Le Royaume

Que sera le Royaume de Dieu sur la Terre?

par Marc-André Ier

Nous entrons, nous sommes en train d’entrer dans un monde nouveau. Dans le cadre de l’Oeuvre de la Dame, c’est l’évidence même, étant donné que cette Oeuvre, dans le sillage de la Co-Rédemptrice, est comme le porte-étendard de ce nouveau monde: elle en est à la fois l’avant-garde et l’agent guidé par le Ciel; elle en est aussi le premier accomplissement, générateur de tous les autres. Mais, à l’extérieur de l’Oeuvre de la Dame, en bien des endroits de la Terre, on sait aussi que le monde va changer, de sorte qu’un peu partout se multiplient les oracles et les avertissements.

Ce que sera ce monde nouveau nous est encore largement inaccessible, et c’est tout à fait normal. Ainsi, que savaient les apôtres du Christ de ce qu’allait devenir l’Église dont ils étaient pourtant les piliers? Que savait le roi Clovis, au moment de sa conversion, de ce qu’allait devenir le Royaume de France? Et celui qui naîtrait en Nouvelle-France? Et que savait Marie-Paule Elle-même, au moment de se donner à Dieu corps et âme à l’âge de 12 ans, de ce qu’Il allait Lui demander par la suite et de la suprême altitude à laquelle Il allait un jour L’appeler et L’aider à s’élever?

D’ailleurs, concernant le Royaume à venir, le plus étonnant n’est-il pas que nous en sachions quand même déjà quelque chose et que nous en discernions les lignes maîtresses? Et cela, simplement, parce que Marie-Paule, «Mère du Royaume» et Mère des siècles à venir, nous en a fourni les déterminations essentielles au fil de ses écrits.

Car, oui, Marie-Paule a clairement indiqué ce que sera le Royaume de Dieu sur la Terre: Ère du Saint-Esprit, «Mille ans de Paix», Temps de la «Régénération» et «Millénaire de la Transfiguration» (dont on sait maintenant qu’il s’agit d’autres noms pour évoquer la Résurrection des morts), «Jour» de la Glorification de l’Homme et de son envol jusqu’au Ciel en la totalité de son être en voie d’être divinisé pour toujours.

Marie-Paule,«Mère du Royaume»

Différents «degrés de réalisation»

À vrai dire, en lisant attentivement ce qu’écrit Marie-Paule, en regroupant ses différents propos sous des thèmes appropriés, nous pouvons dégager cinq «avenues», cinq niveaux ou «degrés de ­réalisation» du Royaume (ainsi qu’il fut fait dans la quatrième et dernière partie de la conférence intitulée «Le Royaume du 7e Jour» et donnée aux Chevaliers des Oblats-Patriotes en octobre 2012).

Il ne faut pas s’étonner de cette diversité de significations, car celles-ci se complètent et ne s’opposent pas. Sous le terme Église aussi, même après tant de siècles, il y a plusieurs réalités: l’Église en tant que Corps mystique du Christ, l’Église en tant qu’institution, l’Église militante, souffrante et triomphante, les Églises catholique, orthodoxes et protestantes, l’Église de Pierre et l’Église de Jean, sans oublier «l’église au centre du village» où les croyants se réunissent pour prier.

Sous le terme Royaume ou Royaume Terrestre ou Royaume de Dieu sur la Terre, il y a donc – et selon qu’il est possible de le percevoir aujourd’hui, sans entrer dans les détails et sans même aborder la question de la forme de religion qui va prévaloir –  cinq réalités complémentaires constituant, toutes ensemble, l’unique Réalité du Royaume à venir. (Dans la suite du texte, toutes les citations suivies d’une référence en abrégé sont de Marie-Paule, R-46 signifiant Le Royaume, n° 46, et VdA signifiant Vie d’Amour.)

1

Le Royaume aura d’abord une dimension spirituelle, indépendamment de toute réalité terrestre ou politique (et ne coïncidant pas avec celle-ci avant un certain temps). Car, écrit Marie-Paule, «le Royaume terrestre commence d’abord dans notre coeur» (R-46), ajoutant par ailleurs: «Le Royaume terrestre commence en soi, car c’est là que Dieu a déposé toutes les possibilités qu’Il va conduire à leur total accomplissement, si l’homme laisse en lui toute la place à Dieu» (R-52).

Le Royaume, en ce sens, sera l’union – la communion – de toutes les personnes de toute la Terre qui auront accepté de recevoir «les “matériaux tout neufs” [fournis] pour le renouvellement de [leur] âme» (R-60) et qui en auront tiré profit, reconnaissant ainsi l’Oeuvre admirable de la Co-Rédemptrice et «Mère du Royaume». En vérité, le Royaume, sous cette forme, existe déjà depuis un certain nombre d’années.

2

Le Royaume aura, de plus, une dimension proprement «terrestre» ou temporelle en ce sens qu’il verra l’avènement d’une organisation sociale et politique nouvelle, inspirée du principe universel de la Royauté sacrée, mais adaptée aux conditions qui prévaudront dans l’avenir. Marie-Paule écrit: «Dieu a des vues bien précises et Il entend unir l’Église et la Royauté en vue de son Règne d’Amour» (VdA XII-22). Par l’union de l’Église et de la Royauté, le Ciel désigne, en premier lieu, celle du spirituel et du temporel en la même personne et la même institution. L’intronisation, le 31 mai 2010, d’un Roi d’Église, est l’initiale et très visible application de ce principe fondateur du Royaume.

