Le Royaume

La joie d’offrir!

par Soeur Micheline Hupé

Sr Micheline Hupé

C’est à la demande de Mère Paul-Marie, il y a quelques années, qu’une journée de prière a été consacrée aux bénévoles, car elle se faisait un devoir maternel de remercier tous ceux qui se donnent sans compter à la Cause mariale qui nous unit, soucieuse de n’oublier personne tout en s’oubliant elle-même, ne pensant qu’aux autres, comme elle a toujours fait. Et sur son conseil, cette journée de reconnaissance se répète d’année en année.

On sait qu’être bénévole, c’est apporter son aide volontaire sans être rémunéré, et il y a constamment dans le monde des mouvements de solidarité qui se lèvent surtout lorsque surviennent des catastrophes naturelles. Sans faire de différence entre les cultures, les peuples se confondent en des élans de générosité pour secourir ceux qui sont touchés.

Bénévole pour une cause spirituelle

Mais que signifie vraiment être bénévole pour une cause spirituelle? Il s’agit encore d’apporter son aide volontaire sans être rémunéré, mais en vérité, c’est bien plus que cela... car se donner, c’est croire et vouloir. Se donner, c’est aimer.

Croire à l’Oeuvre de l’Armée de Marie, croire à la nécessité de renouveler notre monde, croire au Royaume qui vient, croire en la Co-Rédemptrice sont autant d’affirmations qui sont à la base du don de nous-mêmes. Et si nous croyons, nous acceptons de nous engager, nous voulons contribuer de quelque façon à ramener les âmes à Dieu. «Ceux qui ont cru, nous dit notre Fondatrice, possèdent un trésor qu’ils ne voudraient jamais perdre, tant ce trésor est précieux et réconfortant pour leur âme.» (Vie d’Amour, vol. XV, p. 531)

Quand notre coeur s’embrase au service du Seigneur et de la Dame, il nous pousse inévitablement au don de soi, à l’oubli de soi. De là viennent les élans généreux que nous voyons sans arrêt sous nos yeux. Gestes de dévouement et d’entraide, chacun selon ses capacités et ses habiletés.

La Chorale de l’Immaculée – initialement dirigée par le Père Hervé Lemay, puis par le Père Jean-François Mastropietro et maintenant par Serge Laprise – qui se donne sans compter depuis les débuts de l’Oeuvre mariale.

«Se donner, c’est aimer»

Dans le bénévolat, tout compte, il n’y a pas de travail de moindre importance. La grandeur de notre action dépend de l’amour qui l’ennoblit..., car se donner, c’est aimer, et c’est ce que nous voyons en chaque page de Vie d’Amour dans la vie simple de tous les jours où Marie-Paule nous donne des exemples qui s’appliquent encore aujourd’hui à nos petites actions accomplies avec désintéressement, dans l’unique but de servir. L’âme divinisée attire vers les sommets, elle sanctifie tout ce qu’elle touche.

Que ce soit un repas préparé simplement, il servira à nourrir et soutenir le corps tandis que Dieu, par sa grâce et l’amour de celui ou celle qui l’a préparé, fortifiera l’esprit et le coeur des convives. Participe-t-on au ménage et à l’entretien de la chapelle? Dieu permettra que les coeurs soient touchés par la beauté des lieux. Notre travail est-il encore plus discret, caché au fond de notre maison ou d’un bureau? Il ne sert pas moins à l’édification du Royaume. Chaque geste posé est une petite pierre que l’on apporte à l’édifice dont Dieu et la Dame sont les architectes.

Notre santé nous prive-t-elle de tout travail physique? L’apostolat de la souffrance, du sacrifice, de la prière est à la portée de tous et n’est pas moins méritoire aux yeux de Dieu; bien au contraire, il est le sel qui donne toute la saveur aux aliments, le courage aux Apôtres, l’ardeur aux faibles.

Mais il arrive aussi que nous ressentions une certaine lassitude nous envahir. À quoi bon se débattre? Il y a si longtemps qu’on espère et rien ne bouge... Personne ne remarque cette Oeuvre qui se lève silencieusement, mais nous avons pourtant été témoins de tant de grâces. Dans un mot de reconnaissance que Mère Paul-Marie adressait aux Chevaliers de Marie en décembre 2005, elle écrivait: «Si l’Oeuvre de Marie a pu connaître une telle floraison spirituelle, c’est surtout grâce au travail bénévole qui se fait partout dans une grande discrétion, comme une semence enfouie en terre lève sans bruit et produit les plus beaux fruits quand vient l’heure de la moisson.» (Courrier de Noël 2005)

Et la bienheureuse Mère Teresa, dont l’apostolat semblait plus concret parce qu’elle se penchait sur la misère humaine, traçait, elle aussi, la voie à suivre dans le don de soi. Elle écrivait:

«Nous ne sommes que des instruments. Souvent l’on voit, en levant les yeux, des fils électriques, petits ou gros, neufs et vieux, coûteux ou non. En eux-mêmes, ils ne servent à rien et, tant que le courant ne les traverse pas, il n’y aura pas de lumière.

«Le fil, c’est vous et moi. Le courant, c’est Dieu. Il est en notre pouvoir de laisser le courant nous traverser et se servir de nous pour produire la lumière du monde. Mettez tout votre coeur à devenir une lumière brillante.» (Cf. Les pensées de Mère Teresa, p. 49)

À l’heure où la Vie d’Amour de notre Mère Co-Rédemptrice arrive à son achèvement, elle nous charge de continuer l’Oeuvre, voulue par le Ciel «en ce temps qui est Notre Temps»: «À vous qui m’êtes si chers, nous dit-elle en son ultime message d’au revoir du 22 mai 2011, le temps est venu de laisser la direction des Oeuvres que Dieu m’a confiées. (...) Dans mon silence, j’unis ma reconnaissance à la vôtre en magnifiant Dieu pour la grandeur de son Plan pour l’humanité.»

Dévouement et générosité

Cette Oeuvre est une grande famille et il n’est pas trop d’une journée annuelle pour souligner le dévouement et la générosité des âmes qui la composent. «Le bien que tu fais à l’un de tes frères, disait le Seigneur Jésus, c’est à moi que tu le fais(Cf. Mt 25, 40)

Soyons dans l’action de grâce pour tous ces services d’amour qui nous édifient l’un l’autre et servent à la gloire de Dieu et de la Dame!

Aux portes du Royaume, mille ans s’ouvrent devant nous, et ce sera l’ère de l’Esprit Saint qui doit venir. Dans cette attente où nous sommes appelés à contribuer à notre petite mesure à la régénération de l’humanité sur les pas de la Dame «Servante» qui s’immole pour nous, ouvrons notre coeur avec la certitude de voir surgir ce monde nouveau qu’elle a racheté par ses souffrances, ce monde où tous les hommes seront frères et «vivront d’amour».

Soeur Micheline Hupé, o.ff.m.