Fils de Marie.

Le 30 mai 1987, neuf Fils de Marie sont ordonnés prêtres par Son Excellence Monseigneur Mario Peressin en la Basilique Sainte-Marie-de-Collemaggio, à L’Aquila. Plus de 1000 pèlerins de l’Armée de Marie assistent à la cérémonie, ne se doutant pas des fortes pressions qui avaient été exercées sur l’Archevêque afin de l’empêcher de conférer le sacerdoce aux membres de la jeune Communauté.

À la suite de l’intervention de certains Dicastères, le Secrétaire de la Congrégation pour les Religieux avait avisé Monseigneur Peressin qu’il devait faire signer aux neuf Fils de Marie un acte de reniement de l’Armée de Marie, sinon ils ne seraient pas ordonnés. Les Fils de Marie avaient bien sûr refusé de signer un tel acte. Des Membres de l’épiscopat québécois avaient déclaré: «Jamais les Fils de Marie ne seront ordonnés prêtres!» Malgré tout cela, et comme on l’a vu, ils ont été ordonnés quand même...

Le 15 août 1986, au Centre International de l’Armée de Marie, à Québec, avait été fondée l’Oeuvre des Oblats-Patriotes, insérée d’abord dans la Famille des Fils et Filles de Marie comme branche patriotique s’inspirant de la Doctrine sociale de l’Église.

En septembre 1991, l’Armée de Marie accomplit son 19e pèlerinage international, cette fois en Grèce et en Italie, en l’honneur de la Croix Glorieuse.

Le 14 septembre, en la Basilique Sainte-Marie, de Rieti, c’est la cérémonie du 20e anniversaire de l’Armée de Marie, présidée par Son Excellence Monseigneur Joseph Molinari, Évêque de Rieti.

Cette cérémonie avait été «demandée» par le Ciel près d’un an auparavant, de même que la réunion qui a lieu l’après-midi dans le Salon des Papes de l’Évêché.

Du 22 mai au 2 juin 1992 est tenu le pèlerinage en l’honneur de la Co-Rédemptrice, en Italie, avec plus de mille pèlerins.

Le 27 mai 1992, les pèlerins assistent à l’audience générale de Sa Sainteté Jean-Paul II qui, à la fin, en toute déférence pour les Évêques protecteurs de l’Oeuvre, Italiens d’origine, s’adresse en italien à l’Armée de Marie:

«Rivolgo, poi, il mio benvenuto al folto gruppo internazionale dell’“Armée de Marie”, che in questo mese di maggio sta vivendo un intenso itinerario attraverso alcuni Santuari mariani italiani. Lasciatevi sempre educare dalla Madre del Signore, pellegrina della fede e della speranza; portate nei vostri Paesi il tesoro spirituale, che avete accumulato in questi giorni.»

Ce qui se traduit ainsi: «J’adresse ensuite la bienvenue au nombreux groupe international de l’“Armée de Marie” qui, en ce mois de mai, vit un intense itinéraire en visitant quelques Sanctuaires marials italiens. Laissez-vous toujours éduquer par la Mère du Seigneur, pèlerine de la foi et de l’espérance; portez en vos pays le trésor spirituel que vous avez acquis en ces jours.»

Le dimanche 31 mai, en la Basilique Sainte-Marie de Rieti, a lieu une cérémonie spéciale en l’honneur de la Dame de Tous les Peuples et la fondation de l’Institut Marialys (Sylvie Payeur, Texte du Film «Vie d’Amour», 1992).

«SI EUX SE TAISENT, BIENTÔT, LES PIERRES PARLERONT»

Depuis longtemps, plusieurs de nos membres brûlent du désir de louer Dieu d’une voix forte pour tout ce qu’ils ont vu dans l’Armée de Marie et qu’ils reconnaissent comme étant des faits importants dans leur vie.

«Jésus approuvait les acclamations de ses disciples. Quelques pharisiens dirent à Jésus: “Maître, reprends tes disciples.” Mais Jésus répondit: “Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront”» (Lc 19, 40).

Il en sera ainsi chez nos membres bientôt. Quelques bienfaits ont déjà filtré pour faire contrepoids aux flots d’injustice, aux assauts du mal contre l’Oeuvre de Dieu, alors que, de l’intérieur, le feu de l’Esprit Saint soulève les âmes vers l’Amour.

«Si eux se taisent, disait Jésus, les pierres parleront.» D’où viendraient ces «pierres»? Ce sont les endurcis qui ont lutté contre l’Oeuvre de Dieu et voici que, par une grâce divine, leurs propos n’ont plus rien de ces flots de boue qui déferlent sur les vagues de fond qui éclaboussaient tout avec fracas. Leurs demandes de pardon, leurs paroles de regret sont considérées comme des appels à l’amour sans retour sur le passé, un amour qui a déjà pardonné l’erreur, afin que des bourgeons d’espérance mûrissent un jour au contact de la grâce divine.

Ces grâces de Dieu, on les puise dans les sacrements qui sont tous nécessaires pour profiter de la vie avec un regard toujours nouveau, capable de rallumer l’énergie nécessaire pour bien vivre chaque jour en tirant profit des joies et des peines qui nous sont présentées. L’expérience amoureuse de Dieu sentie jusqu’au fond de l’âme est possible par l’Eucharistie, reçue en état de grâce. C’est par l’hostie consacrée que l’on reçoit le Christ vivant, le Christ souffrant, mystère d’amour divin et humain à la fois qui nous sanctifie. Et, quand l’âme s’est livrée totalement à Dieu, ayant tout sacrifié, ayant accepté tous les genres de tourments pour n’être que le rien dans le Tout, ayant entièrement conformé sa volonté à Celle du Père, c’est la divinisation. L’Eucharistie divinise l’homme.

Sur cette terre, la vie de «l’Homme en blanc» tranche totalement sur toutes les autres: c’est celle du Pape Jean-Paul II. Par son regard spiritualisé, il ne fait plus de doute que ce Pape est divinisé, si bien que ses paroles et ses actions sont divines. Si le monde avait suivi son enseignement qui est celui du Maître, il serait déjà engagé sur la voie du Royaume terrestre à venir, car les paroles et l’exemple du Pasteur suprême font lever la lumière sur les nuits interminables de notre monde enténébré. Seuls ceux qui sont éveillés peuvent voir les splendeurs de l’aurore pendant que d’autres sont emprisonnés dans leurs dépouilles qui leur ferment le ciel des prodigalités divines.

Parler de divinisation, en notre temps, c’est comme parler de quelque chose d’impossible. Et pourtant, dans le Royaume terrestre, les âmes seront modelées dans les splendeurs d’un Dieu d’amour et, de génération en génération, elles s’élèveront toujours plus et partageront les desseins divins dans la louange et l’adoration. Quand les prêtres reviendront au rôle premier qui leur est confié, ils «revêtiront» le Christ, étant chacun un «Alter Christus» - «un autre Christ». Le monde se relèvera et connaîtra les joies du Thabor. Il y aura partout des gens qui étancheront leur soif d’infini dans l’Eucharistie de chaque jour, car l’autel au rayonnement divin aura recouvré la Sagesse éternelle de l’équilibre dans la pureté de la liturgie.

