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CONFÉRENCE DE PRESSE

Québec, le 7 mai 1987


Conférence de presse
Conférence de presse au Centre de l’Immaculée,
en réponse au désir des journalistes de la presse parlée et écrite.

Le jeudi 7 mai 1987, a lieu au Centre de l’Immaculée, à Québec, une conférence de presse, en réponse au désir des journalistes de la presse parlée et écrite qui, depuis la révocation du décret d’érection de l’Armée de Marie en Association pieuse, essaient avec insistance de connaître la pensée des dirigeants suite à la récente décision du Cardinal Vachon. Vingt-huit d’entre eux sont présents pour entendre l’autre version des faits donnée par Marie-Paule et quelques membres de l’Armée de Marie. Le message est simple, mais il est vrai et transmis avec respect et charité.

Étant la première concernée, Marie-Paule explique d’abord brièvement ce qu’est l’Armée de Marie, puis, d’une manière positive surtout, elle fait la lumière sur de nombreux faits concernant l’Oeuvre, lesquels, dans le passé, ont été commentés dans les journaux et méritent un éclairage. Et elle parle de l’Armée de Marie, Oeuvre spirituelle et mystique, de la réalité sublime de la vie de l’âme, et des avantages merveilleux que l’on en retire, si une bonne formation a été faite en ce sens.

Bien sûr, il faut répondre aux accusations fausses portées contre nous. Il faut surtout le faire avec respect.

Pour sa part, Richard Dionne, avocat, apporte le point de vue légal et canonique en toute cette affaire, et lui aussi se fait respectueux. Nous répondons aux multiples questions pertinentes posées par Mesdames et Messieurs les journalistes. À la fin, Marie-Paule remet à chacun un texte qu’elle avait préparé sur les sujets élaborés en conférence. Voici ce texte:

Québec, 7 mai 1987

Mesdames et Messieurs,

Si nous avons jugé à propos de vous rencontrer, c’est afin de vous donner une information saine et précise sur l’Armée de Marie et ses Oeuvres connexes, une information qui vous permettra, dans votre travail professionnel, d’informer honnêtement votre public, tel que vous désirez le faire, pour le bien de la collectivité.
Ne vous attendez pas ici, aujourd’hui, à une apparition de la Vierge Marie, ni à des événements du genre de ceux qui se sont produits à Sainte-Marthe-sur-le-Lac.
La situation est grave et nous comptons sur votre sagesse et votre intégrité intellectuelle pour bien rapporter les faits. Nous sommes ici pour répondre à toutes les questions que vous vouliez poser, lors des nombreux appels que vous avez faits à l’Armée de Marie, concernant la conférence de presse faite par Son Éminence le Cardinal Vachon.

RÉVOCATION DU DÉCRET D’ÉRECTION DE NOTRE ASSOCIATION PIEUSE
Vous désiriez savoir notre réaction, avant même que nous ayons reçu le document du Cardinal. Or, le lundi 4 mai dernier, vous avez été informés, par Son Éminence le Cardinal Vachon, de sa décision de révoquer le décret canonique promulgué par Son Éminence le Cardinal Maurice Roy, le 10 mars 1975, reconnaissant l’Armée de Marie comme Association pieuse.

FONDATION DE L’ARMÉE DE MARIE
L’Armée de Marie avait été fondée à Lac-Etchemin, Province de Québec, le 28 août 1971. Elle fut fondée d’une manière inattendue, bien qu’elle m’ait été annoncée dix-sept ans auparavant.
Je n’ai jamais pensé fonder quoi que ce soit. Ici, nous entrons dans un domaine différent, domaine spirituel, celui des âmes.
Nous respectons le cheminement de chacun. On peut croire ou ne pas croire à la vie spirituelle, nous n’avons pas à juger qui que ce soit. Mais qu’il soit permis à ceux qui croient en la vie spirituelle de bénéficier de la même liberté.
Je ne ferai donc pas ici l’historique de l’Armée de Marie et ne développerai pas non plus les moyens d’action et le but de cette Oeuvre. Nous remettons à chacun le feuillet approprié.

