Le Royaume

Jeannine Blanchette

Jeannine T. Blanchette

«Il y a toujours des aurores pour
les Fils de la Lumière»

Le Ciel a désigné l’année 2009 comme étant l’«Année de l’Arc-en-ciel», lequel  «exprime toujours une union de relations, des échanges entre ciel et terre» (Dict. des Symboles). Sur ce thème, nous pouvons aussi lire dans l’Ancien Testament qu’il s’agit d’un «signe» qui invite à rendre grâce à Dieu: «Vois l’arc-en-ciel et bénis le Seigneur. Il est magnifique dans sa splendeur. Il forme dans le ciel un cercle de gloire; les mains du Très-Haut l’ont formé.» (Si 43, 11-12) Ce «signe» s’est d’ailleurs manifesté le matin du 1er janvier 2009, au-dessus de Spiri-Maria, comme un sceau divin apposé sur cette nouvelle «Terre sainte».

Notre-Dame de Fatima

À la fin, mon Coeur Immaculé triomphera

Il convient de noter aussi qu’au terme des journées mémorables que nous avons vécues à Spiri-Maria au cours du dernier Triduum, plusieurs personnes de diverses régions du Québec ont témoigné avoir vu paraître un arc-en-ciel au firmament, le soir du 31 mai. Ce «signe» a su nous rappeler que le salut vient d’En-Haut, comme il en est dans toute victoire du Bien sur le Mal. Dans l’esprit de ce jour de grâce, nous aurions pu faire nôtre l’insigne devise de Judas Maccabée: «Victoria de coelo» (2 Ma 13, 15), car la canonisation de notre Fondatrice, depuis si longtemps annoncée, est assurément une Victoire du Coeur de Dieu.

FATIMA ET LA DAME: UN MÊME MYSTÈRE

Dans son Livre blanc IV, Mère Paul-Marie écrivait: «Les programmes prévus pour les 30 et 31 mai me bouleversent et m’écrasent. Ce sera le triomphe de Marie de Fatima.» (p. 210) Or, concernant ces apparitions, analysons deux données historiques permettant de démontrer qu’entre les apparitions de Fatima et la Dame il existe un lien certain. Durant le mois de Marie, le 5 mai 1917, le Pape Benoît XV préparait les voies à ces apparitions. Remarquons l’aspect mystique du Nombre: Benoît XV, soit: 5+5+5, ce Pape portait donc en son nom le nombre mystique de la Dame. De plus, c’est le 5 mai, soit le 5 du 5e mois de l’année, qu’il proclama Marie «Reine de la Paix», ceci le rattachant par le fait même et une fois de plus au Nombre Mystique de la Dame. Ce pape a donc nommé Marie «Reine de la Paix» et, le dimanche suivant, par une céleste conjoncture, commencèrent les apparitions de Fatima. Et c’est ainsi qu’«à l’heure de l’Angélus, la Reine de la Paix vint au Portugal, en la Cova da Iria, la Vallée d’Irène, qui est le nom grec de la Paix». (Raoul Auclair, La Prophétie des Papes, p. 56-57)

Sa Sainteté Benoît XV

S.S. Benoît XV
(1914-1922)

Sa Sainteté Pie XII

S.S. Pie XII
(1939-1958)

Un autre Pontife également, soit le Pape Pie XII, a été mystiquement rattaché à Fatima tout en étant uni au Mystère de la Dame. Le Ciel a voulu qu’en 1950 ce Pape voie, à partir des jardins du Vatican, le phénomène qui s’était produit à Fatima lors du miracle du soleil. Notons que les armoiries de ce Pape s’ornaient de la colombe de la paix portant un rameau d’olivier. Ce symbole, au regard de Raoul Auclair, «est comme le gage de la terre tantôt purifiée, de l’Église bientôt renouvelée». (Id., p. 62) Ce n’était donc pas un hasard si le Ciel indiqua à Mère Paul-Marie de lui demander sa bénédiction, laquelle fut accordée sans délai. Au dire de Raoul Auclair, les armoiries de Pie XII annonçaient déjà l’Église renouvelée de Jean.

Unissant un même mystère, ces deux Papes, chacun à sa mesure, ont été mystiquement reliés à la Dame de Tous les Peuples par qui se réalisait, le 31 mai dernier, le Triomphe de Fatima.