LA PUISSANCE DE L’AMOUR

Comment expliquer cette puissance de l’Amour de Dieu en nous et cette soif, cette faim de Le recevoir chaque jour dans l’Eucharistie? Comment expliquer l’amour que nous, membres de l’Armée de Marie, ressentons pour l’Église du Christ, alors que les portes des églises nous sont fermées et que les propos entendus, même dans les homélies, auraient pu non seulement faire vaciller les meilleures volontés, mais les en détourner à jamais? Forts de la prière, des joies et des pardons, les membres de l’Armée de Marie sont courageux au pied de la croix qui les soulève, parce qu’ils ont appris à l’accepter avec amour.

Le Sauveur est venu sur terre pour nous apprendre à accepter les croix qui se présentent à nous et à tout offrir à Dieu pour les âmes, comme Il l’a fait Lui-même en versant Son sang pour l’humanité, afin de nous ouvrir le ciel. Les croix sont des blessures d’ordre physique, moral ou spirituel; elles sont une plaie que l’on ressent au coeur, une blessure vite pansée par un baume qui apaise la douleur, si on l’accepte avec amour. Quel bienfait ce baume qui soulève l’âme et la favorise de lumières propres à son cheminement ou qui porte une empreinte d’éternité! Dans la vie, les joies et les douleurs se multiplient. Plus il y a de croix, plus il y a d’actes d’abandon, de Fiat amoureux, plus la blessure agrandie reçoit la douceur du baume qui la cicatrise en multipliant les lumières sur l’Au-Delà ou pour aider à la pratique des vertus, si bien qu’un instant de ces joies spirituelles embaume l’existence d’une paix inaltérable qui ouvre des horizons que la raison ne discerne pas. Pardonner une injure et rendre le bien pour le mal, c’est ouvrir son coeur au Dieu d’amour qui nous purifie. Quelle paix en l’âme qui s’élève et quel baume si doux!

Mais quel est ce baume bienfaisant qui apaise la douleur et assure une force nouvelle dans une joie renouvelée? C’est l’AMOUR de Dieu qui pénètre dans la blessure faite au coeur, et plus il y a d’offrandes, plus l’amour divin s’introduit en profondeur dans le Coeur du coeur, ce lieu précis qui nous lie directement au ciel. L’âme s’élève et Dieu la sanctifie, car Il attend toujours notre consentement, notre ouverture à la vie de la grâce. Notre réforme intérieure s’en trouve enrichie. Qui donc, en ce monde, en plus de la maladie, n’a pas à supporter d’inextricables situations d’intrigues, d’incompréhension, de jalousie, d’accès de colère ou à regretter ses propres erreurs? Autant de moyens qui nous sont donnés pour notre réforme intérieure en vue de favoriser un idéal élevé, l’épanouissement moral et spirituel de l’«Homme parfait» proposé par le Pape PaulVI, lors de l’audience générale du 7 août 1968, au cours de laquelle il recommandait la réforme intérieure, «et définissait l’homme idéal et parfait».

C’est ainsi que nous expérimentons, jour après jour, l’amour de Dieu qui agit en nous conduisant au détachement total où Dieu nous divinise. Bien sûr, nous devons toujours subir ici-bas les assauts du Malin et ses répercussions venant de ceux qu’il talonne et qu’il tient en lutte surtout contre ceux qui lui ravissent des âmes, mais l’homme, détaché de tout, vit au-dessus de ces manèges terrestres et son âme vole dans l’offrande joyeuse et aimante, sereine et confiante, par Marie, vers Son Dieu d’Amour.

Une personne, spécialement, présente en notre temps les traits caractéristiques d’une vie divinisée et c’est le Pape Jean-Paul II. C’est par Marie et en Marie, selon saint Louis-Marie Grignion de Montfort, qu’il a effectué sa montée, enrichie chaque jour de l’Eucharistie et d’une vie de prière. C’est l’Eucharistie qui divinise les âmes: Jésus vivant, rempli d’amour, qui se livre à tous si, bien sûr, nous satisfaisons aux conditions requises selon l’enseignement de l’Église. Malheureusement, on voit nos églises se fermer, les paroisses devant alors se regrouper. Mais où sont donc les prêtres appelés à nourrir chaque jour le peuple de Dieu?

AMOUR FORTEMENT ÉPROUVÉ, MAIS IL EN SERA TOUJOURS PLUS FORT

N’avons-nous pas, nous de l’Armée de Marie, le souvenir cuisant d’une attitude décevante venant de l’Épiscopat, peu après la fondation de la Communauté des Fils de Marie, quand nous avons appris les paroles d’un archevêque-cardinal, S. Ém. le Cardinal Louis-Albert Vachon: «Jamais les Fils de Marie ne seront ordonnés prêtres.» Or, le Cardinal ne savait rien de notre Communauté dont les membres venaient de l’Église catholique, présentant leurs qualités et leurs défauts comme il en est encore dans l’épiscopat et le sacerdoce d’aujourd’hui, car il n’y a personne de parfait ici-bas. Dieu seul sait toutes les mesures odieuses prises contre les Fils de Marie et l’Armée de Marie qui les a vus naître. Les problèmes venaient de l’Épiscopat du Québec, nous en étions conscients, mais nous en avons eu la preuve quand cela nous fut confirmé à Rome, dès 1975, dans les débuts de l’Oeuvre, par un Cardinal de la Maison pontificale.

Et, pour ajouter au discrédit de la Communauté des Fils de Marie, un Visiteur apostolique fut nommé. «Qu’est-ce qui ne va pas dans la communauté», demandait-il? Et nos Fils de Marie de lui répondre, l’un après l’autre: «Tout va bien dans la communauté, c’est chez les évêques du Québec que ça ne va pas.» Cinq ans d’enquête pour aboutir à la nomination d’un Commissaire pontifical, S.Exc. Mgr Gilles Cazabon, o.m.i., qui, comme première activité, interdit en 1997 l’ordination d’un Fils de Marie sérieux et d’excellente famille, ordination prévue par DEUX ÉVÊQUES qui, en toute connaissance de cause, se proposaient d’élever, le mois suivant, le Père Stéphane Gamache au sacerdoce. Évêque contre évêque. Scandale public! Le Commissaire prétendait que l’ordre venait de Rome, et vice-versa. Que faisait-on de la collégialité? Nous avons gardé le silence, habitués que nous étions depuis longtemps à de tels manèges, mais nous savions qu’un jour d’autres qui subiraient le despotisme de certains évêques n’auraient pas les mêmes sentiments de respect et de silence envers eux.

Effectivement, au cours d’octobre dernier, S. Exc. Mgr Gilles Cazabon eut des démêlés publics avec des gens de son diocèse, spécialement pendant une messe médiatisée qu’il célébrait dans l’une de ses paroisses. Ce fut douloureux, car nous ne voulons pas pour les autres ce qu’on nous a fait.