QUI SUIS-JE?
Je suis une maman de cinq enfants et une grand-maman de huit petits-enfants. Étant jeune, j’ai été informée intérieurement de ce que me réservait l’avenir. Comme tous les événements annoncés se réalisaient l’un après l’autre, j’ai ensuite, une fois mariée, préparé discrètement mes enfants à la lutte qui sévirait un jour contre leur mère, sans toutefois connaître la raison qui provoquerait pareils remous.
Il y a trente ans, soit en avril et mai 1958, il m’était indiqué quels seraient ceux qui porteraient les coups contre une Oeuvre que j’aurais à diriger un jour; et de quelle manière tout se terminerait.
Quand l’Armée de Marie fut fondée, la lutte contre cette Oeuvre commença aussitôt. J’informai alors nos Membres que cette lutte contre nous augmenterait sans cesse, qu’elle nous serait surtout faite par les Membres du clergé et qu’elle atteindrait un jour son point culminant. C’est ce que nous vivons en ce moment, vous en êtes témoins.
Pour nous, de l’Armée de Marie, les événements actuels ne nous attristent pas, ne nous surprennent pas, ils nous sont source de joie, car ils réalisent pleinement les indications divines reçues dans le passé. Cela nous rassure et nous devient consolation.

Devons-nous nous arrêter à toutes les calomnies qu’on entend partout, et qui ont été reprises par nos Autorités lors de la conférence de presse à laquelle vous avez été convoqués le lundi 4 mai, et retransmises à la télévision le soir même, à savoir que:
- Marie-Paule Giguère se prend pour la Sainte Vierge, ce qui est totalement faux et nos Membres le savent tous. Ils ont même été choqués de cette affirmation. Ce sont nos adversaires qui lancent de telles accusations, et je n’ai jamais cessé de rappeler à nos Membres que je ne suis qu’un instrument dont Marie se sert pour réaliser Son Plan d’amour. Accomplir une mission AU NOM DE MARIE, ce n’est pas être la Vierge Marie.
- À cette même conférence, et dans l’extrait télédiffusé, il a été dit aussi que l’Armée de Marie propageait des doctrines gravement erronées. Je réponds à cela que toujours nous avons donné à nos Membres l’enseignement authentique de l’Église, nous inspirant des enseignements des Conciles et des Papes, fidélité très souvent mal vue et qui nous a toujours causé de sérieuses difficultés.
De plus, à un bulletin de nouvelles télévisées, il a été dit, par un Membre du Comité d’enquête, que l’Armée de Marie «prie en ne prenant pas les mêmes mots que les autres». Eh bien, nous sommes peut-être le seul groupe, dans l’Église, à avoir conservé le riche patrimoine de l’Église catholique romaine, sans pour autant nous fermer au vrai renouveau qu’elle préconise. Donc, nous prions comme tous les Membres de l’Église catholique restés fidèles à son Chef suprême, le Pape Jean-Paul II. Ce sont les autres qui emploient d’autres mots. Mais nous ne les jugeons pas.
Pour ma part, mes volumes, portant le titre de Vie d’Amour, ne contiennent absolument pas de doctrine ni de théologie. C’est la vie spirituelle telle qu’elle doit être vécue et, à la suite de cette lecture, les conversions ne se comptent plus, cela par la grâce de Dieu.

ERREURS GRAVES
Concernant les accusations d’erreurs graves, je précise autre chose: il y a un an et demi, Marc Bosquart a écrit un livre qu’il a soumis à Rome, puis un second, il y a huit mois. Rome s’est prononcée. Alors, avant même que le Cardinal Vachon ne nous le demande lui-même, nous avons demandé dans un article de notre journal Le Royaume diffusé le 23 avril dernier, le jour même de notre convocation à l’Archevêché, que cesse aussitôt la vente de ces volumes. Donc notre obéissance est prompte et rapide. Alors, cet acte d’obéissance ayant été posé publiquement, pourquoi nous accuser de désobéissance?

LA DAME DE TOUS LES PEUPLES
On nous interdit la dévotion à la Dame de tous les Peuples (qui est au Ciel), de même que la vente des livres, brochures et images qui font la propagande de cette dévotion, ce que nous avons cessé depuis plusieurs mois, même si cette prière de la Dame de tous les Peuples n’a jamais été condamnée par l’Église, même si cette prière a reçu près de 300 imprimatur d’évêques dans le monde entier et qu’elle vient d’en recevoir encore, par des évêques confiants en cette dévotion et fidèles à Rome. Bien plus, nous voyons d’autres mouvements, ici au Québec, propager cette dévotion. C’est ainsi, toujours au Québec, qu’une certaine revue religieuse, largement connue, en faisait la promotion il y a deux mois. Nous obéissons et l’on nous accuse encore du contraire.
Tels sont les principaux points qui ont été soulevés à la télévision par l’Autorité religieuse de Québec. Ces griefs contre nous se retrouvent dans la déclaration préparée par l’Autorité religieuse et qu’elle nous demandait de signer, en effet, nous demandant de signer notre condamnation sur de fausses accusations. Et ces accusations ne sont que la pointe de l’iceberg de l’immense réseau de mensonges et calomnies lancés contre nous en certains milieux.

