La Femme Mystique...
par l'abbé Marcel Larouche
Abbé Marcel Larouche |
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CONFIRMATION D’ÉVÉNEMENTS
La Femme Mystique, tel est le titre que le Seigneur a indiqué à Mère Paul-Marie, le 14 septembre 2009, pour identifier désormais la photographie du couronnement qui eut lieu le 31 mai 2009, à Spiri-Maria. Le Seigneur précisait que cette photo de forme ovale serait maintenant installée près de l’autel de la Dame de tous les Peuples. La version ovale de cette photo-image, sur le mur latéral de la chapelle, rayonne et réjouit le regard; elle nous situe d’emblée dans la dimension surnaturelle. Le titre désigné par le Seigneur pour la qualifier lui convient à ravir: la Femme Mystique... Un titre qui synthétise et résume la portée évangélique des différentes facettes du mystère marial.
Alors que, depuis près d’un mois, le présent texte La Femme Mystique était en marche avec une première page rédigée, le plan de composition et les recherches effectuées, j’ai réalisé le 18 octobre 2009 que le titre: La Femme Mystique, se retrouvait déjà à l’intérieur du texte Le temps de l’Église de Jean, sous la section Fuite mystique de l’Église, qui a été préparé dans les premiers jours de septembre 2009 pour le journal Le Royaume de septembre-octobre à paraître au début de novembre 2009, sans que je l’aie remarqué. Dans la citation de ce texte prophétique de Maria Valtorta, Jésus dit: «L’Église, comme “La Femme Mystique” dont parle Jean – après s’être enfuie pour se sauver en se réfugiant en un lieu plus sûr. (...)»
DESSEIN DE L’HISTOIRE
Le projet divin de la Femme Mystique habite l’histoire. Dès les premiers moments de l’histoire, dès le commencement primordial, au livre de la Genèse, le mystère de la Femme apparaît dans toute sa splendeur: «Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon.» (Gn 3, 15)
N’est-il pas plausible d’affirmer que le départ de l’histoire de la Rédemption coïncide en quelque sorte avec l’histoire de la Co-Rédemption? La Genèse permet de répondre à la question, car Yahvé admoneste clairement le Malin, afin de préserver son projet d’Amour pour l’humanité: «Une hostilité entre toi et la femme». Et Il prophétise le rôle de la Femme: «Elle te meurtrira à la tête.»
Fort à propos, l’étude de Vie d’Amour nous découvre des réalités insoupçonnées jusqu’ici, des réalités qui rejoignent l’ensemble du Nouveau Testament. Le Seigneur, en Vie d’Amour, campe les éléments prophétiques nécessaires à la réalisation actuelle de la mission de la Femme Mystique:
«Tu sais, mon enfant, que ma Mère bien aimée (...) s’est incarnée et son regard maternel s’est penché sur toi. C’est toi, mon enfant, qui souffres ma Passion et qui, au nom de ma Mère bien-aimée, vas redonner le Christ au monde. Vois! Ta vie s’identifie à celle de ma Mère. (...) Accepte, mon enfant, de continuer l’oeuvre de ma Mère bien-aimée. (...) Bientôt, mon enfant, il te faudra te consacrer uniquement à la Cause de ma Mère.» (Vie d’Amour, vol. I, chap. 53, p. 326-327, 3 et 4 mai 1958)
L’HEURE DE LA FEMME MYSTIQUE
Le thème du premier volume de Vie d’Amour, au chapitre 53, est centré sur l’expression: «L’heure du crucifiement est arrivée (...), ton heure sera arrivée», qui entoure de part et d’autre les vingt-deux premières lignes du texte. Or, l’Évangile de saint Jean est bâti autour de cette même idée de «l’heure». Jésus suggère un lien à établir entre sa Mission et sa Passion, entre sa Mission et «l’heure», «l’heure» étant la Passion à l’horizon de sa vie. À une dizaine de reprises, le thème de «l’heure» est évoqué dans l’Évangile de Jean:
- Ce premier signe est donné aux noces de Cana:
Comme le vin manquait, la mère de Jésus lui dit: «Ils n’ont pas de vin.» Mais Jésus lui répondit: «Que me veux-tu, femme? Mon heure n’est pas encore venue.» (Jn 2, 3-4) - Jésus enseigne dans le temple:
Ils cherchèrent alors à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue. (Jn 7, 30) - En réponse aux Apôtres qui veulent voir Jésus:
«Elle est venue, l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié.» (Jn 12, 23) - Au dernier repas:
Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue, l’heure de passer de ce monde au Père... (Jn 13, 1) - Lors d’un enseignement aux Apôtres:
«Je vous ai dit tout cela de façon énigmatique, mais l’heure vient où je ne vous parlerai plus de cette manière. (...)» (Jn 16, 25)
«L’heure» dans l’Évangile de Jean, le seul Évangile qui porte l’empreinte de ce signe éclatant, marque «l’heure» de la Rédemption sur la Croix. Ce mot est un mot clé qui bâtit l’Évangile de Jean, mot orienté vers la gloire du Père qui se révèle à travers le Fils, Jésus-Christ. «L’heure» dans Vie d’Amour, la seule Oeuvre du Christianisme après l’Évangile qui porte l’empreinte de ce signe éclatant, marque «l’heure» de la Co-Rédemption sur la Croix. Ce mot est un mot clé qui bâtit Vie d’Amour, mot orienté vers la gloire du Père qui se révèle à travers la Fille, Marie-Paule.