NOTE INFORMATIVE SUR L’ARMÉE DE MARIE

Entre-temps, les campagnes de dénigrement se multipliaient, si bien que, le 2octobre 2000, une Note informative sur l’Armée de Marie venait «enjoliver» le grand tableau des éclatements qui nous situent loin des gloires humaines, mais, pour la suite des temps, si près des cimes lumineuses des gloires de Dieu, car l’Armée de Marie est Son Oeuvre qu’Il dirige par Marie qui veut être connue en notre temps comme «La Dame de Tous les Peuples».

Dans notre journal Le Royaume, Sylvie Payeur, si habile à défendre la vérité, a présenté cette «Note informative» pour y répondre dans un article suivant:

«Note informative sur l’Armée de Marie»

Le 2 octobre 2000, lors de la réunion de la Conférence des évêques catholiques du Canada (C.E.C.C.) à Cornwall (Ontario), les Membres du Conseil permanent de la C.E.C.C. ont reçu du Secrétaire général, Mgr Peter Schonenbach, p.h., une «Note informative sur l’Armée de Marie». Ce document avait été «préparé par le Bureau de théologie de la C.E.C.C., après consultation avec un canoniste», et avait «été revu et corrigé par le Bureau de direction, de même que [par] l’archevêque de Québec, Mgr Maurice Couture, s.v., et [par] le Commissaire pontifical pour les Fils de Marie, Mgr Gilles Cazabon, o.m.i.». Il était précisé aux Membres du Conseil permanent: «Avant que le texte ne soit rendu public, nous vous serions reconnaissants de nous faire part de vos commentaires et de votre approbation» (sur un feuillet-réponse joint) «au plus tard le mercredi 4 octobre 2000, à 17h00, heure d’Ottawa».

Providentiellement, nous avons eu en main cette «Note informative sur l’Armée de Marie» et, à l’automne 2000, nous avons préparé le présent numéro du journal Le Royaume, attendant le moment propice pour le faire paraître.

En février 2001, nous avons appris que la C.E.C.C. prépare maintenant une «Note doctrinale» afin de prendre des mesures contre l’Armée de Marie. Avant la publication de ce document, nous croyons de notre devoir de souligner à nos Autorités religieuses, de même qu’à nos membres, les graves erreurs contenues dans la «Note informative sur l’Armée de Marie», laquelle ne peut servir de base à un traitement juste et équitable de cette Oeuvre. (La «Note informative» est publiée, avec nos commentaires, aux pages 3 à 8.) (Le Royaume, n°148, mars-avril 2001, pp. 1, 3-8)

Sylvie Payeur-Raynauld

Et les sanctions se multipliaient, interdisant à nos prêtres Fils de Marie dûment ordonnés par l’Église de célébrer des messes dans les églises du Québec, leur défendant même d’administrer les sacrements. Un Fils de Marie n’a pu présider les funérailles de son père, d’autres n’eurent pas la permission de baptiser un neveu, interdictions venant des évêchés.

DIEU SOLIDIFIE ENCORE NOTRE ESPÉRANCE

J’en suis là dans la préparation de cet article quand je reçois du Père Denis Thivierge une copie d’un autre écrit de M. André Castella, intitulé:

Obéissance et désobéissance (4)

On inverse les rôles...

Dieu se manifeste de diverses façons, y compris par des apparitions et révélations, car il fait ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut, avec qui il veut.

Pour nous, le problème est de savoir quand c’est réellement Dieu ou ses envoyés (Marie, des saints, des anges) qui sont à l’oeuvre ou quand il pourrait y avoir simulation humaine ou même influence du démon. L’arbre doit être jugé à ses fruits, comme Jésus l’a enseigné.

Bien trop souvent en haut-lieu on en appelle à la prudence pour dissimuler l’indifférence que rencontrent certaines manifestations célestes contemporaines.

On inverse les rôles: ce n’est pas au prophète à prouver qu’il parle et agit au nom de Dieu, c’est au Magistère à ne pas se contenter de mettre globalement tout en doute, mais à rechercher sérieusement la vérité. N’oublions jamais que toute déclaration d’un être humain, à plus forte raison celle d’un chrétien, doit être moralement crue, sauf s’il existe des preuves indiscutablement contraires. C’est une exigence de la charité chrétienne.

Il y a eu des attitudes pas toujours conformes aux enseignements évangéliques dans la façon dont furent accueillis et «examinés» les faits et messages de Garabandal, Kérizinen, San Damiano, Naju, Dozulé, etc. Les Commissions d’enquête sont allées à la recherche de tout ce qui pouvait appuyer un refus, les témoins favorables aux voyants ne les intéressant pas. Cela a choqué de nombreux croyants.

En outre, il arrive qu’on impose des restrictions d’autonomie (interdiction de se trouver en tel endroit déterminé, à tel moment, de parler aux gens, de faire connaître les messages reçus, etc.), cela sur la seule base de conclusions hâtives d’une Commission d’enquête, donc sans jugement authentique. Certes, les prophètes dérangent. Ils ont toujours dérangé. Les envoyés de Dieu n’ont jamais eu la vie facile, ni dans l’Ancien ni dans le Nouveau Testament.

Un préjudice a été commis contre certains lieux d’apparitions. Il s’agira un jour de réparer. Nous en appelons au respect de la vérité et des personnes et considérons que des enquêtes incomplètes et pré-orientées vers une conclusion négative doivent faire l’objet d’une révision. C’est ce que nous souhaitons ardemment depuis très longtemps.

André Castella

(Revue Stella Maris, n° 386, p. 12)

APRÈS LES SCANDALES, LE NETTOYAGE!

Nous sommes tous témoins des scandales, des atrocités, des assassinats, des suicides, qui couvrent la terre, ainsi que des vengeances exercées ou des châtiments imposés, des lâchetés de tant d’accusateurs qui se cachent derrière les murs de calomnies dressés parfois même contre des innocents, fauchant les réputations d’hommes publics, religieux ou autres. Les erreurs sont humaines et nous sommes tous vulnérables. J’ai vu tellement souvent des accusateurs devenus eux-mêmes, quelques années plus tard, des accusés pour les mêmes raisons et frappés d’ennuis autrement plus graves! À ce sujet, par exemple, un prêtre et un laïc ont crié rageusement contre un religieux qui souffre de ses erreurs et qui les regrette, n’ayant jamais voulu s’esquiver devant les conséquences de ses gestes, et qui, depuis longtemps, demeure en grâce devant Dieu. Ces deux accusateurs ignorent que, dans leur propre famille, un cas d’inceste a perduré pendant deux décennies. Masquer les apparences en criant haut et fort, comme des forcenés, c’est provoquer l’heure d’un destin où les secrets s’étalent en surface et gagnent en ampleur.

C’est un temps de «corruption» et tout dégringole, même les choses saintes, et les oeuvres grandioses sont salies de la salive infecte de pseudo-chrétiens qui rejettent la lumière, fermés aux secrets des mystères qui se dévoilent sous leurs yeux. Viendra la clarté éblouissante de la VÉRITÉ qui les aveuglera.

