Le Royaume

L’Oeuvre de la Dame aujourd’hui

par Marc-André Ier

Maintenant que le nouveau pape de l’Église catholique a pris ses fonctions romaines et que la liesse engendrée par son élection est partiellement retombée, certains commentaires et diverses réactions nous incitent à penser qu’il pourrait être opportun de revenir sur la relation toute spéciale qui existe entre l’Église qu’il dirige et l’Oeuvre de la Dame, et qu’il serait même nécessaire de redéfinir cette «relation» plus clairement que jamais.

L’Oeuvre de la Dame – entendons par là tout ce qui est «issu» de la Dame, Elle-même aux ordres du Ciel: Armée de Marie, Famille des Fils et Filles de Marie, Communautés religieuses, Oblats-Patriotes, Institut Marialys, Église de Jean, Communauté de la Dame de tous les Peuples et Royaume à venir –, cette Oeuvre de la Dame a vu le jour au sein de l’Église catholique, et Marie-Paule a toujours manifesté, par ses paroles et par ses actes, une pensée parfaitement catholique (il en est ainsi malgré tout ce qu’ont imaginé ses adversaires et détracteurs qui n’ont pas compris qu’en plus d’obéir aux hommes il Lui fallait d’abord se soumettre à Dieu).

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Marie-Paule a toujours été une «bonne catholique», ainsi que Jésus-Christ Lui-même était un «bon juif». Il n’en a pas moins fondé l’Église qui, à l’origine, était une assemblée de quelques juifs se distinguant de la majorité par le fait que, tout en étant juifs, ils croyaient également dans la Personne et le Message de Jésus-Christ. Puis, très vite, et notamment parce qu’ils étaient rejetés par les autorités juives, le Ciel a veillé à ce qu’ils s’organisent entre eux, ce qu’ils firent à titre et sous forme d’Église confessant le christianisme nouveau. Deux mille ans plus tard, il y a toujours les juifs qui ne croient pas en Jésus-Christ, tandis que les chrétiens reconnaissent en Lui Dieu-le-Fils et le Rédempteur de l’humanité.

Centre eucharistique et marial Spiri-Maria,
foyer de l'Oeuvre de la Dame appelée à rayonner sur le monde.

Tout est tellement pareil aujourd’hui que c’en est confondant. Vient en effet Marie-Paule – une femme, oui, parce que l’heure est à la «révélation du féminin», sur la Terre comme au Ciel?1 – et Celle-ci fonde, au nom du Père et du Fils, avec Marie-la-Divine, une Oeuvre qui, à l’origine, est une assemblée de quelques chrétiens se distinguant de la majorité par le fait que, tout en étant catholiques, ils croient également dans la Personne et le Message de Marie-Paule. Ensuite, et notamment parce qu’ils sont rejetés par les autorités catholiques, le Ciel veille à ce qu’ils s’organisent entre eux, ce qu’ils font à titre et sous forme d’Oeuvre de la Dame ou de Communauté confessant la foi nouvelle. Et, vu de loin, c’est aussi nécessaire que, vu de près, c’était inévitable. En d’autres mots: tout est très bien ainsi.

Pourquoi? Revenons à l’origine du christianisme: si, par impossible évidemment, le peuple juif dans son ensemble avait bien accueilli les premiers chrétiens, ceux-ci se seraient fait absorber par la structure en place et il n’y aurait jamais eu l’Église telle que nous l’avons connue pendant des siècles. Il en va de même aujourd’hui: s’il devait se faire que l’Église catholique, par son chef et dans son ensemble, accueille favorablement l’Oeuvre de la Dame, celle-ci serait alors absorbée par la première et il n’y aurait pas, demain, le Royaume terrestre que la Co-Rédemptrice a porté tout au long de sa vie, mais en lequel l’Église de Pierre ne croit pas. Ce serait une vraie catastrophe! Il n’y a cependant rien à craindre à cet égard: Dieu protégera toujours son Oeuvre qui constitue, pour le moment, l’aboutissement de son Plan d’Amour envers l’humanité. Vue sous cet angle, l’excommunication prononcée par l’Église catholique à l’endroit des membres de l’Armée de Marie est même une véritable bénédiction.

