Le Royaume

Sommes-nous des saints et des saintes?

par l'abbé Marcel LAROUCHE

Des saints vivants

Saint Philippe-Marie

Saint Philippe-Marie canonisé le 1er juin 2008

Saint-Raoul-Marie

Saint Raoul-Marie canonisé le 3 juin 2007

Le thème de la sainteté est une exigence de l’Évangile. Jésus exhorte ses auditeurs à pratiquer la sainteté: «Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.» (Mt 5, 48) Le Seigneur ne craint pas de nous stimuler jusqu’à l’absolu: «comme notre Père céleste est parfait». Toutefois, la sainteté ne signifie pas nécessairement qu’il faille atteindre la perfection. (Il faut lire à ce sujet la magnifique étude de Marc Bosquart: L’arc-en-ciel de la sainteté, qui vient de paraître.) L’exigence de perfection que Jésus propose ne souffre d’aucune limite. Les limites viennent des êtres humains. Selon Lui, notre attitude et notre action doivent se modeler sur Dieu Lui-même. Jésus n’a pas peur des mots, Il agit et parle sans préjugés ni stéréotypes.

Durant les premiers siècles du Christianisme, c’est la ferveur et la piété populaires qui proclament les saints et les saintes, avant l’avènement des règles rigides de l’Église catholique et de l’Église orthodoxe qui apparaîtront à partir du Xe siècle. Quant aux Églises chrétiennes issues de la Réforme protestante en 1517, elles ne connaissent pas cette pratique de la canonisation.

En notre temps, le Seigneur fait éclater le cadre étroit des règles entourant la vénération des saints et des saintes en demandant à Marie-Paule de faire procéder à la canonisation de Raoul Auclair et du Père Philippe Roy. Marie-Paule elle-même est avertie d’un phénomène à venir et tout à fait nouveau concernant la pratique de la canonisation: «Un jour, des saints seront canonisés vivants...» (Vie d’Amour, vol. I, 1958, p. 232), «... et la première sera toi» (id., vol. III, 1969, p. 138-139).

L’«UNION HYPOSTATIQUE»

Le 22 mars 2005, Mère Paul-Marie expérimente une grâce relative à l’union hypostatique:

«UNION HYPOSTATIQUE» (22 mars 2005)

Au moment de l’élévation, je contemple l’image de mon Jésus (...), un intense élan d’amour s’envole vers Jésus sur la Croix. En même temps partent de mon coeur, sans volonté personnelle, des mouvements d’amour vers le Coeur de Jésus: mouvements de lumière, de paix et d’amour qui reviennent et pénètrent dans le mien, puis retournent à nouveau vers Lui non pas en ligne droite, mais en formant des cercles lumineux d’une certaine largeur. (...) Les mêmes mouvements de lumière, de paix et d’amour partent de mon coeur vers le Coeur de Marie et reviennent dans le mien. (...) Cela se répète quand, soudain, les trois mouvements de lumière fusionnent en pénétrant dans le Coeur du Père qui est un brasier d’Amour ardent. (...) Comment décrire une telle grâce? Aussitôt, j’«entends», venant d’au-dessus de ma tête: «UNION HYPOSTATIQUE.» (Livre blanc I, Grâces Eucharistiques, p. 20-21)

Le jeudi 7 avril 2005, Marie-Paule écrit:

J’«entends», au sujet de cette grâce du Mardi Saint 22 mars: «VOIS, MA FILLE, C’EST CELA ÊTRE CANONISÉE VIVANTE.» Aussitôt après, j’«entends» encore: «TEL EST LE SCEAU APPOSÉ SUR TA VIE.» Quelles surprises!

