Le temps de l’Église de Jean

par l'abbé Marcel Larouche

LE DON DE LA FOI

L'Agneau
Symbole de l'Église de Jean

La foi est un don gratuit de Dieu, la première des trois vertus théologales; elle précède l’espérance et l’amour, mais sans l’amour, la foi est vaine. À vrai dire, l’amour est la seule vertu qui continue à vivre après la mort de l’être humain, l’amour pour la vie éternelle, vie d’amour pour ici-bas et pour l’éternité.

En l’occurrence, le sommet mystique que constitue Vie d’Amour revêt son sens plénier, un sens développé sur cette terre et continué dans l’au-delà du Ciel. Alors, pour qui l’a lue, comment ne pas songer aux cieux et à la terre nouvelle dont parle l’Apocalypse de Jean? Comment ne pas évoquer l’établissement du Royaume terrestre qui advient sous nos yeux?

L’amour nourrit la foi et nous projette dans l’espérance. L’espérance donne des ailes et du souffle à l’amour et fortifie la foi. La foi, à son tour, révèle un sens à l’amour et justifie l’espérance. «Par la foi, tenez, solides et fermes; ne vous laissez pas détourner de l’espérance (...).» (Col 1, 23) Voilà trois grands dons de Dieu aux hommes et aux femmes! En fait, ce sont les dons qui valent le plus la peine de souligner, car ils déterminent et orientent tous les autres dons de la vie chrétienne.

RÉPONSE DE L’HISTOIRE

L’Église de Jean se situe dans le prolongement du Christianisme et des Évangiles. Elle est simplement l’Église catholique qui exprime désormais le potentiel spirituel accumulé au long des siècles, un potentiel qui s’élargit pour accueillir toutes les familles spirituelles de l’humanité. L’Église de Jean est la réponse de l’histoire à la longue prière sacerdotale de Jésus, avant sa passion et sa mort, que l’on retrouve au chapitre 17 de l’Évangile de Jean: la prière de l’unité, du don et de l’amour.

FUITE MYSTIQUE DE L’ÉGLISE

Dans la vie et les textes des grands mystiques, notamment la bienheureuse Catherine Emmerich, Maria Valtorta, Adrienne von Speyr, Ida Peerdeman, sainte Catherine de Sienne, sainte Jeanne d’Arc, Mère Paul-Marie, saint Raoul-Marie, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, saint Maximilien Kolbe, saint Padre Pio, etc., se profile l’idée d’une Église renouvelée, toute belle, fiancée et parée pour son Époux.

Le Seigneur révèle à Maria Valtorta en des accents particuliers le temps que nous vivons, le temps de l’Église mystique, l’Église de Jean:

«(...) un clergé trop imbibé de rationalisme et trop au service du pouvoir politique ne peut fatalement susciter qu’une période très obscure pour l’Église. (...)

«Après cette période de douloureux labeur où elle aura été poursuivie par des forces infernales, l’Église, comme la Femme mystique dont parle Jean – après s’être enfuie pour se sauver en se réfugiant en un lieu plus sûr et en perdant dans sa fuite mystique (je dis mystique) ses membres indignes –, mettra au monde les saints destinés à la conduire à l’heure qui précède les derniers temps.» (À l’aube d’une ère nouvelle, Prophéties de Jésus confiées à Maria Valtorta, Éd. du Parvis, Suisse, 1992, p. 90)

Toute la vie de Mère Paul-Marie est une longue et patiente préparation de l’Église de Jean. Vie d’Amour et la suite de ses révélations dans les diverses parutions en témoignent clairement. Le temps de l’Église de Jean est d’ores et déjà en action, il est en marche, quoi qu’il arrive. Personne, ni aucun événement, ne pourra arrêter sa marche inexorable. «Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ? la détresse? l’angoisse? la persécution? la faim? le dénuement? le danger? le supplice? (...) En tout cela, nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés.» (Rm 8, 35.37)

L’Église de Jean vit et bat au rythme du Coeur du Père, là devant nos yeux, sur cette terre qui frémit de ses derniers soubresauts de violence.

LE TEMPS EST COURT

Le 10 août 2006, le Seigneur indique à Mère Paul-Marie une ligne directrice fondamentale pour la suite des événements qui verront la fondation de l’Église de Jean: «Vous êtes libres maintenant!» (Livre blanc II, p. 25)

Quelques mots d’une prodigieuse efficacité! Une clé essentielle de lecture pour comprendre le phénomène de l’Église de Jean comme réalité actuelle, ici et maintenant. «Vous êtes libres maintenant!»