COMMUNAUTÉ DES FILS ET FILLES DE MARIE
Parlons maintenant des Communautés des Fils et Filles de Marie.
C’est le 31 mai 1981 que ces deux Communautés ont été fondées. Le résultat: au-delà de cent vocations religieuses depuis six ans. Plus de cinquante Fils de Marie sont en Italie; une trentaine d’entre eux étudient à Rome, à l’Angelicum, pour devenir Prêtres, quelques-uns font partie de la Communauté des Frères et les autres sont au noviciat, à L’Aquila.
Ces Communautés qui correspondent aux prescriptions de Vatican II, plus précisément aux exigences souvent mentionnées par le Pape, exigences qui ne sont pas respectées ici, au Québec, ont suscité par le fait même une lutte accrue chez nos adversaires.
Comme vous l’avez vu dans les journaux, et entendu ailleurs, il a été souvent dit par Nosseigneurs les Évêques, que nous respectons, que les Fils de Marie ne seraient jamais ordonnés.
Or, neuf ordinations sont prévues pour l’été en Italie. Et nous avons un pèlerinage en préparation. Sept cents pèlerins sont inscrits, d’autres sont sur la liste d’attente. Comprenez-vous maintenant pourquoi il était urgent de frapper plus fort sur nous? Nous sommes habitués à recevoir des coups, et nous restons toujours dans le calme pendant que passe la tempête.
Mesdames, Messieurs, vous avez été souvent mêlés à ce genre de tempêtes. Peut-être même ont-elles été augmentées à cause de vos écrits, mais je ne voudrais rien vous reprocher, car vous n’aviez pas l’autre version des faits.
En terminant, je vous dirai, et vous l’avez constaté vous-mêmes, que je suis une humble femme qui aurait préféré rester dans l’ombre et le silence.
J’ai toujours obéi à tout ce qui m’a été demandé, j’accomplis simplement ma mission dans le respect des personnes, même si en retour, pour le bien accompli, la lutte s’intensifie contre nous. Il en a toujours été ainsi lors des premières années des Oeuvres authentiques, qui ont toutes été fortement combattues.

MES ENFANTS
Rien ne m’enlève mon bonheur et ma joie profonde. L’un d’entre vous me demandait dernièrement ce que pensent mes enfants d’une telle lutte contre leur mère. Je le répète, ils ont été préparés. À l’occasion de notre réunion de famille, au jour de l’An, l’aîné, 41 ans, me demandait la bénédiction au nom des autres réunis. J’ai demandé à Dieu, pour eux, qu’ils aient la force et le courage de supporter que le nom de leur mère soit traîné dans la boue, en cette année du crucifiement pour elle, année du crucifiement que j’ai annoncée à nos Membres dans notre journal, au début de l’année.

RÉACTIONS
À la suite du reportage à la télévision sur la conférence de presse à laquelle vous avez été convoqués par l’Archevêché, nous avons été fort surpris de recevoir de nombreux appels téléphoniques venant de personnes inconnues qui nous disaient ne pas connaître l’Armée de Marie ou n’en pas faire partie et qui sympathisaient avec nous en se disant révoltées devant de tels faits, alors que le mal surabonde et que rien n’est fait pour l’enrayer ni même le dénoncer. Ces personnes avaient la surprise d’être apaisées par nous dans une joie communicative. Dieu passe à travers tout. J’obéis et j’espère obéir jusqu’à la fin. C’est Son Oeuvre et non la mienne. Nous respectons et nous aimons ceux qui nous frappent. S’ils le font vraiment pour le bien de l’Église, nous les admirons. S’ils le font en vue de détruire une oeuvre, nous leur pardonnons et nous demandons pardon à ceux que nous aurions pu blesser sans le vouloir, sans mauvaise volonté.

Je vous remercie d’avoir eu la bonté de répondre à notre invitation et je vous souhaite tout le bonheur possible à travers les difficultés de cette vie.

Marie-Paule Giguère

 

* * *

Telle est la vérité, l’autre version des faits. Nous avons «perdu» notre nom pour Celui qui sauve. Maintenant, Celui qui sauve va «sauver» notre nom, par Marie. Après une longue «nuit» de tempêtes, le soleil vient toujours tout réchauffer et revivifier. Il suffit de l’admirer et d’en profiter.

(Vie d’Amour, Appendice III, pp. 121-125)

 


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