Et surgiront de partout des coeurs d’apôtres si longtemps brimés: de saints cardinaux, évêques et prêtres, de saints laïcs qui, par Marie, et grâce au Pape Jean-Paul II, redonneront à l’Église bafouée la grandeur du vrai christianisme où l’esprit est vainqueur dans la noblesse, la paix et l’amour.

Et les chemins de clarté attireront les jeunes dans un nouveau style spirituel où leur sera accessible un idéal à réaliser selon leurs espoirs. L’âme et le coeur seront ouverts aux charismes, aux sages jugements qui respecteront la vie et la nature, associant les rires enfantins aux gazouillis des oiseaux. Dieu sera leur Père, dans un jaillissement «de Pain et de Vin» sous les feux de l’Esprit. Et Marie notre Mère qui, par Ses Armées, aura redonné le Christ au monde après un long et cruel travail d’enfantement, veillera sur tous ceux qui ont tant souffert avec Elle, sachant non seulement qu’ils pardonnent, mais qu’ils aiment tous ceux qui ont contribué à les sanctifier, leur tendant la main, afin qu’ils sachent aimer et retrouver la paix de l’âme. C’est cela comprendre la vie spirituelle et en vivre. C’est si bon avec Dieu, c’est si bon d’aimer!

UNE LETTRE IMPITOYABLE

Des adversaires, qui nous sont parfois inconnus, ont écrit à l’Archevêché de Québec ou à leur évêque pour déblatérer contre nous. Avec le temps, ils ont perçu leurs erreurs et se sont ralliés à notre cause en regrettant leur manière d’agir et même en portant à notre connaissance les lettres-réponses qu’ils avaient reçues. À quelques reprises, nous avons reçu le même genre de courrier épistolaire qui ne nous surprenait plus. Mais l’une de ces réponses nous a fait sursauter d’indignation. Il s’agit de la lettre circulaire, du 28 juin 2000, écrite au nom de Mgr l’Archevêque de Québec, S. Exc. Mgr Maurice Couture, et signée par M. Jacques Côté, secrétaire personnel de Monseigneur l’Archevêque. Voici une partie seulement du numéro 1 (tout, jusqu’au n° 4 inclus, était écrit du même souffle):

Archidiocèse de Québec

Bureau de l’archevêque

Sillery, 28 juin 2000.

Madame, Monsieur,

Vous êtes du nombre des personnes qui ont réagi, dans un sens ou dans l’autre, suite à la position que les circonstances ont amené l’Archevêque de Québec à adopter vis-à-vis de l’Armée de Marie.

Comme la plupart des lettres qui se portaient à la défense du mouvement reprenaient sensiblement les mêmes arguments, inspirés d’ailleurs des mêmes écrits, notamment ceux du journal LeRoyaume, Monseigneur Maurice Couture m’a confié le soin d’exprimer les mêmes observations à ses correspondants et correspondantes.

1. Madame Marie-Paule Giguère déplore que Monseigneur l’Archevêque n’ait pas répondu à sa lettre du mois de mars 1990, y voyant là un refus de reprendre le dialogue et une preuve qu’elle n’avait pas été écoutée. Le vrai motif est plutôt le suivant : comme l’expérience l’a démontré à plusieurs reprises, toute correspondance privée avec Madame Giguère risque de se retrouver immanquablement dans Le Royaume, de façon parfois tronquée, et le plus souvent accompagnée de commentaires polémiques : une manière de procéder aussi disgracieuse qu’inacceptable. Monsieur le Cardinal Louis-Albert Vachon en a fait lui-même, à diverses reprises, la pénible expérience.

Une reprise de dialogue ne peut alors être efficace dans de pareilles conditions : l’expérience vécue dès le temps du Cardinal Roy, et régulièrement par la suite, a démontré clairement que Madame Giguère a été écoutée à plusieurs reprises, qu’elle s’est volontairement soustraite à l’autorité diocésaine, préférant se réclamer du Saint-Père et chercher appui auprès d’évêques qu’elle a toutefois... laissé tomber lorsqu’ils ne partageaient plus ses idées. (...)

Jacques Côté,
Secrétaire personnel
de Mgr l’Archevêque

Que la correspondance soit «privée» ou publique, tout doit être transparent quand elle concerne une Oeuvre de Dieu, et le pouvoir ne doit pas supplanter l’amour des âmes. Dans l’Armée de Marie, il n’y a pas de distinction entre religieux et laïcs: il faut avoir une âme religieuse. Or, dans mes archives, il y a tant de lettres venant d’Autorités religieuses ou civiles et qui n’ont pas été publiées dans Le Royaume, car elles me concernent, agrémentées de conseils et d’encouragements! Par contre, quand il s’agit de l’Oeuvre, c’est différent: que le contenu des lettres nous soit favorable ou pas, nos membres doivent en être informés.

Dans le cas présent, il s’agit d’une lettre circulaire concernant l’Armée de Marie, expédiée par l’archevêché de Québec aux cardinaux et évêques en réponse aux personnes de leur diocèse respectif. Toutefois, les dirigeants de l’Oeuvre n’en avaient pas été informés, probablement parce que nos réponses auraient pu être embarrassantes.

- À remarquer que les lettres, surtout celles des autorités, ont été reproduites telles quelles dans notre journal, parce qu’elles étaient photocopiées, portant la seule mention «réduction», selon le pourcentage nécessaire à leur publication. Les commentaires étaient simplement l’expression de la vérité faite dans la lumière, ce qui nous a valu, venant même de hauts lieux, des lettres de félicitations pour notre charité et notre loyauté.

- Il est faux d’écrire ou de dire que j’ai été «entendue» par l’autorité, ce que je n’ai jamais demandé d’ailleurs, et je ne m’en suis jamais plainte. D’autres ont fait de telles demandes en ma faveur, mais de leur volonté personnelle.

- Le 30 mars 1984, mes collaborateurs (6 prêtres et religieux, et 2 religieuses) se rendaient au presbytère Saint-Pie-X, convoqués par LL.EExc. Nos Seigneurs Louis-Albert Vachon et Jean-Paul Labrie, à une réunion où il fut question de finances. Que de déceptions au cours de cet entretien! (Vie d’Amour, Appendice I, pp. 184-187)

- Le 6 novembre 1984, S. Ém. le Cardinal Vachon nous demandait un entretien et ce fut encore pour nous parler de nos finances, des terrains achetés à Lac-Etchemin. Les Pères Philippe Roy et Victor Rizzi me disaient, au retour, leur déception: pas un seul mot sur l’Armée de Marie.

- Le 14 avril 1987, le Cardinal Vachon convoquait les «Officiers majeurs de l’Armée de Marie» à une rencontre qui aurait lieu à l’Archevêché de Québec le 23 avril 1987 à 10 h. La réunion débuta par la lecture d’une Monition lue par le Cardinal, mais elle n’a pas duré dix minutes, selon le procès-verbal qui nous fut remis plus tard par le secrétaire du Cardinal. Jamais, en aucun autre temps, je n’ai vu le Cardinal Vachon et jamais je n’ai vu, ni de près ni de loin, sauf à la télévision, Monseigneur Maurice Couture. Voilà la vérité sous le regard de Dieu. Et j’aurais été «écoutée» ou «entendue»?...