«L’heure» de la Passion et du Crucifiement dans l’Évangile s’identifie à «l’heure du Crucifiement» dans Vie d’Amour. La corrélation spirituelle et mystique saute aux yeux pour quiconque est attentif à l’événement. Avec ce thème crucial de «l’heure» qui oriente vers «le Crucifiement de Jésus», il y a la clé d’interprétation du message de l’Oeuvre de Vie d’Amour et de la Femme Mystique pour notre temps. En effet, les paroles prophétiques du dernier chapitre du premier volume de Vie d’Amour cisèlent un message foudroyant pour quiconque est de bonne volonté et s’ouvre à l’appel de Dieu. Ainsi, en quelques lignes, le mot «heure» est mentionné à trois reprises: d’abord, le titre: «L’heure du Crucifiement»; ensuite, la première phrase: «L’heure du Crucifiement est donc arrivée»; enfin, la 19e ligne: «Et ton heure sera arrivée».
À quand «l’heure» de la réalisation, selon les mots de Jésus à Marie-Paule:
«De l’oeuvre de ma Mère, la Cause de ma Mère, au nom de ma Mère»? À «l’heure du Crucifiement», n’est-ce pas, comme nous l’indiquent l’Évangile et Vie d’Amour. «L’heure» de la Rédemption par le Fils de l’homme. «L’heure» de la Co-Rédemption par la Femme Mystique.
Le mystère de la Femme apparaît particulièrement dans les sept dernières pages du premier volume de Vie d’Amour, notamment avec l’emploi de l’expression «Ma Mère» qui revient à douze reprises en ces quelques paragraphes de facture théologique certaine. Douze fois, comme les douze étoiles de l’Apocalypse, les douze Apôtres, etc. (sans oublier l’expression: «douze apothéoses – douze miracles», entendue plusieurs fois par Marie-Paule en août et première semaine de septembre 1975). De plus, l’expression «Mon enfant» est présente huit fois. «Ma Mère, mon enfant», voilà des mots qui qualifient par excellence le rôle de la Femme, à savoir être mère et enfanter: au sens physiologique, mais plus encore au sens spirituel et mystique. La maternité définit spécifiquement la femme qui participe au projet divin.
«Ma Mère, mon enfant» soulignent la maternité et l’enfance, deux voies spirituelles riches en grâces de cheminement. La maternité divine de la Vierge Marie est un enseignement qui s’est développé et enrichi par la contribution d’une pléiade d’âmes saintes et mystiques. Et l’enfance spirituelle est une voie de formation intérieure qui a pris véritablement son envol avec la petite voie d’enfance spirituelle de Thérèse de Lisieux ou de l’Enfant-Jésus, sur les traces des Évangiles.
Vie d’Amour transmet l’Évangile de l’enfance spirituelle en de multiples rayonnements qui forment les âmes à vivre de l’Amour divin.
Le Fiat!, le oui de la Vierge Marie ouvre les portes au Fils de Dieu en vue de la Rédemption. La mission de Marie-Paule ouvre les portes de la Co-Rédemption. Le Seigneur ne lui dit-Il pas un jour, par une religieuse: «Tu es la mère de toutes les âmes» (Vie d’Amour, vol. XI, p. 223)?