Voilà une orientation spirituelle et pratique sine qua non pour apprécier la phase de l’ouverture de l’Église de Jean et collaborer à son développement. Ce faisant, le Seigneur ouvre tout grand les portes à Mère Paul-Marie. Il lui signifie que le temps est court, qu’il faut agir sans tarder, qu’il faut s’engager sans réserve. Il n’y a plus à ergoter sans fin ni à tergiverser. Le temps n’est donc plus au questionnement, il est à l’action dans l’Église de Jean. «Vous êtes libres maintenant!»

En cette époque de décadence sans précédent du Christianisme, qui s’assimile de plus en plus au monde, il existe des moyens pour sauvegarder la Foi. Il faut croire pour voir, n’est-ce pas? En ce temps de «la fuite mystique de l’Église», l’un de ces moyens n’est-il pas de pouvoir participer à des Messes authentiques qui ne provoquent pas sans cesse des interrogations, des scandales ou des profanations, et d’être en mesure de recevoir la Communion dans les conditions dignes et respectueuses qui lui sont dues? D’ores et déjà, par un destin providentiel, l’Église de Jean met en oeuvre ce service ecclésial...

Saint Pierre exhortait la première communauté chrétienne à se tenir debout, dans l’action. Son appel rejoint aussi la Communauté de la Dame de tous les Peuples: «Frères, redoublez d’efforts pour confirmer l’appel et le choix dont vous avez bénéficié; en agissant ainsi, vous ne risquez pas de tomber. C’est ainsi que vous sera généreusement accordée l’entrée dans le Royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.» (2 P 1, 10-11)

Ainsi, sommes-nous convaincus par les paroles du Seigneur à Mère Paul-Marie et par l’exhortation de saint Pierre de devoir avancer sans peur ni reproche dans «la grande action de la Dame de tous les Peuples». Diverses indications ont signifié sans équivoque à Mère Paul-Marie l’importance et l’urgence du combat, et, à travers elle, c’est à tous et chacun des chrétiens qu’est destiné l’appel:

«Maintenant va, marche au combat.» (Vie d’Amour, Appendice V, p. 110, 1999)

«Je te suivrai pas à pas», dit l’Ange à Marie-Paule. (Vie d’Amour XIII, p. 65, 1976)

La liberté d’action offerte par le Seigneur inaugure pleinement la fondation de l’Église de Jean. Cette liberté d’action nous engage à vivre à l’unisson des voies mystiques de Vie d’Amour. C’est maintenant et non pas dans le futur. Le temps se fait court. «C’est le moment, l’heure est venue de sortir de votre sommeil. (...) La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière.» (Rm 13, 11-13) Il faut agir maintenant... Les moyens d’action sont là qui nous sont offerts par l’Église de Jean. Ils nous sont offerts discrètement. Encore faut-il savoir lire les événements et aller de l’avant. L’attente ou le recul sont des attitudes vaines qui retardent la réalisation des promesses.

L’Église de Jean est le Corps mystique du Christ-Jésus et le Corps mystique de la Dame de tous les Peuples.

«Je suis venue aujourd’hui et c’est pour dire que, contre tout cela, la grande action doit commencer. (...)

«Quant à ceux dont j’ai fait choix dès le début de cette oeuvre, je leur dis: “Que chacun, selon ses moyens et selon sa manière, travaille à la diffusion. Le temps va venir maintenant: le temps de la Dame de tous les Peuples. Je les aiderai.”» (La Dame de tous les Peuples, 42e message, 15 juin 1952, p. 221)

L’Esprit de la Dame de tous les Peuples doit imprégner tous les aspects de la vie des chrétiens et tous les mouvements et groupes religieux. Cet esprit est le levain dans la pâte.

L’ESPÉRANCE DE LA DAME

«L’Église, dans sa fuite mystique», selon le mot si juste et actuel du Seigneur à la mystique Maria Valtorta, ne peut pas être l’Église qui désacralise la liturgie, profane les sacrements, contourne la confession privée par des absolutions collectives ouvertes ou déguisées, transforme les homélies en prédications humanistes, philanthropiques, etc. Une Église dont plusieurs évêques et prêtres associent les pratiques spirituelles, l’adoration et même les messes quotidiennes à des dévotions privées superflues et négligeables, le thème dévotion étant devenu pour eux péjoratif.