- De plus, en quoi donc me serais-je soustraite à l’autorité diocésaine? Il est si facile de toujours accuser sans jamais donner de preuves. Dès que j’ai connu d’autres évêques, sympathiques aux Fils de Marie, je les ai prévenus: «Préparez-vous à porter la croix.» Ils ont vu par la suite de quelle croix il s’agissait.

Mes réponses aux autres numéros de la lettre seraient aussi du même souffle. On m’accusera d’avoir «tronqué» la lettre émanant de l’Archidiocèse de Québec, parce que je n’ai présenté qu’une partie d’un seul numéro? En fait, ce n’était pas prévu pour cet article, mais il y aura lieu d’y revenir.

À noter qu’il est de notre devoir de rectifier quand, de Rome, des décisions sont prises contre une Oeuvre de Dieu en ne tenant compte que de ce genre d’affirmations courantes qui circulent depuis tant d’années, dans un procès fait sur la place publique. Trop longtemps, nous avons gardé le silence sur tant d’affronts. Nos membres, un jour, en auront long à raconter.

- Et M. Côté, au nom de S. Exc. Mgr Couture, termine le n° 4 de sa lettre par cette phrase:

«(...) Les déviations qui se sont produites et les attitudes actuelles des responsables du mouvement démontrent, pour quiconque est bien informé et capable de discernement objectif, que les vues personnelles et intérêts corporatifs ont pris le pas sur l’appartenance ecclésiale

Voilà des accusations gratuites. Il aurait été facile, au lieu de fermer les portes, d’accepter l’Armée de Marie qui, selon plusieurs curés, leur donnait leurs meilleurs paroissiens. Et les collectes laissées aux églises étaient les bienvenues. L’Armée de Marie a offert en cinq ans, lors de ses pèlerinages, plus de cinq cent mille (500 000 $) dollars au Pape pour ses Oeuvres jusqu’en 1984, alors que 26 Fils de Marie commençaient leurs études en philosophie ou théologie à l’Université pontificale «L’Angelicum», à Rome, en vue du sacerdoce. Depuis lors, l’Armée de Marie a donné à l’Église 40 prêtres Fils de Marie et un diacre, sans qu’il en coûte un seul sou aux diocèses ou au Vatican.

Nous avons travaillé pour Dieu, même si les coups se multipliaient contre nous, orchestrés à Québec par l’Église populaire, selon ce qui nous était confirmé par des Autorités religieuses à Rome qui avaient la version de la vérité et savaient discerner objectivement. Certaines Autorités nous guidaient et leurs conseils correspondaient toujours aux ordres du Ciel, sans qu’elles le sachent. C’est précisément parce que notre «appartenance ecclésiale» a été sauvegardée que nos «intérêts corporatifs» l’ont été aussi. Travailler pour Dieu, dans Son Oeuvre d’Amour, C’EST JUSTEMENT OUBLIER LA RECHERCHE FINANCIÈRE SANS JAMAIS DEMANDER UN SOU À QUI QUE CE SOIT, mais toujours être généreux, et le faire de manière à ce que «la main gauche ignore ce que donne la droite».

«OÙ PRENNENT-ILS TOUT LEUR ARGENT?»

Question terre à terre que beaucoup se posent, alors que, de notre côté, une seule pensée domine: celle d’aider les âmes. Nous n’épargnons rien pour soutenir nos semblables, membres ou non de l’Armée de Marie. Le charisme de l’Oeuvre est universel, c’est-à-dire que nos activités apostoliques s’exercent dans toutes les classes de la société, des plus jeunes aux aînés, et sans publicité. Qu’il soit laïc ou religieux, bien portant ou malade, chacun reçoit l’aide nécessaire selon les épreuves de la vie courante, et spécialement les familles en détresse morale, physique ou matérielle. De plus, notre aide se prolonge en divers pays de mission. Évidemment, devant les centaines de demandes d’aide que nous recevons, il est important d’exercer un certain discernement.

Il conviendrait de souligner l’héroïsme que l’on vit ici dans une douce fraternité et la gratuité des services rendus, sans oublier avant tout la vie spirituelle intensément vécue dans l’Oeuvre en assurant l’adoration perpétuelle à Spiri-Maria. Être contemplatif-actif, c’est être en même temps adorateur au pied de Jésus-Eucharistie et au travail dans le don de soi-même pour Dieu et en Dieu. Notre coeur doit être le tabernacle de Jésus-Eucharistie. Et la vie est belle, malgré un «palmarès» de haine, d’envie, de perpétuelles calomnies, engrais fertilisant nos semences apostoliques!

En cour religieuse, comme en cour civile, les accusés ont autant le droit de parole que les accusateurs. Nous sommes tous catholiques et, si nous nous rappelons bien, Jésus n’hésitait pas à défendre l’Oeuvre de Son Père, Il employait des épithètes très sévères en s’adressant aux autorités de son temps. De plus, Il apportait des notions nouvelles, non comprises, et Il était frappé d’interdiction, ce qui ne L’arrêtait pas. Finalement, ce fut le crucifiement.

Allons-nous être des lâches et sacrifier l’Oeuvre de notre Mère, dussions-nous être condamnés pour avoir été fidèles et loyaux jusqu’au bout?

Il est facile de «voir» agir les adversaires de l’Église qui, à tous les paliers, fourbissent leurs armes en vue d’une «destruction massive». Au point de vue de la nature, il reste si peu à faire, mais, dans la vie humaine, il reste encore des lumières ici et là qui leur blessent la vue et, religieux ou laïcs, ils préparent tout, espérant contempler bientôt en maîtres leur ego. Mais le Maître d’Oeuvre est Là-Haut qui veille!

Nous n’avons pas tout vu, car lorsque l’enfer crache, c’est encore pire que lorsqu’il siffle. Préparons-nous! Le JOUR de Dieu sera terrible pour eux, pour tous, mais la LUMIÈRE brillera vite pour ceux qui auront mené le bon combat. Elle brillera aussi pour ceux qui auront été trompés et qui souhaiteront retrouver la lumière. Dieu est si Bon, si Miséricordieux!

Nos membres ont tellement été formés à l’amour de l’Eucharistie qu’ils souhaitent ardemment venir s’installer près de Spiri-Maria pour y écouler leurs derniers jours, afin de profiter de la messe quotidienne et d’offrir à Dieu des heures d’adoration, de louange et d’amour ainsi que de service, selon leurs possibilités.

VIENDRA un jour où il y aura ici de multiples messes pour satisfaire aux demandes de tous les pèlerins de divers pays. Ce sera un LIEU D’ADORATION.

Dans les heures qui seront plus lourdes, rappelez-vous, chers Membres si éprouvés, si méprisés, que Dieu, par Marie, contourne toujours les obstacles dressés par les hommes.

«D’OÙ LEUR VIENT L’ARGENT?...»

