Le Royaume

Ne plus connaître à la manière humaine

En ce début du millénaire réservé à l’Esprit de Vérité, le mystère de la Quinternité divine, caché depuis toujours en Dieu, s’est progressivement révélé aux petits du Royaume que nous sommes. Temps d’éblouissement et de louange, mais aussi temps requérant une foi vive et humble, accompagnée d’un lucide et constant effort de réforme intérieure afin que soit accrue notre capacité d’accueil d’une si sublime révélation.

Cette révélation, telle une Fleur divine que l’Amour offre à notre contemplation, doit devenir, pour chacune et chacun d’entre nous, un puissant stimulant à correspondre toujours mieux, dans le sillage de Vie d’Amour, aux desseins du Très-Haut qui désire ardemment diviniser chacune de ses créatures humaines.

Nous savons que rien n’arrive sans raison et que la Sagesse divine mène tout à bonne fin. Le temps actuel, celui de la longue crucifixion de notre Mère bien-aimée, ne serait-il pas une période que l’Amour miséricordieux nous concède pour approfondir notre regard de foi, vertu dont les racines doivent s’enfoncer d’autant plus profondément dans le terreau de notre âme que l’édifice spirituel est appelé à s’élever plus en hauteur? Ainsi, parcourir le récit de la vie de Mère Paul-Marie, c’est être témoin de continuels et lumineux exemples d’une foi confiante et agissante.

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Au temps de la vie terrestre de Jésus, plus se révélaient son identité et sa mission, plus il était nécessaire que ses apôtres et ses disciples, sans abandonner la haute admiration humaine qu’ils avaient pour leur Maître, accèdent progressivement au palier supérieur de la foi en sa divinité, sans quoi ils risquaient de passer à côté du plan divin. C’est aussi le pas qu’a dû franchir saint Paul lorsqu’il affirme dans sa 2e épître aux Corinthiens (5, 16): «Désormais nous ne connaissons plus personne à la manière humaine. Si nous avons compris le Christ à la manière humaine, maintenant nous ne le comprenons plus ainsi.»

De même, en ce temps privilégié qu’il nous est donné de vivre, nous avons peut-être d’abord connu Marie-Paule de façon humaine, appréciant sa riche personnalité, ses nombreuses qualités, ses talents variés, puis, graduellement, nous avons été conduits à la révélation du mystère de l’Immaculée qui l’habite et des ascensions successives qui l’ont acheminée jusqu’au Coeur de la Quinternité divine, ce qui a eu pour effet de sublimer le regard que nous posons désormais sur elle, sans pour autant nous départir d’une filiale simplicité dont toute sa vie donne de si rayonnants exemples.

Paraphrasant l’apôtre Paul, nous pouvons dire: Si, jusqu’ici, nous avons compris Marie-Paule à la manière humaine, maintenant nous ne la comprenons plus ainsi. C’est d’ailleurs envers toute personne qu’à l’exemple de notre Mère nous sommes invités à développer un regard surnaturel. Ne nous confie-t-elle pas dans le 2e Livre blanc (p. 21): «Je ne vois [en moi] aucun attachement personnel envers qui que ce soit, car il y a longtemps que ceux et celles que je reçois m’apparaissent plutôt comme des âmes qui montent vers Dieu et Marie. Et il y a tant d’amour si pur qui nous unit.»

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On peut appliquer à Mère Paul-Marie, et d’une manière plus réelle encore, ces paroles que Maria Valtorta disait d’elle-même: «(...) ceux qui vivent avec moi et qui me voient simplement occupée à lire mes prières ou à faire de la dentelle, à manger un fruit ou à parler de choses ordinaires, ne savent pas que la “meilleure partie” de mon être ne fait qu’adorer le Dieu que je vois, parler avec Lui et L’écouter.» (L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, vol. 2, p. 102) En effet, en maintes occasions, Marie-Paule révèle que, tout en remplissant activement et humblement les multiples obligations de son devoir quotidien, son âme réside déjà dans l’Au-delà.

Centre de l'Armée de Marie, Québec, 1993 - Marie-Paule à son bureau de travail, aux prises avec ses diverses obligations journalières

À nous aussi, pour être fidèles, il est demandé d’accéder au palier supérieur d’une foi confiante et persévérante. En dépit des voix qui crient au scandale, de l’incompréhension et du mépris dont nous pouvons être l’objet, d’un sentiment de lenteur que nous pourrions éprouver devant l’agir divin et marial, de tentations de doute qui voudraient nous ébranler, nous gardons l’assurance que notre foi n’est pas aveugle, qu’est arrivé le temps de l’Immaculée et que Mère Paul-Marie parle et agit bien en son nom, même si le mystère qui la concerne conserve et conservera toujours une part d’obscurité que notre petitesse n’est pas en mesure de percer.

«Si donc, ajoute l’Apôtre Paul, quelqu’un est en Jésus-Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu...» (2 Co 5,17.18) Or, par la Dame, parfaitement fidèle aux motions de l’Immaculée, un nouveau monde est en train de naître. À temps nouveau, révélations et réalisations nouvelles, qui ne sont pas opposées à la foi de toujours, mais qui l’épanouissent comme le fruit succède à la fleur. Mais aussi, à temps nouveau, grâces particulières sur lesquelles nous pouvons nous appuyer pour devenir des créatures nouvelles, car «tout cela vient de Dieu...»

Daigne la Dame, à qui, en tout temps, notre esprit et notre coeur peuvent non seulement rendre visite mais demeurer unis, accepter l’hommage de notre foi, de notre amour et de notre gratitude joint au désir de l’accompagner de notre intense prière en cette ultime étape, destinée à parfaire sa ressemblance avec l’Époux divin et à mettre le comble à sa moisson spirituelle déjà si abondante!

Marie-Colette