C’est le rappel d’une indication «reçue» en 1956 au moment d’une phase très pénible dans ma vie, celle de ma séparation conjugale, après la mort subite de mon père survenue le 28 août 1956, alors que j’avais «entendu»: «Un jour, des saints seront canonisés vivants (...).» Non seulement la prudence, mais aussi mes doutes sur la réalisation de cette «indication» m’avaient incitée, dans le premier volume de «Vie d’Amour» (chap. 39, p. 232), à passer sous silence l’affirmation qui complète cette phrase. Longtemps après, en janvier 1969, pour rester dans l’obéissance, je dus noter la phrase complète: «Un jour, des saints seront canonisés vivants... et la première sera toi.» (Id., p. 38-39)

Au sujet de l’union hypostatique, il existe un précédent chez Madre Conchita de Mexico (1862-1937, déclarée vénérable en 1999) à qui le Seigneur a fait vivre une grâce eucharistique qu’Il identifie avec un langage théologique similaire:

Madre Conchita Cabrera de Armida

Madre Conchita Cabrera de Armida

Ma fille, je veux que tu répètes le plus souvent possible, et surtout lorsque tu souffres, ces mots d’amour qui furent les miens: «Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang», en t’offrant au Père éternel en union avec moi (...). Je sépare mon Sang de mon Corps, pour l’offrir au Père pour toi, toi-même tu dois le faire pour moi afin que nos volontés soient intimement unies. C’est là une sorte d’union hypostatique. (Juan Gutierrez Gonzalez,, Pierre Téqui éditeur, 2004, p. 277)

L’expérience mystique de Madre Conchita prépare la voie unique de l’expérience mystique de Mère Paul-Marie qui se situe au-delà de ce qui existe depuis l’Incarnation du Fils de Dieu.

Mère Paul-Marie dit:

(...) en pénétrant dans le Coeur du Père (...). Comment décrire une telle grâce? Aussitôt, j’«entends» (...): «UNION HYPOSTATIQUE

Madre Conchita se fait dire par Jésus:

(...) l’offrir au Père pour toi, toi-même tu dois le faire pour moi afin que nos volontés soient intimement unies. C’est là une sorte d’union hypostatique.

L’«union hypostatique» est définie clairement par Jésus à Madre Conchita: «Pour que nos volontés soient intimement unies.» Les dernières révélations à Mère Paul-Marie, toujours à l’occasion de l’Eucharistie, font état d’une union d’amour intime au Coeur du Père où les volontés s’unissent. (Cf. Livre blanc I, p. 30-36) Dans les deux cas, il s’agit d’union. Toutefois, chez Madre Conchita, le phénomène de l’«union hypostatique» est limité par Jésus qui précise que l’union intime de sa volonté avec elle est «une sorte d’union hypostatique», alors que l’amour de Mère Paul-Marie fusionne avec celui de Jésus et de Marie pour pénétrer dans le Coeur du Père. Chez Madre Conchita, l’«union hypostatique» est comparable et relative, tandis que chez Mère Paul-Marie l’«union hypostatique» est objective et absolue.

Cette notion théologique de l’«union hypostatique» éclaire d’un jour nouveau le mystère.

Jésus avertit Madre Conchita de l’opposition qui viendra contre ces notions mystiques:

De nombreuses grâces que je te donnerai paraîtront nouvelles et feront l’objet de discussions, mais ne suis-Je pas le maître des dons que je veux accorder? L’Incarnation mystique sera l’une d’entre elles, mais Moi, je t’assure que la vie mystique sera éclairée d’un jour nouveau. (Op. cit., Conchita Cabrera de Armida, p. 114)

Beaucoup vont être scandalisés par la demande que Je t’ai faite de répéter: «Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang», car ils diront qu’il s’agit de paroles très sacrées. (Id., p. 281)

De la même façon, l’expérience de Vie d’Amour est un scandale pour une partie de l’Église.

Les saints selon saint Paul

Saint Paul

Saint Paul

Saint Paul, l’apôtre des signes, le super apôtre choisi par voie mystique, exprime d’emblée et sans fausse honte le caractère de sainteté inhérent au fait d’être baptisé dans le Christ Jésus et de vivre désormais en chrétien. L’apôtre Paul commence la plupart de ses lettres pastorales en appelant «des saints» les chrétiens des villes à qui il écrit.

