(Éditions Vie d'Amour, 462 pages)
«Directeur éclairé, confesseur émérite, le Père Veilleux ne connaît pas la renommée, mais, aux yeux de Dieu, il demeure l’âme sacerdotale par excellence, le Directeur vers qui se tourneront tous les Religieux qui se pencheront un jour sur les lettres de direction qu’il a écrites aux âmes rencontrées sur sa route. Ses lettres ont apaisé la douleur, redonné confiance, refait les forces, aidé à discerner le devoir, ont laissé percevoir la lumière et fait connaître l’encourageante bonté de Dieu.
«Par la puissance de son sacerdoce, le Père Veilleux transmet le Christ à l’âme et livre cette âme au Christ. Il se laisse envahir par le Seigneur pour devenir à tous secours et bénédiction. Il comprend et réalise sa mission providentielle et il fait un bien immense et profond. L’effort de ses dirigées vers la sainteté devient alors pour lui la fleur de la reconnaissance. Voilà le vrai Prêtre, celui qui passe sans bruit et fait le bien» (Marie-Paule, Vie d’Amour III, p. 338).
Telle est, en 1969, l’opinion de Marie-Paule sur celui qui l’a si bien soutenue durant des années particulièrement éprouvantes (1957-1965). Une pensée sincère et véritable, mais aussi volontairement oublieuse du «terrible coup» que le Père lui avait porté quatre ans plus tôt, révélant par là l’héroïque charité qui a toujours animé Marie-Paule.
En effet, en juin 1965, mû par une attitude étrange et tout à fait incompréhensible, le Père Veilleux demanda à Marie-Paule et sa famille de quitter Sainte-Agathe-des-Monts, où elle et ses filles s’étaient données sans compter, pendant près de deux ans, au service des Pères Oblats de Marie-Immaculée, à la demande insistante du Père lui-même. En lui imposant alors de quitter les lieux du jour au lendemain, il jeta Marie-Paule et les siens dans un désarroi complet, tant matériel que spirituel, et les circonstances déroutantes mirent fin à la direction spirituelle du Père Veilleux (cf. Vie d’Amour II, ch. 88).
«C’EST LE PÈRE VEILLEUX QUI TE PORTERA LE DERNIER COUP...», avait prédit le Seigneur en 1958 (id., chap. 65). Ainsi se réalisa cette parole.
Après un long silence de trois ans, trois mois et trois jours – comme le nota André, le fils aîné de Marie-Paule –, le Père Veilleux, de passage à Québec, en 1968, reprit contact avec la famille. L’accueil fut chaleureux, sans retour sur ce passé douloureux. Mais, par la suite, jamais le Père n’expliquera sa conduite étrange, laissant planer les ténèbres sur l’affaire de Sainte-Agathe-des-Monts.
Ainsi, le «DERNIER COUP» – jamais nettoyé dans la transparence et la vérité – allait se prolonger et continuer ses ravages, et davantage encore lorsque l’Armée de Marie sera fondée, jusqu’à ce jour.
C’est ce qui se dégage de l’attitude pour le moins équivoque du Père Veilleux dans ses écrits, ses actions auprès des autorités et communautés religieuses, ses paroles calomnieuses, ses articles anonymes et signés dans les journaux, ses entrevues radiophoniques et télévisées, discréditant l’Armée de Marie et sa Fondatrice: autant de paroles, d’écrits et de gestes posés qui seront cités comme «source sûre» pour frapper «une Femme».
Attitude dictée par la crainte de l’autorité, au détriment même de la Vérité? Et pourtant, les dernières années de sa vie, le Père Veilleux reconnaît le doigt de Dieu dans la vie de Marie-Paule et l’Oeuvre que l’Immaculée lui a confiée: «Ayez une confiance illimitée. Je ne serais pas surpris que le renouveau de l’Église vienne d’ici», dit-il à Marie-Paule lors d’une visite au Centre de l’Armée de Marie, à Québec. Et peu avant de mourir, il reconnaît le bienfait de ses lettres que Marie-Paule fit publier en 1984: «Par un éternel dessein, le Dieu d’Amour a permis que les Lettres spirituelles soient publiées, et pour ce faire il a choisi Marie-Paule dans l’intérêt de l’Armée de Marie et pour le bien de mes parents propres.»
Si, pendant des années, les écrits, les faits et les enregistrements du Père Veilleux ont tant nui à l’Armée de Marie et à Marie-Paule, maintenant rassemblés dans ce volume, ils seront comme autant de témoignages ou pièces à conviction qui contribuent à prouver l’innocence de celle qui n’a jamais cessé d’aimer.
Rassembler tous ces éléments fut une chose aisée, car tout était déjà écrit dans Vie d’Amour ou conservé et classé, comme pour les autres lettres venant d’autorités religieuses, par Marie-Paule, malgré une activité si intense et une santé défaillante. Il ne restait qu’à ajouter quelques liens entre les lettres ou les faits pour situer le lecteur dans le contexte de l’histoire. Pour faciliter les références, chaque document a été numéroté.
En répondant à l’«ordre» du Seigneur de publier ce volume, Marie-Paule permet à la Vérité de triompher une fois de plus de la malice humaine, dissipant les ténèbres qui voilaient encore l’Oeuvre et sa Fondatrice.
Et se profile à l’horizon la promesse de Marie à Fatima: «À la fin, mon Coeur Immaculé triomphera!» (1917)
Soeur Chantal Buyse
16 juillet 2003