En 1975, une religieuse X..., dont le nom est gardé secret, est appelée à jouer un rôle pour l’Armée de Marie. Laissons Marie-Paule relater l’épisode de ces interventions:
Soeur X... est une religieuse que j’ai vue parmi des milliers d’autres quand je fondais l’Armée de Marie dans les Communautés, il y a deux ans. (...) Elle m’était tout à fait étrangère, mais je l’avais remarquée dès que je l’avais vue. (...) Et voici que commence en elle une action divine qui l’étonne. Elle écrit sous la dictée de Dieu et sans connaître Ses vues, elle confirme justement notre Oeuvre dont elle ignore tous les détails.» (Vie d’Amour, vol. XI, p. 221)
Le 6 septembre 1975, lors d’une messe présidée par Monseigneur Jean-Pierre van Lierde, en présence de cette religieuse, Marie-Paule reçoit une grande hostie à la communion, réalisation d’une prophétie donnée par Jésus au début de Vie d’Amour. Marie-Paule commente le fait:
Au même moment, Soeur X..., près de moi, répète les paroles qu’elle vient d’entendre pour moi: «JE TE FAIS MON PRÊTRE MYSTIQUE, RÉEL, ÉTERNELLEMENT. TON FRONT BRILLERA ÉTERNELLEMENT D’UNE LUMIÈRE SPÉCIALE. TU ES LA MÈRE DE TOUTES LES ÂMES.» (Id., p. 223)
Privilège d’une maternité spirituelle, mais non moins réelle, où les âmes sont régénérées. Maternité de plein droit parce que Femme Mystique. Femme Mystique parce que mère de plein droit. Femme et Dame. Femme Mystique pour être mère de toutes les âmes et Dame de tous les Peuples.
FEMME ET DAME
Femme et Dame. Le terme Femme ou Dame est une expression eschatologique déterminante qui spécifie la Genèse et l’Apocalypse.
La Genèse prédit: «Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira à la tête et toi, tu la meurtriras au talon.» (Gn 3, 15)
La Vierge Marie, |
L’Apocalypse affirme: «Un grand signe apparut dans le ciel: une femme, vêtue de soleil, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.» (Ap 12, 1)
Les messages de la Dame de tous les Peuples, qui sont l’aboutissement et le couronnement des grandes apparitions mariales, nous font pénétrer dans les arcanes du mystère. Lors de la première apparition, le 25 mars 1945, la voyante demande à cette Femme si elle est Marie, la Mère de Dieu: «Je demande: “Êtes-vous Marie?” Elle sourit et dit: “L’on m’appellera la Femme, Mère.”» (Raoul Auclair, La Dame de tous les Peuples, éd. Stella, p. 120)
Marc Bosquart commente avec justesse la réponse de la Dame:
Remarquons bien ce fait de grande importance: à la question: «Êtes-vous Marie?», «la forme» ou l’Apparition ne répond pas «oui». Certes, elle ne répond pas «non», mais elle ne répond pas «oui» non plus...» (Marc Bosquart, Trésors de «Vie d’Amour», n° 3, Les Éditions du Nouveau Monde, 2008, p. 42, mais lire aussi p. 41-47 sur le sujet)
De plus, Marc Bosquart reprend la réponse de la Dame, en guise de légende à l’image de la Dame de tous les Peuples, et y ajoute un commentaire très pertinent qui résume son étude du sujet dans les pages précédentes:
«Ils m’appelleront la Dame, Mère», ce qui signifie: «Mère, les peuples m’appelleront la Dame, car je suis ta Fille, la Dame de tous les peuples.» (Id., p. 47)
En effet, il est évident que la Dame (la Femme) s’adresse à sa Mère (Marie). Et son titre de Femme Mystique, elle le reçoit déjà au calvaire avec son rôle futur de Co-Rédemptrice:
«C’est au Sacrifice de la Croix que remonte le changement.» (Raoul Auclair, La Dame de tous les Peuples, 41e message, 6 avril 1952, p. 217)
La Femme Mystique se manifeste on ne peut plus clairement dans l’Oeuvre de Vie d’Amour, la Genèse, l’Apocalypse et les messages de la Dame de tous les Peuples.
Une convergence aussi étroite entre différentes sources plaide en faveur d’un projet providentiel issu du Coeur de Dieu. Valorisation du rôle de la femme à la manière divine, et non selon les vues humaines. Réponse de Dieu à la problématique des chrétiens qui réclament le sacerdoce pour les femmes. Réponse de Dieu qui va même au-delà des attentes, mais pas de la manière prévue par le courant révolutionnaire qui domine la pensée théologique et le clergé.