Ainsi, le premier peuple à connaître une telle forme d’État – c’est-à-dire à recouvrer «son statut de digne Gouvernement» (R-45) – sera celui qui a vu naître la Co-Rédemptrice, mais il serait vain de spéculer sur ce que seront alors son nom, sa structure effective ou même son extension territoriale. Ensuite, et l’un après l’autre, les peuples – et non pas les nations comme on l’entend aujourd’hui – se configureront à ce «modèle» (VdA XIII-226) qui finira par s’étendre à toute la Terre en respectant «les droits de tous les peuples» (R-58) et les particularités de chacun d’eux.

3

Le Royaume aura donc également, grâce à l’apparition de «nouveaux chemins sur la Terre des hommes» (R-145), une dimension qu’à défaut d’autre terme on pourrait qualifier de «planétaire». Y sont en effet conviés tous les peuples constituant l’humanité, car «le Ciel a tout préparé pour que les peuples entrent dans le Royaume pour le règne des mille ans de paix, d’amour, de beauté» (R-30). C’est alors et c’est ainsi seulement que «les peuples s’uniront dans une douce fraternité. Le Royaume terrestre sera leur patrie» (R-35).

Cette réalité nouvelle exigera, selon que l’a souvent annoncé Raoul Auclair, que l’humanité passe du temps des nations (formées par les hommes) à celui des peuples devant naître ou renaître de l’effondrement de celles-ci quand elles n’ont pas de fondement naturel (historique, ethnique ou linguistique). À ce titre, avec beaucoup de prudence, on peut déjà prévoir l’émergence d’une sorte de «structure planétaire nouvelle»: à la Société des nations (1919-1945), transformée plus tard en Organisation des nations-unies (de 1945 à nos jours), l’on peut imaginer en effet voir succéder un jour la Communauté de la Dame de tous les peuples en sa réalité radicalement nouvelle, à la fois spirituelle et temporelle, car «les peuples ne formeront plus qu’une seule Communauté» (R-74).

4

Mais le Royaume aura encore une autre dimension, difficile à définir pour le moment, mais que, pour reprendre le mot de Marie-Paule, on pourrait qualifier de «mystique». Ainsi, dit-Elle, «ce millénaire sera mystique, ce sera le temps du Royaume sur une terre nouvelle bénie de Dieu Miséricordieux» (R-52). Le Royaume, en ce sens, doit être compris comme le temps de la Résurrection des morts, attendue depuis des millénaires et rendue possible par la Co-Rédemption complétant la Rédemption.

L’ensemble des personnes ressuscitées vivant sur la terre constituera dès lors comme une humanité nouvelle au sein de l’humanité générale, ce qui signifie que les êtres ressuscités, s’ils seront bien des êtres humains comme les autres en apparence, ne le seront cependant pas en réalité, car ils auront une «grande étape d’avance» dans le lent cheminement des âmes vers leur état final et divin.

5

Pour terminer, le Royaume aura donc une dimension qu’à défaut d’autre terme, encore une fois, l’on pourrait qualifier de «cosmique», en ce sens qu’il ne sera pas limité à la seule «Terre des hommes» (R-145), à savoir la Terre physique du Royaume planétaire, mais intégrera, dans sa réalité, les autres mondes de la Terre Totale. Marie-Paule nous en instruit de différentes façons, notamment par les mots suivants: «[L’âme] passe de la pesanteur de la matière à la liberté de la grâce, allant d’un monde à un autre tellement plus consolant et plus comblant.» (Recueil Amour, p. 15) La raison d’être de la résurrection n’est en effet pas simplement de permettre aux ressuscités de «revivre» sur la Terre physique (et dans quel but?), mais de s’y transformer pour pouvoir aller «d’un monde à un autre» dans la totalité de leur être glorifié.

Telle sera l’ultime dimension du Royaume: une sorte de «couloir d’élévation» de monde en monde. Ainsi, «dans le Royaume terrestre, les âmes seront modelées dans les splendeurs d’un Dieu d’amour et, de génération en génération, elles s’élèveront toujours plus et partageront les desseins divins dans la louange et l’adoration» (R-158). D’ailleurs, lors de la première étape de sa propre «élévation», Marie-Paule avait écrit: «Tout s’est accompli à la fois en bas, sur la Terre, et là-haut, dans le Paradis terrestre» (VdA XIV-269).

L’Accomplissement final

Vivre pareille «élévation» d’un monde à un autre est d’une exigence extrême. Et cependant Marie-Paule ne devait pas s’arrêter là, mais poursuivre son ascension jusqu’au Paradis céleste (avant de dépasser toute «dimension créée»). L’on pourrait donc aménager sa phrase et la compléter ainsi: «Tout va s’accomplir à la fois en bas, sur la Terre, et là-haut, dans le Paradis terrestre, et plus haut encore, dans le Paradis céleste.» Et c’est ainsi que le Royaume, relevant exclusivement de la Terre physique au début, s’étendra rapidement sur les trois mondes de la Terre Totale. Et c’est pourquoi la Consécration de l’humanité totale à Marie-Paule Co-Rédemptrice est bien, si mystérieux que cela paraisse aujourd’hui, «le premier acte des trois mondes» (cf. p. 11 du présent journal).

Et quand, à la fin, les êtres humains glorifiés auront transféré la nouvelle humanité dans le Paradis céleste, il y aura comme un grand changement dans l’accomplissement du Plan de Dieu, comme une «Grande Amplification». Le Royaume aura vécu. Car, alors, dans cet au-delà du Royaume, commencera vraiment la tâche la plus rude et la plus exaltante (et que Marie-Paule a cependant accomplie dès ici-bas jusqu’au bout): la pleine accession de l’Homme à la Divinité.

Marc-André Ier,  le 14 juin 2013