Le Royaume

Donner et recevoir le pardon

par Père Maurice Péloquin 

Père Maurice Péloquin

D’où vient notre difficulté à pardonner tel tort dont nous sommes victimes lorsque, par ailleurs, nous en pardonnons d’autres? Pourquoi telle offense résiste-t-elle? Est-ce l’importance du dommage ou la personnalité des gens qui nous ont offensés qui font obstacle au pardon?

Alors une question se pose: «Peut-on tout pardonner?» Le mal qui nous est fait n’excède-t-il pas parfois notre capacité de pardonner? «Jamais, je ne pardonnerai», entend-on souvent. Nous devons avouer qu’il est très dur de pardonner! Parfois, c’est humainement impossible! Mais nous pouvons toujours crier avec Jésus, vers le Père: «Père, pardonne-leur!», car rien n’est impossible à Dieu.

Le pardon est parfois humainement impossible

Des personnes ont vécu des événements tellement atroces qu’elles en demeurent sidérées. Leur répéter: «Il faut pardonner à celui qui a tué votre enfant...», c’est enfoncer les victimes dans leur incapacité à pardonner, et dans la culpabilité.

Nous devrions plutôt dire à ces personnes blessées: «Demandez que le Christ apaise d’abord votre coeur et pardonne en vous, pour vous. Le mal est un mystère trop puissant. Abandonnez cette affaire à son Coeur divin et laissez-le faire. Le Tout-Miséricordieux peut pardonner et consoler votre coeur.»

Voici justement le témoignage d’une dame qui a dû vivre ainsi un pardon difficile: «Nous étions mariés depuis seize ans quand je suis partie. Il n’y avait plus rien entre mon mari et moi que de la rancoeur...

«Il a obtenu la garde de nos deux enfants en me faisant comparaître devant le psychiatre du tribunal. Je lui en ai voulu à mort. Mais, à la longue, j’ai compris que vivre fâchée exige beaucoup d’énergie, même inconsciemment, et entretient un stress constant qui peut être à l’origine de maladies psychosomatiques.

Le Sacrement de Pénitence
«Je vous pardonne tous vos péchés, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.»

«C’est à ma conversion que tout a changé. Je me suis confessée. Et j’ai commencé à voir mes propres torts à son égard, alors que j’étais aveuglée par les siens. Dès que je me souvenais d’une faute commise contre lui, je retournais me confesser. Je me suis ainsi lavée progressivement. Et j’ai commencé à pouvoir prier pour lui.

«J’ai compris qu’il n’y a pas d’abord le péché, puis le pardon. Ce n’est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon, c’est Dieu qui court après le pécheur et qui le fait revenir à lui. C’est parce qu’il y a d’abord la miséricorde de Dieu envers nous que nous devenons capables de reconnaître nos péchés et capables de pardonner. Alors j’ai écrit deux lettres de pardon à mon mari. Il n’a pas répondu, mais son attitude a changé. Il s’est ouvert peu à peu. Nous n’étions plus ennemis.

«Le pardon n’est pas l’oubli. Des blessures se réveillent parfois et l’envie de ressasser certains souvenirs mauvais monte à la surface. Alors je priais: “Seigneur, tu m’as donné la grâce du pardon, renouvelle-la en moi; délivre-moi de ces tentations, que je ne revienne pas sur ces torts.» Le pardon m’a ouverte à une certaine guérison intérieure, dont le fruit est la paix. Et je crois qu’elle est communiquée mystérieusement à mon mari par la grâce du sacrement de mariage puisque nous continuons, même séparés, à ne faire qu’un par le sacrement.»

Est-il légitime de ne pas pardonner?

Ce témoignage nous emmène à nous poser la question: «Est-il légitime de ne pas pardonner?» Et même si, dans les faits, le pardon nous semble impossible, serait-il objectivement légitime de ne pas l’accorder?

Objectivement, tout le monde – du moins le monde des croyants – admet qu’il est nécessaire de pardonner, mais, subjectivement – quand la personne est profondément blessée –, on arrive difficilement à approuver le pardon pour toute offense.

En bien des cas, la personne s’imagine que son pardon entraînera la frustration du fait que la personne qui a commis l’offense s’en tire sans peine et sans correction.

Mais qui sommes-nous pour pardonner? Et qui sommes-nous pour ne pas pardonner? La tradition biblique fait du pardon un acte divin par excellence. Seul Dieu peut pardonner. Et pourtant, le Christ nous fait demander à notre Père du Ciel de nous pardonner «comme nous pardonnons».

Cette demande souligne très précisément que nous devons toujours pardonner, car le refus du pardon est un acte qui ne nous appartient pas. Même si nous ne pardonnons pas, Dieu peut pardonner à la personne qui a eu des torts envers nous. Ce n’est pas Dieu qui refuse le pardon, mais le pécheur qui refuse le pardon de Dieu.