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Puisqu’il en est ainsi, le pape François – qui est désormais l’évêque de Rome et le chef de l’Église de Pierre – ne peut que très difficilement poser un geste officiel positif envers l’Oeuvre de la Dame. Il suffit d’y penser un seul instant pour constater à quel point cela ne saurait être envisagé, même si, comme tout le donne à penser pour le moment, l’avènement de ce pape est un bienfait pour l’Église de Pierre et que, de sa personne, émane un rayonnement bénéfique et prometteur. Et c’est tant mieux! Car il y a tant d’âmes à sauver de par le monde et le pape est en position de faire tant de bien.

Mais qu’on ne s’attende pas à ce qu’il «reconnaisse» l’Oeuvre de la Dame ou qu’il atténue son état d’exclusion de l’Église en levant ou «réduisant» l’excommunication! Serait-il le plus grand de tous les saints que cela demeurerait largement irréalisable. Encore une fois, d’une autre façon, voici pourquoi: le Royaume, en tant que fleuron de l’Oeuvre de la Dame, doit succéder à l’Église catholique; or, du point de vue de cette Église, il est impensable que quoi que ce soit lui succède; et, donc, cette Église ne peut pas reconnaître – ni même «un peu» reconnaître – une Oeuvre qui, de par sa nature même, est irréconciliable avec ce que l’Église croit être son privilège irréductible, à savoir sa «prédominance éternelle».

Enfin, même si, par l’effet d’une grâce divine extraordinaire, le pape François devait en venir à vraiment «croire en Marie-Paule» (Envoyée de Dieu, Co-Rédemptrice, Mère du Royaume et Divine Elle-même au sein de la Quinternité divine), pourrait-il alors avoir une autre attitude que celle-ci: démissionner à son tour, déposer ses attributs pontificaux sur le tombeau de saint Pierre, et venir s’agenouiller aux pieds de la Dame en son sanctuaire de Spiri-Maria? Mais pareil geste, il ne pourrait logiquement le poser qu’en tant qu’homme et non pas en tant que pape: on l’imagine mal entraînant son Église avec lui dans une démarche aussi contestable aux yeux de la grande majorité des catholiques. Et s’il essayait quand même et tentait de convaincre l’Église de Pierre, il en perdrait une immense partie: d’une part, on le taxerait de fou, d’hérétique, on le démettrait sans doute et l’excommunierait à son tour, et, d’autre part, il aurait manqué d’une certaine manière à son premier devoir qui est de «paître les brebis» (cf. Jn 21, 15-17).

Ce ne sera donc vraisemblablement jamais l’Église catholique «en bloc» qui va «se convertir» à la foi nouvelle, au monde nouveau, mais c’est une âme à la fois que les chrétiens dociles à l’Esprit rejoindront l’Oeuvre de la Dame au fil des années, des décennies, peut-être des siècles. Il se pourrait même, une fois celle-ci connue du monde entier, que bien des croyants d’autres religions précèdent les catholiques et les autres chrétiens dans leur ouverture au Royaume de Dieu sur la Terre, selon l’avenir que Dieu réserve à «tous les peuples» qui vont croire à la Dame de tous les Peuples.

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Il est essentiel de bien comprendre que nous sommes face à l’un des plus grands événements, des plus importants tournants de l’histoire du monde: il faut passer de l’Église catholique au Royaume. Il faut passer d’une Église dont le temps de prévalence est terminé à un Royaume universel encore imprécis, certes intégralement «payé» par la Dame et cependant encore au début de sa gestation. Quand Marie-Paule écrit que «l’Église de Pierre tire à sa fin»?2, cela ne signifie pas forcément que, dans les temps à venir, il n’y aura plus du tout d’Église de Pierre, mais que l’heure est venue pour elle de céder la place à «autre chose». Et cette «autre chose» est le Royaume de Dieu sur la Terre, avec ses extensions dans les autres mondes et lieux de la Terre Totale enfin rendus accessibles aux âmes ressuscitées.

Cette perspective est fondamentale. En effet, pourquoi Raoul Auclair aurait-il redécouvert la Totalité de la Terre – révélation céleste indispensable à la compréhension du mystère de la Dame – et pourquoi Marie-Paule en aurait-Elle gravi les différents degrés si ce n’était que nous en sommes à ce point-là de l’histoire et de l’évolution de l’humanité? L’Église catholique, à cet égard, est déjà «du passé», s’étant elle-même déconnectée du Plan de Dieu par la condamnation de la Dame et refusant ainsi le trésor des connaissances à recueillir dans son sillage.