Dans la lettre aux Romains, Paul dit:

(...) à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par l’appel de Dieu, à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ. (Rm 1, 7)

Dans la première lettre aux Corinthiens, Paul s’adresse ainsi:

(...) à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus, appelés à être saints avec tous ceux qui invoquent en tout lieu le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, leur Seigneur et le nôtre. (1 Co 1, 2)

Dans la deuxième lettre aux Corinthiens:

Paul, apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, et le frère Timothée, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, ainsi qu’à tous les saints qui se trouvent dans l’Achaïe entière. (2 Co 1, 1)

Le préambule de la lettre aux Éphésiens exprime la même idée:

Paul, apôtre de Jésus-Christ, par la volonté de Dieu, aux saints et fidèles en Jésus-Christ. (Ép 1, 1)

L’adresse de la lettre aux Philippiens oriente le lecteur dans une direction similaire:

Paul et Timothée, serviteurs de Jésus-Christ, à tous les saints en Jésus-Christ qui sont à Philippes, avec leurs épiscopes et leurs diacres. (Ph 1, 1)

La salutation finale de cette dernière lettre reprend le même thème. Paul leur dit:

Saluez chacun des saints en Jésus-Christ. Les frères qui sont avec moi vous saluent. Tous les saints vous saluent, surtout ceux de la Maison César. (Ph 4, 21-22)

Enfin, la lettre aux Colossiens abonde dans le même sens:

Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, et Timothée, le frère, aux saints de Colosses, frères fidèles en Christ. (Col 1, 1-2)

Le prophÉtisme de Paul vers Paul-Marie

Le comportement spirituel de saint Paul confirme ce que le Ciel a révélé à Marie-Paule, à savoir la possibilité que des personnes soient canonisées de leur vivant. Si Paul emploie couramment l’expression «les saints» en s’adressant aux chrétiens, cela démontre que le potentiel spirituel de sainteté existe bel et bien. Pour Dieu, tout est possible. Les premières communautés chrétiennes vivaient tout orientées vers les réalités du Ciel. Leurs membres étaient pétris dans la grâce et nourris de la fidélité au Christ Jésus. Toute leur vie se déroulait dans l’amour et la grâce. Ainsi, ils pouvaient déjà être appelés saints et saintes. N’est-ce pas ce même climat spirituel que nous discernons de plus en plus dans les communautés chrétiennes des derniers temps – la Communauté de la Dame de Tous les Peuples –, ce qui justifiera sans doute dans l’avenir la canonisation de certaines personnes vivantes?

Par son attitude originale de parler aux premiers chrétiens de son temps, saint Paul évoque prophétiquement notre temps où Paul-Marie, un autre Paul, est destinée à reprendre, sous la direction divine, le thème de la sainteté de l’Église primitive pour lui donner un souffle nouveau. Le prophétisme de Paul est orienté vers Paul-Marie, le nom d’une mission... En ce temps d’une fin, le temps du passage, l’Église est invitée à se renouveler en profondeur dans un esprit de retour aux sources et d’ouverture prophétique.

L’Armée de Marie a provoqué un mouvement de conversion intense et de réforme intérieure qui produisent des fruits éblouissants de sainteté. Les phalanges d’âmes définitivement tournées vers le Ciel comme l’étaient les premiers chrétiens suggèrent la présence d’une multitude de saints et de saintes en exercice. N’est-ce pas le triomphe du Coeur Immaculé de Marie?

Tout est possible selon les desseins divins qui se manifestent d’ores et déjà en ce temps de la Co-Rédemption qui ouvre le Royaume et nous redonne le Christ.

Grâce et Paix de la part du Seigneur et de la Dame.

        Abbé Marcel Larouche