Tout est si simple avec Dieu! Pour bien comprendre, il faut élever son regard et se rappeler qu’il y a plus de puissance en une voix qui communique les ordres «reçus» de Dieu qu’en des milliers d’autres qui la méprisent et la ridiculisent. Des preuves? La montée de l’Armée de Marie vers Dieu, tant sur le plan spirituel que sur le plan matériel, semble un mystère pour tous les adversaires, car ils sont occupés à détruire ce qu’ils pourraient construire eux aussi.

Or, le mystère n’est pas là, il est dans l’amour. Qui donc ou quoi donc fait agir les membres de l’Armée de Marie? C’est qu’ils ont été formés dans l’amour de l’Église, alors même que l’Église les frappe. Ils ont appris à pardonner avec amour et, par cet amour, dans la foi chrétienne, ils sont parvenus à une certaine UNITÉ dans l’action apostolique, car l’obéissance libre, LIBRE, les empêche d’être emprisonnés en des passions qui leur ferment le ciel. Toujours plus, ils comprennent que la vraie vie est spirituelle, qu’elle transforme les habitudes, soulève les âmes qui saisissent le bonheur à travers les épreuves. Et c’est l’entraide spirituelle.

Avec le petit nombre que nous formons dans l’Armée de Marie, nous avançons depuis 31 ans, étonnés nous-mêmes des réalisations spirituelles et matérielles qu’il nous a été donné d’accomplir ensemble. Dieu nous a tout donné pour être tous heureux sur la terre.

Toujours, c’est Dieu qui, par Marie, conduit Son Oeuvre à travers tant et tant d’obstacles dressés sur notre route. Dieu nous en prévient et Il les contourne, c’est Son Oeuvre. Il suffit d’OBÉIR.

Je n’ai jamais pensé fonder quoi que ce soit et encore moins construire des édifices, surtout pas à 80 ans.

D’où vient cet argent? C’est le fruit de tant de dévouement, de tant d’amour, non pas depuis un an ou dix ans, mais depuis 75 ans. On frappe la fondatrice? Sans relâche, il en est ainsi. Mais qui est-elle, cette femme si controversée? «Qui suis-je?» Expression à la mode à laquelle je n’ai jamais pensé et question que je ne me suis jamais posée. En fait, qui suis-je? On peut me juger de tant de manières..., je dois simplement répondre que je suis un coeur aimant qui s’est livré à Dieu et qui n’a jamais cessé de se donner.

Que ceux qui me méprisent se lèvent à 2 ou 3 heures du matin, qu’ils fassent une heure de prières et que, jusqu’à la messe de 6 heures, ils se donnent pour une oeuvre de bienfaisance! Pour ma part, je réponds à un courrier où s’étalent tant de souffrances, de détresses, de demandes d’aide, de confidences intimes, de drames inhumains, de peines morales ou spirituelles, ou bien des grâces et des joies si consolantes que je veux partager. Dans ce domaine, des secrétaires m’apportent maintenant une aide précieuse. Ou encore, c’est un temps paisible, idéal pour rédiger mes articles pour le journal. Le jour s’écoule à soutenir les uns et les autres, à former nos groupes à collaborer dans une oeuvre d’équipes où perce le divin, à vérifier les plans et les travaux en cours, à vivre dans l’indulgence et l’amour, à familiariser mes proches avec la simplicité et la beauté qui attirent les âmes et les initient aux splendeurs spirituelles et humaines. Et cela, sept jours par semaine, du matin au soir, sans répit, sans fatigue ou très rare, mais celle-ci disparaît vite grâce à la récitation d’une dizaine de chapelet, et la reprise du travail est toujours le «loisir» de mon choix. Pour ma part, j’ai à ma disposition deux salles de travail et une chambre à coucher, pas même un fauteuil de repos. Nous sommes loin de l’option «château», comme certains le prétendent. Nos maisons contiennent: chapelles, salles de conférences, chambres et bureaux, ateliers, cuisine et réfectoire. Pour compléter le tableau, un tout petit salon contenant des meubles et objets qu’on nous a donnés. Que nos adversaires, au lieu de démolir, avancent GRATUITEMENT comme mes collaborateurs si dévoués; ils n’auront plus le temps de nous critiquer, et c’est là qu’ils trouveront le vrai bonheur!

Comme il me faudra partir un jour, je ne bénéficierai pas des fruits de cette semence, mais mon ciel n’en sera que plus beau, car je pourrai encore louer Dieu dans la lumière des mystères dévoilés.

Ce feu sacré a été communiqué à nos membres. Ils sont si heureux dans la voie de la beauté, de la clarté, de l’amour de l’Église et du Pape. Il en est de même dans la voie de l’amour douloureux envers tant de nos cardinaux, d’évêques, de prêtres, de religieux et religieuses qui ont fermé leur coeur et leurs portes à tant de beauté.

«CE SONT LES LAÏCS QUI SAUVERONT LE MONDE», m’a dit le Seigneur (Vie d’Amour II, 1958, chap. 10, p.48), puis, le 14 novembre 1972, cette locution intérieure est complétée: «CE SONT LES LAÏCS QUI SAUVERONT LE MONDE AVEC UNE MINORITÉ DE PRÊTRES, DE RELIGIEUX ET DE RELIGIEUSES RESTÉS FIDÈLES À LEUR VOCATION.» Une précision fut ajoutée plus tard: «CES PRÊTRES, RELIGIEUX ET RELIGIEUSES EN MINORITÉ, CE SONT CEUX ET CELLES QUI VONT SAISIR LE MESSAGE DE L’ARMÉE DE MARIE, SON EFFICACITÉ, ET VONT S’ENGAGER BÉNÉVOLEMENT AU SERVICE DE LEUR MÈRE POUR LE RACHAT DE L’HUMANITÉ» (id., vol. VIII, p. 171).

«... RENDRE DU CENT POUR UN»

«Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est l’homme qui entend la Parole et la comprend: celui-là porte du fruit et produit tantôt cent, tantôt soixante, tantôt trente» (Mt 13, 23).

«D’où leur vient cet argent?...» Ceux qui se sont fermés à la lumière, à l’amour vrai, n’ont pas encore compris...

Dans une paroisse et pour une même cause, réunissez trente personnes avec un esprit de charité et d’amour, et la paroisse sera vite transformée dans la joie. Donner son temps libre pour édifier quelque chose et, pour les responsables, se servir des dons sans les dilapider dans les voyages, les salaires, les repas gastronomiques, les sorties coûteuses, la vie sociale exagérée, etc. La vie sera équilibrée et le bonheur en sera le résultat. Vivre avec Dieu et en Dieu, c’est merveilleux!

«D’où leur vient cet argent?» répète-t-on partout. En plus du dévouement, de la gratuité, du bénévolat si bien compris de nos membres, et de la joie qui en découle, il y a la reconnaissance exprimée pour tant d’aide accordée à chacun, selon ses besoins et, cela, dans la gratuité. Jamais de demandes d’argent, et pourtant nous ne cessons de remercier. La reconnaissance s’exprime de tant de façons. C’est de là que nous viennent les dons en réponse à notre gratuité offerte à tous. Qu’on essaie donc d’arrêter les coeurs généreux qui ont aussi appris à aimer même ceux qui nous frappent!