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D’aucuns penseront: «Mais le Christ avait promis que les portes de l’enfer ne prévaudraient pas contre son Église!» (Cf. Mt 16, 18) Et c’est bien exact: elles n’ont pas prévalu, car le Ciel, en sa sagesse infinie, selon son pouvoir sur les événements du monde, a suscité l’Église de Jean qui assume l’héritage de Pierre et le transformera de plus en plus afin de pouvoir le faire entrer dans le «dynamisme évolutif» inhérent au Royaume.

Il reste que Marie-Paule, qui sauve en effet l’Église du Christ en suscitant l’Église de Jean, n’est pas venue d’abord dans ce but-là, mais Elle est venue pour établir le Royaume. Et cet établissement passe par la «transmutation»?3 mystérieuse de l’Église de Pierre en Église de Jean, puis par l’adhésion de la nouvelle Église au Royaume du Christ Total: Jésus-Christ, Rédempteur, et Marie-Paule, Co-Rédemptrice. Et c’est pourquoi Padre Jean-Pierre, aussi remarquables que soient ses qualités d’homme et sans précédent sa mission de Chef de l’Église de Jean désigné par le Ciel, n’est cependant pas le «pape» de cette Église. En fait, s’il avait dû y en avoir un, c’est Marie-Paule qui en aurait reçu le titre. Elle a d’ailleurs réellement tenu ce rôle en étant, d’une certaine façon, les «trois Blancheurs»?4 à Elle toute seule. Et c’est ainsi que Padre Jean-Pierre n’est pas pape, et c’est ainsi que ne l’est pas non plus le Roi d’Église.

Et pourquoi? Mais parce que, pour nous, des papes, il n’y en aura plus dans l’avenir. Et pourquoi n’y en aura-t-il plus? Parce qu’il n’y aura plus d’Église ainsi que nous la connaissons. La papauté – la prédominance de l’évêque de Rome – aura vécu, car elle est une réalité relative à l’Église de Pierre: elle est née avec elle et mourra avec elle, et, Marie-Paule nous l’a dit, celle-ci «tire à sa fin». La transition, c’est l’Église de Jean qui l’assume, et tout particulièrement Padre Jean-Pierre qui, bien plus que s’il avait été pape, occupe une fonction capitale dans l’histoire de l’Église et du monde puisque en lui surtout se réalise la promesse du Christ à Pierre.

Et, tandis que nous vivons ces événements, le Ciel voit encore bien plus loin! Car il a fait en sorte que, dans la perspective du Royaume où nous allons entrer, l’avenir soit visiblement implanté dans le présent par le sacre et le couronnement d’un roi. Folie au regard des hommes et paradoxe en notre temps d’obscurantisme où l’on maudit toute Royauté sacrée (dont la «Royauté d’Église» est la forme nouvelle, actuelle) et où l’on imagine et prétend que la démocratie politique à l’occidentale est une conquête inégalable, au point de vouloir l’imposer avec force au monde entier. Quelle erreur et quelle illusion! Car elle n’est en fait qu’une misérable parenthèse dans l’histoire du monde. Et demain, dans le prolongement de l’action de la «Souveraine de la Terre» et «Mère du Royaume», il y aura, sur la Terre, une structure «politico»-religieuse?5 nouvelle, universelle, à laquelle adhéreront les rois nouveaux?6 qui assumeront tout à la fois l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel, l’une et l’autre exercés si paisiblement que les peuples n’en ressentiront que l’Amour qui les anime.

Marc-André Ier
le 25 mars 2013

Notes:

1. Cf. notamment Trésors de «Vie d’Amour» 2, p. 27-32: «Parce que je suis femme».

2. L’Hosanna de la Vie, p. 76. Cf. aussi Trésors de «Vie d’Amour» 4, p. 25-30.

3. Cf. Le Royaume, n° 153, janvier-février 2002, p. 4.

4. Cf. Le Royaume, n° 139, mars-avril 2000, p. 5.

5. Dans ses messages, la Dame de tous les Peuples parle à plusieurs reprises d’une lutte «politico-chrétienne»: 12e message du 30 août 1949, 20e message du 16 décembre 1949, et 23e message du 15 août 1950.

6. L’expression «nouveaux rois» se trouve dans le texte du message de La Salette.