Seul le péché contre le Saint-Esprit est impardonnable

D’après l’Évangile, seul le péché contre l’Esprit Saint est impardonnable. Saint Thomas d’Aquin explique que ce péché contre l’Esprit Saint est, par nature, irrémissible parce qu’il est refus de la lumière et de l’amour, c’est-à-dire refus du salut que Dieu offre à l’homme par l’Esprit Saint. Car, précisément, c’est l’Esprit Saint qui a été envoyé par le Père «pour la rémission du péché», dit le prêtre dans la formule de l’absolution.

Donc, une seule faute est impardonnable: le refus du pardon. Refus d’être pardonné par Dieu, mais aussi refus de pardonner à notre prochain: «Si vous ne pardonnez pas aux hommes, dit le Seigneur, votre Père non plus ne vous pardonnera pas vos manquements(Mt 6, 15) On peut donc dire que le blasphème contre l’Esprit Saint est le refus du pardon: refus de pardonner et refus d’être pardonné, les deux étant liés.

Le Pape Jean-Paul II a écrit: «Le blasphème contre l’Esprit Saint consiste précisément dans le refus radical de se tourner vers les sources de la Rédemption dont l’Esprit Saint est le dispensateur intime. La non-rémission est liée, comme à sa cause, au refus radical de se convertir 1.» Cela nous fait comprendre que, d’une part, le pardon est un acte qui nous est difficile, quand il ne nous est pas impossible, d’autre part, c’est un acte nécessaire.

La rancune ou le désir de vengeance est une véritable toxine, souvent profondément enfouie, qui empoisonne l’âme. C’est le contraire du pardon, car la rancune nous porte à retenir indéfiniment le mal de l’autre, à fixer, à immobiliser, à lier, au lieu de délier. Reconnaître ce mal, ce tort, est un premier pas dans le processus du pardon.

Refuser le pardon, c’est laisser persister la rancoeur, la haine, le désir de violence, de vengeance. Faire taire la haine, à l’échelle d’un individu, d’un groupe, d’une ethnie ou d’une nation, devient de plus en plus difficile d’une génération à l’autre. Le refus du pardon, qui se transmet à la descendance, constitue un état de violence latent, un terreau propice pour le conflit brutal. Mais le pardon, au contraire, est le plus puissant levier de toute guérison.

Exiger inconditionnellement le pardon apparaît comme une exigence de paix: sans le pardon, sans la volonté inconditionnelle de lever les rancoeurs, d’éliminer les haines, la vie commune serait tout simplement impossible. Pardonner est une nécessité pour un futur serein et dégagé; sous le reproche permanent, l’avenir n’est pas envisageable. La construction de toute paix exige que soient pardonnées les souffrances réciproquement infligées par les conflits à tous les niveaux.

Le pardon est un chemin de libération, très long, souvent très douloureux, mais très apaisant. Au Rwanda, par exemple, un missionnaire a rencontré une jeune femme qui lui disait que 75 membres de sa famille avaient été massacrés. «J’ai tant de haine en moi, disait-elle, que je ne sais quoi en faire. On parle de réconciliation, mais personne ne m’a demandé pardon.» Le missionnaire lui demanda: «Est-ce que tu veux tuer ceux qui ont tué ta famille?» Elle a été surprise et a répondu: «Non!» Alors, le prêtre lui dit: «Le premier pas du pardon, c’est le refus de la vengeance. Tu y es!» Cette parole l’a consolée et l’a libérée. Pardonner, ce n’est pas immédiatement embrasser son ennemi, c’est d’abord refuser la vengeance.

C’est surtout au confessionnal, avec le pardon de Dieu, que nous arrivons à expérimenter le mieux cette paix profonde du pardon obtenu et donné. Vraiment, le pardon de Dieu nous libère d’un poids accablant et angoissant et nous réconcilie avec Dieu, avec nous-même et avec le monde entier.

De fait, des psychiatres et des psychologues se sont intéressés aux effets du pardon et reconnaissent que pour libérer une personne un pardon reçu vaut parfois des mois de thérapies.

Un coeur pardonné devient un coeur rempli de reconnaissance qui peut faire grâce aux autres, car il lui a été fait grâce. Si nous avons bénéficié de la grâce, nous sommes en état de pardonner aux autres... Pardonner n’est pas facile. C’est toujours une lutte, un acte de volonté. En exerçant le pardon, nous avons la preuve que nous sommes nous-mêmes pardonnés.

Le pardon n’est pas seulement émotionnel, ni seulement spirituel, c’est aussi une volonté de compréhension. Une compréhension qui peut amener à une compassion: souffrir de la souffrance de l’autre. Chaque pardon, même le plus petit, arrête les puissances du mal qui déferlent sur notre monde et permet une re-création.