Et qu’on évalue maintenant le travail accompli spirituellement et matériellement par le petit nombre que nous sommes, membres de l’Oeuvre, et par d’autres personnes qui ont goûté depuis trente ans et plus à l’amour le plus pur dans le don de soi! Si l’Armée de Marie avait eu toute liberté d’agir, qu’en serait-il en ce monde? Boycotter le Ciel, c’est se détruire soi-même. En toutes bonnes choses, Dieu «rend du cent pour un» et tout sert toujours à Sa Gloire.

Pour Dieu, ce qui compte, c’est la vie de chacun, vécue dans l’amour de Jésus-Eucharistie, de Marie et du Pape. Nous ne sommes pas parfaits, mais la réforme intérieure personnelle demeure notre programme de vie.

UNE NOTE DOCTRINALE

Le 15 août 2001, la Conférence des Évêques catholiques du Canada (CECC) profitait de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie pour bannir de l’Église l’Armée de Marie, une Oeuvre donnée par le Ciel.

Cette Note doctrinale fut adoptée par 93 évêques contre 2. Qui étaient les deux opposants? S. Exc. Mgr Eugène P. LaRocque, évêque d’Alexandria-Cornwall, en Ontario, et S. Exc. Mgr Colin Campbell, évêque d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse. Après avoir observé, pendant quelques années, l’Oeuvre et les Fils de Marie, ils n’hésitèrent pas à réclamer leur aide (le premier en 1996 et le second en 1998) dans leur diocèse respectif où ils exercent encore leur ministère.

Ces deux évêques témoignent toujours en disant que les Fils de Marie sont édifiants et appréciés de leurs paroissiens.

«Attendez-vous à porter la croix», avais-je dit à chacun en lui précisant qu’il s’agirait de «la contradiction, du mépris, de la calomnie et de la vengeance», ce qui commença peu après jusqu’à une odieuse campagne de dénigrement contre S. Exc. Mgr LaRocque, lancée sur le réseau «Internet» en août 2000. Bien vite fut prouvée l’innocence de l’accusé.

Les auteurs de tant de campagnes de dénigrement seront un jour confrontés à une terrible responsabilité. On ne passe pas une vie à tenter de détruire les oeuvres de Dieu sans en payer le prix.

Dieu a guidé Son Oeuvre d’Amour, Il saura la défendre, non pas en se vengeant, mais en faisant éclater la vérité dans la lumière radieuse de la divinité. «Il y aura alors des pleurs et des grincements de dents», comme cela m’a été «annoncé» en 1958 (Vie d’Amour I, chap. 53, p. 322).

NOTRE DÉVOTION À LA DAME DE TOUS LES PEUPLES

Pour l’Archevêché de Québec, notre dévotion à la Prière et notre ouverture d’âme aux Messages de la Dame de Tous les Peuples ont toujours été l’arme principale pour frapper l’Armée de Marie, alors même que notre obéissance oscillait entre les permissions accordées ou les interdictions des Autorités religieuses.

Toutefois, après tant d’années d’attente, le 31 mai 1996, l’évêque du diocèse de Haarlem, en Hollande, autorisait la récitation publique de la Prière de la Dame de Tous les Peuples, urgente pour préserver le monde de la «corruption, des calamités et de la guerre», alors que, seule, la récitation privée était permise depuis les années 1945.

50e ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DU SANCTUAIRE NOTRE-DAME-D’ETCHEMIN

Le 9 juin 2002 eut lieu, à Lac-Etchemin, la célébration du 50e anniversaire de la fondation du Sanctuaire Notre-Dame-d’Etchemin (1952-2002). S. Exc. Mgr Maurice Couture, archevêque de Québec, sur le point de prendre sa retraite, présida cette cérémonie. Avant la messe, il souligna sa «satisfaction» et son «bonheur» de se «retrouver parmi les personnes qui ont eu le goût de relancer le sanctuaire». Puis, au début d’une belle homélie sur la Vierge Marie, Mgr Couture précisa: «Ce n’est pas un hasard qu’un sanctuaire, comme celui qui a été érigé en ce lieu par un prêtre qui était dévot à Marie, ait choisi le patronage de la Vierge.» (Il est à noter que le Fondateur, M. l’abbé Adrien Ouellet, est mort le 17 août 1999, à 88 ans. Pendant les années de sa maladie et depuis sa mort, le sanctuaire était fermé.)

Monseigneur Couture précisa aussi que

«le calendrier liturgique universel souligne avec solennité les grands privilèges de Marie (l’Immaculée Conception, l’Assomption), son association étroite aux grands mystères de son Fils (l’Annonciation, la Nativité) et plusieurs des événements de sa vie ou de son rayonnement dans l’Église (...).»

Puis il rappela «l’audacieuse affirmation attribuée à saint Bernard: “De Maria, nunquam satis”. Une formulation d’une concision dont le latin seul a le secret. Traduite mot à mot, elle signifie: “De Marie, jamais assez.” Comme l’expression ne comporte pas de verbe, elle peut vouloir dire: “on ne parle jamais assez de Marie”, ou “on ne la prie jamais assez”, ou encore “on ne lui donne jamais assez de place dans la vie spirituelle”. (...) »

Tout était si beau! Or, pourquoi a-t-il fallu que l’Archevêque entache son homélie d’allusions disgracieuses? Pourquoi a-t-il fallu qu’il s’attaque à des notions nouvelles chargées de feu, à des messages aussi vrais qu’au temps du Christ, étant donné la très grande similitude entre les événements d’alors et ceux d’aujourd’hui, quand la simple configuration à Sa Vie et à Sa Parole sert de base aux notions nouvelles qui ne cessent de nous étonner?

Pourquoi l’Archevêque de Québec a-t-il décoché ses flèches contre l’Armée de Marie, Oeuvre si belle et si puissante dans les âmes grâce à Marie? Ne sait-il pas que Marie contourne les obstacles dressés par les hommes? Une fois encore, Elle va déjouer les barrières dressées par l’épiscopat du Québec.

Poursuivant son homélie, Mgr Couture reprend le thème du «jamais assez» de saint Bernard:

« (...) Loin de nous en surprendre, nous devons nous réjouir de ce que le “jamais assez” de saint Bernard ne veuille pas laisser entendre cependant qu’on peut inventer à volonté, au nom de sa dévotion à la Vierge, des titres excessifs, encore moins s’ils sont manifestement réservés à Son Fils. (...)»

Ayant rappelé les faits qui ont précédé la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, Monseigneur ajoute:

«Ce dogme était présenté par Pie IX comme un développement d’une donnée révélée, c’est-à-dire de la Bible, de l’enseignement de la Bible, et non d’une nouvelle révélation émanant d’un individu ou de quelques théologiens ou qui aurait été diffusée par des groupes restreints.»

Plus loin: «De la sorte, la Vierge se trouve préparée à l’Incarnation et elle pourra s’associer aux souffrances de la Rédemption. Ce qui ne nous autorise pas pour autant à employer sans nuance le titre de Co-Rédemptrice. Point n’est besoin d’ailleurs d’attribuer à Marie de nouveaux privilèges pour stimuler notre dévotion envers elle.»