Saint Raoul Auclair stigmatise la décadence de l’Église avec des propos justes et pertinents:

«Enfin il y a ceux, les plus dangereux peut-être, qui se réclament du Christ mais qui falsifient sa parole (...). Le Corps mystique est en agonie sur toute la terre. (...) Ailleurs, là où l’Église n’a pas encore été strictement rejetée de la cité, n’est-elle pas le plus souvent tombée sous le joug des novateurs, de ceux qui ne cherchent plus à élever le monde à la hauteur de l’Église, mais à abaisser l’Église au laxisme du monde?» (Prophétie de Catherine Emmerich pour notre temps, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1981, p. 63-64)

«Car, aujourd’hui, on est optimiste! Jadis, on avait de l’espérance, qui est une vertu théologale. Et l’espérance portait plus loin que l’horizon de la terre. Mais à présent que le monde, et sa conquête, et son exaltation, et sa belle plénitude, est devenu le seul souci des hommes terrestres sur la terre, et que les prêtres, qui ont tant voulu aller au monde, sont entrés pleinement dans le monde, les prêtres, eux aussi, sont optimistes!

«L’optimisme, cette dérision, cette “profanation” de la sainte Espérance!» (Id., p. 73)

LES APÔTRES DE LA DAME

La prophétie des Apôtres des derniers temps de saint Louis-Marie de Montfort s’est réalisée concrètement le 31 mai 2007 avec le choix des douze Apôtres de la Dame: les Pères Hervé Lemay, Denis Laprise, Éric Roy, Rémi Tremblay, Bruno Ruel, Gilbert Damphousse, Benoît Picard, Xavier Larribe, Luc Beaudette, l’abbé Marcel Larouche, Paul Schulte et Marc Bosquart. Les Apôtres de la Dame sont unis sous l’esprit et la direction des deux médiateurs de la paix: Padre Jean-Pierre, Père de l’Église de Jean, et Père Victor Rizzi, Père marial.

Mère Paul-Marie avait été prévenue dès 1964, quarante-trois ans auparavant, que ces Apôtres viendraient l’appuyer:

«Cette Armée de Marie se répandra partout, sans or ni argent, dans une grande humilité, une belle charité. Ce seront de véritables apôtres qui prêcheront l’Évangile, non pas selon les maximes du monde... sans épargner personne...» (Vie d’Amour II, p. 389)

En tout lieu, la présence de l’un des dix Apôtres prêtres qui célèbre l’Eucharistie et les sacrements, la présence de l’un des douze Apôtres qui préside une rencontre quelconque, c’est l’Esprit de la Dame qui se continue. Une réalité prophétique. Il est impératif de participer aux célébrations des Apôtres. Cette présence détermine l’efficacité spirituelle des âmes vouées au service de l’amour.

Mère Paul-Marie m’a dit à deux reprises: «Lorsqu’un Apôtre se déplace, où il est, la présence de la terre sainte de Spiri-Maria se déplace avec les grâces rattachées à la Co-Rédemption.»

Manifestement, les prêtres, communautaires ou séculiers, les religieux, les religieuses, les laïcs, hommes et femmes, qui s’engagent sous la bannière de l’Église de Jean bénéficient en quelque sorte des privilèges des Apôtres des derniers temps et deviennent pour ainsi dire des apôtres de la Dame de tous les Peuples. Voilà le prophétisme de la grande action de la Dame de tous les Peuples!

Le prophétisme, présent en divers lieux et divers groupes religieux, est varié. Toutefois, il est fondamental de purifier nos sources spirituelles et d’opérer un choix décisif sur l’appel unique de la Dame que le Seigneur a présenté à notre foi et à notre connaissance. De plus, dans cette recherche de réforme spirituelle et d’apostolat, il est nécessaire d’être aux aguets des écueils placés parfois sur notre route: déséquilibre psycho-affectif, illuminisme, interprétation exclusive, orgueil, manque de jugement, etc.

L’Église de Jean est issue du Coeur du Coeur du Père et des souffrances de Mère Paul-Marie. Puissions-nous correspondre aux grâces de fidélité qui jaillissent de ce mystère. Afin de vivre pleinement cette participation, il est primordial d’approfondir et de méditer les volumes de Vie d’Amour et les messages de la Dame de tous les Peuples, en ce temps de l’Église de Jean déjà en oeuvre.

Abbé Marcel Larouche