Parce que les pardons refusés empoisonnent la vie, un grand nombre de personnes prennent un jour conscience qu’un poids les entrave, les empêche d’être en paix avec elles-mêmes, et souvent elles constatent que cette situation est causée par leur ressentiment envers quelqu’un. Peu importe que cette rancune soit née d’une faute minime, ou même qu’elle repose sur un reproche injuste: ce qui compte, c’est le trouble qu’elle engendre.

Mais il y a autant de chemins de pardon que de «pardonneurs». Il s’agit d’une démarche personnelle, dont l’essentiel se passe dans le secret du coeur de chacun. Parfois, cet acte est instantané, mais, très souvent, il constitue un long processus de combats intérieurs. Certaines gens n’arrivent pas à dépasser des ressentiments apparemment bénins. Et, à l’encontre de ceux-là, il y a des exemples bouleversants d’enfants gravement maltraités qui, devenus adultes, pardonnent à leurs parents de leur avoir fait subir des horreurs.

Nous pourrions lire ou relire avec intérêt l’exemple du pardon accordé par Marie-Paule dans le livre «Le Dernier Coup...» et l’héroïque pardon! Les pages 123 à 135 et 147 à 153 renferment des lumières importantes.

Évidemment, même si une personne pardonne, cela n’enlève rien à l’horreur du dommage causé. La personne n’approuve pas et ne minimise pas la gravité de ce qu’elle a subi, mais elle s’en libère. Le pardon est un cadeau que l’on fait d’abord à soi-même et ensuite à la personne qui nous a blessé.

Les fautifs sont des personnes non des «fautes»

Le respect du fautif exige de le considérer comme une personne, c’est-à-dire un individu responsable. Reconnaître un fautif comme une personne, c’est le distinguer de la chose ou de l’animal. Une chose est ce qu’elle est, son comportement est invariable et suit les lois de la physique. De même, l’animal obéit à un ensemble de comportements instinctifs ou acquis, mais déterminés: les mêmes causes produiront toujours les mêmes effets.

Au contraire, la personne humaine est responsable de ses actes, et donc son comportement n’est pas soumis à une détermination: le coupable aurait pu ne pas faire ce qu’il a fait. La personne humaine ne se réduit donc pas à un comportement donné: elle peut changer sa conduite, la regretter.

1983, Rome - Le Pape Jean-Paul II rend visite à son agresseur, Ali Agça, à la prison.

Refuser le pardon, c’est refuser de considérer l’autre au-delà d’une action donnée, c’est l’identifier à un acte précis. Il a volé, c’est donc un voleur. Nous tous qui avons déjà fauté, que réclamons-nous en réclamant le pardon? Qu’on ne nous identifie pas à un geste malheureux, qu’on ne nous étiquette pas à la faute, qu’on ne nous réduise pas à un acte accompli.

Nous sommes des personnes humaines, nous sommes plus que tel ou tel comportement. Et c’est ce que nous voulons retrouver dans le regard de notre victime: la reconnaissance de notre humanité. Il ne s’agit pas d’oublier. En demandant le pardon, nous ne demandons pas d’ignorer le passé. Nous l’assumons. Mais nous demandons à ne pas être réduits à lui.

Pardonner n’est pas oublier. Bien plus, pardonner n’est pas non plus lever les sanctions. Si la sanction n’est que l’expression d’une vengeance, elle devra être levée en signe de pardon; mais certaines sanctions sont légitimes et établies par la loi. À ce titre, la sanction est indépendante de la rancoeur de la victime et n’est pas liée à son pardon. Nous avons l’exemple du Pape Jean-Paul II qui va rencontrer son assaillant pour lui exprimer son pardon, sans pour autant demander qu’il soit libéré de la prison.

Le pardon de Dieu

Nous avons beaucoup parlé du pardon que nous devons accorder, mais il y a aussi le pardon que Dieu nous accorde, et c’est le premier pas pour obtenir la grâce de pardonner comme il nous le recommande.

Le sacrement de réconciliation est une rencontre avec Dieu qui se réalise par le moyen d’une rencontre avec un prêtre. On regarde sa vie devant Dieu en pensant à son amour miséricordieux. Cette rencontre nous transforme spirituellement.

Ce sacrement connaît actuellement une désaffection marquée; beaucoup en ont abandonné la pratique. Et pourtant, jamais on n’a autant confessé qu’actuellement: dans les émissions de radio et de télé, dans la rubrique «coeur» des magazines, sur le divan des psychiatres...

Le sacrement de réconciliation apporte une réponse significative à ce besoin profond du coeur humain. Ce sacrement nous procure la paix du coeur, il allège notre conscience sur laquelle pèse parfois une forte culpabilité. Il nous donne aussi une force pour guérir nos faiblesses et un élan dans notre vie chrétienne.