Nous comprenons les allusions sans en être offusqués. Bien dommage pour les âmes qui ont été ainsi fermées à l’action de Dieu!

Les allusions portent une fois encore sur le vocable de la Dame de Tous les Peuples, sur la Prière de la Dame et sur la dévotion que nous avons envers Elle. Mgr Couture, archevêque de Québec, dresse un nouvel obstacle sur le parcours de cette Oeuvre d’Amour, alors que la Vierge Marie venait de passer par une personne ouverte aux voies surnaturelles, Mgr Joseph-Marie Punt, évêque de Haarlem, qui, la veille, c’est-à-dire le 8 juin 2002, avait émis, à Amsterdam, en Église et pour l’Église, une Déclaration dans laquelle il affirmait que les apparitions de la Dame de Tous les Peuples nous sont «une aide pour comprendre les signes des temps et pour aider à vivre plus intensément l’Évangile». Et il ajoutait: «La dévotion à la Dame de tous les Peuples peut - et c’est là ma conviction profonde - nous aider à trouver le juste chemin dans le drame de notre temps, le chemin vers une nouvelle et particulière effusion de l’Esprit Saint Qui seul peut guérir les grandes blessures de notre temps.»

Le 31 mai 1996, l’évêque de Haarlem (Amsterdam), S. Exc. Mgr Henrick Bomers, et son évêque auxiliaire, Mgr Joseph-Marie Punt, avaient autorisé officiellement le culte public de la Dame de Tous les Peuples et la récitation de Sa Prière. La Notification stipulait:

«L’Église ne peut pas, pour le moment, se prononcer sur le caractère surnaturel des apparitions et du contenu des messages. Libre à chacun de se former un jugement, selon sa conscience.

«La prière “Seigneur Jésus-Christ...” dans laquelle est mentionné le titre de “Dame de Tous les Peuples” a déjà reçu l’approbation de l’Église, dès 1951, de l’évêque du lieu d’alors, Mgr Huibers. Même pour le culte public de Marie sous ce titre, il n’y a, de notre part, aucune objection. (...) Nous pensons que précisément ce titre jette une claire lumière sur la maternité universelle de Marie et sur son rôle unique et féminin dans le Plan du salut du Seigneur.»

Ida, la voyante, est décédée peu après, le 17 juin 1996, à l’âge de 90 ans.

Donc, le 8 juin 2002, la veille de la célébration au Sanctuaire Notre-Dame-d’Etchemin, avait lieu, à Amsterdam, la journée annuelle de prières, présidée par S. Exc. Mgr Joseph-Marie Punt, évêque de Haarlem, entouré de nombreux prélats de divers pays. L’évêque annonça publiquement, en ce jour de la fête du Coeur Immaculé de Marie, la reconnaissance du caractère surnaturel des apparitions et des messages de la Dame de Tous les Peuples. De nouvelles Litanies furent récitées au cours de la cérémonie, introduisant 39 nouveaux vocables, dont certains sont de nouveaux titres relatifs à l’Oeuvre de la Dame:

- Dame de tous les Peuples,
- Mère vêtue de soleil,
- Qui fut un jour Marie,
- Avocate et Médiatrice,
- Mère de tous les Peuples,
- Co-Rédemptrice.

Ainsi se réalise, une fois encore, l’affirmation de saint Bernard: «De Marie, jamais assez.» En effet, «De Marie, on ne parlera jamais assez.»

Ainsi, pendant queles évêques du Québec se ferment encore et toujours à Son Oeuvre, la Vierge Marie passe et ouvre de plus en plus, en Église et pour l’Église, les pétales de Son Mystère réservé pour notre temps.

Comment expliquer aussi que ce soit la hiérarchie de l’Église du Québec qui a fait éclater les cadres du Concile Vatican II pour y introduire un libéralisme qui faisait sursauter des Autorités religieuses à Rome? N’en voit-on pas de nos jours les funestes effets dans l’Église populaire du Québec qui a supplanté l’Église du Christ et qui, aujourd’hui, est arbitrairement fermée aux interventions célestes pour la sauver?...

C’est ainsi que Dieu contourne les obstacles dressés par les hommes.

À la fin de la cérémonie du 50e anniversaire de fondation du sanctuaire, S.Exc. Mgr Couture remercia et bénit chaleureusement ceux qui avaient contribué à la réouverture de ce sanctuaire. Il y aurait tant à écrire encore à ce sujet. L’heure viendra où la vérité éclatera. En attendant, je prends ma petite part de cette bénédiction... et j’en remercie Mgr Couture à qui je souhaite une heureuse retraite.

LES PARFUMS DE L’AMOUR

Le monde n’a pas fini de respirer les tendres parfums de l’amour de Dieu dont la semence spirituelle et matérielle va éclater bientôt dans un paradis retrouvé et reconquis dans l’AMOUR. Quels éblouissements pour nos enfants qui auront de vrais parents! Des éclairs de lumière et d’amour jailliront et illumineront la terre.

Les familles sanctifiées donneront des prêtres et des religieux(ses) fervents. Tous, religieux et laïcs, formeront la Communauté de la Dame de Tous les Peuples, annoncée par la Dame dans Ses Messages. Ce sera une Église UNE, SAINTE, CATHOLIQUE ET APOSTOLIQUE, préparée de longue date par le Pape Jean-Paul II, le Pape choisi par Marie.

L’Eucharistie sera à l’honneur. Et pourquoi? La Liturgie des Heures, n° I, nous le rappelle:

«Heureux ceux que Dieu fait briller
Aux yeux des foules sans berger,
Pour les gagner à sa confiance!
Dans l’univers plus fraternel,
Ils sont le feu, ils sont le sel.
Dieu les rappelle à son Alliance:
Ses volontés sont accomplies
Quand tout devient Eucharistie!»

Si «tout devient Eucharistie», c’est que le sacerdoce sera vraiment la fleur du catholicisme. Et les antiennes précisent:

«Vous êtes la lumière du monde; vous êtes le sel de la terre.
Que brille votre lumière aux yeux des hommes!
Ils verront le bien que vous faites, et rendront gloire à votre Père.
Vivante est la Parole de Dieu, plus tranchante que le glaive»
(Commun des Pasteurs, p. 1595).

C’est par l’Eucharistie, grâce au sacerdoce institué par Jésus avant Sa mort, que le monde sera illuminé par une aurore qui dévoilera de nouvelles splendeurs et portera les hommes au zénith de leur accomplissement et de leur épanouissement.

Le 7e et dernier millénaire de l’Histoire annoncé dans la Bible sera

le Millénaire de l’Amour,

grâce à l’ADORATION où le divin et l’humain conjugueront l’amour, dans la louange au Roi des rois dont la venue aura été préparée par Marie Immaculée, Mère de Tous les Peuples.

Que Leur Règne vienne!

8 décembre 2002, en la fête de l’Immaculée Conception

Mère Paul-Marie

(Le Royaume, n° 158, novembre-décembre 2002, pp. 3-11, 14-16)


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