FAIRE REFLEURIR LA CROIX

Sainte Thérèse de Lisieux

Sainte Thérèse de Lisieux

Marie-Paule apparaît comme celle qui a pour mission de faire refleurir le bois de la Croix, telle que  symboliquement représentée dans le choeur de Spiri-Maria. Comme sa Vie d’Amour représente la quintessence de la vie mystique, il existe une parenté d’âme entre elle et tous les saints et saintes déjà canonisés, mais particulièrement avec  la petite Sainte de Lisieux. Indice éloquent, ce fut un 14 septembre que Thérèse de Lisieux choisit de fleurir le bois de son crucifix en y effeuillant «des pétales de roses (et) ces pétales glissaient de son lit sur le plancher de l’infirmerie (...)». (Ma Vocation, c’est l’Amour, p. 11) Elle est vraiment touchante, cette image décrivant Thérèse couvrant de pétales le crucifix, lesquels vont s’épandre sur le sol de ce lieu où sévissait la maladie, un certain 14 septembre. Ne peut-on y voir une image symbolique préfigurant que notre monde malade du péché sera ultimement sauvé par la Croix fleurie, grâce au «Fiat» de la Dame, qui naquit elle-même un 14 septembre? Car cette dernière fut chargée d’une sublime mission: faire de la terre couverte de tous les maux un nouveau Paradis terrestre. S’étant à douze ans entièrement abandonnée à la Volonté divine, le Ciel devint son guide. Saint Thomas d’Aquin disait à ce propos: «Ceux que Dieu choisit pour quelque chose, il les prépare et il les dispose de telle manière qu’ils soient trouvés aptes à ce pour quoi ils sont choisis.» (Cité par J.-M. Perrin, p. 43-44) Par le don total d’elle-même, Marie-Paule a pu remettre à Dieu la terre purifiée.

 Elle s’est donnée jusqu’à l’extrême limite de ses forces pour édifier l’Oeuvre de Dieu en la défendant contre vents et marées, ayant dû prendre tant de fois la plume pour la nettoyer des immondices lancées par les adversaires, manifestant un courage héroïque de tous les instants, comme ces Israélites qui ont bâti les murs de Jérusalem en travaillant d’une main et en tenant l’épée de l’autre. Ses volumes de Vie d’Amour  sont comme ses «Murs de Jérusalem» où tant d’attaques sournoises sont venues et viendront peut-être encore se briser, car toutes ses prophéties, ou peu s’en faut, sont désormais réalisées. Cette Oeuvre a été écrite avec le «sang du coeur», selon ses propres mots, parmi les tribulations de toutes sortes et la souffrance continue, tout cela caché toujours par un sourire, au point même que son sourire s’est comme «crucifié sur son visage», pour reprendre la formule si évocatrice de  Marc Bosquart.

FÉCONDITÉ SPIRITUELLE DE «VIE D’AMOUR»

On n’épuisera peut-être jamais les richesses de Vie d’Amour qui est comme un diamant aux mille facettes où chacun y perçoit sa quote-part de lumière. Saint Thomas, à la suite de Denys l’Aréopagite, affirme que le bien est diffusif de soi: «Bonum diffusivum sui» (Somme Théologique).

Vie d’Amour a déjà commencé à relever le niveau moral de l’humanité en faisant surgir par milliers des âmes réparatrices et compensatrices, comme on a pu le voir au dernier Triduum. Aux excès du mal, elles opposent les excès du bien, ce qui faisait dire à certains bien-pensants: «Dans l’Armée de Marie, vous en faites trop! Vous êtes plus catholiques que le Pape!» En ces temps d’apostasie généralisée, il est sans doute vrai que nos membres ont dû acquérir un «supplément d’âme» pour ceux qui n’en ont pas.

 Hans Urs von Balthasar disait que c’est de la Vierge Marie que le Christ a appris à prononcer ce «oui» tout au long de son existence. Il en est ainsi pour Marie-Paule qui a  appris de Marie à prononcer son «FIAT» l’ayant conduite au terme de sa mission. Toute sa vie n’a été qu’un acte d’amour ininterrompu.

Grâce à l’ouverture de l’Église de Jean, la reconnaissance de sa sainteté est maintenant officialisée. Sa mission est accomplie. Désormais, il s’agira d’ouvrir nos bras et notre coeur à ceux et celles qui sont sincèrement en quête de Vérité au sujet de cette Oeuvre divine et même à ceux qui l’ont bafouée.

En demandant l’aide de l’Esprit Véritable et tout en respectant leur cheminement, il s’agira de les amener à comprendre que sur cette terre désolée est maintenant passée notre Libératrice, comme La désigne le beau chant: «Ô Reine du Rosaire», et aussi leur rappeler que «nous ne devons pas désespérer, car, quelles que soient les ténèbres qui envahissent le monde, il y a toujours des aurores pour les fils de la lumière». (Chanoine Coubé) Et Mère Paul-Marie en aura payé chèrement le prix.

Jeannine Thiffault Blanchette