Le Pape Jean-Paul II a écrit ces mots lumineux: «En définitive, le sacrement de Pénitence réalise une rencontre unifiante avec le Christ. Progressivement, de confession en confession, le fidèle fait l’expérience d’une communion toujours plus profonde avec le Seigneur miséricordieux, jusqu’à la pleine identification avec Lui, que l’on trouve dans cette parfaite “vie en Christ” qui est la véritable sainteté 2

Les obstacles à l’épanouissement d’une personne sont le manque de pardon, la rancune, le ressentiment, la haine. En refusant de pardonner, la personne se détruit elle-même spirituellement, moralement et physiquement. Le plus souvent, c’est l’orgueil qui empêche de franchir le pas.

La vérité du pardon est présente dans la Parole de Dieu, mais elle est trop souvent négligée. Que de vies, de foyers et de peuples sont ravagés par le fléau de la vengeance! Le Seigneur est très clair à ce sujet. Il nous révèle que pardonner est une nécessité. C’est même la clé qui ouvre la porte de notre relation avec Dieu, mais aussi avec les hommes.

Qui ne pardonne pas est le pire ennemi de lui-même, car, aux tourments que les autres peuvent lui infliger, il ajoute celui du remords et de la rancune. C’est donc notre propre intérêt de pardonner avec promptitude et sérénité, non seulement pour en retirer un soulagement en notre conscience, mais aussi pour parvenir à la paix et à la réconciliation avec la personne qui nous offense. D’autre part, quand nous pardonnons, nous offrons à la personne qui nous a fait affront une possibilité d’énergie nouvelle pour sa croissance spirituelle. Ainsi, quand une mère aime son enfant et lui accorde son pardon, elle ne lui donne pas seulement un exemple de comportement; elle lui communique une force vitale qui le pousse au bien et le fait croître en Dieu. De même, quand Jésus pardonne à Marie Madeleine, à Zachée, à la femme adultère, à Pierre, au bon larron et à chacun de nous, il ne représente pas seulement un exemple qu’il faut suivre, mais il régénère la personne et lui communique un dynamisme nouveau de joie et de générosité.

Marie Madeleine, repentante, aux pieds de Jésus.

Le pardon reçu ou accordé fait monter en l’âme des élans infinis de joie, de tendresse et de gratitude, et fait goûter une telle paix que l’âme – tant du pardonné que du «pardonneur» – n’a plus du tout envie de pécher.

Rappelons l’exemple de Maria Goretti, cette jeune Italienne de 12 ans qui refusa les avances sexuelles d’Alessandro. Plein de colère, il la transperça de 14 coups de couteau. Transportée à l’hôpital, Maria lui pardonna et offrit toutes ses souffrances pour sa conversion, demandant à Dieu qu’il soit avec elle au Paradis.

Touché par la bonté de Maria, Alessandro reconnut sa faute et demanda pardon à Dieu. Il offrit sa peine d’emprisonnement comme réparation de sa faute. Et, après sa libération, il alla voir la mère de Maria pour lui demander pardon, ce qui lui fut accordé sans hésitation... Et, un jour de Noël, les habitants de Corinaldo furent profondément émus de voir s’approcher de la table eucharistique, côte à côte, Alessandro et la mère de Maria.

Voilà un exemple qui nous fait du bien et qui nous fait penser que, dans l’Eucharistie, le Christ donne sa vie pour nous réconcilier avec Dieu le Père. C’est Jésus qui est allé jusqu’au don de lui-même pour nous permettre de vivre dans la lumière. Et à ce don le plus parfait de Dieu s’est associée Marie, la Vierge de la Réconciliation. Debout, au pied de la croix, elle nous manifesta sa miséricorde et sa compassion, afin qu’à notre tour nous soyons miséricordieux et que nous recevions «une mesure (d’amour) bien pleine, tassée, secouée, débordante».

Grâce à la Rédemption et à la Co-Rédemption, nous avons l’espérance d’aller vivre avec notre Père céleste la joie de la réconciliation totale, où son Amour aura triomphé définitivement pour la vie éternelle.

Saint Thomas d’Aquin affirme que «l’homme est fait pour voir Dieu et, le voyant, être semblable à lui». La vocation de l’homme est donc sa divinisation. Mais le péché fait de l’homme un être «tordu», incapable d’atteindre la fin dont il s’est détourné.

Puisse la Vierge Immaculée, exempte de tout péché et même de l’ombre de tout péché, nous aider à comprendre et, surtout, à réaliser cette vocation incroyablement belle que Dieu nous a destinée!

Père Maurice Péloquin, o.ff.m.

  1. Encyclique Dominum et vivificantem, Sur l’Esprit Saint dans la vie de l’Église et du monde, 1986, n° 46.
  2. Jean-Paul II, L’Osservatore Romano, n° 16, 20 avril 2004, «Le sacrement du pardon régénère et vivifie», p. 3.