«L’heure du Crucifiement», thème majeur de l’Évangile de saint Jean et du premier volume de Vie d’Amour, qualifie sans équivoque un combat spirituel planétaire confié à la Femme Mystique et aux «saintes femmes». Cette «heure» est marquée par la présence des femmes qui accomplissent le plan d’Amour divin. En l’Évangile, il y a la Vierge Marie et «les saintes femmes» à des situations déterminantes. En Vie d’Amour, il y a la Femme Mystique choisie et «toutes ces saintes femmes» à des situations déterminantes.
ALLIANCE DE LA FEMME MYSTIQUE
Si, pour les besoins de la réflexion, l’on excepte le prélude de l’Ancien Testament, n’y aurait-il pas deux Alliances de Dieu avec l’humanité, à partir du Nouveau Testament? Il est permis de le penser... La Rédemption et la Co-Rédemption confirment cette éventualité.
L’hypothèse trouve aussi sa justification dans les révélations du Seigneur à Marie-Julie Jahenney, mystique stigmatisée de France à qui son évêque refusa l’eucharistie pendant plusieurs années (mais l’Ange de Dieu lui apportait la communion tous les dimanches). Déjà, en 1880, le Seigneur révélait à Marie-Julie, paysanne illettrée, l’idée des deux Alliances spirituelles qui résonnent en notre temps de l’Église de Jean:
«On m'appellera la Dame, Mère» |
Cette union première continue d’exister en son âme, mais elle se dissout dans une seconde qui est mille fois plus riche et plus abondante. La seconde alliance, qui est de joie, d’espérance et de gloire, commence d’éclater au pied du Calvaire (...). Jésus (...) s’est réservé l’éclat de sa gloire pour un temps où le monde presque entier ne s’entendrait plus sur la foi. (...) Il a réservé cette céleste gloire pour le moment où, dans la dégradation de la foi, tout s’écroulerait, se perdrait... (...) Cette seconde alliance mettra fin à tous les tourments de la première, appelée douloureuse.
(...) Cette seconde alliance se fera avec tant de douce rapidité qu’une merveille n’attendra pas l’autre. Je vois que cette seconde alliance sera le Grand Coup et la Grande Merveille.
Je vois la manière mystérieuse dont s’opérera, à l’extérieur et en dehors de nous, le changement des choses. Le Seigneur se chargera de tout diriger, de tout conduire. Il restera comme un doute et une incertitude pour croire si c’est réellement la lumière du Seigneur. Aucune lumière n’ira frapper à la porte des coeurs dont nous sommes les brebis: de ce côté, pas un mouvement. Du côté de ceux sur lesquels le Seigneur a fixé la charge et le devoir de veiller sur tout le troupeau, cette lumière ne «lampera» pas énormément...» (Le Ciel en colloque avec Marie-Julie Jahenney, éd. Resiac, 1973, p. 177-178)
Cette seconde Alliance n’est-elle pas le temps de l’action de la Femme Mystique? Il est important de préciser que l’explication du rôle de la Femme Mystique en Mère Paul-Marie ne diminue en rien le rôle de la Vierge Marie, Mère de Dieu, au contraire. Marc Bosquart le souligne éloquemment à la fin de son excellente étude L’Immaculée, la divine Épouse de Dieu:
«On m’appellera la Dame, Mère.»
Dans ce contexte nouveau, Marie ne sera bien évidemment pas «mise de côté», voire évincée de notre Foi. Bien au contraire: Elle aura désormais sa vraie place – une place unique, incomparable – en tant qu’Épouse du Père, Co-Créatrice et Mère universelle! (L’Immaculée, la divine Épouse de Dieu, Lac-Etchemin, Les Éditions du Nouveau Monde, 2001, p. 125)
La Vierge Marie, Mère de Dieu et Mère universelle, a toute la place qui lui revient. Mère Paul-Marie, Dame et Femme Mystique, a toute la place qui lui revient.
La nouveauté du phénomène spirituel n’en diminue pas pour autant la réalité et la pertinence. La nouveauté fait référence à «des notions anciennes», comme l’affirment les messages de la Dame de tous les Peuples. L’adage «unir et distinguer» de saint Thomas d’Aquin, grand théologien de l’Église, est plus véridique que jamais.
L’Alliance de la Femme Mystique a plus que jamais sa place dans l’histoire de la Rédemption. Les temps sont arrivés. Les impératifs de la foi sont ponctués d’éléments théologiques déterminants qui éclairent la route des âmes et des peuples. Les rejeter serait téméraire, les nier serait malhonnête. Puissions-nous les accueillir avec confiance. L’ouverture permet les développements spirituels et théologiques propres à mieux saisir le projet d’Amour divin pour l’humanité.
Abbé Marcel Larouche
23 octobre 2009
